Il est encore des lieux chaleureux… Le Café de Ponthoile

Lors de ma dernière virée en Baie de Somme, j’ai découvert un endroit qui échappe au temps, à l’agressivité, à l’égocentrisme. Pas par hasard, non, mais parce que des amis m’en avaient parlé la veille. Un petit détour sur la route au retour du Crotoy, et me voici à Ponthoile. Littéralement, le domaine (ou la ferme, bref, « villa » en latin) du pont. Désignation qui évoque l’eau, omniprésente dans ce coin si proche de la baie et des étangs/marais de la Somme.

Un village proche de la Baie et des Marais. Ici, une randonnée suggérée sur le site Outdooractive

Un village tranquille, paisible, qui perdure à travers les siècles : on y a trouvé de l’habitat gallo-romain (voir page 334 de cet article de Roger Agache en 1962), un tertre de l’époque mérovingienne (voir cet article sur la Neustrie septentrionale), et les traces d’une église médiévale brûlée, comme beaucoup d’édifices dans ce secteur, au moment de la Guerre de Cent Ans, qui a vu une chute de la population : de 180 feux on passa à seulement 48… Actuellement, elle tourne autour de 600 personnes, et le village s’est battu en vain, comme beaucoup d’autres, pour garder son école, ce qui ne se fit pas. Les vidéos sur Internet en témoignent : ici ou encore ici, des témoignages poignants… il en est toute une série, avec le 3 et le 4, qui traite davantage de la chanson de l’artiste creusois que de l’école.

Un écho en fut transmis en ligne sur le site de Regain, dans un article intitulé « Aux mioches de Ponthoile« , dont je vous livre un bel extrait:

 » Il est des endroits qui ont une âme. Chaque saison, nous faisons escale dans un village vivant. Planté en terre paysanne aux abords de l’estuaire du fleuve Somme se trouve Ponthoile.
Un village picard rustique et paisible, couché dans la splendeur des bas-champs marécageux. D’ici émane le goût du vrai !

La civilisation du village vacille, continuellement bousculée, malmenée par la modernité. Ponthoile est un de ces villages oubliés, un beau patelin. Cinq hameaux paisibles (Bonnelle, Le Hamel, Morlay, Romaine, Romiotte) entrelacés sur une vingtaine de kilomètres autour d’un petit bourg clairsemé, rendu hirsute par le vent du Nord, à l’image de ces canards de Barbarie qui traînent devant la ferme des Prevost , une vieille famille paysanne. Situé entre Abbeville et Le Touquet, Ponthoile fait partie du Parc naturel régional de la Baie de Somme. Bienvenue en Picardie maritime, au pays de l’oiseau migrateur.

Sous le joug de l’administration de la communauté de communes Ponthieu-Marquenterre, une machine écrasante qui lisse les vies de 71 localités, Ponthoile pleure son école disparue en septembre 2018. Dieu sait si les mioches font le bonheur des campagnes. Se voir ôter injustement l’école du village, l’un des derniers lieux de vie, n’est pas une peccadille pour les 630 âmes qui vivent ici ! JeanLuc Massalon, l’instit’, juge cette décision administrative tout à fait « antidémocratique » et ne peut admettre que le rectorat d’Amiens ait permis « sans concertation et sans nuance aucune » la fermeture définitive de cette école primaire où l’harmonie régnait. Une école de deux classes qui n’était pas en sous-effectif. Une école sans problème qui ne demandait rien à personne : une école heureuse.« 

Vous pourrez à ce sujet écouter la chanson Les Oubliés, de Gauvain Sers.

Mais je ne compte pas vous parler aujourd’hui d’histoire – c’est dans la ferme de Romiotte que les célèbres frères Caudron ont réalisé leurs premiers essais de vol , ni de géographie – la commune possède des marais tourbeux, des prairies humides, des roselières et des mares de petite taille, favorisant la bio-diversité. Les rivières du Dien et des Îles, le ruisseau des Caserettes sont autant de lieux favorables à la conservation des espèces locales, ni de biologie (un des seuls endroits où l’on trouve la grenouille des champs, et je ne blague pas!).

Non, c’est d’un petit endroit hors du temps et de la méchanceté des hommes, le café de Ponthoile. J’ai découvert, en préparant cet article, qu’il existe depuis bien longtemps, comme on peut le voir sur cette carte postale ancienne. Il était alors « café-épicerie ».

Et en voici une autre, empruntée à un site qui m’a beaucoup intéressée et qui a consacré un article dans la série « Un jour un parcours » à Félix Duclaire, que vous avez vu conduisant à 16 ans le tracteur entraînant l’avion sur la carte précédente.

Je n’ai pas pu réaliser de photo de l’établissement car il y avait des véhicules et des personnes à tout moment. Voici l’image du site Guru, fidèle à l’actualité.

A l’intérieur, on est saisi par la « chaleur » de l’endroit. Au comptoir, en ce beau dimanche après-midi de mars, des hommes accoudés. Derrière le comptoir, une dame qui les écoute avec patience et anime la conversation. Dans un coin, un bric-à-brac : nous apprendrons que c’est le lieu de dépôt des dons pour l’Ukraine, ce qui embolise une partie de la salle.

Un magnifique billard en envahit presque tout l’espace. La dame y joue par moments avec l’un ou l’autre des clients. Elle a visiblement enseigné le jeu à un jeune homme qui entame une partie avec elle.

A l’arrivée, bien sûr, des regards interrogatifs : « Qui sont ces étangers? » Mais très vite nous nous sentons accepté-e-s, et la conversation se noue.

Le seul coin possible à photographier car le seul coin vide…
Vers les toilettes
Carpe diem

Et nous y serions bien restés plus longtemps si nous n’étions pas attendus le soir à Mers…

Il a donc fallu prendre le chemin du retour. Un bien beau chemin. La petite route qui ramène vers la « civilisation sauvage » est ceinte de fossés, que les Flamands dénommeraient watergangs…

Jules, Jeanne et les 3 Jean. Troisième épisode : les 3 Jean

Les 3 Jean… De qui s’agit-il?

Vous allez être déçu-e-s : je l’ignore.

Eh oui. Autant il fut aisé de parler de Jules et de Jeanne, autant il va m’être impossible de vous parler d’un seul Jean.

Sans doute ont-ils existé. Mais quant à connaître leur identité… J’ai écrit pour en savoir plus. Si j’ai une réponse, je vous la transmettrai, promis.

En réalité, il s’agit du nom d’un restaurant que je fréquente régulièrement quand je vais au Crotoy. Non qu’il soit beau. Non qu’il soit confortable. Non qu’on y mange spécialement bien. Mais il offre sur la Baie une vue incomparable, avec pour toile de fond le Hourdel, ce micro-port de pêche et de plaisance désormais très fréquenté par les personnes avides de cueillir la salicorne et surtout de découvrir les veaux marins.

Comme les photos ont été réalisées en hiver, la terrasse est entourée de baies en plastique qui, certes, ne sont pas du plus bel effet, mais au moins protègent du vent.

A la belle saison, tout est découvert et l’on peut profiter du soleil avec cette magnifique vue, tout en dégustant moules frites, fruits de mer, poisson ou ficelle picarde…

Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas qu’un restaurant, mais aussi un hôtel, dont certaines chambres offrent une vue incomparable sur l’embouchure de la Somme.

Vous voulez une autre adresse de restaurant avec vue mer au Crotoy? Mais, cette fois, avec vue sur Saint-Valéry et les huttes de chasse qui ne flottent que lors des très grandes marées, comme je l’ai découvert ce dimanche? Je vous explique.

Lors des grandes marées, les huttes posées sur le fond de la Baie offrent un spectacle que je trouve magique : la mer les porte, elles deviennent navires ancrés.

C’est pourquoi, alors que je travaillais le samedi, j’ai foncé vers la Baie ce week-end, et vers Le Crotoy ce dimanche midi. Marée haute prévue à 13h07, il était impératif de déjeuner face à la scène. Voiture à peine garée, je fonce vers la Place Jeanne d’Arc (oui, on la retrouve!) et cherche d’où, à part Chez Mado, le restaurant historique, si typique jadis, devenu selon moi un peu surfait, avec des prix exorbitants. Analyse fait, c’est le Restaurant du Port que je choisis.

Hélas, la dame qui me reçoit me dit qu’il ne reste que les tables du fond, avec vue… sur le manège! Je lui expose mon désarroi et lui explique pourquoi je suis venue. Cela l’attendrit? la fait rire? lui fait penser qu’elle a affaire à une cinglée? En tout cas, elle va vers la table centrale, modifie les réservations, et me la consacre. Gentil, non?

Huttes sur le banc central de la Baie, face à Saint Valéry

Voilà qui m’a permis de déjeuner en chemisier, en plein mois de mars, d’huîtres et d’une parillade de poissons, avec une vue imprenable sur les huttes…

12h50… 13h… Le suspense est à son comble… 13h07… rien. 13h15… toujours rien.

Elles ne se sont pas soulevées! La marée n’est pas assez forte. J’ai ainsi appris qu’un coefficient de 100 ne suffit pas, surtout avec une onde sereine, et qu’il faut au moins 110 pour qu’elles frémissent!

Le perroquet qui trône dans la salle de restaurant me semble se moquer…

Une consolation : les belles images qu’offre cette Baie dont je ne me lasse pas…

Difficile de traduire la force du courant par une photo. Mais on la devine sur celle qui précède, non? Les bateaux quittant le port à ce moment – des touristes, bien sûr, car les professionnels connaissent leur baie… – ont bien du mal à le remonter et partent de gauche et de droite, sans parvenir à l’affronter.

La mer envahit très vite les zones ordinairement asséchées. Ici, elle commence à monter sur les berges environnant le port, pour la plus grande joie des canards.

Derrière l’écluse, elle va plus lentement, car l’eau est régulée.

Cela permet de profiter des couleurs grises et ocre des fonds vaseux.

Les épaves ligneuses sont épargnées, et pourront continuer à servir de refuge aux animaux perdus.

Jules, Jeanne et les 3 Jean. Premier épisode : Jules

Je vous ai laissé-e-s hier sur une énigme concernant les chalets du Crotoy. Aujourd’hui, je reviens dans cette ville pour évoquer Jules et non pas Jim, mais Jeanne. Certes, il et elle n’ont pas vécu à la même époque, et ils n’ont pas écrit la même histoire, mais elle et il ont marqué la ville de leurs séjour pour l’un et passage pour l’autre.

Devinette : le premier est un écrivain célèbre, dont on peut visiter la maison extraordinaire à Amiens. Il nous a emmener promener sous les mers, au centre de la terre, autour du monde et même sur la lune… Vous avez trouvé?

Jules, qui se prénomme en réalité Jules-Gabriel, a 37 ans lorsqu’il s’installe au Crotoy avec sa famille. Il a déjà un riche passé littéraire (et sentimental!) et a fait quelques voyages, mais n’a pas encore produit tout ce qui fait encore aujourd’hui sa renommée. Il vient juste de publier le Voyage au Centre de la Terre (en novembre 1864) et un ouvrage sur un écrivain qui le fascine, Edgar Poe. 1865, c’est aussi l’année où il devient membre de la Société de Géographie. Il est en pleine rédaction de la Géographie illustrée de la France et de ses colonies ainsi que de Vingt Mille Lieues sous les mers.

Il loue d’abord une dépendance de la propriété Millevoye. C’est à l’emplacement de l’ancien château-fort du Crotoy qu’a été édifiée en 1810 cette demeure, face à la mer.

Elle porte le nom du poète Charles-Hubert Millevoye, romantique à souhait, décédé à 33 ans, dont on dit qu’il inspira Lamartine. Puis il loue une maison, qui, à cette époque, offrait une belle vue sur le port (ce qui n’est plus le cas aujourd’hui).

Il écrit alors à son éditeur : « Je travaille dans la Solitude ». Ne croyez pas qu’il était seul en Picardie. Au contraire, il y était allé pour que son fils Michel, souffrant, profite de l’air sain de la côte. Mais, sur le pignon voisin, un oeil-de-boeuf est ainsi dénommé.

Voir la mer… mais aussi naviguer… Jules fait aménager pour la plaisance un bateau de pêche. Deux voiles au tiers et un foc, gréement typique des voiliers du coin, le Saint Michel I a fière allure, et Jules peut le voir de ses fenêtres.

« Je suis amoureux de cet assemblage de planches et de clous, comme on l’est à 20 ans d’une maîtresse et je lui serai encore plus fidèle » (1868)

L’annotation manuscrite comprendrait deux erreurs d’orthographe, si l’on en croit l’auteur de cet article de Wikipedia. Pour une fois, je vous ai laissé les hyperliens, car c’est très technique!

« Le Bourcet-malet est un type de gréement typique de la Manche comportant deux voiles au tiers et un foc :

Ce gréement est typique des vaquelottes du Cotentin, des canots de Berck dits flobarts, des flambarts, des camins 1 du Havre et de certains lougres à deux mâts… »

Voici un exemple encore visible actuellement de ce type de gréement. Il s’agit de La Reine des Flots, canot de pêche construit en 1927, désormais classé Monument Historique.

Vous aurez compris que s’il y a eu un Saint Michel I, c’est qu’il y en aura un second. Effectivement. L’écrivain avait gardé son bateau même après son départ du Crotoy. Lorsqu’il s’en sépare en 1876, il en achète un autre, qui portera le nom de Saint Michel II. Mais celui-là sera amarré au Tréport. Ce dernier est une hirondelle de la Manche, comme le célèbre Marie-Fernand sur lequel on peut encore naviguer.

Le bateau de Jules Verne a vécu bien des mésaventures, et fut finalement détruit. Mais une réplique en a été reconstruite à partir de 2005.

C’est à bord du Saint Michel II que Jules Verne va voyager sur la Manche et l’Atlantique. Mais c’est une autre histoire… Par contre, concernant Le Crotoy, une hypothèse circule, selon laquelle la configuration de l’Ile Lincoln serait similaire à celle de la côte picarde.

Il s’est peut-être aussi inspiré de l’histoire de la Baie de Somme. Un exemple :

La Baie de Somme à l’époque de César (source)

Le Crotoy se trouvait alors sur une île… Avez-vous lu l’Ile Mystérieuse?

« Vers le nord, au contraire, la baie, s’évasant, formait une côte plus arrondie, qui courait du sud-ouest au nord-est et finissait par un cap effilé. Entre ces deux points extrêmes, sur lesquels s’appuyait l’arc de la baie, la distance pouvait être de huit milles. À un demi-mille du rivage, l’îlot occupait une étroite bande de mer, et ressemblait à un énorme cétacé, dont il représentait la carcasse très agrandie. Son extrême largeur ne dépassait pas un quart de mille.« 

Si vous pensez que le roman a été publié en 1874…

Mais cessons là nos divagations… Terme qui fait écho aux Voyages Extraordinaires, n’est-ce pas? Mais aussi à la mer… Di-vaguer…

La ville du Crotoy et ses habitant-e-s, voire commerçant-e-s, se sont largement appuyés sur leur hôte célèbre pour étayer leur argumentaire touristique. Je suis retournée au Crotoy hier pour assister à la grande marée printanière, et ai pu en saisir quelques traces…

A des fins culturelles, cela s’entend.

Mais qu’aurait pensé l’aventurier savant et créatif de l’utilisation commerciale de son nom ?

Nom de rue, nom du restaurant, dates du séjour, portrait… tout y est, n’est-ce pas?

Il ne manquait plus que le Street Art pour célébrer l’écrivain…

Fresque de Made in graffiti. • Extrait de la photo © Eline Erzilbengoa / FTV

Sherlocke Holmette au Crotoy

Il m’est déjà arrivé de vous parler de la Baie de Somme sur ce blog. Ne m’en veuillez pas si j’y reviens, car c’est un de mes endroits préférés, et on y fait toujours de nouvelles découvertes. Ce jour-là, je m’y étais rendue car je pensais avoir résolu une énigme, et voulais valider mon hypothèse in situ. Je m’explique. Une vieille photo familiale retrouvée par des amis montrait des membres de leur famille dans une station balnéaire. Bien sûr, pas question de vous montrer la photo entière, par respect du droit à l’image et de leur histoire familiale, mais en voici une partie, pour que vous compreniez.

L’époque a été rapidement trouvée : vers les années 1930. Restait à identifier les lieux. A cette époque, on ne parlait pas de « cabines », comme aujourd’hui, dans certaines stations balnéaires, mais de « chalets ». Et ce sont bien des sortes de chalets que l’on voit derrière des personnes en maillot de bain ou tenue d’été. Mais où? Une recherche sur le net m’a conduite à retenir deux villégiatures, toutes deux proches d’un de mes refuges : Cayeux et Le Crotoy. A ma grande surprise, d’ailleurs, car actuellement seule la première a maintenu une tradition de cabines. Cayeux est en effet renommée pour son long chemin de planches (1,2 km) face à la mer, et ses 409 cabines de plage.

Le chemin de planches et les cabines de Cayeux (source)

Mais j’eus beau passer en revue les cartes postales anciennes, pas de trace des demeures que l’on voit en arrière-plan.

La Promenade des Planches en 1923 (source)

Si vous cherchez des cabines au Crotoy, de nos jours, vous serez déçu-e-s… ce n’est vraiment pas la spécialité du coin, on n’en voit pas trace. Et pour cause : la mer, lors des grandes marées, prend tout l’espace disponible jusqu’aux digues. Mais il faut croire qu’il n’en était pas de même jadis, car on trouve des traces de leur existence. D’abord, sur des cartes postales anciennes. D’abord, faits de bric et de broc et disposés un peu n’importe comment.

Chalets au Crotoy, 1905 (Source)

Puis mieux agencés et parfois alignés, comme sur cette carte.

Carte postale de 1908 (source)

Les cartes postales que l’on trouve en ligne témoignent de l’accroissement rapide du tourisme dans ce bourg, avec des constructions évoluant en permanence et des commerces florissant(s?).

Tentes de plage et cabines se font concurrence à la belle saison.

Certain-e-s d’entre vous ont peut-être déjà repéré quelques détails? Regardez bien, sur la gauche, au fond… Vous voyez cette maison avec un oeil de boeuf, devant un petit clocheton? Reportez-vous à la « photo énigme », maintenant… Une autre carte postale la montre de plus près.

Et regardez bien le détail de la maison sise à sa gauche… Vous comprendrez pourquoi cela m’a poussée à aller vérifier sur place. Pas question de rester sur une simple hypothèse, il me fallait voir ce qu’il en était, et si je pouvais retrouver trace de ces demeures datant de plus d’un siècle.

Première vérification sur le net. Il y a toujours, au Crotoy, une rue des Chalets. Débouchant sur la plage. Espoir! Allons sur place… Et, miracle, les demeures sont toujours là! Elles ont changé, certes, mais restent alignées dans le même ordre. Il ne reste plus que la partie supérieure de l’oeil-de-boeuf, car on a modifié le bas pour une plus grande fenêtre. Les décors de la maison voisine sont recouverts d’un crépi blanc.

Et la situation est claire : angle de ce qui était la rue des Chalets et de l’esplanade.

Modernisées, certes, mais pas totalement « défigurées », et l’on retrouve la jolie verrière visible sur les cartes postales. La famille se trouvait donc bien au Crotoy lorsque la photo a été prise. La maison du centre est devenue gîte, et, sur son site, on voit cette photo aérienne qui situe bien l’endroit.

Un seul détail : la rue des Chalets est toujours indiquée sur place, mais pas sur les plans en ligne. Elle est devenue « rue Victor Petit ». Pourquoi? Qui était-il? Nouvelle énigme. Je viens d’écrire à l’Office du Tourisme pour en savoir davantage sur cette rue et sur les « chalets ». Bien sûr, je vous tiendrai au courant!