Des bananiers en Picardie

Fin d’après-midi dans le joli village de Lucheux. Avec des ami-e-s, nous décidons d’aller boire un verre au café du village. Eh oui, il y a un café, dans ce petit bourg picard! Et un café bien vivant et accueillant, que je vais vous faire découvrir.

Mais avant, je vous emmène sur le chemin qui y mène. Celles et ceux qui suivent mon blog reconnaîtront certains détails. Je laisse les autres découvrir. D’abord, le beffroi… qui, dit-on, abrita Jeanne d’Arc (où n’a-t-elle pas dormi? elle concourt sur ce point avec Napoléon…)

Puis la Maladrerie qui abrite la Mairie…

Et enfin on arrive à destination, le café du village.

Son nom ? Bar de la Source. Il faut dire que, des sources, il y en a beaucoup ici. L’eau de Lucheux était célèbre autrefois. Elle est connue depuis l’Antiquité, et les Moines du Moyen-Age et des siècles suivants l’ont exploitée pour ses vertus thérapeutiques. Bien plus tard, elle est devenue la Cristalline, et sa production industrielle faisait vivre une partie des habitant-e-s du coin. Hélas, les nitrates l’ont envahie, et l’usine a été délocalisée. Il en reste des bâtiments transformés en hangar agricole, et les fonds de la société n’abondent plus les caisses municipales, tandis que les personnes qui y travaillent doivent désormais faire des distances énormes si elles veulent garder leur emploi.

Mais revenons au Bar de la Source. Il a été repris voici quelques années par un homme charmant, qui aime visiblement son activité. Il a peu à peu transformé ce qui n’était qu’un petit bar fermé en un lieu de vie. Des jeux, d’abord. Des soirées repas convivial, ensuite. Puis création l’an dernier d’une terrasse. Et, cette année, décoration de celle-ci.

C’est devenu le lieu de rencontres incontournable, et permet aux populations très hétérogènes du village et des alentours de faire connaissance. Les enfants peuvent s’égayer dans le jardin. Parties de billard ou de baby-foot mêlent les générations. Et l’accueil est remarquable. Hier soir, un pâté picard nous a été offert pour accompagner la Chouffe et le Pastis… Les animaux sont aussi de la partie…

Un mot encore : pendant la période de confinement, le bar s’est transformé en mini-épicerie, et garde encore cette fonction, permettant aux producteurs du coin d’écouler ainsi leurs légumes, fruits et fromages. On y trouve ainsi de délicieux fromages de chèvre à côté de fraises provenant du village… Un régal…
Bref, vous l’avez compris, j’étais heureuse de voir valider une de mes thèses : un café authentique et chaleureux est vraiment créateur de lien social et source de vie pour un village tel que celui-ci. Bref, c’est bien le Café de la Source… de Vie luchéenne.

Il ne reste qu’à redescendre en traversant la Place, source de conflits internes parmi les villageois. Place du 8 Mai 1945 ou Place du Beaubourg?
Tout au long du chemin, des maisons témoignent de la reconstruction du village au début du 18ème siècle, et l’on peut admirer les appareillages de briques et de pierres blanches.

La séduction perdure…

Je traitais hier dans ce blog de la découverte d’un endroit idyllique dans l’ouest parisien, le Cravan… Co-incidence (orthographe choisie consciemment), j’y suis retournée hier soir à l’issue d’un beau concert du choeur de Radio France. Avec plaisir. J’allais même écrire « avec émotion ». Il y avait peu de monde, et j’ai eu le plaisir de pouvoir converser avec le Maître de ces lieux, venu s’asseoir convivialement près de moi pour prendre la commande, autour de la « mixologie » et de ses propres choix, ou tout au moins de ce qu’il a bien voulu en partager.

Après le Yellow au subtil goût empreint d’amertume dont je m’étais délectée la semaine précédente, ce fut le Gin Collin’s (je ne suis pas sûre de l’orthographe) dans lequel la saveur du gingembre est exaltée par le citron… Le tout accompagné d’une petite assiette de Parisienne : tranches de champignons de Paris délicatement recouvertes de truffe noire… un régal pour les papilles!

J’ai pu aussi feuilleter le livre dont je vous parlais hier.

Il est hélas en anglais, et aucune traduction n’en est apparemment prévue… Peut-être serait-ce à faire?

Il rassemble des textes reliant la mixologie à l’histoire des années 20 à 30, en présentant un grand nombre de recettes de l’époque, en explicitant la composition de certains qui servent de « bases » (j’ignore le terme technique, il va falloir que je me renseigne!) à la composition des cocktails, comme la Chartreuse ou la Bénédictine (merci, les moines de tout poil!).

Mais il présente aussi un autre intérêt, car il est abondamment illustré. Des photos, relatives à la production des alcools et à l’activité des barmen, dont certains célèbres à l’époque. Des reproductions d’affiches qui nous rappellent, s’il en était besoin, qu’à cette époque elles étaient pour la plupart de véritables oeuvres d’art.

Les affiches de cet article
ne sont pas extraites du livre
Source

Enfin, des photocopies de journaux de l’époque, avec des articles annonçant par exemple des concours de cocktails.

Une question m’est venue à l’esprit, qui résonne encore plus depuis l’annonce d’hier soir : sommes-nous en train de « reproduire » – en transposant, bien sûr, dans notre contexte actuel – les fastes de ces années étranges qui ont succédé à une guerre et en ont précédé une autre?

Source : ForGeorges

Les attentats derrière nous et les risques écologiques et épidémiques devant nous… comme deux guerres perdues ou risquant de l’être… S’étourdir en se délectant, en « bonne compagnie »… Excusez-moi, je ne sais pas ce qui m’arrive ce matin, mais « quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle »… Donc soulevons-le, ce couvercle, pour laisser s’exhaler les parfums des cocktails et de la truffe noire… Merci à ceux, dont notre hôte hier soir, qui nous en offrent l’opportunité.

Mon bar préféré

Il est un bar discret, dans une petite rue, qui trace comme un fil rouge dans ma vie parisienne… Un bar familial, qui a osé résisté à toutes les contraintes et tendances, à toute forme de modernisation, à tout « clinquant ». Un bar chaleureux, où l’on se sent bien, où l’on peut prendre le temps. Le temps de parler. Le temps de siroter un petit vin. Le temps de vivre.

Le temps s’est figé dans cet espace accueillant. Les générations s’y sont succédé, les générations s’y côtoient, les générations s’y rencontrent. Anciens ou actuels étudiant-e-s de Sciences Po et des facultés environnantes, artistes connus ou inconnus, habitant-e-s du quartier… Qui que vous soyez, vous vous sentez bienvenu-e-s. Et, s’il vous prend l’envie de faire une partie d’échec qui va durer tout un après-midi, on ne vous obligera pas à consommer en conséquence.

Une famille tient bon, de mère en fils, face au modernisme et à la prégnance de l’économie. Elle maintient ce lieu ouvert, accueillant, pour notre plaisir. Lorsque j’ai connu ce bar, l’appui de fenêtre, large et proche du bar, était occupé par Antoine Blondin, qui y avait ses habitudes.

L’espace est restreint, mais si vivant ! Une pièce avec le bar en formica rouge d’abord, à laquelle succède une minuscule pièce qui servait autrefois à la famille et est mise maintenant à disposition de quelques habitué-e-s. Au-delà, une troisième pièce toute en longueur, habitée d’une magnifique table longue en bois et d’une vieille télévision. Partout, des affiches qui font revivre les époques passées et les artistes d’autrefois.

L’arrière-salle

Perspective…

La cave voûtée est superbe. Elle a vu débuter de nombreux artistes, des années 50 aux années 70. On peut parfois y entendre de la musique, parfois y danser. La lueur des bougies anime les murs anciens.

Si vous voulez découvrir cet endroit, je vous en confie l’adresse. Mais n’ébruitez pas trop, gardez-la pour des proches dont vous savez qu’ils/elles seront à même d’apprécier et de respecter ce lieu rare qu’il ne faudrait surtout pas dénaturer ou transformer en « curiosité touristique »…

Chez Georges, 11 rue des Canettes (une rue perpendiculaire à Saint Sulpice).

Boire un petit coup, c’est agréable…

En cette semaine d’anniversaire, j’ai eu l’occasion de découvrir quelques cafés, et de revenir à quelques-uns de mes préférés… Une invitation à vous y rendre, quand vous serez dans ces quartiers de Paris…

… à l’Ebouillanté

6 rue des Barres, dans le 4ème

Un de mes « repaires » dès les premiers beaux jours, que l’Ebouillanté, cet endroit tranquille entre Seine et Marais. Cet ancien atelier d’artiste – il appartenait au peintre François Gall qui le transforma en lieu de rencontres et échanges voici un peu plus de 40 ans – offre un abri à la fois serein et chaleureux.

Un petit mot d’abord sur l’environnement… La rue n’est pas longue, mais on peut y admirer entre autres une belle maison à colombages, à l’angle de la Rue du Grenier sur l’Eau… Que de noms évocateurs du passé, et de l’importance qu’a joué l’eau dans l’histoire de la ville, si l’on sait que la rue en question permettait aux potiers, nombreux dans ce quartier au Moyen-Âge, un approvisionnement en eau et en bois pour leurs fours « des Barres » est le raccourci de « Moulin des Barres ».

La rue, enserrée entre quais de Seine et rue de Rivoli, offre un havre de paix surprenant et bien tentant entre deux occupations… Reste à trouver une place en terrasse de ce café, qui est assez fréquenté. Mais quand on y arrive, quel bonheur de siroter des boissons aussi exotique que le bissap.

Pour ma part, j’aime particulièrement ce qu’ils dénomment « citronnade », que je consomme chaude durant les jours hivernaux et froide lorsque la chaleur revient…

Citronnade de l’Ebouillanté
Version hiver

Une boisson à base de citron, mais riche aussi en gingembre et menthe… Un régal!

… à la Brasserie La Contrescarpe

Un véritable refuge par les froides journées d’hiver, et l’occasion, en été, de profiter de la joyeuse vie de la petite place de la Contrescarpe. Bon, le personnel est digne d’une brasserie parisienne, ne vous attendez donc pas à un accueil chaleureux. Mais les fauteuils de cuir dans cette ambiance « bibliothèque anglaise » vous le feront oublier.

Canapés et fauteuils confortables pour confidences entre ami-e-s

La Contrescarpe offre aussi un jardin intérieur, et de nombreux recoins où discuter tranquillement. Vous ne pourrez pas la rater : elle fait face au Café Delmas (dont je vous parlerai sans doute un jour, mais il est actuellement fermé pour rénovation) sur la place.

Un Mojito délicieux !

Et, pour faire une étude comparative des Mojito (saviez-vous que ce nom est une contraction de l’espagnol, signifiant « légèrement mouillée?) servis dans les bars français, je peux vous assurer que, dans leurs bons jours (hélas pas toujours…), c’est l’un des meilleurs…

Bords de Seine et environs

Aujourd’hui je me propose de cheminer de l’Avenue Rapp – eh oui, le Général n’a pas donné son nom qu’à un square! – au Pont Alexandre III, par la rive gauche. Balade agréable en cette fin d’après-midi d’un dimanche d’avril… Vous l’avez compris, promenade engagée après le spectacle Le Tour du Monde en 80 Jours évoqué dans un autre article.

L’avenue Rapp

Qui se souvient que cette avenue a abrité au XIXème siècle l’un des trois hippodromes de Paris – petit quizz en passant : où étaient les deux autres? – , celui du Champ de Mars? J’aurais voulu vous en montrer une représentation, mais la seule que j’aie trouvée n’est pas libre de droit. A vous de la regarder sur le net! Je vous propose une annonce numérisée par la BNF en lieu et place…

Annonce d’un spectacle à l’Hippodrome
du Champ de Mars

Je ne remonterai pas au-delà du square éponyme, et me contente de « descendre » vers la Seine…

Un superbe immeuble « Art nouveau »

Loin d’être une experte en architecture, j’ignorais tout de cet immeuble, y compris son existence, avant qu’un ami ne me le fasse découvrir… Il vaut le détour ! Construit par Lavirotte – oui, le même que vous avez déjà vu au 3 du square Rapp – au tout début du XXème, il arbore fièrement une façade qui évoque l’activité du propriétaire de l’époque : céramiste – et pas n’importe lequel! Alexandre Bigot en personne…

Mais quelques détails vous attireront peut-être par leur aspect inattendu. Je ne vous en dis pas plus, mieux vaut les découvrir soi-même, selon ses affinités…


Pour en savoir plus sur la collaboration entre architectes, ingénieurs et artistes, comme celle qui a donné vie aux ornements de la façade, une lecture que j’ai trouvée intéressante (l’immeuble est évoqué page 323). Et un blog proposant un circuit des « immeubles Lavirotte ».

Moscou à Paris…

L’avenue débouche sur les quais entre le quai d’Orsay et le quai Branly. Or c’est ici, au numéro 1 de ce dernier, qu’a été édifié un monument pouvant paraître incongru – en tout cas, inattendu – au coeur même de Paris : la cathédrale de la Sainte Trinité.

Il y avait à ce moment une exposition de peinture qui m’attirait… Hélas, horaire trop tardif, impossible d’entrer. Je me contentai donc de découvrir l’intérieur de l’édifice, aux ors clinquants heurtant mon goût pour la sobriété. J’aime les icônes, mais l’abondance de celles-ci leur nuit à mon sens. De même que l’abondance de décors, de tableaux, et la disproportion avec leur environnement.

C’est pourquoi je ne poursuivrai pas sur cette cathédrale, mais m’attarderai sur un détail. Une Vierge au regard dur, voire au geste menaçant. La photographie n’est pas bonne, mais je la joins, car j’aimerais que vous m’aidiez à l’identifier, je n’y suis pas parvenue…

Tableau non identifié

Il se trouve que, peu de temps avant, un ami m’avait fait observer un tel regard et un tel geste sur un tableau semi-caché de la chapelle Notre Dame de la Persévérance à Barbizon… encore un écho…

Des espaces flottants que j’hésite à qualifier de « verts »

A l’origine des jardins de l’Archipel des berges de Seine Niki de Saint Phalle , une idée intéressante : proposer une réserve naturelle en plein coeur de Paris et des espaces de détente pour les promeneurs.

Hélas la nature a du mal à survivre dans ce lieu, qui vaut néanmoins d’être vu au moins une fois, ne serait-ce que pour la prouesse technique et les hamacs à disposition du public…

Un bar au soleil couchant

Un peu plus à l’est, deux bars se font face, pris d’assaut lorsque le soleil suit son penchant naturel pour le couchant… L’un, sur une péniche, est pris d’assaut et il est difficile d’y trouver place. L’autre est plus vaste, beaucoup plus vaste, et en pleine expansion car un espace sous le pont Alexandre III est en cours d’aménagement.

Bruyant, service faible, temps d’attente incommensurable parfois, il présente tous les défauts possibles. Mais un avantage : admirer la Seine au couchant, avec vue sur le pont (si on aime) et les Palais, Petit et Grand.

Instantanés

J’aime à saisir l’instant… Il peut être drôle, émouvant, saisissant… C’est pourquoi j’ai décidé d’appeler ainsi une des rubriques de ce blog, afin de pouvoir partager ces « instants » saisis avec mon Iphone. L’éphémère pérennisé… le personnel diffusé…

Une rubrique-à-brac moins élaborée que celle qui a réjoui mes trajets d’étudiante…

Cela fait longtemps que je « fige » le fugace… Et peut-être un jour en ferai-je quelque chose… Mais construire… A quoi bon? Pour l’instant, je choisis de les faire simplement « figurer » en fonction des rencontres. La question qui se pose est dès lors « texte ou no comment? ». Au fait, pourquoi vouloir établir une règle? Foutu esprit cartésien et perfectionnisme idiot cultivé par toute une éducation et des années d’études sorbonnardes… Laissons-nous aller au gré de l’envie…

Pour commencer, quelques petites séries de photos prises ces derniers temps. Et, pour une fois, une forme de classement ?E

Bars et cafés

Bar poli
Le Bistrot Saint André Mers-les-Bains
Un peu de philo…
Le Loco Loco
Villefranche-sur-Mer

La vie des Autres

« Mais non, je ne te traite pas de haut! »
Tant pis pour Christina Cordula !

J’aime à « saisir » les personnes…

Non pour me moquer d’elles, mais parce que je me questionne en permanence sur leur vie, leurs pensées, leurs choix…