Communion musicale

Je viens de trouver par hasard, alors que je m’intéressais ce matin à la chanson basque, cette vidéo de chanson… bretonne!

Et je ne résiste pas à la tentation de la partager, car elle symbolise à merveille le bonheur de vivre ensemble une musique, une culture, une chanson…

Tri Martelod y est interprété par Alan Stivell, mais repris avec d’autres chanteurs bretons : Tri Yann, Dan Ar Braz, Servat, Armens. Un choeur exceptionnel!

En voici la traduction, pour celles et ceux d’entre vous qui ne parlez pas cette belle langue… On y chante l’amour vainquant la pauvreté…

Tri martolod yaouank, la la la
Trois jeunes marins, la la la
Tri martolod yaouank o vonet da veajiñ
Trois jeunes marins s’en allant voyager
(x2)
Avec le vent ont été emmenés, la la la
Jusqu’à Terre Neuve (x2)
A côté de la pierre du moulin, la la la
Ils ont jeté l’ancre (x2)
Et dans ce moulin, la la la
Etait une servante (x2)
Et elle me demande, la la la
Où avons nous fait connaissance ? (x2)
A Nantes, au marché, la la la
Nous avons choisi un anneau (x2)
L’anneau de la promesse, la la la
Et nous étions sur le point de nous marier (x2)
Nous nous marierons, la la la
Même si nous avons pas de biens (x2)
Ma mère vous êtes à l’aise, la la la
Vous ne savez pas qui est dans le besoin (x2)
Nous n’avons ni maison, ni paille, la la la
Ni lit pour dormir la nuit (x2)
Nous n’avons ni drap, ni couverture, la la la
Ni édredon sous la tête (x2)
Nous n’avons ni écuelle, ni cuiller, la la la
Ni de quoi faire du pain (x2)
Nous ferons comme la perdrix, la la la
Nous dormirons sur la terre (x2)
Nous ferons comme la bécasse, la la la
Quand le soleil se lève elle va courir (x2)
Ma chanson est terminée, la la la
Celui qui sait continue… (x2)

« Les trois marins » étaient, au XIXème siècle, dans le chant original, en réalité 60 : « tri-ugent ». Eh oui, on compte en base 20… trois fois vingt… Donc à vous de deviner… si je vous dis que 4 se dit « pevar », comment dit-on 80?

On peut entendre la chanson originale interprétée par Zaig Monjarret… Connaissez-vous cette chanteuse née en 1927 et décédée en 1998? Une voix envoûtante…

Alan Stivell l’a arrangée à la fin des années 60… Voici ce qu’en dit Wikipédia:  » Il en fait le premier arrangement folk rock entre 1966 et 1970, avec notamment une introduction à la harpe celtique cordée métal1. Il crée une orchestration (harpe, violon, guitares, claviers, basse, batterie), une harmonisation et un arrangement (tempo, accords, suite harmonique…). Il interprète cette chanson à l’Olympia le 28février1972 lors d’un concert retransmis en direct sur Europe 1. Cependant, il l’avait ajouté à son set « pour avoir un nombre de titres suffisants ! »n 1 Aujourd’hui, il la chante à tous ses concerts, dans des versions qui diffèrent souvent avec les tournées.  »
Voici une version de 1973, avec un Alan Stivell tout jeune encore…

Et savez-vous que c’est une danse qu’on peut interpréter de deux manières différentes? En sud Cornouailles, une ronde à trois pas… Une belle explication pour les enfants ici… Et, plus au Nord, une gavotte

Alors, à vous… écoutez… et dansez maintenant… comme la skrilh-gwez

Nissa la Bella

Quand j’entends l’hymne nissart, j’ai… la chair de poule… eh oui, l’émotion me prend à chaque fois en oyant cette chanson. Il faut dire que je suis nissarte d’adoption, depuis plus de trente ans… Alors j’ai envie de vous faire partager ce plaisir…

J’aime beaucoup l’interprétation qui en est faite par un de mes groupes préférés, Corou de Berra.

Je les ai entendus notamment dans la petite église de La Gaude, chantant a capella, avec la ferveur du public conquis… Un bel instant de communion…

Introduction
Viva, viva Nissa la Bella !   Vive, vive Nice la belle !

1er couplet
O la miéu bella Nissa,
Regina de li flou,
Li tiéu vièji 
taulissa
Iéu canterai toujou !
Canterai li mountagna,
Lu tiéu riche
decor,
Li tiéu verdi campagna,
Lou tiéu gran soulèu d’or !
  Ô ma belle Nice,
Reine des fleurs,
Tes vieilles toitures,
Je [les] chanterai toujours !
Je chanterai les montagnes,
Tes riches décors,
Tes vertes campagnes,
Ton grand soleil d’or !

Refrain
Toujou iéu canterai
Souta li tiéu tounela
La tiéu mar d’azur,
Lou tiéu cièl pur,
E toujou criderai
En la miéu ritournella :
« Viva, viva Nissa la bella ! »
  Toujours je chanterai
Sous tes tonnelles
Ta mer d’azur,
Ton ciel pur,
Et toujours je crierai
Dans ma ritournelle :
« Vive, vive Nice la belle ! »

2e couplet
Canti la capelina,
La rosa, lou lilà,
Lou pouòrt e la Marina,
Païoun, Mascouïnà !
Canti la soufieta
Doun naisson li cansoun,
Lou fus, la coulougneta,
La miéu bella Nanoun !
  Je chante la capelina,
La rose, le lilas,
Le port et la Marine,
Paillon, Mascouïnat !
Je chante la mansarde
Où naissent les chansons,
Le fuseau, la quenouille,
Ma belle Nanon !

3e couplet
Canti li nouòstri gloria,
L’antic  bèu calèn,
Dòu gioungioun 
li vitoria,
L’òudou dòu tiéu printèms !
Canti lou vièlh Cincaire,
Lou tiéu blanc 
drapèu,
Pi lou brès de ma maire
Dòu mounde lou pu bèu !
  Je chante nos gloires,
L’antique belle lampe à huile,
Du donjon les victoires,
L’odeur de ton printemps !
Je chante le vieux Sincaire ,
Ton blanc drapeau,
Puis le berceau de ma mère
Le plus beau du monde !

Il en existe de nombreuses versions, et des interprétations parfois étonnantes. Cet été, j’en ai entendu une tout à fait innovante, dans un balleti… elle est donc renouvelée et renouvelable, cette chanson créée au début du XXème siècle par Menica Rondelly.