Balade dominicale à Montmartre

Paris gronde, Paris proteste, et Paris court… Comment échapper à cela, le temps d’une belle journée, en ce dimanche printanier avant l’heure? En remontant le temps, en remontant les pentes… Rien de tel pour « se remonter » soi-même!

Direction donc ma colline préférée, Montmartre. Celles et ceux d’entre vous qui excellent en étymologie me feront remarquer qu’on n’échappe pas ainsi à la violence. Le nom ne renverrait-il pas, selon les deux hypothèses reconnues, au dieu de la guerre, Mars, qui y était honoré dans un temple au sommet, ou aux martyrs de l’époque pré-chrétienne, dont Saint-Denis, martyrs dont une rue qui en gravit l’escarpe rappelle le souvenir?

Source : https://archeologie.culture.gouv.fr/paris/fr/un-sanctuaire-montmartre

La chapelle des Martyrs à Montmartre (source Wikimédia)

La chance me sourit dès le trajet reliant le 5ème au 18ème : un bus détourné pour cause de semi-marathon s’arrête au moment où je m’apprête à attendre son collègue, heureusement face à de belles devantures (plus ou moins) anciennes.

Près de Pigalle, le chauffeur adorable me rappelle spontanément à quel arrêt je dois descendre… Et la grimpette commence d’abord par une rue Lepic bien encombrée de piétons, autochtones ou touristes. Vite, la quitter pour des rues plus sereines! Ce qui me permet de découvrir par hasard les restes de la demeure style « gothique » du Sieur Marie-Joseph-Charles de l’Escalopier (ça ne s’invente pas!), né au château de Liancourt, en Picardie, en 1872. Historien, archéologue, qui ne se contentait pas de travailler dans son bureau mais a partagé avec ses concitoyens ses recherches par un musée, une bibliothèque, etc.

Vous trouvez sans doute étrange l’angle de vue, mais la propriété est privée, et je n’ai pu prendre les photos que devant ou à travers une grille bien close… Il ne reste plus grand-chose de l’édifice initial, mais les constructions des alentours ont leur propre charme, y compris, en face de ce que vous voyez sur la photo suivante, un petit immeuble de bois aux larges ouvertures.

La rue elle-même ne manque pas de charme… y compris dans les tags qui l’ornent…

A l’angle qu’elle forme avec la rue Lepic, une ancienne brocante offre une vitrine où se bousculent des animaux apparemment en papier mâché. En transférant la photo (mal) prise, j’ai eu la surprise de découvrir des symboles dont je ne sais d’où ils proviennent…

Désormais suivons la rue Lepic, quasiment déserte. Je pense que la Commune de Montmartre a réussi à préserver des parties tranquilles en « orientant » les flux de touristes, car ici, comme plus loin d’ailleurs, peu de monde, alors que certains endroits sont littéralement bondés de troupeaux de visiteurs/euses.

Mon oeil a été attiré par deux bâtiments contrastant étrangement, au numéro 64. Les recherches sur le net ne m’ont guère éclairée sur leur histoire.

Les restaurants de la rue étaient quasiment déserts (mais aussi très chers), jusqu’à l’angle où se situe « Le Moulin de la Galette ». On devrait plutôt utiliser le pluriel, car il y avait deux moulins peu éloignés l’un de l’autre, comme vous le verrez sur la photo empruntée à Wikimedia.

A l’heure actuelle, entre les deux, un immeuble dont j’ai apprécié la rénovation (pour une fois!).

Je vous laisse face à l’entrée du restaurant, pour vous y retrouver prochainement et poursuivre avec vous la visite de ce coin de Paradis…

Arrêt à Arès. 1. Du bourg au port ostréicole

Sur le chemin du retour du Cap Ferret, un arrêt s’imposait, car les dépliants touristiques annonçaient une réserve naturelle à Arès, au bord du Bassin d’Arcachon. Et je n’ai pas regretté, loin de là. Un peu déçue par la rareté des oiseaux, mais ravie par ce port ostréicole tout à fait charmant, que je n’ai découvert qu’après une belle marche en bord de Bassin, après avoir découvert une étrange tour. Cet article relate la première étape, du bourg au port.

Pourquoi l’avoir trouvée « étrange »? Regardez bien : avez-vous souvent vu des créneaux sur une tour non cylindrique? Et j’avais raison : c’est un moulin démantelé qui a été crénelé!

Tout aussi étonnant quoiqu’intéressant, ce « Square des grands principes républicains »…

En lisant le site de la ville a posteriori, j’ai appris qu’il se constituait année après année, en fonction des événements. A lire et visionner.

Un agréable chemin longe la côte et amène au port ostréicole.

Le soleil n’est pas très haut, ce qui me vaut un joli contre-jour…

Après un quart d’heure de marche environ apparaît l’entrée du port.

En verticalité, des piquets dans la vase, des poteaux sur le sol, et un élément bizarre, comme une statue. Nous y reviendrons, mais vite, le soleil baisse, allons voir faune et flore préservées…

En passant, et comme une invite, une petite construction au mur orné de volatiles.

Et, sur le parking à l’entrée du port et de la réserve, un personnage venu d’ailleurs…

Mais allons vite visiter ce qui est présenté comme des « prés salés », qui feront l’objet d’un autre article. En attendant, un petit plan emprunté à Wikiloc.

Un « Moulin » devenu « Smok »

Il était une fois un moulin. Celui-ci était situé sur la Vilaine, non loin de Rennes. La photo, empruntée à ce site, le montre en l’état, au siècle dernier.

« Les moulins d’Apigné sont de datation ancienne mais ont été reconstruits au cours du XIXe siècle. Mise en faillite en 1904, la minoterie est rachetée par J.-M. Huchet pour y installer une briqueterie. Le 5 octobre 1906, des travaux de restauration et de réhabilitation des bâtiments, ainsi que la construction d’un four à briques sont entrepris. Le 1er janvier 1923, constitution d’une société en nom collectif sous la raison sociale Huchet frères et soeurs pour la fabrication et la vente de briques, pour une durée de vingt ans. En 1923, la briqueterie consiste en un grand bâtiment comprenant au rez-de-chaussée : le moteur, les appareils divers à filer et à mouler, les presses, les pompes et du matériel divers, et aux trois étages supérieurs : les séchoirs et un grenier. Un hangar abrite par ailleurs un four à flamme renversée avec sa cheminée, et plusieurs bâtiments sont à usage de logement, de bureaux, de magasins, d’entrepôts ou de séchoirs. Dans les années 1920, la production se cantonne à de la brique pleine, alors qu’elle se diversifie après la crise économique des années 1930 avec de la brique creuse, de parement, de gros oeuvre, de cloison et du hourdis de plancher. Jusqu’en 1940, elle est dirigée par la famille Huchet, puis M. Chatel prend la tête de l’entreprise. De 1954 à 1956, la briqueterie bénéficie d’un développement technologique tourné vers une mécanisation systématique qui va entraîner plusieurs campagnes de travaux et accroître la production. En 1956, mise en place du four-tunnel alimenté au fuel et atteignant 1000°C. La briqueterie cesse toute activité en 1971. Aujourd’hui, les bâtiments abritent différentes associations de sports nautiques.. En 1859, mention d’une machine à vapeur locomobile. En 1906, attestation d’une tuilerie système Bürher. En 1923, existence d’un grand four à feu continu de douze chambres avec ses accessoires. Le matériel d’exploitation comprend des wagonnets, des rails, des plaques tournantes, deux presses à main, des séchoirs mobiles et une turbine hydraulique.. En 1920, la briqueterie emploie une trentaine d’ouvriers et une quarantaine dans les années 1950. » (Source)

Je ne connaissais pas l’histoire lorsque j’ai connu « Le Moulin d’Apigné » voici quelques années… et j’ignorais qu’on employait naguère le pluriel, d’ailleurs. En effet, j’allais parfois dîner dans cet endroit plein de charme : un des bâtiments avait été transformé en restaurant.

En route vers le Pen Ar Bed, il était temps de faire une pause déjeuner : midi sonnait à l’entrée est de Rennes. Or le restaurant est situé à l’extrêmité ouest. Appel. Réponse positive. Vite, direction l’Occident. Mais plus de « Moulin », malgré l’indication des signalétiques voisines. A la place, un « Smok », et une affiche qui donne envie de fuir. Je pense m’être trompée, mais non : les environs sont toujours aussi dignes de Courbet…

… Si l’on excepte les péniches, d’états variés…

Mais c’est bien le moulin, pas d’erreur possible…

Sur la photo ci-dessous, j’ai encadré (à gauche) le petit panneau, à peine visible, indiquant « Moulin d’Apigné ».

Pas de doute possible : le « Smok » est bien l’avatar du « Moulin ».

Fatigue de la route et curiosité aidant, tant pis, allons découvrir ce qu’est devenue notre chère auberge.

Le lieu a été modernisé, c’est le moins que l’on puisse dire, accueillis par deux athlètes.

Mais l’accueil est toujours aussi agréable, et je bénéficie d’une jolie table en bois, non caché sous ou par une nappe, avec une vue sur la rivière, agrémentée par une belle bruyère (pas de triche, la photo est bien prise de ma place, position assise!).

Sagement orientée au départ vers un simple ceviche, je suis séduite par le menu complet.

Alors, me direz-vous, pourquoi ce nom? La suite du menu l’explique : regardez ce que sont les « viandes smokées » :

Se sont donc ajoutées au ceviche (très fin) une Picanha de veau (délicieuse, avec sauce aux champignons frais) et une Tarte au citron (moins aimée, car trop éloignée de la classique de Menton, que j’aime tant… mais originale, avec son goût spécifique).

D’autres avaient préféré le jarret de porc (aussi « smoké ») accompagnés de cocos… de Paimpol, bien sûr! avec une sauce chimichurri.

J’ai évidemment goûté le plat. Et ai trouvé le chimichurri plus fade que celui du restaurant argentin dont je vous ai déjà parlé, El Sur, à Paris. Mais depuis, j’ai appris qu’il y a deux sauces différentes à base de cette épice sud-américaine qu’est le chimichurri :

« C’est un mélange d’herbes et d’épices originaire d’Argentine mais aussi très populaire en Uruguay, au Nicaragua et au Mexique. Il sert à confectionner la sauce du même nom, ainsi que des marinades et des viandes en croûte.

Les deux versions sont légèrement différentes : le Pampeano est particulièrement relevé alors que le Patagonico sera plus doux. » (source)

J’ai ainsi découvert que j’aimais le Pampaneo davantage que le Patagonico!

Quant au Malbec, il faut reconnaître que les Argentins le travaillent mieux que nous. Mais le Madiran proposé à ma demande de Malbec n’était, une fois réchauffé et aéré, pas si mauvais que dans mes souvenirs de ce vin.

Bref, un bel accueil, un repas de qualité pour un prix acceptable, et un lieu qui méritera d’être revu à la belle saison, car en terrasse ce doit être encore mieux!