Un peu d’humour ne fait pas de mal, en cette matinée grise de novembre… J’ai donc décidé d’essayer de vous distraire avec des photos prises pendant la visite, mais qui ne concernent pas toujours le peintre et ses oeuvres. Pas toujours, car je commencerai quand même par souligner ce que je retiens ou que j’interprète comme pointe d’humour dans ses tableaux…
On pourrait intituler le tableau : « Concours de couvre-chefs » !
Quelle délicate intention ! Le peintre a pensé aux ignares, qui ne reconnaîtraient pas le personnage, ou qui ne sauraient pas que la signature apposée au bas d’un tableau, souvent discrètement, est celle de l’artiste… Il a donc placé un cartellino bien en vue, accroché par une jolie épingle (pour rappel aux mêmes ignares : à l’époque, le post-it n’avait pas vu le jour).
Dans l’extrait de tableau, suivant, on peut se demander si c’est le peintre qui, au dernier moment, a voulu rajouter un peu trop rapidement les bésicles, ou si c’est Jean-Paul Sartre qui a voulu mettre son grain de sel…
Vous pardonnerez mon impudence, mais je n’ai pas résisté à mettre des mots sur les expressions des visages de certains personnages…
Même technique (plus ou moins bien exploitée) sur des photos de visiteurs/teuses… D’autres, bien évidemment anonymisées, ont été prises pour partager avec vous ce qui m’a fait sourire ou rire.
Mise en abîme… Mais attention ! Votre chapeau doit être de la même teinte que l’habit du personnage, en l’occurrence vêtement qui confirme le dicton « l’habit ne fait pas le moine »!
Celle-ci ne prend pas de photos, mais elle en a « plein les bottes »!
J’ai axé le précédent article sur la manière dont le peintre exposé en ce moment au Louvre peint (et dépeint) les émotions, sentiments, interactions des personnages qu’il met en scène. Aujourd’hui j’ai plutôt envie de vous parler des détails qui m’ont frappée.
Les tissus
Qu’il s’agisse de tissus « nobles », voire brodés d’or ou d’argent, ou de simples tissages, de plissés ou de broderies, de dentelles ou de passementeries, nombreux sont les détails qui attirent l’oeil, même dans des tableaux complexes.
Le périzonium du Christ montre un drapé remarquable.
Et certaines compositions évoqueraient presque des tableaux non-figuratifs…
2. Les ailes des anges
J’ai été saisie en particulier par les ailes des anges. Les unes apparaissent très unies et soyeuses. Dans d’autres, on distingue des plumes et duvets. Certaines brillent, dans des couleurs douces mais vives. D’autres voient leur aspect sombre éclairé par d’autres lumières. Bref, aucune aile ni aucune paire ne ressemble à une autre…
3. Les parties du corps
Chaque partie visible des corps est visiblement très travaillée… si j’ose dire, de la tête aux pieds. Même les muscles et les petits plis de peau transparaissent, comme chez Saint Jérôme.
Une fois de plus, je vais avouer mon ignorance : je ne connaissais pas le peintre sur lequel porte l’exposition que je suis allée voir en ce 30 octobre lors de la nocturne du Louvre.
« Francisco de Zurbarán compte, avec Diego Velázquez et Bartolomé Esteban Murillo, parmi les peintres espagnols les plus importants du XVIIe siècle. D’abord considéré comme un caravagesque marqué par l’ascétisme monastique, il a progressivement été reconnu au XXe siècle comme un coloriste prodigieux et célébré pour son style très personnel, qui allie la simplification des volumes à un naturalisme saisissant. » (introduction sur le site du Louvre)
La première impression est saisissante. Quelle que soit la thématique, les « portraits » sont d’une variété et d’une expressivité incroyable. Très rarement « convenus ». Toujours très expressifs. Vivants. Qu’ils soient en interactions ou en méditation, les personnages semblent vivre devant nous. Mais fi de discours. Je vous en propose un florilège pour ce premier article sur Zurbaran, que j’ai découvert avec grand plaisir hier.
L’expression d’une « intériorité » forte
2. Groupes de personnages
Le plus souvent représentés par « catégories », ils symbolisent un type particulier. Cela va des « pauvres » aux cardinaux, en passant par les moines et la Sainte Famille (avec les Rois Mages dans la scène que j’ai retenue).
3. Personnages en action(s)
Les gestes sont particulièrement bien représentés dans des scènes d’un réalisme fort, comme celle où le prêtre essuie délicatement le petit sexe du bébé qu’il vient de circoncire. Mais aussi des gestes symboliques, tel celui du Christ adolescent se piquant et saignant, alors qu’il répare une couronne d’épines.
4. Personnages en interaction(s)
Qu’il s’agisse d’interactions verbales ou gestuelles, la représentation qui en est faite par le peintre est d’une authenticité saisissante. Les personnages se parlent, se touchent, se montrent « complices » ou « protecteurs »… depuis l’homme se touchant le crâne (ou se grattant la tête?) jusqu’à la main posée sur l’épaule de celui que l’on veut interpeller ou de la petite soeur qu’on protège.
5. Les dialogues à imaginer…
Dialogues avec des êtres divins ou célestes, mais aussi dialogues entre humains. Simples échanges ou discussions, voir négociations, dans des circonstances narrées dans l’ensemble du tableau : concile (je ne rajouterai pas « iabule »!), veillée d’un mort, ou tout simplement prière, voire apparition de la Vierge ou d’un (arch-) ange. Et ce, à tous les âges, même quand l’être, trop jeune, ne peut encore parler, comme le bébé Jésus interpellé par son copain Jean-Baptiste ou écoutant l’un des Mages.
6. Un portrait d’une taille impressionnante
Je ne voudrais pas terminer cette série sans un vrai portrait, d’un réalisme saisissant, et d’une taille hors-norme, d’un homme étrange au yeux presque pers…
Le principe est simple : une playlist de huit titres pour danser. Et un texte en huit parties, chacune devant se terminer par l’un des titres. A chaque fin de partie, tout le monde gagne la piste de danse et peut se défouler en dansant. En effet, un espace avait été transformé en piste de danse, à l’étage inférieur du musée.
Ensuite, assis à nouveau, on écoute, et ainsi de suite jusqu’à la fin. Les textes avaient été rédigés en deux jours par quatre artistes, dont l’une en résidence au Musée. Et ce sont cet écrivain et ces écrivaines qui les lisaient, en alternant en permanence. Il faut préciser qu’iels écrivent habituellement des textes pour le théâtre… L’une du groupe, d’ailleurs, a révélé à la lecture des talents de comédienne.
« Imaginé par Fabrice Melquiot, cette représentation unique, joyeuse et festive marie littérature, musique et danse. Quatre auteurs-performers, Virginie Barreteau, Pauline Sales, Eddy Pallaro et Mariette Navarro se réuniront la veille pour écrire une fiction collective inspirée du lieu qui les accueille, de leurs sensibilités croisées et d’une playlist de chansons dansantes et populaires. »
Je ne vous raconterai pas l’histoire de Morgane, une fille d’Issy, bien sûr, la ville qui nous accueillait… Mais ce fut suffisamment intrigant pour que tout le monde reste jusqu’à la fin. La soirée s’est terminée pour les un-e-s en prolongeant la soirée dansante, et pour les autres en continuant la visite du musée. Ce qui fut mon cas, et j’en profitai pour me nourrir de la richesse et de la variété des fonds.
D’abord, revenons aux cartes et à leur graphisme souvent très fin. Revenons au point de départ, l’Inde et la Perse, et l’on découvre que des cartes pouvaient être rondes…
Les cartes sont classées par continents, puis pays…
Ci-dessous, ce sont les membres des familles royales de 4 pays européens qui jouent les « nobles ».
Les signes du Zodiaque font aussi l’objet de cartes.
Mais il n’y a pas que des cartes, dans ce musée. Et j’ai particulièrement apprécié les nombreux livres qui y ont trait, au travers des siècles (excusez la mauvaise qualité de certaines photos, mais il fait assez sombre pour ne pas abîmer les couleurs, et les lumières se reflètent dans les vitrines).
Le musée présente également une série de tableaux où l’on voit jouer aux cartes…
Certains tiennent de l’allégorie…
Quand on n’a pas le tableau, on le présente photographié, pour illustrer des explications.
Enfin, n’oublions pas les objets. Utilitaires, comme ceux qui servaient à fabriquer les jeux ou à les ranger, et certains très esthétiques.
Je n’avais malheureusement plus de batterie et ne pouvais continuer à photographier…
Après cela, une halte au Café d’Issy, dont il avait été question dans la pièce, pour un Mojito et une soupe de fruits avec glace. Une excellente soirée, loin de la foule qui envahit ce soir-là les musées parisiens! Un seul regret : la playlist était très « années 90 », entre disco et rap. Donc peu adaptée au public plutôt vieillissant… Mais je ne voudrais pas finir sans signaler l’exceptionnelle gentillesse de l’ensemble du personnel, fait assez rare dans un musée hélas…
Voilà bien longtemps que je rêvais d’aller visiter ce musée… Or, pour la Nuit des Musées, il offrait une programmation alléchante : mini-visite ludique, tirage de cartes, cocktail, et « bal littéraire » – une notion qui m’était tout à fait inconnue! Ce fut donc l’élu dans la longue liste des musées qui présentaient chacun des programmes intéressants. Direction donc Issy-les-Moulineaux.
La promenade entre la station de métro et le Musée me réserva une surprise…
Cela vous rappelle quelque chose? Eh oui, il y en a une autre du même artiste dans le parc de l’Ile Saint Germain… elle a provisoirement déménagé!
Ici, la statue monte la garde devant l’Hôtel de Ville.
Le Musée jouxte une belle bâtisse…
Celle-ci était naguère un simple pavillon d’entrée inclus dans la propriété des Princes de Conti.
A l’entrée du musée, je retrouve Dubuffet et comprends pourquoi il est arrivé « en ville ».
Malheureusement, il est tard et l’exposition est fermée. Mais le reste du musée est bien ouvert, et accessible gratuitement. Et je ne fus pas déçue. D’abord, parce que le musée est extrêmement bien conçu et passionnant. Ensuite, parce que la visite fut à la fois ludique et fort riche. Enfin, parce que je suis finalement restée jusqu’au bout, et même au-delà du « bal littéraire ». Par contre, je n’ai vu aucune cartomancienne. Et si le cocktail a bien eu lieu, il n’était pas très convivial. Mais c’est souvent le cas!
Revenons donc à la visite du musée, dans un premier temps. De petits groupes étaient constitués, et trois cartes tirées au sort. L’une, un « personnage », la deuxième, un « pays », la troisième, une action. En l’occurence, ce fut « tigréléphant », « Turquie » et « lire un livre ». Il fallait repérer, dans les trois niveaux du musée, les cartes dont les illustrations étaient extraites (heureusement, la guide nous a « contenus » dans des espaces restreints pour chaque carte).
La première était un détail (encadré en verre) d’une carte indienne. Le jeu entier est superbe. Il fait partie de ce que je nommerais « jeux-oeuvres », travail fin et esthétique garantie.
De cette section « Cartes du monde entier », située au deuxième sous-sol, nous sommes remontés au premier pour les jeux pédagogiques, afin de trouver la carte d’où était extrait ce détail.
Un jeu superbe, dans un coffret d’une taille impressionnante…
La troisième carte représentait un pendu en train de lire.
Les habitué-e-s reconnurent tout de suite une carte de tarot. Or les tarots sont… au deuxième sous-sol! Hop, on redescend.
Il s’agit d’un jeu imaginé par un artiste anglais, en 1973.
Mais il cache un second jeu, qu’un bouton permet de faire apparaître, et qui est dû à Dali. Vous avez bien lu, oui, Dali.
J’aurais envie de vous présenter plus de choses, et vous relater tout ce que nous avons appris, mais cela nous entraînerait trop loin!!! Une fois les trois cartes identifiées et les explications apportées sur le contexte, écrire une phrase avec les trois contenus. Ce que nous fîmes…
J’ai été, pour ce qui me concerne, particulièrement intéressée par les jeux de tarot et surtout par les cartes à vocation « pédagogique », qui apportent énormément d’informations sur les représentations des autres pays et peuples à travers les époques. Notre équipe n’a pas gagné le prix de la phrase, mais nous nous sommes consolé-e-s en considérant que le tirage au sort ne disait rien de la valeur des phrases (rires)… Ensuite, cocktail, puis commence le « bal littéraire ». Mais c’est une autre histoire…
Que faire lorsqu’il pleut toute une journée, qui devrait être de festivités joyeuses sous un soleil espagnol? Au petit-déjeuner, d’autres hôtes m’apprennent que Notre-Dame de Rumengol est arrivée à 4 h du matin, avec une entrée dans la passe très difficile. Un petit tour de ce côté du chenal, puis je traverserai pour aller la saluer… J’étais déjà venue dans ce quartier, mais je ne me lasse pas des traces de l’histoire et de l’architecture si hétéroclite mais « vivante ».
Les petites embarcations jouent quand même sous le regard (l' »itsas ») des rameuses et rameurs.
Première direction : le Musée, qui est aussi chantier naval pour les restaurations. Je le connais déjà, pour y avoir passé un long moment lors de ma première venue. Mais c’est toujours un plaisir de retrouver les forgerons au rythme cadencé, symboles de la vraie collaboration.
Je me remémore l’histoire du San Juan, baleinier qui avait disparu en 1565 à Red Bay, Canada. Son épave, située en 1978 et fouillée par les chercheurs canadiens. Et une réplique en est construite à Pasaïa, qui désormais navigue comme emblème de l’histoire des marins qui partaient du Pays Basque pour si longtemps, et parfois sans y revenir, mais aussi symbole des peuples tels que les Inuits et de la coopération.
J’en profite pour essayer de retenir en basque le vocabulaire spécifique de la marine à voile, que j’ai déjà tant de mal à apprendre en français!
Je passe un long moment dans l’atelier charpente-menuiserie, où j’admire le travail des jeunes qui apprennent les métiers de la construction navale, avec une ardeur incroyable.
Au plafond, vous apercevez les traînières et leur évolution au cours de l’histoire, en raison de l’évolution des matériaux, qui les a rendues de plus en plus légères et rapides.
Mais le musée que j’avais visité vide est maintenant de plus en plus fréquenté, et des hordes d’enfants et d’adolescents se rassemblent autour de moi à chacune de mes haltes, pour écouter (plus ou moins!) leurs guides. Je décide donc de quitter les lieux, à mon grand regret, pour rejoindre l’équipage qui s’est rassemblé dans un bar voisin. L’occasion de déguster le cidre basque.
Un des membres m’a raconté que les pommiers étaient endémiques au Pays Basque, et que Louis XIV avait découvert le cidre lors de son mariage à Saint-Jean-de-Luz.
« Depuis l’Antiquité, la pomme était présente en quantité dans tout l’Euskadi. Au Ier siècle, Strabon, un géographe Grec, décrit l’abondance de pommiers au Pays Basque et mentionne qu’il s’y consomme le Phitarra, une boisson obtenue grâce à des morceaux de pommes que l’on met dans de l’eau bouillante et du miel.
Au Moyen âge, dans son « Guide du pèlerin de St-Jacques », Aymery Picaud écrit en 1134 que l’on trouve au Pays Basque uniquement des pommes, du cidre et du lait comme aliment.
Chaque ferme comprenait autrefois un pressoir permettant la production de cidre »
Mais je n’ai pas tout vérifié. Nous y reviendrons donc à l’occasion, si cela vous intéresse… Pour l’instant, allons avec les autres membres de l’équipage, sous la pluie, voir ce qui se passe sur les quais. Le Morgenster est toujours là. Les bateaux bretons sont bien arrivés, effectivement. Notre-Dame de Rumengol, gabare gérée par l‘association An Test, est bien là. J’avais juste oublié de vous préciser qu’il n’est pas équipé de moteur!
Mais n’est-ce pas la Recouvrance qui est là, nez à nez (enfin, proue à proue!)?
Toujours aussi fine et belle, non? Et l’équipement! De quoi éviter les sacs de noeuds…
« La Recouvrance, goélette symbole et ambassadrice de la ville de Brest qui en est aussi la propriétaire, porte le nom du plus célèbre quartier de la ville, celui où les femmes de marins priaient Notre Dame. »
Sur la terre ferme, des installations sont encore en train d’être équipées, mais certaines abritent déjà leurs occupants. Nous découvrons ainsi une association spécialisée dans la « galupe ».
Des échanges intéressants avec ses représentants, qui partagent beaucoup de nos préoccupations. En outre, cette semaine est justement la semaine culturelle à laquelle l’association participe activement! ça tombe mal pour eux…
Screenshot
Mais l’heure du rassemblement pour la parade approche, et il nous faut regagner le bord, pour y participer, malgré un temps menaçant… Un dernier regard au San Juan et aux voiliers, et vite, regagnons le ponton 3…
Il fait la une de l’actualité aujourd’hui, avec la démission de Mme Des Cars (au fait, est-elle de la famille du célèbre Guy que je dévorais jeune ado???). Mais ce n’est pas pour cela que je vous en parle… J’ai la chance de bénéficier d’une entrée gratuite, et donc d’y aller, et retourner, et revenir, encore et encore… Et je dois avouer que si, au départ, j’étais assez réservée sur ce musée dont je subissais la forte fréquentation dans les parties que je visitais « comme tout le monde », j’ai découvert et je continue à découvrir une réserve inépuisable de trésors. D’où mon envie de vous en parler aujourd’hui…
La question est : par quoi commencer? Car je vais vous ennuyer si je reprends tout ce que j’ai vu… Alors, je me lance. Et je vous emmène dans la section où j’ai rencontré, par hasard, deux des personnages qui ont marqué mes jeunes années : « Europe du Nord ».
Une énorme surprise d’abord, d’y rencontrer LE peintre de ma ville natale, dont peu de gens ont entendu parler, je pense : Mabuse. Cela vous dit quelque chose? Si oui, placez un commentaire, ça me fera plaisir – d’ailleurs, à ce propos, j’ai peu de commentaires pour mes articles, ce qui me navre, car j’aime savoir ce que savent ou pensent mes lecteurs/trices -. Autre nom : Jean Gossaert. Peut-être le connaissez-vous mieux sous ce nom? Si non, en quelques mots. Pourquoi « Mabuse »? Parce qu’il est né (en 1478) à Maubeuge. Alias Malbodium, « le mauvais sol », à cause des marécages qui caractérisaient les lieux, qui ont permis à Aldegonde d’être sanctifiée pour avoir miraculeusement échappé à un violeur en les traversant… Je vous le présente donc, à travers un selfie (pardon, un autoportrait) hélas non daté. Mais comme on perd sa trace alors qu’il n’a que 54 ans…
On sait assez peu de la vie de Jean (prononcez Jan, à la flamande), qui a dû passer par Bruges avant d’aller à Anvers, où il est reçu franc-maître à la Guilde de Saint-Luc, en 1503, sous le pseudo (oh le bel anachronisme!) de Jennyn Van Henegouve. Il a travaillé pour Philippe de Bourgogne et l’a accompagné en Italie pendant presque 7 ans, puis est revenu avec lui en Flandres, où il est vite débordé par des commandes religieuses. Ce n’est qu’à partir de 1515 qu’il va pouvoir exploiter tout ce qu’il a acquis en Italie, en décorant le château du suzerain, à Suiburg (avec une tendance à l’érotisme…). C’est lui qui décore le char funèbre de Ferdinand le Catholique. Les Grands du moment se l’arrachent. Entre autres Charles Quint et Marguerite d’Autriche. Bruxelles, Utrecht, Anvers… Il voyage pour ses commanditaires, jusqu’au moment où on perd sa trace, à Middleburg. Pour vous aider à vous y retrouver, une carte de l’époque. J’ai entouré les villes où il a séjourné en noir… La flèche indique la direction de Maubeuge.
La dernière oeuvre que l’on connaît de lui est assez étonnante pour que je vous la copie : Danaé, peinte en 1527.
Vous en connaissez l’histoire? Que de rebondissements!
« Danaé est la fille d’Acrisios, roi d’Argos et d’Eurydice. Le mythe raconte qu’Acrisios enferme Danaé dans une tour après avoir consulté un oracle qui prédit au roi qu’il sera tué par son petit-fils. Il enferme donc sa fille pour l’empêcher de s’accoupler avec un homme et de donner naissance à une descendance.
Cependant Zeus tombe amoureux de la jeune princesse. Pour échapper à l’oeil jaloux de sa femme légitime Héra et pénétrer dans cette tour, il se transforme en pluie d’or et s’accouple avec Danaé. Celle-ci donne naissance à Persée.
Effrayé, Acrisios enferme sa fille et son petit fils dans un coffre qu’il jette à la mer et qui échoue sur l’île de Sérifos. Accueillie par le roi Polydecte, Danaé est forcée de l’épouser. Une fois Persée devenu adulte, comme Polydecte voit en lui une menace pour son mariage avec Danaé il l’envoie combattre Méduse. Mais Persée revient vainqueur et transforme Polydecte en pierre avec la tête mortelle de la Gorgone ; puis il réussit à ramener sa mère à Argos et tue son grand père pour se venger de les avoir abandonnés. L’oracle avait donc dit vrai. »
Mais revenons au 21ème siècle, et au Louvre, pour vous présenter les deux oeuvres de Mabuse que j’y ai découvertes. Le premier, « Portrait d’un moine âgé de 40 ans », date de 1526.
Le second a été peint onze ans avant.
Je vous laisse lire le commentaire officiel.
Bien sûr, je n’ai pas eu accès au revers. Voici donc une photographie « Wikimedia ».
Or, fait étonnant, je viens d’apprendre que Jean de Carondelet était un ami d’Erasme. Erasme que j’avais « rencontré » lorsque j’étais élève au Collège Budé de Maubeuge, et que j’ai retrouvé dans ma vie d’adulte, au détour d’un chemin… Et à nouveau lors de la visite au Louvre dont je vous parle. Il est dans la salle voisine de celle où est exposé son ami, peint par Hans Holbein le Jeune.
J’espère ne pas vous avoir ennuyé-e en parlant de moi, et, si vous le voulez bien, je continuerai à partager cette visite « Europe du Nord » dans un prochain article…
Je n’aurais personnellement pas choisi spontanément d’aller voir David, car il ne fait pas partie de mes peintres préférés. Mais comme j’y étais invitée… direction donc Le Louvre en cet après-midi froid et gris. Et les premiers tableaux ont bien failli me faire abandonner. Vous savez, ces oeuvres gigantesques qui débordent de relents de bravoure et de scènes de carnage? Mais heureusement, j’ai continué, et j’ai découvert d’autres versants de son oeuvre, dont certains m’ont intéressée, à défaut de me séduire. A mon habitude, donc, loin d’une critique experte ou hardie, je vais focaliser sur quelques points de cette exposition qui ont retenu mon attention.
Les portraits
En bonne béotienne que je suis, j’ignorais que David avait peint des portraits autres que ceux des célébrités. Je dirais même « un nombre non négligeable de portraits », voire d’auto-portraits. En voici quelques échantillons… Ce qui a attiré mon attention, c’est l’originalité des visages, moins « inexpressifs » que chez beaucoup d’artistes de cette époque.
Les femmes notamment ont souvent l’air épanoui, voire un peu « canaille »…
Les détails
Ce qui m’a saisie, entre autres, est le sens du détail, même sur des toiles de dimensions impressionnantes. Qu’il s’agisse de passementerie, de crinières ou chevelures, ou de clins d’oeil à l’Histoire sous forme de gravures rupestres inédites…
Focalisation sur les seins
Dans les dernières salles de l’exposition, j’ai été surprise par le nombre de seins dénudés dans des tableaux où leur exhibition n’était pas toujours nécessaire. Appétence d’un homme vieillissant ou intérêt purement esthétique?
Un condensé de domination masculine !
Une thématique redondante : des femmes agenouillées devant des condensés de virilité, qu’ils soient guerriers ou divins… Qu’elles soient âgées, mères ou sans doute maîtresses (à en juger par la tête d’Héra !), elles se prosternent devant le Mâle…
Je finirai par un tableau qui m’a particulièrement séduite, et me « parle » beaucoup. Je me tais et vous laisse le découvrir…
Je suis allée récemment au Musée d’Orsay, pour y voir diverses expositions, mais il m’en restait une à visiter, qui se termine le 27. Or, hier, c’était déjà le 24. Un jeudi. Juste le jour de la « nocturne ». Belle conjonction! Me voici donc dans le bus qui me conduit vers le Musée d’Orsay, puis la file d’attente (car le billet pris par Internet avait mystérieusement disparu), puis filant vers les salles repérées au préalable.
Et je n’ai pas été déçue! Les émotions ont bien été au rendez-vous!
Bien sûr, il y avait celles que j’attendais, que j’espérais. Dans la série « marins », dont un tableau figurait sur l’affiche (voir ci-dessus!). Cependant je n’avais pas perçu l’originalité (pour l’époque) de son approche : l’angle de vue et le sens du détail. Le tableau reproduit sur l’affiche ci-dessus en est un exemple. En voici deux autres, qui, pour la fan de voile que je suis, illustrent deux des rôles importants sur un voilier…
Saisissant, non? Saisi, sans le « ssant », également!
Cette technique n’a pas été exploitée que sur l’eau… en voici un autre exemple, que j’ai beaucoup aimé.
Quelle intemporalité! Qui d’entre nous n’a pas eu ce geste, au grand dépit des parents ou grands-parents? Et qui ne continue pas à en être témoin, actuellement? C’est l’un des paradoxes que j’ai ressenti au cours de ma visite. A la fois une inscription réelle dans son époque – je dirais même une forme de révolte contre les injustices sociales, de militantisme – et une permanence au travers des siècles, notamment dans les interrelations humaines. Commençons par quelques peintures « narrant » littéralement des faits témoignent de la pauvreté, de l’injustice, de ce que l’on ne nommait pas encore la précarité.
La série de portraits de couturières épuisées par leur labeur est remarquable, et je ne résiste pas à l’envie de la partager avec vous.
Certaines oeuvres montrent combien la beauté subsistent malgré les difficultés, n’est-ce pas? Comme dans un des tableaux les plus connus du peintre, qui prenait parfois comme modèle des prostituées, ce que lui reprochait la « bonne société ».
Venons-en maintenant à ce que j’ai qualifié d’intemporel, de permanent, de « résistant ». En peignant des moments de la vie privée et/ou familiale, l’artiste soulève des émotions empreintes de l’écho qu’ils éveillent en nous. En tout cas, en moi. Car j’ai été très émue, je l’avoue, devant certains tableaux.
Au moment où j’écris ces lignes, il ne vous reste que le week-end pour aller voir l’exposition… Courez-y vite, si vous le pouvez. A défaut, il vous reste le net, où documentaires et photos ne manquent pas pour que vous puissiez « rencontrer » ce Norvégien qui n’a pas été que peintre, mais également écrivain et journaliste…
Voici peu, je vous ai parlé de Gien, où avait lieu la sortie annuelle de l’association Vanvino… Une semaine après, me voici de retour dans cette ville, pour une pause déjeuner en ce jeudi de l’Ascension, après les haltes de l’abbaye de Fleury et de Sully, objets de précédents articles.
Premier objectif : le château, que je n’avais pu voir lors de la sortie collective la semaine précédente.
Hélas, il est fermé, et je ne peux que le photographier à travers la grille.
Ainsi qu’une statue qui devrait vous aiguiller sur ce qu’il est devenu…
Eh oui! Un Musée de la Chasse, comme le présente son site officiel. L’édifice construit par Anne de Beaujeu (encore elle!) est devenu un musée. Si son histoire vous intéresse, vous la suivrez sur cette vidéo. Elle n’y habitera pas, car son époux et elle partent à Moulins avant la fin de la construction. On dit qu’il a le style « Première Renaissance française » : briques rouges et noires mêlées à la pierre de taille. Au XIXème siècle, il devient siège administratif:
« En 1823, le vicomte de Riccé, préfet du Loiret, rachète le château de Gien à la famille Feydeau de Brou pour le compte du département du Loiret. Le monument est ensuite réaménagé pour accueillir la sous-préfecture (aile Est), un tribunal (Etage) et une prison (Rez-de-chaussée et caves). La sous-préfecture et la prison resteront en place jusqu’en 1926 tandis que le tribunal ne déménagera qu’en 1962.«
Et il survivra aux bombardements des Allemands les 15 et 16 juin 1940, qui détruiront une grande partie de la ville.
Cette année, il abrite des hôtes étonnants…
Une affiche péda (ou andra?) gogique explique ce qui s’est produit, concernant le pont.
Décidément, pas de chances pour les visites ce jour : à l’église, d’abord une fin de messe, puis un baptême… Je ne puis la voir que de l’extérieur. Mais pas trop chagrinée de ce contretemps, car elle est résolument « moderne ». Il reste à admirer le paysage vu de la colline sur laquelle se situent château et église.
Pas de visite, mais finalement sans regret : c’est l’heure du pique-nique! En zoomant, vous pouvez voir cohabiter Hauts-de-France et Loire!
Une vraie chance : une guinguette en bord de Loire est fermée, et nous profitons honteusement de ses installations avec une jolie vue sur le fleuve…
Mais il faut repartir, il reste bien des kilomètres jusqu’à la destination, Nice!
Pour revoir l’ensemble du trajet, une carte avec son tracé…