Les mythes et légendes du Pays Basque, à découvrir à Irissary. 1. La Commanderie d’Irissary

J’ai évoqué dernièrement la découverte de Bidarray. Ce n’était qu’une halte, cependant, sur la route qui me menait à Irissary, où un concert avait lieu à l’Ospitalea.

J’ai raté le concert pour cause d’excellent repas (je vous en parlerai dans un autre article), mais pas la visite des lieux, qui abritent en ce moment une exposition qui m’a hautement intéressée, sur la mythologie basque. Il n’est pas trop tard pour y aller si vous le pouvez, car elle perdure jusqu’au 10 octobre.

Vous pouvez par ailleurs la découvrir sur le site officiel. Moi qui ai baigné depuis mon enfance entre mythologies mésopotamienne, égyptienne, grecque, romaine et mythologie celte, puis, par la suite, en ai découvert d’autres, j’ai été extrêmement intéressée par ce que j’y ai appris, et me suis bien promis d’approfondir quand j’en aurai la possibilité… En attendant, je vais simplement vous relater ce que j’en ai vu et entendu. Entendu, car on peut passer des heures dans les lieux, à écouter les histoires racontées pour chaque personnage, ou les entretiens avec les spécialistes. Je n’ai pas compté les sièges avec écouteurs, mais ils sont extrêmement nombreux… Beaucoup d’entre eux sont des « coussièges » qui, encadrant les fenêtres, permettaient d’observer l’extérieur. Tant par sécurité que par curiosité…

En effet, l’exposition se fait dans une ancienne Commanderie.

« Située au cœur du Pays basque, en Basse Navarre, cette commanderie a été construite au XVIIe siècle par les Chevaliers Hospitaliers de l’Ordre de Saint-Jean-de Jérusalem, aussi connu sous le nom de l’Ordre de Malte.

Les chevaliers s’installent à Irissarry dès le XIIe siècle dans le but d’exploiter les terres agricoles aux alentours. Le fruit de ce travail servira à financer les actions de l’Ordre en Palestine et en Méditerranée, pendant les croisades et les guerres successives. (…)

Le bâtiment visible aujourd’hui à Irissarry date pourtant du XVIIe siècle. L’ancienne commanderie étant en très mauvais état, elle est entièrement remplacée par une construction neuve administrée par le nouveau commandeur d’Ospitalea, le navarrais Don Martin de Larrea, dont le nom apparaît sur l’inscription au-dessus de la porte d’entrée. »

Dès l’entrée, le ton est donné.

Deux caractéristiques sautent aux yeux des visiteurs qui pénètrent dans les lieux : un audacieux mélange de contemporain et d’ancien, et une volonté de communication pour tous les niveaux d’âge et de culture. Ce qui donne des espaces vastes et clairs.

La salle où avait eu lieu le concert que j’ai raté était encore, au début de ma visite, occupée par les sièges…

… Mais elle était vide lorsque je suis redescendue des étages supérieurs…

Une restauration et une rénovation que j’ai trouvée très réussie, et qui laisse place à toutes sortes de manifestation, comme, en ce jour, concert et exposition.

L’escalier est particulièrement esthétique dans son dépouillement.

J’ai moins aimé une pièce « fonctionnelle » où la belle cheminée a piètre allure.

Les enfants sont les bienvenus, cela se sent dès l’entrée, et se confirme, au premier étage, avec une pièce qui leur est visiblement destinée et montre des traces d’activités culturelles et ludiques.

Les fenêtres ouvrent sur l’environnement, village blotti sous l’aile du Commandeur, et montagnes dans le lointain…

Au moment où je lisais ces lignes, ce n’était pas les rires des enfants que j’ouïssais, mais le bruit d’un jeu… ce qui se confirma à la sortie, devant un tableau digne du passé… si l’on excepte le véhicule… Le village admirais et applaudissais ses jeunes…

Itsas Begia aux Journées du Patrimoine

Comment, pour une association dont l’objet est justement de préserver le Patrimoine maritime, ne pas participer aux Journées destinées à maintenir la mémoire de nos régions? Elle était donc bien présente en ce week-end des 19 et 20 septembre, à la fois sur le port de Saint-Jean-de-Luz et sur celui de Socoa, où jusqu’à présent elle dispose d’un chai (hélas sans doute plus pour longtemps…) pour y abriter ce qui pourrait largement meubler un musée destiné à retracer l’histoire des ports et des marins du coin…

Jugez-en plutôt! Pas moins de 6 bateaux reconstitués ou entretenus, baleinier, xalupa, batel, etc… Les deux que vous voyez ci-dessus ont été sortis de l’eau pour la circonstance car, comme le Brokoa, ils naviguent pour le plus grand plaisir des membres et de leurs invité-e-s. Je vous présente donc l’Itsas Begia, éponyme de l’association.

Vous pouvez voir naviguer le batelleku quadragénaire ici, à Pasaïa en 2026, ou encore sur Wikipedia. C’était il y a 20 ans!

Son petit voisin est le canot Louis Auguste. A l’intérieur, trois embarcations en exposition… D’abord, le Guilherme, une fière baleinière classée Monument Historique.

La fiche ci-dessus est extraite de la base Palissy.

Près d’elle, deux petits frères…

En bas, l’Ago Lo.

Il est présenté en ces termes par la DRAC de la Nouvelle-Aquitaine.

« Ce batteleku Ago Lo retrouvé dans la vase du port de Socoa fut construit à Socoa en 1948 au chantier naval Ortiz-Ordoqui. Conçu pour l’aviron en priorité, sa coque est d’une rare finesse. Les autres, en général construits pour la navigation à la voile, avaient une coque plus large. Restauré par Jean-Pierre Laquèche aidé par les frères Ordoqui, un moule précis en est tiré qui sert à en réaliser une petite série dès la fin des années 1980 par le chantier Ordoqui et le chantier Marin[5]. Ago Lo est le père de la lignée actuelle. » (Wikipédia)

Au-dessus de lui, le Martina.

Triste spectacle que ce bateau en pièces détachées, plus ou moins abîmées…

Ayant appris son nom, le « Marinela », j’ai cherché à savoir à quoi il ressemblait… Le voici, selon l’inventaire du patrimoine, ce thonier-sardinier en si piteux état.

Né en 1955, il avait été classé, mais a été déclassé en 2002.

« Construit à Ciboure-Socoa par le chantier naval Hiribaren Frères et lancé le 28 décembre 1955. Bâteau classé en date du 6 septembre 1993. Vu les arrêtés en date du 7 juin 2002 pour le classement des bateaux Aïrosa et Patchiku à Saint-Jean-de-Luz et considérant l’important état de dégradation du Marinela, il est déclassé le 7 juin 2002. »

Un autre bateau conservé dans ce local a été incendié par malveillance hélas. Je n’ai pas pu voir tous les objets qui permettent de retracer les activités des marins et des autres acteurs et actrices autour de la navigation et de la pêche, car le local est trop exigu pour qu’ils puissent être exposés. Mais en voici quelques-uns, saisis là où ils se trouvent, ce qui explique parfois les erreurs de cadrage. D’abord, un coffre que l’on lançait aux marins tombés à l’eau, pour qu’ils puissent s’y accrocher… Puis une bouée de sauvetage…

J’ai apprécié pour diverses raisons les objets qui suivent…

… y compris ces bottes faites avec du caoutchouc. Elles m’ont rappelé les chaussures faites en Guinée à partir de chambres à air!

Nous avons donc accueilli des visiteurs de diverses régions de France et d’Espagne, et j’ai même eu le plaisir d’échanger avec un apiculteur du Cantal sur la qualité des bois!

Pendant ce temps-là, d’autres adhérent-e-s recevaient également beaucoup de visites, sous un barnum blanc malheureusement un peu exigu, non loin de la Grillerie du port de Donibane-Lohizune.

Laurent Etchandy, le président, avait préparé une scénographie autour de la construction des bateaux, et il paraît (je n’ai malheureusement pas pu y assister) que c’était passionnant.

Un peu plus loin, l’équipage du Brokoa, dont parle l’article ci-dessus, emmenait promener les personnes qui avaient réussi à s’inscrire suffisamment tôt. En effet, la demande a largement dépassé les possibilités limitées d’accueil à bord. Quelques mots recueillis sur le quai m’ont permis d’apprécier d’une part le plaisir de celles et ceux qui revenaient de la promenade, et le dépit des autres, laissés à terre… Quoi qu’il en soit, trois journées intenses pour l’équipe d’encadrement et les « petites mains » comme moi!

Bidarray, une jolie surprise

En direction de l’est pour assister aux Journées du Patrimoine, un arrêt sur la route m’a conduite au sommet d’une petite colline dont les pieds se baignent dans la Nive. Et je n’ai pas été déçue, loin de là. Ce bourg, encadré de sommets plus ou moins élevés, respire le calme et la sérénité.

Le fier fronton accueille les visiteurs, face à l’église au porche effrontément roman.

Pénétrons dans celle-ci, pour y trouver, sans surprise, les tribunes traditionnellement réservées aux hommes.

Peu de décorations, l’édifice est beaucoup plus sobre que nombre d’autres aux retables dorés. Mais des statues de bois aux lignes épurées, qui m’ont conquise, comme cette Vierge à l’Enfant.

L’orgue surplombe le portail de sortie, dont la porte ouvre sur le village en contrebas.

L’église est entourée du cimetière, où voisinent tombes « classiques »… quoique très originales, avec ces photos ou gravures qui retracent la vie des personnes, souvent entourées d’animaux…

ou au contraire d’une grande sobriété, comme celle-ci où la disposition des pierres m’a intriguée…

et discoïdales, aux lignes épurées,

parfois datées,

et parfois rassemblées en une sorte de cromlech.

Alignées le long du mur, une série de petites tombes évoque l’enfance.

Mais peut-être n’est-ce pas cela? quittons ce lieu de repos, avec une si belle vue sur les montagnes avoisinantes,

et commençons la descente vers la rivière, pour admirer une maison aux lignes pures, qui la domine.

Mais pas trop bas, rebroussons chemin pour revenir vers l’auberge à la terrasse agréablement ombragée (je me suis promis d’y aller déjeuner un jour de soleil),

puis longer d’autres terrasses

et des jardins

parfois habités… de poules…

pour grimper jusqu’à un bâtiment plus imposant qui domine l’ensemble.

Qu’est-ce?

Eh oui, l’école, comme indiqué sur l’affiche visiblement dessinée et peinte par les jeunes écoliers. Il est temps de regagner la voiture, non sans un dernier regard à l’environnement apaisant.

En bas, c’est, comme dit en introduction de cet article, la rivière qui attend le passant, avec son vieux pont romain aux trois voûtes qui permettait aux pélerins de la franchir…

Lizarra

Vous en avez déjà visité l’église et ses environs, mais je ne résiste pas à l’envie de vous faire découvrir le charme de ce bourg si serein en cette journée d’été. Pourquoi cette impression de sérénité? Je ne saurais le dire… Peut-être parce qu’il est traversé par un cours d’eau très calme?

Ou parce que l’ambiance y est tout à fait particulière, douce et agréable? Ou parce qu’il fait bon voir des êtres humains traîner dans les rues, aux terrasses des cafés ou sur les placettes, sans se presser, sans téléphoner ou surfer sur le net? Simplement en conversant ou lisant?

Les détails fourmillent, qui évoquent la vie des habitants, voire leur métier…

Et l’Histoire est omniprésente.

Ainsi que l’environnement naturel et culturel, rappelé par de nombreux panneaux.

Ce début du texte a été écrit voici quelques temps, et je prie mes fidèles lecteurs/lectrices de m’excuser du retard apporté à sa publication… et par voie de conséquence à celles des articles suivants. J’attendais les photos prises par les personnes qui m’y accompagnaient, car mon Iphone étant à cours de batterie, je n’ai pu en prendre. Je les remercie de me les avoir envoyées hier, ce qui permet de finir ce jour…

Reprenons donc notre promenade avec ces images gentiment partagées.

Ce jour-là, le bourg est en effervescence. Visiblement, une fête s’y prépare et chacun s’active.

Mais d’autres profitent tranquillement de la fraîcheur sous les arcades.

Une échappée fait revoir, de loin, l’église visitée précédemment.

Je ne puis hélas vous montrer davantage d’images, et vous promet de retourner les prendre, d’autant que je n’ai pas tout vu, loin de là, de cette ville chargée d’histoire. Même pas le Palais de Rois de Navarre! Et peu du quartier juif qui la ceint. Ce sera donc pour une autre fois…

D’Urrugne à Ainhoa. 3. L’église de Lizarra

Je vous ai abandonné-e-s voici quelques jours à l’entrée de l’église. Il est donc largement temps d’en découvrir l’intérieur. Qui regorge d’éléments décoratifs en tout genre! Pénétrons donc par le portail roman tardif hyper-décoré bien caché, comme nous l’avons vu, par un portail beaucoup plus sobre…

A droite de l’entrée, un Christ sur un tombeau, figure relativement rare, me semble-t-il…

Découvrons maintenant la nef et le choeur.

Pour que vous compreniez mieux, un plan photographié dans l’église.

Et un commentaire pris sur le site de l’office du tourisme de la ville.

« L’église est dotée de trois nefs qui terminent par trois absides à l’extérieur et deux de plus a l’intérieur. Les voutes des bas-côtés sont à croisée d’ogives (xive siècle) et celles de la nef centrale sont des voutes en étoile de style gothique (xvie siècle). »

Il est vrai que les « plafonds » sont remarquables.

Avançons un peu dans la nef…

Deuxième surprise : deux chaires symétriques.

Cela signifie-t-il que les sermons se prononcent tantôt à droite, tantôt à gauche? Ou n’est-ce qu’un choix architectural? Un troisième étonnement devant la quantité impressionnante d’anges et angelots. Je crois n’en avoir jamais vu autant, même à Nice et en Ligurie!

Les évangélistes sont repérables à leur plume…

… et l’on peut se questionner sur le genre de Saint Jean.

Nombreuses sont les statues, et chacune interpelle, en particulier par l’expression des visages, mais aussi par tel ou tel détail, comme le petit diable tranchant avec l’angelot.

Et, pour en finir avec les « bouche bée », les statues de la Vierge, de la plus sombre aux plus « rayonnantes » (sens propre comme figuré!)…

Avant de quitter les lieux, un regard sur l’orgue, de taille relativement modeste, qui m’a également intéressée par ses tuyaux horizontaux.

En rédigeant cet article, j’ai découvert le sens de « chamade » !

“Tuyaux en chamade”

Expression pour parler de tuyaux à anches placés horizontalement et en dehors de l’orgue, généralement sous la façade, c’est-à-dire près du sommier. Dans ce cas le son de ces tuyaux est projeté directement vers l’auditeur, ce qui produit un effet surprenant et éclatant. Cette manière de faire provient des orgues espagnols du XVIIIe siècle où l’on trouve les Trompettes de Bataille faisant l’écho aux Trompettes réelles installées verticalement dans l’orgue. On a également placé horizontalement des jeux d’anches à pavillon court. (source)

Un dernier détail amusant dans le baptistère : les fonts baptismaux sont surmontés d’un couvercle. Un système à poulie mobile permet de l’ouvrir et le fermer…

Ingénieux et néanmoins élégant, non?

Quittons l’église San Miguel pour le centre du bourg, que je vous présenterai prochainement…

D’Urrugne à Ainhoa : 2. Lizarra et son église (extérieur)

A l’arrivée dans ce bourg, une découverte très pragmatique : ils ont eu l’excellent idée de faire des places de parking couvert, en plein air, sous les espèces de HLM à l’entrée de la ville! Donc stationnement gratuit… et ombragé… Le must, non, par ces températures légèrement élevées? C’est donc à pied que je m’engage dans la visite de ces sites inconnus. Beaucoup de travaux, on se croirait à Paris! Mais aussi quelques maisons délaissées, telles que celle-ci.

Une énorme église domine la cité.

C’est donc la direction que je prends pour monter, à travers les jardins donc certains sont plutôt potagers…

tandis que d’autres relèvent plutôt de l’agrément.

Une jolie grimpette!

Enfin le replat… Bon, à gauche, impasse : la porte est fermée. Tentons la droite.

Une spécificité pour l’édifice enfin atteint : un porche sobre en cache un second nettement plus baroque.

Avant de les franchir pour visiter l’intérieur, faisons le tour du bâtiment.

Et là, belles surprises. Notamment dans tous ces hauts-reliefs de la façade d’une sorte de tour…

Par contre, impossible de contourner l’ensemble : le chemin se termine dans une sorte de guérite.

Revenons donc vers le porche, par un merveilleux chemin au pavage bien usé…

Comme vous le remarquez, le second porche est nettement gothique, alors que jusqu’à présent vous avez surtout vu du roman… Dans le prochain article, nous découvrirons l’intérieur…

D’Urrugne à Ainhoa. 1. Une chapelle en bord de route

Je vous ai parlé d’Ainhoa tout récemment, mais ai omis de présenter la route qui m’y a conduite. Celles et ceux d’entre vous qui connaissent le coin se diront « Mais voyons, il n’y a qu’une demi-heure de route! »… Certes. Mais celles et ceux d’entre vous qui lisent ce blog depuis longtemps savent à quel point j’ai le chic pour faire « route buissonnière ». Ce fut le cas ce jour-là, où, partie de Saint Jean de Luz à mi-journée, j’avais décidé d’explorer le Pays Basque hispanophone. C’est ainsi qu’après avoir longé la Bidassoa avec toujours autant de plaisir, je bifurquai vers un petit bourg dont le nom m’interpellait : « Lizarra », alias « Estella » en espagnol. « Lizarra », cela peut avoir trait à « ville ancienne » ou « église ancienne » (et son existence est déjà attestée à l’époque romaine) , mais aussi évoquer le frêne, arbre très répandu dans ses environs. Toutefois, comme vous venez de le lire, c’est plutôt le sens d’ « Etoile » qui a été retenu.

« La légende rapporte qu’en 1085, des bergers alertés par une pluie d’étoiles, miraculeuse, découvrirent la statue dite de Notre-Dame-du-Puy. Et depuis ce temps-là, le bourg primitif, dont il est fait mention, à l’époque romaine sous le nom de Gebalda, fut appelé Estella, nom proche du terme castillan estrella, étoile. En tout cas, pour les pèlerins, la ville était Estella Bella, Estella la belle et la Basilique de la Vierge du Puy veille sur la ville.« 

Le chemin français de Saint Jacques de Compostelle passe par cette bourgade, c’est sans doute ce qui explique le nombre important de randonneurs croisés, et cette jolie chapelle, au bord de la route, qui ne compte pas moins de 5 croix dans son environnement.

Hélas elle est fermée, mais cela vaut la peine d’en faire le tour! Jugez-en vous-même…

Intrigant, non? Approchons-nous…

Si l’un-e d’entre vous connaît la signification de ce symbole, merci de me la donner en commentaire… Je me suis cru revenue dans l’Atlas, lorsque je travaillais sur les gravures rupestres! Et d’autres surprises m’attendent…

C’est avec regret que j’abandonnai ce coin idyllique pour poursuivre vers le bourg…

Découverte d’Ainhoa

Comme je n’ai pas pu « monter » à la chapelle d’où a été prise cette vue, je l’ai empruntée sur cet article que je vous conseille de lire…

« Ainhoa », c’est « la petite colline », comme le « gain » que l’on trouve dans de nombreux toponymes, comme Bordagain…

« Le nom du village d’Ainhoa apparaît dans les archives au 13ᵉ siècle, aynoa en 1238, sans le -h-, et quelques années après, en 1243, aynhoa et aynho, avec le -h-. Le -h-, non aspiré, et même muet, nous indique la marque d’une ancienne palatalisation de la nasale. En d’autres termes, cela signifie que le nom a jadis dû être prononcé [Aiñoa], avec un -n-mouillé, un -ñ-. La forme Agnoa figure d’ailleurs dans l’enquête linguistique et toponymique dite de Sacaze, réalisée en 1887 dans l’ensemble des départements pyrénéens. Cette forme « mouillée » semble avoir disparu, car aujourd’hui, on dit simplement Ainhoa. » (Source)

Je ne connaissais pas le village d’Ainhoa, et ai souhaité aller le découvrir. Ce que je n’ai pas regretté, loin de là. Tout en me disant qu’il valait mieux le voir « hors saison » que lorsqu’il était envahi par une horde de touristes. Car des touristes, il doit y en avoir parfois, à en juger par la quantité de boutiques et de restaurants sagement alignés le long de la rue principale! Cette même artère bordée de maisons aux façades toutes plus belles et/ou intéressantes les unes que les autres.

Une spécificité, outre les colombages : le nom du ou des propriétaires, à certaines époques, est indiqué par une plaque.

Un incontournable : l’église et le cimetière qui l’entoure, avec une jolie vue sur la vallée.

Bien sûr, de nombreuses stèles discoïdales.

« Composée de deux parties distinctes, la stèle discoïdale superpose un carré (ou trapèze) et un cercle. Symboles universels, ces deux formes disent la fonction du monument : le passage du carré au disque suggère celui du défunt de la terre vers le ciel.

Ces stèles sont l’œuvre d’artisans, tailleurs de pierre, qui maîtrisent la technique du champlevé pour la réalisation du décor. Elle consiste à faire émerger les motifs en évidant la surface de la pierre, créant face au soleil des effets changeants et des jeux d’ombre d’une grande force décorative. » (Source)

Certaines inscriptions rappellent que le Pays Basque n’est pas en France…

Le porche de l’église est surprenant, traversant et orné d’un beau double escalier en colimaçon.

Pénétrons dans l’édifice. Typiquement basque, avec ses tribunes… Mais le plafond est exceptionnel.

« Au XVIIe siècle a été créé le somptueux plafond en pitchpin à six caissons lambrissés. Une merveille de la charpenterie basque, unique en son genre, au moins au Pays basque Nord. » (Source)

En y regardant de plus près, deux surprises. La première, c’est le motif décoratif…

Vous ne rêvez pas! Ce sont bien des piments d’Espelette. Il faut dire que les deux bourgs sont proches…

Carte du 18ème siècle. Source BNF reprise ici

La seconde se trouve dans le tableau. Observez bien. Que regarde le nourrisson?

Pas du tout sa mère! Mais le vaste monde… ou vous?

Une autre Vierge à l’Enfant originale : la statue proche de l’entrée. Difficile à photographier, mais j’ai tenté…

« Statue de Notre Dame de l’Arantza (Aubépine se dit « arantza » ou « elorri » en basque).

Selon la tradition, la Vierge serait apparue à un jeune berger au-dessus d’Ainhoa, près d’une source qui jaillit sous un buisson d’aubépine. Une tradition en tous points semblable à celle qui prévaut pour le sanctuaire d’Aranzazu, au-dessus de l’université d’Oñate en Guipuzcoa, lieu de pèlerinage célèbre depuis le XVe siècle.

Selon la coutume, le lundi de Pentecôte, une procession part de l’église Notre-Dame de l’Assomption au bourg pour se diriger vers la chapelle Notre Dame d’Arantza érigée sur le lieu supposé de l’apparition. » (Source)

C’est la chapelle d’où a été prise la vue initiant cet article… La voici, photographiée par un ami.

Une autre statue a retenu mon attention.


Je n’entrerai pas dans les détails de tout ce qu’offre cette église d’apparence si modeste, mais m’attarderai sur l’un d’entre eux.

Surprise de voir cet animal et ses petits sur l’autel, j’ai voulu m’enquérir à ce sujet. Heureusement, dans un coin de l’église, j’ai trouvé des feuillets plastifiés, fort abîmés hélas, qui m’ont permis de comprendre. Voici l’extrait concernant l’explication…

Si vous passez par là, prenez le temps de placer une pièce pour voir s’éclairer l’édifice, et vous bénéficierez en outre d’un bel accompagnement musical ! A propos de musique, n’oublions pas l’orgue.

Bon, d’accord, on ne le voit pas… Par contre, on admire le décor.

Dommage que la loi entraîne de telles violations de l’esthétique! Suivons donc le panneau et sortons, car il est temps pour moi d’aller faire une visio. Avantage et inconvénient du télétravail! Mais où la faire? Je me dirige vers un café restaurant proche de l’église et explique mon cas, sans trop y croire. Et, à ma plus grande surprise, le patron accepte de me recevoir. Non seulement cela, mais, comme le restaurant n’ouvre pas ce jour-là, il me laisse la salle entière pour que je puisse procéder tranquillement à la visioconférence, afin d’éviter d’être dérangée comme ce pourrait être le cas dans la partie « salon de thé ».

Je profite donc de cet article pour le remercier, ainsi que son aimable personnel et le barman qui m’a préparé un délicieux Moscow Mule… Ah! j’allais oublier de donner le nom de ce bel établissement où je me suis promis de retourner pour un repas dans cette ambiance si sereine. C’est la Maison Oppoca.

Le temps a été trop court pour découvrir tous les trésors de ce bourg, il va donc falloir que j’y retourne lors d’un prochain séjour… ou que je lise cet ouvrage qui lui est consacré?

De retour à Donibane Lohizune

Après ces journées passionnantes de découvertes en mer et sur terre, les derniers instants en Pays Basque ont été embellis par un délicieux dîner et une nuit agréable dans mon hôtel préféré. Je vous ai déjà parlé du restaurant, le Pil Pil Enea.

Mais tant pis, je recommence.

D’abord, parce que l’accueil y est chaleureux, avec un patron-serveur des plus aimables, et qui ne manque pas d’humour. Ensuite, parce que les plats servis sont toujours aussi bons. En l’occurrence, un assortiment de tapas (« assiette luzéenne »), parmi lesquels mes préférés sont de petites aumônières fourrées de fromage frais de brebis. Sur la carte : « croustillants d’ardi-gana ». « Ardi », c’est la brebis. « Gana », le fromage. Mais le jambon, les piquillos, les beignets de piment frit et les chipirons sont des petites merveilles.

Ensuite, un merlu à l’espagnole. Fondant à souhait, baignant dans une délicate sauce, accompagné de grenailles. Mmmmm…

Le tout, bien sûr, arrosé de ce vin découvert récemment. Au départ, peu apprécié. Puis de plus en plus. Et maintenant, j’en raffole. Le Txakoli. En plus, très amusant à servir, avec le bec verseur utilisé aussi pour le cidre, rappelant le « Pays Basque », « Euskal Herria ».

Je ne savais quoi choisir comme dessert. Le patron m’a conseillé la « Coupe Manzana ». Et je n’ai pas regretté…

Un sorbet pomme accompagné (on verse soi-même les doses que l’on souhaite, au fur et à mesure) d’une liqueur du même fruit. Un peu sucré, mais si rafraîchissant et « digestif » après cet excellent repas!

Il ne manque qu’une nuit sereine avant de reprendre la direction de la capitale et du travail. Bien sûr, dans « mon » hôtel luzéen : l’Agur Deneri.

Sur les hauteurs de Ciboure, il offre une magnifique vue sur la plage et le port de Saint-Jean-de-Luz. Le couple qui le tient est d’une incroyable gentillesse et cherche toujours à faire plaisir. Les chambres sont lumineuses, agréablement décorées. Avec une amie, j’ai eu l’occasion d’en voir plusieurs, et voici quelques exemples. La « rose », rez-de-jardin…

La « jaune », numéro 2, également rez-de-jardin. Très lumineuse, non?

Enfin (car je ne vais pas vous faire visiter tout l’hôtel!) celle que je préfère, et que l’on m’attribue même si je réserve en dernière minute, comme ce fut le cas ce jour-là, la 26, angle du deuxième étage, ce qui permet d’avoir la meilleure vue, avec un beau balcon…

Elle permet de voir le soleil se lever sans se lever soi-même du lit…

Et les douches sont garnies de jets massants. Que demander de plus? Ah oui! Un petit déjeuner dont chaque aliment est tracé – la liste des fournisseurs, fermes, apiculteurs, éleveurs des environs vous est transmise, et servi dans une salle aux baies vitrées offrant une large vue sur les villes, plage, port, montagnes aux alentours. De quoi reprendre des forces avant de reprendre… le travail! Ce qui fut fait le lendemain…

Un retour sous le « Euskal eguzkia »

Le soleil commence à se montrer à travers les nuages lorsque nous appareillons. Il faut d’abord faire dégager l’embarcation qui s’est amarrée au Brokoa, et cela prend un certain temps… Mais enfin le bateau est dégagé et s’élance vers la sortie.

Tandis que le chef de bord est attentif au cap, je dis un « au revoir » au petit hôtel qui m’a accueillie le premier jour et renseignée le dernier sur les possibilités de se garer… La sortie du port me donne l’occasion de vous avouer une erreur dans le premier article de cette série : l’inscription réclamant le retour au pays des prisonniers basques est bien toujours là… j’étais sans doute trop fatiguée pour la voir à l’aller!

Cap au large, avec le moteur car il n’y a pas un souffle de vent…

Tiens tiens, qui vois-je dans le lointain? Notre-Dame de Rumengol, venue saluer mon départ?

Une traînière vient narguer une nouvelle fois l’équipe de rameurs non patentés, en nous doublant puis tournant au nez du Brokoa.

Tout est calme, trop calme. L’occasion de faire des photos!

Un dernier regard aux côtes espagnoles et à l’entrée des ports de Saint Sébastien et de Pasaïa, et nous nous élançons vers Saint-Jean-de-Luz, en parallèle à la côte.

Pendant que certains jouent les « figures de mâts » (à défaut de proue), d’autres espèrent que le barreur va éviter les « frêles » embarcations amarrées au large…

Le vent se lève doucement. Cela va permettre de hisser la grand voile.

Un voilier vient nous narguer, sous foc, lui. Mais n’est-ce pas notre chef de bord de l’aller et son frère qui se trouvent à bord et nous « mitraillent » de leur appareil photo? Vite, leur montrer de quoi nous sommes capables. Et donc hisser la misaine.

Et c’est fièrement vent arrière que nous nous dirigeons vers Socoa, la Rhune à tribord.

Un gros paquebot est amarré face à l’entrée, et nous revoyons nos photographes.

Trop de courant à marée montante pour entrer dans le port en vent arrière à la voile. Le chef de bord donne donc l’ordre d’affaler les voiles, au grand regret de son équipage qui se rêvait entrant à la voile. Mais Sagesse oblige, et un ordre est un ordre, surtout de la part d’un ancien commandant de la Marine Nationale!

C’est donc au moteur que nous passons Socoa, les digues de l’Artha, pour viser l’entrée gardée par le phare construit en 1936 par Pavlosky. L’équipage, en toute autonomie, range tranquillement les voiles et love les cordages pendant que le chef, ayant repris la barre laissée durant la course à plusieurs membres de l’équipage, veille à ne rien heurter.

Après quelques péripéties dues au fort courant, le Brokoa reprend sa place au port.

Le travail n’est pas fini pour le chef de bord, qui doit maintenant garder traces du voyage.