Coques en stock

Tout a commencé par un transport de fonds… Pas de liquidités, bien sûr, mais des oeuvres d’art. « Des photos », m’avait dit l’amie pour laquelle je m’étais engagée. Ce qui m’a conduite, un vendredi matin, au Nord de la Gare du Nord, autrement dit dans un quartier exotique pour l’adepte de la Rive Gauche que je suis. Et m’a aussi amenée à de multiples SMS et communications téléphoniques avec une artiste inconnue, qui me semblait bien stressée pour être réellement une artiste. Une représentation, je m’en rends compte. Pourquoi pensais-je que les artistes devaient être plus « zen » que les autres???

Nomade, je le suis. Et une nomade vit dans le moment présent. Fixer un jour de rendez-vous des semaines à l’avance relève du défi. Et fixer une heure de rendez-vous la veille un challenge. Bref, nous parvînmes quand même à nous retrouver, au pied de son immeuble, en ce vendredi matin. Vite, transformer ma compagne à 4 roues en « utilitaire », en abaissant les sièges arrière et en libérant le maximum de places (j’ai toujours dans ma voiture des couvertures, un sac de couchage, un oreiller, un réchaud et du matériel divers! sans compter que ce jour-là, partant en week-end, j’avais aussi une valise et mon ordinateur…). Une dame descend, nous nous saluons après qu’elle eut observé l’espace disponible. Puis elle redisparaît dans l’immeuble. J’attends dans ce quartier qui ne me semble guère accueillant… Elle revient avec un immense carton plat. Puis repart. Je place le carton au fond du coffre. Il ne reste plus guère de place pour autre chose! Sachant qu’elle avait bien spécifié que rien ne devait être placé au-dessus. Trois autres allers et retours. Mais, cette fois, des sacs avec des cadres plus petits et entassés. Tout finit par entrer. Nouveau salut. Et me voici partie vers la Picardie. Ce n’est que le lendemain, en effet, que je gagnerai la Normandie, plus exactement Le Tréport, où ma cargaison est attendue. Le samedi, impossible d’approcher la galerie de mon amie : marché plus fête foraine! J’attends donc le soir pour effectuer la livraison. Et rassurer enfin l’expéditrice. Je réalisai alors que j’ignorais la teneur de ce que j’avais transporté, que je n’avais ni compté ni vérifié ce que m’avait confié une parfaite inconnue! Et j’eus hier la preuve d’une erreur. Pas dans le nombre ni l’état. Non, tout était bien parvenu. Mais dans la teneur. Je pensais avoir transporté des photographies en noir et blanc. Pourquoi? Encore une représentation! J’ai réalisé que pour moi « photo d’art = photo en noir et blanc »… Pourquoi? Mystère…

Car les oeuvres enfin acheminées au Tréport, à la Galerie Résonances, sont bien des oeuvres d’art. Et pourtant éclatantes de couleurs.

Hier soir avait lieu le vernissage, et j’ai pu découvrir ce qui avait meublé mon véhicule pendant plus de 24 heures… Relisez le titre de cet article. Qu’a pu photographier cette Dame? Je vous aide avec un premier tableau (pris un peu de travers, excusez-moi…).

Vous avez deviné ? La mer ? Que nenni. Pourtant vous n’en êtes pas loin… Une autre photo ?

« Mais ce n’est pas une photo, c’est un tableau ! », ai-je souvent entendu dire hier soir. A juste titre. L’artiste elle-même considère qu’elle fait des tableaux… mais sans pinceaux (ni queue d’âne!). Simplement avec son appareil-photo.

Cathy raconte que, face à un groupe de jeunes élèves, elle leur avait proposé un brainstorming autour de la question « à quoi cela vous fait-il penser? », et avait obtenu un grande palette de réponses…

Alors, que photographie-t-elle ? Pensez au titre…

Des coques.

Pas des oeufs, non. Mais l’allusion au Capitaine Haddock pourrait vous aider. Des coques de navires, oui. En Bretagne ou au Maroc, pour la plupart des oeuvres présentées ici. Mais aussi dans bien d’autres ports. En voici deux autres exemples, toujours aussi mal pris.

Inutile de vous dire que j’ai beaucoup aimé. Expression plate, certes. Et cela ne me ressemble pas. Je suis d’accord. Mais « j’ai aimé » est ce qui me semble le plus fort, en l’occurrence. Et cela m’a rendu envieuse. Car moi aussi, je photographie parfois des coques, à marée basse. Souvenez-vous, j’avais fait une série à Camaret. Et une autre au Crotoy. Et des photos isolées, aussi, sur divers cours d’eau. Descendre sur la grève, patauger dans la vase, je connais. Choisir l’angle, la lumière, le cadrage… Mais jamais réussi d’aussi belles photos… C’est ça, l’art.
Seul bémol pour moi : j’aurais préféré des tirages « mat » pour la plupart d’entre elles… Mais il doit y avoir une raison au choix effectué de les faire en « brillant »?

Une dernière, hélas mal « rendue » par mon Iphone, d’autant qu’elle est exposée dans l’escalier qui descend à la cave. Cette fois, c’est à Tanger que les trois ont été prises.

Saisir l’instant, mais aussi magnifier les traces de l’usure et de l’abandon, des coups et des marques, de l’imperfection et de la destruction… Devenir médiateur-e entre le Temps et l’Homme, l’Objet et le Sujet, l’Anéantissement et la Vie… L’oeil de l’Artiste et la Magie des technologies…

Une longue histoire, mais toujours autant de fantasmes autour de La Femme…

La Société des Artistes Français a une longue histoire, comme elle le raconte sur son site. Elle serait issue du Salon initié par Colbert en 1667. Et existe en tant que telle depuis 1881.

« En 1881, elle prend son nom actuel de Société des Artistes Français. L’Etat lui délègue le soin d’organiser une exposition annuelle des Beaux-Arts et la charge de s’administrer elle-même.

En 1883, un décret paru au journal officiel la déclare « d’Utilité Publique »

Depuis 1901, tous les ans, si l’on excepte quelques interruptions dues aux guerres ou à des travaux, le Salon a lieu à Paris au Grand Palais des Champs-Elysées. »

Une mini-exposition sur son histoire est présentée, et donne l’occasion d’observer l’immense différence entre les Salons d’autrefois et ceux d’aujourd’hui.

Cela saute aux yeux : il y a bien eu une forme de démocratisation, même si l’on peut encore observer que le public aujourd’hui ressort d’une certaine « élite », plus « intello-bobo » qu’aristocratico-bourgeoise.

Il est par contre un point commun évident. Regardez bien la photo ci-dessus. Que représentent les statues?

Eh oui, des femmes… De la femme comme objet de l’art à la femme comme objet, y a-t-il tant de pas? L’artiste magnifie-t-il gratuitement l’objet de ses fantasmes?

Je ne répondrai pas à cette question et vous laisse ce soin. Je vous propose simplement une balade dans cette exposition, orientée autour de la thématique « représentations de la femme »… là encore, une sélection de mon cru, donc éminemment subjective. D’autant que j’ai choisi les oeuvres que j’aimais ou qui m’interpellaient…

Vous en avez déjà vu certaines dans les précédents articles, – excusez-moi des « redites » -, mais elles devaient aussi apparaître dans ce florilège sans commentaires.

Je terminerai par mon propre Palmarès : peinture, photo et sculpture…

Nobuyoshi Araki à la Bourse

Une salle aux murs blancs, tout en arrondis… Une suite de petits cadres avec des photographies en noir et blanc… Les badauds se suivent en longue procession pour les regarder, s’arrêtant peu devant chaque oeuvre. Et pourtant!

Pourtant, elles sont originales, d’une sobriété raffinée, d’une élégance rare, et si « parlantes », que leur sujet soit un Etre ou un Paysage ! Inutile de vous dire – car vous l’avez déjà compris – que j’ai été totalement séduite par cette exposition à la Bourse de Commerce de Paris, découverte de ce beau dernier dimanche de janvier…

La collection complète comporte 101 photographies dédiées à Robert Franck. D’aucuns font l’hypothèse que ce nombre désignerait un couple 1 et 1 séparé par le néant, le 0… Le couple serait le photographe et son épouse (et souvent modèle) décédée jeune. Le 0 représenterait donc la mort.

Mais les sujets, humains ou non, appartiennent bien à la Vie, sous maints aspects.

Je ne vous présenterai pas beaucoup de ces oeuvres (pourquoi faire des photos de photos?)… Juste quelques éléments représentatifs de ce qui m’a plu…

D’abord, des instantanés de paysages urbains et d’activités des citadin-e-s. Comme ces étangs de pêche parmi les immeubles…

Ensuite, les « Merveilleux Nuages » chers à Françoise Sagan, tels des tableaux abstraits à la mouvance poétique.

Enfin, toute une série dédiée aux nus féminins, dans des poses très langoureuses.

J’ai fait le choix de ne pas vous présenter un autre aspect de cet art, dédié au shibari et autres techniques nippones pour embellir le corps des femmes. Vous en trouverez sur le net autant que vous le souhaiterez… Bonne quête!

Une femme hors du commun

Fascinée… Tel est l’adjectif qui convient le mieux pour décrire mon état devant les portraits de Georgia O’Keeffe. Il faut dire qu’elle a eu la chance d’être photographiée par de grands artistes, qui ont su saisir la profondeur et la richesse intérieure de cette femme, qui devait avoir une personnalité hors du commun. Elle joue de tous les codes et se joue de l’âge et des rides.

On la sent, au travers de ces portraits, libre, passionnée, prête à transgresser, mais aussi pensant, réfléchissant, voire méditant… Difficile à avouer, mais c’est vraiment ce que j’ai préféré dans cette exposition. Et pourtant, nombre de visiteurs ne regardent – que dis-je? – ne voient même pas ces photographies mal mises en valeur parce que projetées sur le mur, directement, du couloir d’entrée où tout le monde s’agglutine pour lire les panneaux explicatifs. Au point qu’à certains moments il m’a fallu demander aux personnes de bien vouloir se déplacer pour que les personnes qui, comme moi, regardaient le diaporama, puissent en profiter.

Pour une personne qui s’intéresserait au Genre, elle est un exemple superbe d’individu qui échappe aux normes de genre. Et elle joue des attributs masculins avec visiblement beaucoup de plaisir.

A cause des individus dont je parlais plus haut, je n’ai pas réussi à la prendre dans ses tenues plus masculines, mais cela lui va à merveille. Ce qui ne l’empêche pas de jouer de sa grâce, comme dans cette photographie qui m’a beaucoup plu.

Je ne vous en ai présenté que quelques-unes, et bien mal re-prises avec des lumières malencontreuses, mais vous pouvez imaginer que ce fut un moment fort que ce face-à-face avec une femme aussi étrange et ouverte, aussi a-normale.

Il est temps maintenant de vous laisser entrer dans l’exposition elle-même. Le Centre Pompidou en effet offre la première rétrospective en France de l’oeuvre de cette artiste qui a vécu 98 ans. Mais encore une étape à franchir avant de ce faire (un vrai parcours initiatique, n’est-ce pas?). La première pièce, « Galerie 291 », est en effet consacrée aux artistes qui ont accompagné ses premières années d’artiste. A commencer par celui qui allait devenir son époux, en 1924, Alfred Stieglitz, dont voici une oeuvre.

Photographe, il était également galeriste. Ainsi peut-on voir du Rodin, du Picasso, et d’autres peintres dont celui dont j’ai omis de noter le nom.

Il est temps pour moi de vous dévoiler les oeuvres qui m’ont le plus interpellée. Comme d’habitude, mal photographiée. Mais vous trouverez sur le net de bien meilleures reproductions.

Une Nature très colorée

Les fleurs : de la couleur à la pureté

La petite maison dans la prairie, revue et corrigée

Des abstractions évocatrices

L’éclat des couleurs en abstraction

La sélection que j’ai faite est minimaliste, et ne rend pas compte, loin de là, de l’ensemble des oeuvres exposées. Il manque notamment toutes celles qui ont été créées dans les dernières décennies. Pour en savoir plus, vous avez la possibilité d’écouter les podcasts sur le site du Musée.

Samuel Fosso à la MEP

Vous le savez, j’aime cette Maison Européenne de la Photographie, par son cadre, sa fréquentation « raisonnable » et l’intérêt des expositions qu’elle offre. Je suis donc allée voir, en un frais dimanche d’automne, ce qu’elle proposait. Et je n’ai pas été déçue… Deux espaces, deux artistes et deux styles très différents.
D’abord, une rétrospective des oeuvres de Samuel Fosso. A priori, je n’étais pas passionnée par ce genre de photographies. Voici la présentation qui en est faite sur le site officiel :

« Né au Cameroun en 1962, Samuel Fosso s’installe à Bangui, en Centrafrique, chez son oncle et débute une carrière de photographe de studio dès l’âge de 13 ans. En dehors de son travail de commande, il se crée une série d’avatars défiant les codes de la représentation. À partir de cette époque, Fosso n’aura de cesse de se réinventer dans des autoportraits qui lui permettent de traverser les frontières, qu’elles soient sociales, géographiques ou temporelles. Ses œuvres éprouvent les normes identitaires et célèbrent notre liberté à l’autodétermination. »

Force est cependant d’avouer que j’ai été « prise » par son jeu, un peu malgré moi (en principe, je déteste les autoportraits…). Une forme d’auto-dérision? Une impertinence ? La transgression? Toujours est-il que je me suis promenée avec plaisir parmi les variations identitaires de l’artiste. Les photographies présentées ci-dessous sont de moi, et totalement ratées pour certaines. Mais je ne suis pas très au fait des droits de reproduction et ai préféré les placer, plutôt que de prendre sur le net. Mais bien évidemment, je vous encourage à aller les voir, soit « en vrai », soit sur des sites spécialisés, dont celui de la MEP (je n’ai pas trouvé le site de l’artiste).

Mosaïque « Histoire Familiale » (le titre est de moi)

Rire jaune sur la vision blanche des « Noirs »

En premier lieu, il incite à une réflexion sur sa culture, et son interprétation par les « Blancs »…. Dans cette partie manque toute une collection, au titre évocateur de Allonzenfants. Les photos étaient tellement mauvaises que je n’ose les insérer. Une inénarrable série sur les soldats Africains dans l’armée française. Dernière minute : impossible de la trouver sur le net!!! Alors tant pis, à ma courte honte je glisse ces mauvaises photos d’oeuvres qui ne méritaient pas ce traitement, pour vous en donner une idée.

Mais ce sont surtout les mises en abîme des visions culturelles déformantes qui m’ont intéressée.

Un bouquet de stéréotypes racistes !

Une satire des Grands de ce Monde

Deux salles sont consacrées à des autoportraits « déguisé »… le rire est moins jaune, quoique…

Quand le noir s’allie au blanc, surpassant la couleur…

Un message fort et émouvant

Paris Photo

Désolée de vous avoir abandonné-e-s quelques jours, mais j’ai eu des difficultés avec le transfert des photos. J’ai fini par comprendre qu’une fois transmises automatiquement sur le Cloud, elles devenaient irrécupérables en direct. A moins qu’il n’y ait une solution? Auquel cas, je compte sur vous!

Je vais donc remonter le temps, car l’exposition est finie depuis deux semaines… Elle avait lieu au Grand Palais Ephémère, étrange construction dérangeant l’ordre bourgeois du 7ème et la perspective du Champ de Mars… Beaucoup de monde en ce dimanche après-midi, et j’ai trouvé la visite très éprouvante physiquement… Du monde, on piétine, difficile d’approcher certaines oeuvres…

J’ai hésité à écrire cet article, à cause de cela. Vous pourrez observer que le cadrage est affreux, pour beaucoup des photos présentées. Ce n’est pas volontaire, loin de là! Il était très souvent impossible d’admirer les oeuvres de face, encore moins de « poser » pour les photographier. D’où des résultats comme celui-ci…

Avouez que ce superbe travail sur une vague légère aurait mérité mieux!

De même que cet arbre très symbolique…

Je me suis demandé pourquoi chaque petit espace était encombré, au milieu, par tables et chaises, voire fauteuils, destinés aux éditeurs, alors que les visiteurs/euses n’avaient strictement aucun siège pour s’asseoir sur l’ensemble de l’espace!

Un énorme reproche : les défauts d’éclairage. Qui, à certains moments, produisaient des effets catastrophiques. Deux exemples…

J’ai beaucoup apprécié cette photo, qui pour moi tient du tableau abstrait… Mais je puis vous assurer qu’elle est beaucoup mieux sans les points bleutés et les reflets apportés par la lumière ambiante… et encore, j’ai tout essayé pour en avoir le moins possible!

Cette photo, qui attirait mon regard, souffre à la fois de son positionnement en hauteur et de l’éclairage ambiant… Dommage, non? Et que dire de la suivante, qui invite les spectateurs/trices?

Quant à celle-là, elle est complètement polluée par les reflets… Sur la photo, on ne voit que le couple… vous pouvez jouer au jeu des différences, avec l’originale mieux mise en valeur:

Yves Trémorin, Les Amants Magnifiques (1989). Source

Un autre exemple de reflets parasites : des personnages non prévus sont ainsi invités dans l’oeuvre… devenue contre son gré interactive!

Mais il faut avouer que les masques des visiteurs/euses font bien écho à la volumineuse étole de la jeune femme…

Les seules oeuvres échappant à cette malédiction étaient celles qui prenaient le parti de ne pas se présenter « à plat », comme celle qui suit.

Beaucoup, que dis-je, énormément, disons carrément pléthore de photographies… et, pour moi, trop c’est trop… cela nuit grandement, à mon sens, au plaisir esthétique. A la sortie, une espèce d’indigestion… et surtout l’impression de n’avoir été émue par aucune… alors qu’il y en avait tant! et que l’Art était bien là parfois (ce dont je doutais à d’autres moments…).

Difficile d’exprimer ce que j’ai ressenti et appris de cette exposition… Je vais « entrer » par les photos, donc… Et d’abord, l’une des premières vues, proche de l’entrée.

Gail Albert Halaban (2015)

Si vous voulez savoir de quelle ville il s’agit, sachez que nous sommes en Turquie… Le site de l’artiste américaine présente d’autres photos « fenêtres », très intéressantes. Elle a notamment fait toute une série sur Paris, présentée dans cet article.

Un peu plus loin, une autre photo mettant en scène l’architecture, mais cette fois sans humaine…

Les formes épurées et la composition m’ont intéressée… Revenons maintenant aux humains… qui sont, vous le verrez, plutôt des Humaines…

Sîan Davey, The Garden (2021)

Vous pourrez la voir mieux sur le site de Sîan Davey, et vous pourrez en apprendre davantage sur cette étonnante artiste britannique.

Bien sûr, cette vague vous évoque un célèbre artiste japonais… j’ai beaucoup apprécié le jeu, un peu en dérision peut-être, sur les motifs des estampes ou oeuvres plus récentes, avec le décor semi-vide et cette jeune femme espiègle qui épouse le mouvement de l’onde… Hélas, j’ai omis de noter l’auteur-e… Si vous le/la connaissez, merci de m’informer?

La mode est visiblement au « vintage »… d’ailleurs annoncé dans les panonceaux accompagnant les photos. Et comme j’aime le noir et blanc, et encore plus l’argentique, cela me convient.

Oubliez évidemment les traits bleutés dus, une fois encore, à l’éclairage…

Alexey Titarenko, Laundry Hanging along the Canal, Venice (2006)

J’ai regardé par la suite ce que produisait cet artiste russe, né en 1962, et désormais américain. C’est superbe! Si vous voulez le découvrir, une recherche d’images par un moteur quelconque, ou son site, ici.

Tetsuya Ichimura, Untitle from Come Up (1973)

Peut-être l’un des artistes les plus âgés exposé ici? Ce Japonais, célèbre pour ses photos de nus, a 91 ans…

La lessive sur le Canal de Venise pouvait apparaître comme un clin d’oeil à ma série et à celle de mon correspondant sur Un Jour Un Tableau… Mais voici un autre écho, à un article où j’avais mis en évidence l’attrait des nuques sur les peintres…

Reflets

Voici une éternité que je n’ai pas poursuivi la série de photos que j’avais intitulée « Reflets »… certaines ou certains d’entre vous s’en souviennent peut-être?

Lors de la récente promenade au Luxembourg, que vous avez peut-être suivie dans mes précédents articles, j’avais remarqué une nouvelle exposition de photographies sur les grilles entourant le Jardin. Donc, bien évidemment, j’ai voulu aller la voir à la sortie.

Et j’ai d’abord « pesté » contre les acteurs de cette exposition. Oui, je sais, j’aurais pu dire « maugréer », « fulminer »…

Pourquoi?

Eh bien, les photos étaient totalement parasitées par les reflets. Sans doute parce que le support est extrêmement brillant? Donc, vous imaginez ma colère. « Ils n’auraient pas pu utiliser du mat? » « Quel dommage ! » « Comment peut-on être aussi peu prévoyant? » etc.

Une fois ce premier moment de mauvaise humeur passé, je me suis prise au jeu. C’était finalement assez intéressant de confronter la réalité ambiante (un couchant sur le carrefour au bas de la rue Soufflot) et la beauté des paysages celtiques, objets de ces photos.

Alors j’ai repris mon Iphone, pour essayer de saisir cet effet miroir plus que surprenant…

Série 1

L’original : Château de Dunottar

Série 2

L’original : Cap Fréhel

Série 3

Rochers sculptés de Rothéneuf - Terres Celtes
L’original : Rochers sculptés de Rothéneuf

Alors, si vous voulez aller admirer les photographies de Philippe Decressac, je vous conseille une autre heure, ou un jour moins ensoleillé, ou les deux… A moins que vous ne préfériez les voir sur le site consacré à cette exposition, et dont j’ai extrait les photographies « réelles » : https://terresceltes.fr/

Créativité tous azimuths

Non, je ne vais pas vous faire entendre Dalida… Mais simplement me faire le relais d’une jeune femme qui écrit des paroles pour des chansons. Lorsque je lui ai suggéré de publier un recueil de ses oeuvres, elle m’a répondu que ce n’étaient pas des poèmes, mais des paroles de chansons… Voilà qui a, vous l’imaginez, suscité des réflexions ultérieures… dont je vous fais part ici… et que je vous propose de prolonger. Quelles différences entre les deux?
D’ailleurs, certaines chansons n’ont-elles pas été simplement la mise en musique de textes poétiques? Je pense entre autres à « Je suis venu, calme orphelin… » chanté par Reggiani… Et combien d’auteur-e-s et interprètes de chansons sont tout aussi poètes que les autres? Il n’est qu’à penser à Brassens, parmi tant d’autres, ou à Gainsbourg, qu’on célèbre ces jours-ci.

« C’est la vie.

Lisse comme la Seine en septembre,
Légère comme un tas de cendres,
Douce et fière comme de l’acier,
Froide comme une seconde passée,
La vie c’est à prendre,
Mais jamais à laisser.
La vie c’est l’infini derrière des yeux fermés,
La vie c’est un pari qu’on ne gagnera jamais.

Envier le soleil sur la joue d’un enfant,
Toucher une larme dans l’œil d’un amant,
La sécher dans le creux de son cou,
Etre soi même et devenir fou.
La vie c’est un délit pour ceux qui ont tout dit,
La vie c’est une envie qui crie à l’infini,
La vie c’est un choix qui sans cesse recommence.
Faut-il vraiment se fier à tous ces sens ?
Une collection de souvenirs, tout un tas d’avenirs,
Pour ne pas se faire mal, il faut être fakir.

Peur, désir et oubli de soi,
Frisson d’un soir et peur du lendemain,
Empreinte d’une nuit et grand émoi,
La vie comme une étincelle le long de mes reins,
Me brûle à jamais , chaotique et sublime
Me voilà funambule au dessus de l’abîme,
Me voilà sirène au fond de l’océan,
Me voilà écume, te voilà mon amant.

Tout au creux de tes bras là ou rien ne m’atteint,
Là ou je serais moi , là ou je me sens bien,
Tu feras une danse au hasard de tes mains,
Le temps d’un instant tu seras mon destin.
Mon âme en transe, brûlée de tes yeux bruns,
La chaleur de ton souffle, ce feu qui me ronge,
ton odeur qui m’essouffle, une envie de mensonge,
La vie c’est pas après pas,
Une brusque envie de toi. »

Anne-Laure, janvier 2021

J’apprécie déjà beaucoup la phrase introductrice de sa page Facebook : « Poésie, échecs, musique
et insoutenable légèreté de l’être. »

Et le fait qu’avec d’autres, elle se bat pour la survie de la production et de l’interprétation musicale. Parmi d’autres combats qu’elle livre sans répit et parfois à son détriment. En voici la trace, avec une dédicace « Pour Manu »…

« Quand la norme devient l’énorme

Au royaume des p’tits chiens

les rois sont les borgnes

Au royaume des moutons, les loups sont légion

Au royaume des cons, gagne celui qui cogne

La vraie révolution commence aux balcons

Quand la norme devient l’énorme

Pendant que tu continues ta triste besogne

Fais tes calculs et dirige les opérations

Ecoute bien et entends notre grogne

Arrête de nous prendre pour des pions

Quand à la vie on substitue la mort

A l’envi on remplit les ports

Les ports d’armes, les ports de masques

Les porte-avions, les portes fermées

Jusqu’à ce qu’on en ait plein les basques

Et qu’on veuille tout faire péter

Quand à la vie on substitue la peur

A l’envi on nourrit les abuseurs

Les aboyeurs et les inquisiteurs

Les législateurs et les millions par heure

Alors même que la liberté se meurt

Et qu’on mange tous des pâtes au beurre. »

Résumons-nous.

Elle écrit. A 16 ans, elle avait déjà produit un roman, qu’elle a ensuite détruit…

Elle joue. Aux échecs, en tournoi. A de nombreux autres jeux, où elle gagne souvent!

Elle joue. De la musique : saxo, piano, harmonica, violon… rien ne lui fait peur. Seule. Ou en groupe. En « batucada », lors de la dernière manifestation de Cahors. En famille ou entre ami-e-s. En orchestre, pour du jazz ou d’autres types de musique.

Elle s’intéresse aux formes alternatives de pédagogie.

Elle cultive son jardin. Dans tous les sens que l’on peut donner à cette expression.

Et c’est une merveilleuse photographe. Je vous laisse en juger en visitant ce site.

Peut être une image de enfant, debout et plein air
Miroir d’eau, Bordeaux, Anne-Laure Fleurette

Bref, comme elle le dit, une « créative », une « subversive », une « inventive ».

Difficile pour de tels êtres de se faire accepter, comprendre, intégrer, « inclure ». La société est si rigide… j’allais écrire si « frigide »…

Peut être un gros plan de aliment, rose et nature

Vous l’aurez compris, j’ai une grande admiration pour cette femme…