
Arbre au couchant. Tanneron, 24 février 2024

Arbre au couchant. Tanneron, 24 février 2024
Je discutais, lors d’un récent vernissage, avec un artiste qui avait exposé, voici presque deux ans, des photographies qui m’avaient marquées. Je ne lui avais jamais parlé de ce blog, mais, cette fois, je lui dis que j’avais écrit sur cette exposition si extra-ordinaire, dans tous les sens du terme. Or j’ai appris hier qu’il n’avait pas trouvé l’article en question. Donc, cette nuit, fouilles archéologiques sur ce blog… et je me suis aperçue que l’article en question était resté dans les cartons. Enfin, plutôt, dans les brouillons! Pour tout vous dire, j’ai publié ici plus de 500 textes, mais il en est plus de 50 qui n’ont pas été achevés, et autant qui sont restés à l’état de « photos » (dossiers de photos enregistrés dans un répertoire « blog/titre d’article », mais sans écrits!). J’ai d’ailleurs aussi retrouvé le texte sur l’abbaye de l’Epau, dont je parlais dernièrement avec un Manceau…
En cette période où j’ai moins de travail, je vais essayer de combler un peu ce retard. En l’occurrence, un peu long, le délai, car l’exposition en question avait eu lieu en 2022…

Il faut donc vous replacer à ce moment, lorsque nous sortions du « tunnel », de l’enfermement, et, pour certain-e-s, de la peur, pour d’autres, du fort risque d’addiction à l’alcool dû aux « apéros-corona » avec les voisin-e-s…
J’ai découvert, dans cette médiathèque qui avait enfin rouvert ses portes, une exposition hors-normes. Un de ces moments où l’on retrouve l’Humain. Le Vrai. Le Vécu. L’Authentique. Mais aussi le Beau. Mais aussi l’Humour.
Le titre, en helléniste même pas distinguée que je suis, m’a interpelée : ‘Pandemia ».
Certes, si l’on se réfère au Dictionnaire de l’Académie Française, le mot « pandémie » a bien pour origine étymologique « pan » (pas le Dieu, mais l’équivalent de « tout » en français » et « demos », alias « le peuple ».
« xviiie siècle. Composé à partir de pan‑ et du grec dêmos, « peuple », sur le modèle d’épidémie. »
Mais, que je sache, « pandemia » n’a jamais existé en grec ancien. C’est le titre d’un polar

C’est aussi la traduction en italien et espagnol de « pandémie »… L’artiste a donc déjà fait une pointe d’humour en choisissant ce titre, comme hérité de la langue morte… Mais le thème de l’exposition est bien plus profond. Car les photographies sont un témoignage rempli d’émotions et d’empathie. Elles m’ont beaucoup émues. Mais pas seulement moi, à en juger par les visages des personnes présentes… Voici le petit mot qui présentait l’ensemble.

Comme toujours, impossible de « rendre » la qualité des oeuvres photographiques par de mauvaises prises avec un Iphone de base. Cependant, je vous en livre quelques-unes, qui vous permettront, je l’espère, d’imaginer les « doublement originales ».


Je n’ai hélas pas gardé trace du titre de la première, mais celui de la seconde est très parlant : « Désert affectif. Pavillon Isabelle, Eu. 20 décembre 2020. » Témoignage d’un médecin, à quelques jours de ce qui aurait dû être la Fête de Noël… Autre témoignage, cet auto-portrait (hélas bien mal reproduit par mes soins!).

Un médecin qui ne manque ni de talent artistique ni d’humour, comme en témoigne la photo dont le titre a été repris dans cet article.


Deux ans plus tard, à Paris…

Emotion, rire, mais aussi Beauté. Le « kalos kagathos » dans son entièreté, comme aux temps glorieux de Delphes. Regardez cette magnifique photo, hélas un peu « trahie » par mon manque de matériel et de technique.

Un autre exemple du talent de l’artiste? Le voici, dans cette superbe vue des cabines de la plage, un an après, intitulée avec humour aussi « Ligne de fuite ». Car quand s’éloigne le spectre de la Pandémie, l’Art revient en force…

Je ne vais pas vous dévoiler toutes les photos, elles sont bien trop nombreuses comme le montre cette vue d’une partie de l’exposition.

Mais en voici deux qui m’ont aussi particulièrement plu, et vous emmèneront sur la Côte d’Albâtre…

Après Mers-les-Bains, Varengeville-sur-Mer et l’église dont le clocher continue de veiller sur la tombe de Braque et de notre amie artiste…

Alors, vous reprendrez bien une dose? de souvenirs, d’humour, d’émotion, de rire, de beauté? Mais au fait, qui est le Magicien ?








Je suis abonnée à une liste de diffusion relative à la photographie (à laquelle j’ai emprunté la photo ci-dessus), et la sélection de ce week-end m’a fait découvrir des oeuvres que j’aurais, dans d’autres contextes, prises pour des tableaux. En l’occurrence, il s’agit de photographies de Phyllis Schwartz, une artiste canadienne qui se présente en ces termes :
« I am a multi-disciplinary artist and curator who works in photography, ceramics and publishing. I am an Emily Carr University of Art + Design graduate with a concentration in photography and the recipient of the Canon Photography Award. » (source)
Bien sûr, je suis partie en quête de son site et l’ai trouvé. Je dois avouer que je n’aime pas tout ce qu’elle fait, mais que j’ai été séduite par quelques photos, qui, comme je le disais, évoquent autant la peinture que cet art. La série Leaving Reality m’a particulièrement intéressée.

Voici ce qu’en dit l’artiste :
« Leaving Reality est un roman graphique lyrique. Chaque image présente une histoire qui peut être interprétée de multiples façons. Ces images juxtaposées et surréalistes invitent les spectateurs à regarder de plus près et à créer leur propre récit unique.
Les images abstraites sont des cyanotypes, des impressions lumineuses [Lumen Print], des chimigrammes et des formes hybrides créées à l’aide de techniques de collage analogiques et digitale. Ce corpus d’œuvres est le résultat d’expériences qui ont débuté en avril 2022 lors d’une résidence d’artiste à la Wallace Stegner House à Eastend, en Saskatchewan, et il a été développé lors d’un mentorat en photographie expérimentale à l’Agora School of Experimental Photography de Barcelone en 2022 et 2023.«
J’avais déjà entendu parler de cyanotype, mais me revoici confrontée à ce terme étrange… Vous savez ce que c’est? Je vais avoir recours à un blog que j’ai trouvé intéressant : avecunphotographe.fr
« On doit l’invention du procédé en 1842 à Sir John Frederick William Herschel, 1792 – 1871, astronome et chimiste, qui mit au point le procédé en travaillant sur la sensibilité à la lumière des sels de fer. Anna Atkins, une botaniste britannique, 1799-1871, utilisa la technique du cyanotype pour ses ouvrages d’herbiers en photogrammes. Ce fut l’une des premières – sinon la première – publication d’ouvrage photographique !«
« Après avoir préparé un négatif numérique, il faut un peu de ferricyanure de potassium, du citrate de fer, une feuille de papier et de l’eau. Après exposition à la lumière du jour, le tirage est simplement lavé et le cyanotype est fait !«
Facile, non? Mais, comme le dit l’auteur de ce blog, qui ne manque pas d’humour, « il est facile d’apprendre les trois accords de guitare mais avant de jouer du Django il y a du chemin à parcourir.«
Vous l’aurez compris, Phyllis Schwartz ne se contente pas de cyanotypes, elle allie cette technique à d’autres… Allez voir son « cyanotypes portfolio« … l’art de s’inspirer de la botanique!