L’autel face aux Alpes… Quel plus beau site pour des offices?
Le guide Randoxygène, qui n’est pourtant pas spécialisé dans le marketing touristique, présente en ces mots le site :
« Lieu de dévotion où se presse chaque année une foule d’habitués ou de touristes, le sanctuaire de la Madone d’Utelle fut fondé en l’an 850. Trois pèlerinages annuels s’y déroulent au départ de La Tour-sur-Tinée (Pentecôte), d’Utelle (15 août) et du Figaret d’Utelle (8 septembre).
La légende rapporte que deux (ou trois) navigateurs espagnols (ou portugais) perdus dans la tempête au large de Nice aperçurent une lumière surnaturelle qui les dirigea vers la Côte. Ils installèrent un oratoire au sommet de la montagne salvatrice, lequel fut détruit, puis reconstruit en 1806 sous forme de chapelle et restauré au milieu du XXe siècle, une route goudronnée permettant l’accès en voiture depuis 1936. »
L’église apparaît surdimensionnée, et la laideur de son architecture n’a plus de justification…
Certes, la statue n’est pas du meilleur goût, mais elle pleure l’absence des touristes et pélerin-e-s…
J’ai effectivement connu les lieux vivants, avec une auberge accueillante, des promeneurs/euses et des siesteurs/euses, une église ouverte et même une boutique où l’on vendait des produits des monastères environnants, dont un étonnant pastis…
Quel choc de les revoir désertés. Auberge close. Eglise fermée. Et pas un chat sur la gloriette qui abrite la table d’orientation… Seuls deux couples de touristes âgés pour fréquenter la superbe crête qui domine la côte et les vallées de l’arrière-pays niçois…
Un local cependant est ouvert, lui, et bien ouvert! J’aurais pu y prendre ce que je voulais, notamment pour mon jardinage!
Qui a ouvert cette porte, n’a visiblement pas pris grand’chose et l’a laissée béante? Mystère!
Notre hôte de l’Aubergerie del Campo venait de nous le dire : « Avant, il passait 4000 véhicules par jour dans la Vallée de la Vésubie ». Difficile à croire, car nous n’en avions vu qu’une dizaine à l’aller, et guère plus au retour… Et pourtant, c’est vrai. Seuls les sites de la catastrophe attirent les curieux. Le reste est déserté. Triste, n’est-ce pas? Je n’aime pas la foule, mais les villages ont besoin de vivre et d’être accompagnés dans leurs tentatives de survie…
Même les chardons bleus se sentent bien seuls… J’en aurais bien cueillis pour ma pharmacie, mais ne suis pas assez experte pour être sûre que c’est la bonne espèce!
« Outre ses belles fleurs bleu violet, certaines espèces de chardon bleu sont aussi comestible grace à ses racines et médicinale contre les rhumatisme et les calculs rénaux.«
Je pense avoir déjà écrit sur cet endroit hors du monde et du temps, où l’on est accueilli-e par un hôte exceptionnel. Qu’à cela ne tienne, je réitère, car vraiment toute visite en ces lieux demeure inoubliable. Il s’agissait en l’occurrence de le faire découvrir à un ami qui n’y était jamais allé, tout en prenant l’air frais de la montagne, par ce chaud dimanche de juillet… Direction donc Utelle, plus exactement la route grimpant de Saint Jean de la Rivière à la Madone d’Utelle (un autre de mes lieux de prédilection), dans l’arrière-pays niçois. A l’aller, route basse de la Vallée de la Vésubie, au retour, route haute passant par Duranus et Levens.
On se stationne sur deux petits parkings aménagés en terrasse au-dessus de la vallée, et l’on redescend un peu à pied, en longeant une exposition inattendue…
Il faut ensuite franchir un portique engageant, pour s’engager dans le petit chemin qui serpente jusqu’à l’entrée, située bien en contrebas… ce qui amène à penser « Comment remonter après un bon repas bien arrosé, par un tel soleil? »
Toutes sortes d’objets font revivre un passé plus ou moins lointain à celui ou celle qui chemine…
Accueil d’abord par le chien, puis par le Maître des lieux, Sylvain Moreau. Petite déception : ce n’est pas vers la superbe terrasse (encore plus en contrebas, mais avec vue imprenable sur la Vésubie) qu’il nous emmène, mais vers la salle à manger. Cette déception ne dure pas : je réalise vite que nous serons beaucoup mieux dans cet espace chargé d’histoire, bien calme, mais aussi très aéré, avec vue sur la cascade et le Vallon de l’Imberguet.
Le Maître de Céans explique l’histoire de ces bâtiments (trois, exactement) qui constituent l’Aubergerie. Deux d’entre eux ont été reliés par ce qui constitue maintenant l’entrée.
Au fond à gauche, la porte d’entrée. La photo au mur représente le bâtiment désormais relié à celui-ci
Qu’il doit être agréable de dîner au coin de cette cheminée l’hiver!
Déjeuner surveillé par des yeux de guêpe (ou d’abeille?)
Pourquoi « aubergerie »? Le terme existe bien dans notre langue, comme l’atteste le CNTRL.
« Néol. d’aut.Faire aubergerie. Utiliser en guise d’auberge.
… − et si de ce lot de palmiers j’ai fait repos et aubergerie pour les caravanes − alors te voilà qui t’y reconnais dans ta maison. Saint-Exupéry, Citadelle,1944, p. 897.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1944, supra. Dér. de auberger*; suff. -erie*; les formes d’a. fr. abergerie, habergerie, harbergerie « habitation » (fin xiie-xiiies. ds T.-L.) sont dérivées du verbe a. fr. arbergier, v. auberge; la forme haubergerie « logement » hapax de 1507 (Lemaire de Belges ds Hug.) est peut-être dér. de auberge, mais plus vraisemblablement une altération de he(r)bergerie d’apr. les formes méridionales en au-. L’a. fr. herbergerie « habitation » (2emoitié xiies., Moniage Guillaume ds T.-L.) est dér. de l’a. fr. herbergier (héberger*).«
Quand on a un peu fréquenté l’aubergiste, on sait qu’il aime les jeux de mots. Quel bel exemple « auberge » et « bergerie » ainsi reliés, n’est-ce pas?
Avant le repas, la coutume consiste à déguster deux apéritifs maison : vin d’orange et vin de citron. Personnellement, j’aime les deux, mais j’avoue un faible pour le second, dont je prends ensuite bien volontiers un verre complet. Et je ramènerai à la maison une bouteille… de chaque!
Puis choix des mets dans un menu varié. Parmi ceux-ci, le célèbre « crespeou ». Des omelettes à toutes sortes de légumes, accumulées dans un plat rond; après réfrigération au moins d’une nuit, on démoule à l’envers et on sert en quartiers. En voici une tranche, couchée, servie avec sa sauce, et auquel le Chef a ajouté un morceau de sa délicieuse terrine.
Pour ma part, j’ai opté pour une entrée plus légère, un brick au chèvre…
Tout est dans le détail : les herbes fraîches aux parfums subtils, les merises traitées comme des cornichons, les petites olives de Nice… sans oublier le radis croquant à souhait, la salade juste assaisonnée et les tomates au goût fruité…
Pour plat principal, j’ai choisi la truite du Cians, rivière d’une vallée voisine.
Et, au dessert, mon hôte a gentiment accepté de me faire apprécier deux desserts : le gâteau meringué au citron, un vrai délice! et la crème brûlée aux framboises cueillies chez la voisine, tout aussi excellente! Au point que je me suis précipitée pour les déguster, et que la photo ne montre que ce qu’il restait quand j’ai pensé à la faire!
Pas d’esbroufe pour les vins. Un Côte du Rhône simple mais très bon, ouvert délicatement avec un tire-bouchon bi-lame.
La seconde bouteille sera, elle, ouverte avec ce magnifique limonadier, dont j’ai découvert sur le net qu’il date de la fin du XIXème siècle.
Un petit café et, bien sûr, les merises à l’eau de vie pour parfaire ce qui était déjà bien parfait…
Car je n’ai pas pu vous rendre compte de tout ce qui a constitué l’atmosphère si particulière et enchanteresse de ce qui fut un partage, loin de la « consommation » (dont Sylvain prend un malin plaisir à détacher la première syllabe, comme il le fait pour raconter comment il demandait aux Dames leur QR code… Depuis le poivre présenté dans un moulin à café ayant bien vécu, jusqu’aux anecdotes narrées par l’hôte, tout est pensé, préparé ou improvisé pour que chacun-e passe ici un moment hors de l’agitation et près de la Nature…
Pourquoi utilise-t-on le terme « descendre » pour qualifier le cheminement vers le Soleil? Comme si le Sud était un Enfer? Voilà qui m’a interpelée depuis mon plus jeune âge, et continue de le faire… L’emprise des représentations graphiques est-elle si importante ?
Quoi qu’il en soit, un petit mot pour évoquer cette « descente » vécue cette semaine. Non sans au préalable m’être excusée auprès de mes fidèles lecteurs/trices du long silence du mois de juin, qui a vu se succéder occupations et préoccupations de toutes sortes, ne me laissant pas l’esprit suffisamment disponible pour continuer à partager mes plaisirs et découvertes avec vous. Ce qui explique qu’en ce mois de juillet vous allez me suivre dans le Sud, mais aussi « remonter » de temps à autres vers le passé et le Nord…
Pour commencer, une petite anecdote pour vous faire rire… Autoroute A 5 pour éviter de repasser par l’Ile de France… Petit détour pour le pique-nique de midi. Préparé par une recherche sur le net, une fois le volant passé à un des passagers. J’avais donc repéré un village présenté comme typique, « de caractère », plein de bonnes surprises architecturales et riche d’une histoire intéressante : Chateauvillain. Je n’invente rien, il vous suffira de regarder le site du tourisme Champagne-Ardennes pour comprendre mon intérêt. Après avoir évoqué le plaisir qu’éprouvait Simone de Beauvoir à venir en ces lieux, il évoque toutes sortes de sources d’intérêt:
« La cité conserve de nombreux témoins d’une histoire peu banale : vestiges du château du moyen-âge et de celui du XVIIe, enceintes fortifiées du XIIe et du XIVe, Tour de l’Auditoire qui accueille le petit musée de la ville, labyrinthe de ruelles et de chemins de ronde. On y découvre également un lavoir à parquet flottant unique en France, la Maison de la Prévôté et ses gargouilles, un colombier mis à l’honneur par Diderot dans l’Encyclopédie, la chapelle de la Trinité et ses peintures à la détrempe, une ancienne huilerie, les grandes halles à colonnades, l’hôtel de ville qui fait face à l’église Notre-Dame dont la façade est signée Soufflot. La Porte Madame, une des portes de la ville au moyen-âge, donne accès aujourd’hui au Parc aux Daims, un agréable lieu de promenade de 272 hectares où vivent plus de 200 daims. Fière de son passé, la cité de Châteauvillain, n’en est pas moins résolument tournée vers l’avenir. L’ancien site industriel « Le Chameau » où l’on fabriquait des bottes en caoutchouc, vit désormais au rythme de la création et d’expérimentations artistiques.«
La réalité est toute autre : un village sans caractère, triste à mourir, peu accueillant. Nous avons fini par pique-niquer sur un banc près du Parc aux Daims, fermé aux visiteurs/euses!
Bref, un détour bien raté…
L’objectif était d’atteindre le soir Tarascon, où nous avions rendez-vous. Donc reprise de l’autoroute et « descente » rapide sans plus de slaloms…
J’aime beaucoup Tarascon, petite ville au riche passé aussi. Et devinez le nom du camping qui m’abrite régulièrement? Tartarin, bien sûr! L’accueil téléphonique était déjà chaleureux. Les prix, sans concurrence… Le choix offert entre roulotte, mobil-home et vaste tente… entre 50 et 85 euros en pleine saison d’été… Et des conseils, sans chercher à « vendre » le plus cher… J’annonce que nous ne savons pas vers quelle heure nous arriverons. Pas de problème! Les propriétaires restent sur place le soir, car ils tiennent un restaurant sympathique, une vaste terrasse au bord du Rhône. Bref, tout ce qu’il faut pour se sentir attendus, accueillis, bienvenus…
Le site est remarquable, au pied du château qui borde le Rhône.
Le château, vu de l’entrée du camping
Le camping a tout pour plaire aux petit-e-s comme aux grand-e-s, avec jeux, terrain de pétanque, mini-golf, restaurant et, bien sûr, piscine. Piscine au bord de laquelle était situé le mobil-home qui nous a abrités, choisi pour sa climatisation, car la différence de température entre Paris et Tarascon n’était pas mince!
La piscine, délicieusement kitsch, vue de la terrasse du mobil-home
La personne qui nous a accueilli-e-s était des plus souriantes. Très avenante, elle nous a ouvert le portail, guidé-e-s jusqu’à notre lieu de repos (bien mérité après une route rendue pénible par le mistral). Bref, un lieu de séjour idéal. Un seul regret : n’avoir pu y passer qu’une nuit, car Nice m’attendait depuis septembre…
Le nom de l’auberge ne m’inspirait que de la crainte… « Fusil » n’est déjà pas très gai… « Vieux Fusil » évoquait pour moi un film horriblement triste, bien que j’aime beaucoup son acteur principal, Philippe Noiret. Et « coup de fusil » fait penser à des additions très salées… Bref, tout cela n’est pas très engageant. Je regrette d’avoir oublié de demander aux propriétaires pourquoi ils ont choisi cette enseigne plutôt repoussante qu’attirante.
Déception : le groupe n’est pas reçu sur la terrasse au milieu des vignes, comme je l’espérais. Nous devrons nous contenter d’un intérieur un peu terne (genre « Homestaging »), rehaussé seulement par une décoration inattendue : de vieilles culottes pendues sur une corde à linge.
La terrasse convoitée mais inaccessible pour le groupe
Le repas est fin, et j’apprécie particulièrement l’entrée et le dessert. Les asperges sont délicieuses, et la sauce, originale et légère.
Pas de choix de menu, nous devons nous contenter de ce que l’on nous sert au pas de course, car nous sommes arrivés trop tard à leur goût, visiblement. J’apprécie cependant le dessert aux fraises…
Pour accompagner ce repas, un vin de Touraine, bien sûr. Qui m’apprend qu’il y a d’autres vignerons à Soings.
Bien sûr, j’ai cherché à savoir ce qu’était le « rin du bois ». Voici l’explication apportée sur le site du domaine :
« Le nom « Rin du Bois » vient d’une déformation de prononciation, en patois Solognot, de « l’orée du bois. »
Le vin proposé est présenté en ces termes sur la « boutique » du domaine.
« Cuvée à l’Ancienne (2012)
Vin rouge de cépage Cabernet franc. Sa robe violacée, presque noire, richement fruitée, offre un vin puissant, riche et concentré.
A déguster dans les 10 ans et plus. »
Inutile de vous dire que cela ne fait pas partie de mes vins préférés…
Bref, vous l’aurez compris, une belle petite adresse, avec une cuisine de qualité certaine, mais ce n’est pas le summum pour le rapport qualité / prix (beaucoup ont été déçus par la cuisson de la viande), et l’accueil n’y a pas été fantastique. Peut-être à essayer « hors groupe »? En tout cas, la terrasse est tentante, la carte également… Vous la trouverez ici…
Des chambres et roulottes sont également disponibles à cette adresse, visiblement moins onéreuses qu’on ne pourrait s’y attendre. A tenter?
Voilà qui est bien prétentieux pour la Béotienne que je suis… prétendre parler d’oenologie ! Mais je vous l’avais promis : après vous avoir parlé de la famille de viticulteurs, avoir essayé de comprendre qu’une perruche pouvait ne pas être un oiseau et que la musique pouvait peut-être tuer des champignons et bactéries, il est temps de passer aux choses sérieuses, issues de ces plants qu’on cultive avec soin et protège des nuisibles : le vin. Vous vous souvenez des mots de la prêtresse Bacbuc, gardienne de la Dive Bouteille, dans le Cinquième Livre de Gargantua ?
«Sachez, mes amis, que par le vin divin on devient, et qu’il n’y a pas d’argument aussi sûr, ni d’art de divination moins fallacieux. Vos Académiciens l’affirment, en expliquant l’étymologie du mot vin, dont ils disent que le grec oinos équivaut à vis, la force, la puissance, en latin. Car le vin a le pouvoir de remplir l’âme de toute vérité, de tout savoir et de toute philosophie.»
J’avais repéré dans l’entrée une bouteille dont le nom m’intriguait : je connaissais celle d’Orléans, mais pas celle de Romorantin, et j’avais hâte de goûter ce breuvage.
Les verres sont prêts, le « crachoir » aussi…
On nous distribue la carte, avec le prix des vins. Je repère tout de suite que la ligne « Pucelle » reste bien vierge…
Le Maître de céans explique qu’il va nous présenter les blancs en premier, avant d’en arriver aux rouges. Et la dégustation commence.
Vous observerez que les photos ont des formes bizarres… J’ai dû « jongler » pour retirer toute figure humaine, pour cause de droit à l’image, comme vous le savez. Ce qui donne des formats étranges comme celui-ci, où l’on devine quand même le geste de Ganymède.
Notre échanson nous a fait goûter successivement 7 vins. 7, « mon » chiffre… Voici un échantillon des bouteilles après dégustation, soigneusement classées par ordre.
Les vins présentés dans l’ordre de leur dégustation
Alors que je veux saisir le carnet sur lequel j’ai pris des notes, je m’aperçois que je l’ai oublié dans la maison où je me trouvais ce week-end… Je vais donc « sauter » le passage qui devait être basée sur la prise de notes de l’apprentie consciencieuse que je suis, pour aller directement à la fin de cet article, et vous devrez vous contenter des commentaires sur le dos des bouteilles, le site du Domaine ou les sites spécialisés.
Je ne suis pas spécialiste, mais je sais que je n’apprécie guère les vins du Val de Loire. Seuls de bons Sancerre blancs et quelques rares Chinon rouges ont jusqu’à présent trouvé grâce à mes yeux. La dégustation a confirmé ces choix. Alors que tout le monde s’extasiait sur certains crus, et notamment le Chenin, je restais de marbre. Un petit jeu de notation comparative a démontré que j’étais totalement nulle, voire en opposition absolue avec les connaisseurs/euses qui m’entouraient, et les expert-e-s du Club Vanvino qui nous avaient convié-e-s en ces lieux.
J’aurais dû assister à leurs séances d’oenologie avant! Mais il n’y avait plus de place lorsque j’ai voulu m’inscrire en septembre dernier. C’est dire si elles et il ont du succès!
Par contre, vous l’avez sans doute déjà deviné, on ne nous a pas fait goûter LE vin que j’espérais. Alors… j’en ai acheté, pour pouvoir le taster en toute tranquillité. Comme ce n’est point encore fait, je ne puis vous dire ce qu’il en est. Mais, promis, je le ferai !
Jamais je ne pensai pouvoir apprécier La Défense… et pourtant… Pourtant, en ce midi ensoleillé, je dois bien avouer que j’ai trouvé fort agréables ces moments passés au soleil, devant un bassin orné d’étranges extraterrestres colorés, à déguster des mets délicats.
Oui, il existe un endroit agréable dans cette forêt de béton et autres matériaux de construction. En bois, qui plus est !
Photo copiée sur le site « Restos sur le grill« … qui n’en dit pas grand bien, soit dit en passant…
Et même le verre environnant prend des allures d’oeuvre d’art…
La terrasse donne sur le bassin des « Signaux » de Takis.
« Takis a imaginé une surface aquatique, d’une cinquantaine de mètres de côté, sur laquelle sont posés 49 feux lumineux multicolores de hauteurs différentes (entre 3,50 et 9 mètres) semblant être montés sur ressort. Parfaitement intégrés à la perspective de l’axe historique, visibles depuis l’Esplanade et depuis Neuilly, ces feux, de formes géométriques colorées, clignotent et se balancent dans un ballet ludique et enchanteur.
En 1991, l’artiste, installe ses Signaux, et reproduit ainsi son œuvre à l’arrière de la Grande Arche, cette fois-ci directement sur la dalle. Takis marque ainsi de mâts lumineux les deux entrées de La Défense, ses œuvres semblant servir de points de repères pour marquer les entrées et sorties de ce territoire. » (source)
Je me suis promis de revenir voir le spectacle de nuit, car le bassin est illuminé de toutes les couleurs, qui doivent se refléter dans les immeubles environnants.
Détail amusant, le restaurant a presque le même nom que ma « cantine » à Mers-les-Bains… Vous savez, ce nom qui évoque le poulpe ? Octopus, oui, c’est cela. Car ils servent bien du poulpe, sous différentes formes.
« Doté d’une double terrasse de 150 m2 sur l’Esplanade de La Défense, le restaurant des Rostang et de Liquid Corp se dévoile face au bassin Takis, avec une vue imprenable sur l’axe historique parisien. Pour le déjeuner, les Rostang ont concocté avec la Cheffe Bénédicte Van der Motte une carte épicurienne proposant des viandes grillées au four à bois, des plats de chef et des assiettes légères, végétales ou iodées venues du Raw Bar. »
Epicurienne, non, pas d’accord. Mais hédoniste, oui. Et il est vrai que tout était léger. Je me suis contentée d’un saumon Gravlax, qui était délicieusement aromatisé de diverses épices et herbes.
RAW BAR ………………………………………………………………
SAUMON GRAVLAX 13
Raïta aux fines herbes et concombre
Salade de fenouilcru
Deux verres de blanc suffisaient. Etude comparative de deux crus très différents… Une valeur sûre, le Chablis, et une découverte, choisie pour son nom plutôt drôle…
80% Muscat, 10% Chardonnay, 10% Viognier… un vin du Languedoc-Roussillon (Saint Guilhem le Désert). A partir de ces informations, saurez-vous identifier le verre qui le contient? Droite ou gauche?
Bien sûr, je n’ai pas pu m’empêcher de composer un tableau avec l’eau pétillante, surtout pour son slogan !
Attention, si vous souhaitez profiter de cet endroit, mieux vaut réserver ! C’est possible en ligne ou par téléphone sur le site : https://oxygen-ladefense.fr/octopus/
Vous ne le regretterez pas, je pense. Et, si vous préférez l’Arc (de Triomphe) à l’Arche (Grande), une autre terrasse tourne le dos à cette dernière…
A la fin de l’épisode précédent, nous étions prêt-e-s à déguster. Mais, avant que le vin n’arrive dans nos verres, il a fallu bien du travail ! Si vous vous souvenez, je vous ai parlé de la famille qui tient ce domaine depuis trois (et bientôt 4) générations. Nous allons donc remonter dans le temps pour comprendre comment le vignoble s’est constitué. Plus exactement, dans les années 20. La demeure que vous avez vue date de 1920. Les premières plantations, de 1921.
La vigne rouge, Van Gogh (1888)
1888. Le peintre a saisi les nuances de rouge des vignes pour les magnifier. Mais c’est un drame qui se joue. Si les feuillages ont cette couleur, c’est que les plants sont malades. Un ver venu des Etats-Unis les détruit à une vitesse incroyable. Un an après qu’il a peint ce tableau, la production de vin en France n’est plus que de 23,4 millions d’hectolitres, alors qu’elle atteignait, 13 ans avant, en 1875, 84,5 millions d’hectolitres. Pour comparaison…
La deuxième production mondiale après l’Italie (55% de rouge, 26 de blanc et 19 de rosé) Source CNIV
Pourquoi évoquer le phylloxéra? Pour comprendre le choix fait par l’aïeul de notre hôte de ne planter que des hybrides.
« L’histoire de l’Agriculture ne nous a conservé, à aucun moment et pour aucune autre plante cultivée, le souvenir d’une crise aussi grave que celle traversée par les vignes de l’ancien continent lorsqu’elles furent envahies par le Phylloxéra » Gustave Foex, 1900. (source)
Dans les années 20, on sort à la fois de la Grande Guerre et de la crise viticole. La plantation d’hybrides ou de porte-greffes est l’une des trois options pour lutter contre le phylloxéra, les deux autres étant la lutte chimique et la modification des méthodes culturales, comme l’immersion des terres évoquées par le conférencier. Ce sont donc des plants venus des Etats-Unis qui ont pris racine sur cette terre solognote, constituée pour les 2/3 d’argile à silex et le reste d’argile avec sable.
« Ces argiles ont également l’avantage de retenir l’eau et d’éviter aux vignes de souffrir de stress hydrique les années sèches. En outre, il ont un effet tampon très utile à l’automne, quand le temps est pluvieux. En effet, l’eau descend très doucement dans les argiles avant d’être absorbée par les racines huit à dix jours plus tard. Cela permet aux vignerons de ramasser les raisins avant qu’ils ne pâtissent de ces pluies trop tardives. Des sables ou mêmes des argiles légères laisseraient descendre l’eau beaucoup plus vite jusqu’aux racines des vignes. Une pluie d’automne peut alors mettre en péril une récolte en moins de deux jours. » (source : La Revue du Vin de France)
Pour ma part, j’ignorais le lien entre les sols et l’aspect gustatif… Eh bien, il semble qu’il soit fort, comme l’explique ce vigneron de Vouvray :
« Si le silex est trop présent, il induit un déséquilibre gustatif avec des notes de céleri, estime-t-il. L’argile lisse les textures, mais n’apporte pas de minéralité. Le silex apporte minéralité et rectitude au vin et, avec l’âge, des épices et des notes fumées. »
« La texture d’un vin est d’autant plus serrée que les argiles d’origine sont lourdes. Les vins d’argiles lourdes sont droits, complexes, caractérisés par des notes de pierre à feu. » (ibidem)
Le type spécifique du sol a un nom d’oiseau : « perruche ».
« Perruche (sol) vigne (perruches ou les perruches) : ce type de sol (argile à silex) se rencontre surtout dans la vallée de la Loire. Il est constitué de terres argilo-siliceuses, avec une abondance de silex en surface qui permettent un bon assainissement du sol. C’est un terroir idéal pour une production de vin rouge. En très bonne exposition et sur sous sol calcaire, les blancs y sont excellents.
Les aubuis
Les perruches ont pour pendant les aubuis. Ils sont situés dans la partie basse du coteau, ce sont des sols argilo-calcaires pierreux, terres chaudes, fertiles et perméables sur lesquelles le chenin se plaît particulièrement bien. » (Source)
On comprend donc la richesse du terroir choisi par Kléber Marionnet en ce début du XXème siècle… Joseph Kléber est né en 1897 à Soings où son père, Clotaire, s’était marié en 1889. D’une longévité exceptionnelle, puisque décédé en 1992… 95 ans! Les vignes ont été plantées l’année de son mariage avec Renée Juliette Peltier, née en 1902. Celle-ci venait de perdre son père l’année précédente. Dans la liste des maires de Soings, on retrouve trois fois le nom de Peltier (à la Révolution, de 1819 à 1842 et de 1944 à 1971). Un hasard? Mais je m’égare… revenons à l’histoire du domaine. Peut-être un lien entre sa constitution, le décès du beau-père et le mariage ?
Ce sont donc des hybrides qui ont été plantés sur ces « perruches » et « aubuis ». Un « cépage américain », nous a-t-on dit. Le domaine, à cette époque, fera jusqu’à 57 hectares (il en fait 10 de plus aujourd’hui).
Le site officiel en montre une partie, située autour des maisons et bâtiments administratifs, commerciaux et techniques.
Il est temps d’en venir à la vigne elle-même. Je n’ai malheureusement pas pu visiter le domaine lui-même, pour mieux comprendre. Toutes les explications ont été données en un seul lieu, sur la petite parcelle que vous voyez au coeur du triangle formé par les maisons. Il y reste des plants hybrides. Et, pour m’amuser, j’ai parié qu’ils étaient taillés en « guyot ». Et même « en guyot simple »…
Vieux cep taillé en guyot, avec le « palissage »
Et j’ai gagné! Il faut dire que, comme j’ai naguère travaillé sur la taille de la vigne, j’ai encore quelques souvenirs… Et c’est le plus facile à reconnaître…
Depuis cette époque, les plants se sont diversifiés.
Bien sûr, du Gamay. Dont un très particulier, le « Gamay de Bouze ».
« D’après le traité d’ampélographie de Viala-Vermorel, cette variété a pris naissance en Côte d’Or, vraisemblablement à Bouze, petit village des environs de Beaune. C’est un Gamay à jus rouge, le plus anciennement connu, et le père de tous les autres (Chaudenay et Fréaux). Le jus de ses raisins était très coloré, et donnait à l’époque des vins rustiques mais recherchés par leur générosité. L’INAO l’a exclu complètement des cépages recommandés il y a une quinzaine d’années. Cette variété a, aujourd’hui, pratiquement disparu et c’est par hasard qu’Henry Marionnet a pu récupérer une parcelle.La vinification est similaire à celle d’un Gamay classique. Le raisin est cueilli à la main et trié, puis disposé en petites caisses. Les grappes intactes sont mises en cuve pour 6 jours de fermentation intracellulaire afin d’obtenir un jus très dense, avec une couleur intense très foncée, marquée par les fruits noirs, la fraise des bois et un goût de terroir. » (source)
A l’accueil, une collection de bocaux au contenu original permet de « voir » les grappes en toute saison… Un premier exemple :
En 1989 a été planté du Sauvignon.
Oh joie, j’ai appris un mot, ou plutôt une expression : « franc de pied ». Qu’est-ce que cela signifie? Que le pied n’a pas été greffé sur un « porte-greffe », qui le rendrait plus résistant, notamment au phylloxéra (on y revient). A ce propos, vous ai-je parlé des rosiers? Non, car j’avais expliqué leur rôle dans l’article sur le vignoble de Belleville… Mais ici, à ma grande surprise, très peu de ces rosiers qui permettent de déceler la présence du vilain puceron. Bien sûr, la question a été posée « Pourquoi? ». La réponse fut surprenante : ici, c’est une plus grosse bête qui les mange. Les chevreuils se révèlent être un véritable fléau pour les vignes… et pour les rosiers!
Autre cépage : le Chenin. Rabelais en parlait déjà au XVIème siècle, dans Gargantua.
» Ce faict, et bergiers et bergieres feirent chere lye avecques ces fouaces et beaulx raisins, et se rigollerent ensemble au son de la belle bouzine, se mocquans de ces beaulx fouaciers glorieux, qui avoient trouvé male encontre par faulte de s’estre seignez de la bonne main au matin, et avec gros raisins chenins estuverent les jambes de Forgier mignonnement, si bien qu’il feut tantost guery. «
Et un cépage original, dont je n’avais jamais entendu parler : le Romorantin, dont on attribue l’implantation dans cette région à François 1er.
« Il faut remonter le temps sur rien moins que 5 siècles pour rencontrer les ceps de vigne, originaires de Bourgogne, qui ont donné naissance au Romorantin. François 1er, en épicurien averti, décide la plantation de 80 000 pieds de vigne près du château de Louise de Savoie, sa mère, sur la commune de Romorantin, d’où le nom du cépage qui naîtra sur cette terre d’adoption. Les pieds seront plantés à l’automne 1517 et sont aujourd’hui encore à l’origine du cépage Romorantin. » (source)
Les vendanges, sur le domaine, sont effectuées manuellement. Voilà qui mérite d’être souligné, n’est-ce pas? La main d’oeuvre cependant ne se trouve pas parmi les autochtones, malgré le chômage hélas bien présent dans le coin : « 70 chômeurs à Soings », déclare notre hôte. Ce sont essentiellement des Bulgares gérés par une entreprise d’intérim, et des Turcs résidant à Romorantin qui effectuent ces vendanges, en commençant par le Gamay.
J’ai commencé cet article par le fléau d’autrefois. Il faut malheureusement aussi évoquer celui d’aujourd’hui : l’esca.
« L’esca est un syndrome caractérisé par l’expression souvent irrégulière de symptômes sur les organes herbacés tels que des anomalies de coloration et des dessèchements et par la présence de désordres vasculaires et de nécroses dans le bois, à caractère évolutif.
Ce syndrome a le plus souvent été décrit selon la vitesse de développement des symptômes foliaires en deux formes distinctes, une forme lente et une forme apoplectique. Mais des observations récentes tendent à montrer que ce syndrome peut aussi être décrit selon un gradient de sévérité allant de quelques feuilles symptomatiques au cep entier foudroyé avec de nombreux stades intermédiaires affectant un ou plusieurs sarments, un ou plusieurs bras. » (source)
Actuellement les chercheurs tentent encore de trouver des remèdes contre cette maladie dont l’origine n’est pas encore complètement connue. Ce serait une association de champignons et de bactéries, dont certains seulement ont été identifiés. Ils pénètreraient par le bas. Des viticulteurs ont donc essayé de « noyer » les plants durant l’hiver pour tuer les assassins potentiels. Mais c’est très risqué! Au domaine de la Charmoise, on a essayé une autre solution : la musique. Des boîtes à musique ont été placées dans les vignes. Essayer de comprendre pour vous expliquer m’a permis d’apprendre un nouveau mot : la génodique. Savez-vous ce que c’est?
Explication apportée sur le site du constructeur, Genodiscs
« C’est dans les années 90 que la physique quantique a montré, grâce à Joël Sternheimer, docteur en physique théorique et musicien, qu’à chaque acide aminé contenu dans les protéines (présentent notamment dans la vigne) correspond une onde qui peut être retranscrite en une note de musique à l’aide de calculs. C’est ce qu’on appelle la génodique! »
Joël Sternheimer, connu aussi comme chanteur sous le nom d’Evariste
Les boites diffusent donc des séquences musicales de 7 minutes, à intervalle régulier. Cependant, le scepticisme du viticulteur qui nous reçoit est évident… « On est très risqués », ajoute-t-il. Oui, car le franc de pied, vous l’aurez compris, est beaucoup plus fragile que l’hybride. Alors pourquoi s’entêter? Tout simplement parce qu’il produit des vins de qualité, et des crus originaux. C’est une autre histoire, que je narrerai dans un autre texte, si vous voulez continuer à me suivre..
Tout a commencé par un transport de fonds… Pas de liquidités, bien sûr, mais des oeuvres d’art. « Des photos », m’avait dit l’amie pour laquelle je m’étais engagée. Ce qui m’a conduite, un vendredi matin, au Nord de la Gare du Nord, autrement dit dans un quartier exotique pour l’adepte de la Rive Gauche que je suis. Et m’a aussi amenée à de multiples SMS et communications téléphoniques avec une artiste inconnue, qui me semblait bien stressée pour être réellement une artiste. Une représentation, je m’en rends compte. Pourquoi pensais-je que les artistes devaient être plus « zen » que les autres???
Nomade, je le suis. Et une nomade vit dans le moment présent. Fixer un jour de rendez-vous des semaines à l’avance relève du défi. Et fixer une heure de rendez-vous la veille un challenge. Bref, nous parvînmes quand même à nous retrouver, au pied de son immeuble, en ce vendredi matin. Vite, transformer ma compagne à 4 roues en « utilitaire », en abaissant les sièges arrière et en libérant le maximum de places (j’ai toujours dans ma voiture des couvertures, un sac de couchage, un oreiller, un réchaud et du matériel divers! sans compter que ce jour-là, partant en week-end, j’avais aussi une valise et mon ordinateur…). Une dame descend, nous nous saluons après qu’elle eut observé l’espace disponible. Puis elle redisparaît dans l’immeuble. J’attends dans ce quartier qui ne me semble guère accueillant… Elle revient avec un immense carton plat. Puis repart. Je place le carton au fond du coffre. Il ne reste plus guère de place pour autre chose! Sachant qu’elle avait bien spécifié que rien ne devait être placé au-dessus. Trois autres allers et retours. Mais, cette fois, des sacs avec des cadres plus petits et entassés. Tout finit par entrer. Nouveau salut. Et me voici partie vers la Picardie. Ce n’est que le lendemain, en effet, que je gagnerai la Normandie, plus exactement Le Tréport, où ma cargaison est attendue. Le samedi, impossible d’approcher la galerie de mon amie : marché plus fête foraine! J’attends donc le soir pour effectuer la livraison. Et rassurer enfin l’expéditrice. Je réalisai alors que j’ignorais la teneur de ce que j’avais transporté, que je n’avais ni compté ni vérifié ce que m’avait confié une parfaite inconnue! Et j’eus hier la preuve d’une erreur. Pas dans le nombre ni l’état. Non, tout était bien parvenu. Mais dans la teneur. Je pensais avoir transporté des photographies en noir et blanc. Pourquoi? Encore une représentation! J’ai réalisé que pour moi « photo d’art = photo en noir et blanc »… Pourquoi? Mystère…
Car les oeuvres enfin acheminées au Tréport, à la Galerie Résonances, sont bien des oeuvres d’art. Et pourtant éclatantes de couleurs.
Hier soir avait lieu le vernissage, et j’ai pu découvrir ce qui avait meublé mon véhicule pendant plus de 24 heures… Relisez le titre de cet article. Qu’a pu photographier cette Dame? Je vous aide avec un premier tableau (pris un peu de travers, excusez-moi…).
Vous avez deviné ? La mer ? Que nenni. Pourtant vous n’en êtes pas loin… Une autre photo ?
« Mais ce n’est pas une photo, c’est un tableau ! », ai-je souvent entendu dire hier soir. A juste titre. L’artiste elle-même considère qu’elle fait des tableaux… mais sans pinceaux (ni queue d’âne!). Simplement avec son appareil-photo.
Cathy raconte que, face à un groupe de jeunes élèves, elle leur avait proposé un brainstorming autour de la question « à quoi cela vous fait-il penser? », et avait obtenu un grande palette de réponses…
Alors, que photographie-t-elle ? Pensez au titre…
Des coques.
Pas des oeufs, non. Mais l’allusion au Capitaine Haddock pourrait vous aider. Des coques de navires, oui. En Bretagne ou au Maroc, pour la plupart des oeuvres présentées ici. Mais aussi dans bien d’autres ports. En voici deux autres exemples, toujours aussi mal pris.
Inutile de vous dire que j’ai beaucoup aimé. Expression plate, certes. Et cela ne me ressemble pas. Je suis d’accord. Mais « j’ai aimé » est ce qui me semble le plus fort, en l’occurrence. Et cela m’a rendu envieuse. Car moi aussi, je photographie parfois des coques, à marée basse. Souvenez-vous, j’avais fait une série à Camaret. Et une autre au Crotoy. Et des photos isolées, aussi, sur divers cours d’eau. Descendre sur la grève, patauger dans la vase, je connais. Choisir l’angle, la lumière, le cadrage… Mais jamais réussi d’aussi belles photos… C’est ça, l’art. Seul bémol pour moi : j’aurais préféré des tirages « mat » pour la plupart d’entre elles… Mais il doit y avoir une raison au choix effectué de les faire en « brillant »?
Une dernière, hélas mal « rendue » par mon Iphone, d’autant qu’elle est exposée dans l’escalier qui descend à la cave. Cette fois, c’est à Tanger que les trois ont été prises.
Saisir l’instant, mais aussi magnifier les traces de l’usure et de l’abandon, des coups et des marques, de l’imperfection et de la destruction… Devenir médiateur-e entre le Temps et l’Homme, l’Objet et le Sujet, l’Anéantissement et la Vie… L’oeil de l’Artiste et la Magie des technologies…
Un cadeau d’anniversaire original : une journée avec un club d’oenologie… Me voici donc, en ce 21 mai, dans un autocar roulant vers la Sologne, avec trois groupes de personnes adhérentes à ce club, ainsi que de rares invité-e-s. Je n’aurais jamais pensé à la Sologne comme une région de viticulture! Et pourtant, si, il y a bien des vignobles. Notamment à Soings-en-Sologne, notre destination.
Cette carte (peu visible et lisible, je le sais) n’avait pour objectif que de vous faire appréhender l’ensemble de la zone viticole. Ciblons maintenant l’extrêmité Est, du côté de Cheverny.
Vous pouvez observer que Soings-en-Sologne est situé vraiment en bordure orientale des vignobles tourangeaux. Je n’ai hélas pas pu visiter le village ni voir son lac étonnant, et l’ai un peu regretté, mais une journée, c’est bien court! Le programme était pourtant bien conçu, précis.
7h45 – Rendez-vous devant chez Picard au 25 bis Rue Jean Bleuzen, 92170 Vanves
8h00 – Départ de Vanves en bus
11h00 – Visite du domaine viticole Henry Marionnet La Charmoise, 41230 Soings-en-Sologne
13h15 – Déjeuner à l’auberge du Vieux fusil 1140 Rue de Contres, 41230 Soings-en-Sologne
15h30 – Visite de la fromagerie David Bodin 13B Rte de Soings, 41700 Sassay
Téléphone : 06 33 37 59 77
visite/explications 30 mn
dégustation 30 mn maxi
achats fromages 30 mn maxi
17 maxi – Retour sur Vanves devant chez Picard au 25 bis Rue Jean Bleuzen, 92170 Vanves
Les organisateurs/trices ont vraiment bien fait les choses, et ce programme a été respecté, avec un léger retard au retour, dû au(x) plaisir(s) des participant-e-s joyeux/euses vivant-e-s, qui jusqu’au bout ont voulu profiter des paysages, des plaisirs gustatifs (dont certains non prévus, je vous en parlerai dans un autre article), et du soleil qui a régné en maître toute la journée.
Donc pas de visite du village, que je me suis promis de retourner voir, car il présente quelques spécificités. Une histoire ancienne, d’abord. Sans doute lieu de druidisme, ce territoire à la limite de la mer des faluns, dont le sol regorge de coquillages et fossiles, comme nous le confirmera le viticulteur rencontré. Une église datant du XI-XIIème, à la suite d’un lieu de culte plus ancien sans doute. Et un lac mystérieux, dont les fluctuations du niveau de l’eau n’ont encore à l’heure actuelle aucune explication scientifique!
Nous voici donc arrivé-e-s sur le domaine d’une famille qui en est à sa quatrième génération, accueilli-e-s par un membre de la troisième (je rencontrerai sa fille, puis son fils, à la fin). Celui-ci nous reçoit dans une cour cernée de bâtiments. Des hangars, qui abritent pour l’un la partie technique et pour l’autre le stockage. Un bel édifice orné de roses comporte l’accueil, les bureaux et une salle de séjour pour la dégustation. Et des maisons. Nous apprenons ainsi qu’en triangle ont été construites trois demeures, correspondant aux trois générations. Au Nord, une belle longère protégée par un héron (et non une cigogne, comme nous fûmes nombreux/euses à le penser) : la maison du fondateur, que j’appellerai « le grand-père ».
Au Sud, celle des parents. Quant à celle de notre hôte, elle se trouve à l’est… Il restera l’ouest pour la jeune génération, si elle décide d’y rester. Ce qui n’est pas impossible, car la jeune fille de 13 ans que j’ai rencontrée a déclaré aimer la viticulture et l’oenologie. Et le frère cadet nous a été présenté par son papa… En principe, une maison « de père en fils », comme l’atteste une photographie dans un livre qui raconte cette histoire.
Les trois premières générations ont été photographiées, voici un peu plus de 40 ans, devant la maison que vous avez reconnue, je pense, avec son héron… Le jeune garçon à droite est notre hôte. Nous le retrouvons au milieu, avec son fils à droite, sur la photographie suivante.
Comme je faisais remarquer que sa fille aurait dû y figurer, puisqu’elle déclare, en pleine adolescence, s’intéresser au Domaine, il m’a été fait la promesse de m’adresser une photo avec elle… A mon tour je vous promets de la placer sur ce blog, dès que je l’aurai…
Au coeur du triangle dont les pointes sont les domiciles respectifs des diverses générations, se situe l bâtiment administratif et commercial. Son pignon est orné d’un magnifique rosier…
Vous aurez remarqué, ci-dessus, que les vignes viennent jusqu’au seuil, ou presque!
Dans l’entrée, des grappes conservées dans du formol… un peu moins sinistre que les embryons conservés dans certains musées! Je vous les présenterai dans le prochain article, où nous verrons les questions plus « techniques »… Une vaste salle de séjour aux grandes baies vitrées est meublée, entre autres, de deux très grandes tables destinées à permettre la dégustation de groupes comme le nôtre.
Avant la dégustation…
Après (rassurez-vous, les gobelets n’ont servi que de « crachoirs », car avec la pandémie il est interdit d’utiliser un crachoir commun.
Vous aurez peut-être remarqué la superbe armoire sur la droite ? La voici de plus près.
Divers objets rappellent le contexte… Un pressoir, par exemple.
Et deux objets en cuivre dont j’ai oublié de demander la fonction. Distillation???
Le fonds de la bibliothèque est quelque peu orienté… vers… ?
Toute aussi orientée, la décoration murale. Un tableau au sujet plus qu’adapté…
Une dédicace au père de notre hôte, en 2009
Un blason quelque peu fantaisiste rappelle que « le vin éteint la soif »…
Enfin, une photographie nous renvoie à notre rang de pauvres plébéiens, tant l’hôtesse accueillie est illustre! Un peu moins, celui qui l’accompagne, mais quand même…
A droite, le père de Jean-Baptiste, en train d’offrir une bien belle bouteille…