J 54 après N-C… et veille de Noël

On nous rebat les oreilles de Noël plus qu’on ne l’a jamais fait, cette année. Pour nous inciter à consommer, bien sûr! Et les films – guimauve surabondent sur les chaînes de télévision, pour mettre en scène des rencontres de couples qui, ne se connaissant pas au début, finiront par passer la fête ensemble, dans une maison super-illuminée (pas écolo!!!) ou une grange que tout le village aura participé à décorer… et avec des pulls tous aussi laids les uns que les autres. Seule la drôlerie en sauve quelques-uns.

Dommage, car Noël pourrait être une belle fête, si l’on oubliait tout ce clinquant et le côté économique. Une des rares fêtes de la laïcité. De la vraie laïcité, c’est-à-dire de l’acceptation des autres idéologies, philosophies et religions. Que pour certaines c’est La date importante de l’année, où l’on célèbre la naissance du Sauveur, et pour d’autres celle d’un prophète parmi d’autres, et pas le plus important, tout le monde l’accepte, dans un partage qui pourrait être vrai, et qui l’est heureusement encore souvent… C’est aussi celle de la subsidiarité (cela fait deux semaines que je veux écrire à ce sujet mais n’en trouve pas la sérénité nécessaire pour aborder un tel sujet)… Oui, des portes s’ouvrent, des couverts sont mis, des bras sont ouverts pour des personnes esseulées ou en difficulté de tout ordre. Enfin, je devrais mettre l’imparfait. Car cette année elles resteront hélas souvent closes, et les places à la table de fête seront souvent limitées… Qui restera dehors? Ou qui mangera à la cuisine, pour reprendre l’excellente idée de certains de nos membres du gouvernement? Mais je sais que « l’esprit de Noël », si vanté dans les films américains pour des raisons tenant autant du puritanisme que du commercial, règne encore, et je vous souhaite de passer le meilleur ou le moins mauvais réveillon possible.

Alors, aujourd’hui, dans cet esprit d’ouverture et de laïcité, quelques photos d’une crèche arménienne. Elles ont été prises avant-hier à la cathédrale Sainte-Croix des Arméniens, à Paris. J’ai eu des difficultés à comprendre la genèse de cette église, vouée au culte catholique orthodoxe arménien.

D’après certaines sources, elle a été construite sur un terrain où se situait avant un entrepôt de bois, qui a brûlé en 1897.

« La cathédrale Saint Jean-Baptiste a été construite entre 1902 et 1904 sur les ordres du bienfaiteur Alexandre Mantashev, un richissime arménien originaire de Tbilissi en Géorgie.

Le terrain sur lequel la cathédrale est construite abritait un grand entrepôt en bois qui a accueilli le bazar de la Charité pendant quelques mois avant de brûler en 1897.

Mantashev a confié l’œuvre à Albert-Désiré GUILBERT, architecte français à qui l’on doit l’église Notre-Dame de la Consolation, située à 150 mètres de l’actuelle cathédrale au 23 de la rue Jean Goujon.

L’ensemble de la construction comprend la cathédrale, une cour intérieure, un bâtiment de deux étages servant de siège à la primature (1er étage) et de locaux administratifs (rez-de-chaussée) avec en plus une salle en sous-sol, d’une capacité d’accueil d’une centaine de personnes, créée en 1990 et qui fut nommée d’après un bienfaiteur, Nourhan Fringhian. »

D’autres racontent une histoire bien différente. Elle aurait une origine beaucoup plus ancienne et aurait connu bien des vicissitudes.

« Sa construction remonte à 1623. Le financier Claude Charlot qui entreprend de créer des logements dans le quartier du Temple, construit l’église Saint-Jean-Saint-François ainsi qu’un couvent attenant où s’installent des frères capucins. La chapelle de ce couvent est construite l’année suivante, sur l’emplacement d’un ancien jeu de paume dont un mur subsiste le long de la rue Charlot.

A la Révolution le couvent est détruit puis loti sauf la chapelle qui devient en 1791 église paroissiale. L’église, fermée en 1793 puis achetée par la ville de Paris en 1798 est rendue au culte en 1803 après le Concordat.

L’église est agrandie entre 1828 et 1832 et son porche est reconstruit par Victor Baltard en 18551 (sic). Entre-temps Cavaillé-Coll y réalise une de ses premières orgues parisiennnes en 1844. Dans les années 1970, l’église, alors fermée au culte, est confiée à la communauté arménienne qui la transforme en cathédrale catholique. »

Pour ma part, j’ai tendance à opter pour un mixte des deux. En effet, sur la façade, on voit inscrit la devise de la République… Ce serait sans doute durant la période 1798-1803 dont il est fait état plus haut. A moins que cela ne corresponde aux années 1970? Par contre, pour la suite, je pense que les donateurs auxquels il est fait allusion ont effectivement oeuvré à son achèvement.

J’étais déjà venue dans ces lieux pour un concert. Et c’est la musique qui m’y a accueillie, avec le son des orgues. Sans doute une répétition ou un essai, car trois messieurs sont ensuite sortis de derrière l’autel, où se situe le clavier, laissant le silence s’installer.

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Mais revenons à la crèche… L’an dernier, j’avais eu le plaisir de visiter une exposition de crèches du monde entier. Cette fois, c’est un univers spécifique que j’ai admiré… Prenez le temps d’observer, zoomez, les détails sont émouvants…

J 53 après N-C

Les oeuvres d’art exposés dans les galeries du Marais sont d’une diversité extraordinaire, et c’est toujours un vrai régal que de les découvrir. Mais aussi, parfois, on ne peut s’empêcher de sourire, voire de rire, quand notre esprit les « rapproche », comme ce fut le cas hier devant deux galeries de la Place des Vosges… comme si elles « dialoguaient »…

A quoi pense l’aviateur ou l’aviatrice quand, sur le plancher des vaches, elle regarde le ciel?

A un-e pilote aussi inattendu-e que son engin volant ?

J 52 après N-C : balade au Marais

Agréable promenade dans le Marais en ce premier jour post-solstice… Hélas pas pu voir le ciel cette nuit, avec ce phénomène extraordinaire qui était annoncé… J’espère que vous, vous avez pu en profiter?

Enfin une bonne nouvelle : les jours vont rallonger! Si, si! Mais la durée du couvre-feu ne va pas raccourcir pour autant… A ce propos, j’ai trouvé triste de voir tous ces gens entassés sur des bancs, ou debout aux tables hautes des bars placées dehors, alors que toutes ces vitrines, toutes ces salles, toutes ces terrasses de cafés étaient sombres, closes, sinistres! Heureusement, il faisait très doux à Paris en ce 22 décembre. Mais que sera-ce quand le froid va venir?

Quelques images à partager ? Oui, bien sûr! Je me/vous propose de décliner une série de « quand »…

Quand la destruction pousse les artistes à s’exprimer, face aux engins porteurs de mort, dans des oeuvres éphémères qu’un nouvel édifice tuera…

Quand Victor sortait de chez lui pour aller rejoindre Juliette qui logeait dans une rue proche, j’aime à penser qu’il passait sous ces voûtes…

Combien d’amants les ont admirées depuis ? A moins qu’ils ne soient passés sans les regarder, préférant plonger leurs yeux dans ceux de leur amante ou courant pour aller la rejoindre, comme le poète éperdu ?

Quand les passant-e-s observent une enseigne révélatrice d’un passé laborieux et aperçoivent une main de fer (je ne vous ferai pas le mauvais jeu de mot « à vapeur »!) sur un balcon… Oeuvre d’art en péril ?

Zoomez sur le balcon du 2ème étage…

Quand les rues changent de noms, et que le monde de la culture s’insurge contre les flèches mortelles qu’on ne cesse de leur lancer…

Bien sûr, la curiosité m’a poussée à chercher l’histoire de cette double dénomination…

La première vient du fait que dans cette rue se situe l’Hôtel d’Ecquevilly, propriété de la veuve d’Auguste de Harlay. Au passage, signalons qu’il y a une autre rue Harlay à Paris, du nom d’Achille de Harlay, premier président du Parlement de Paris, dans le 1er arrondissement. De ce fait, autrefois, l’une était désignée comme « Harlay-au-Palais », car elle longe le Palais de Justice, et l’autre, « Harlay-au-Marais » – inutile de vous expliquer pourquoi…

Pour la petite histoire, cette dernière s’est aussi appelée « rue Diderot », avant de prendre en 1879 le nom de ce qui est actuellement sa partie nord.

Alors, que viennent faire ici les arquebusiers? Eh bien, leur compagnie, entre 1609 et 1670, était établie non loin de là, dans un bastion de l’enceinte de Charles V approximativement située sur ce qui est maintenant le Boulevard Beaumarchais… Et ils s’entraînaient sur un terrain proche de la rue qui rappelle désormais leur souvenir, dont il reste des traces : le jardin de l’Arquebuse. Toujours aussi curieuse, je suis allée rechercher un vieux plan de Paris qui montre son emplacement, non loin de la Bastille.

Le jardin de l’Arquebuse. (source)

Effectivement, la forme allongée du jardin offrait l’espace nécessaire au tir à l’arquebuse !

Quand les poubelles sont sagement alignées en rang d’oignons et vous montrent la route… Où celle-ci mène-t-elle ?

Quand les hôtels 4 étoiles sont signalés par des poubelles et un vélo de location… c’est qu’ils sont fermés!

Quand les chasses royales permettaient aux veneurs de se faire construire des palais en plein Paris…

Vous avez sans doute remarqué sur les photos précédentes le haut-relief situé sur la porte. En le voyant, je me suis demandé ce que faisaient ces cors entrelacés en plein coeur de la capitale…

Ils marquent le début de la rue du Grand Veneur, qui conduit à l’ancienne résidence de celui-ci, l’Hôtel d’Ecquevilly, à l’élégante architecture classique.

Etonnant hétéroclisme de l’architecture, dans cet espace presque clos qui mène à l’hôtel… et décalage total entre les édifices eux-mêmes, et entre les édifices et la population qui profite du jardin.

Quand la Mairie de Paris méprise une auteure et fait des anachronismes (volontaires?).

Quand une déclaration d’amour embellit un mur plutôt tristounet dont la grisaille est rompue par une porte bleue…

Quand les artisans/commerçants contredisent les peintres… Vous vous souvenez de la déclaration de Magritte à propos de son tableau si controversé ? « La fameuse pipe, me l’a-t-on assez reprochée ! Et pourtant, pouvez-vous la bourrer ma pipe ? Non, n’est-ce pas, elle n’est qu’une représentation. Donc si j’avais écrit sous mon tableau « ceci est une pipe », j’aurais menti! » Et en plus, l’auteur-e de l’enseigne joue de la métonymie!!!

Quand les galeristes se mettent aux jeux de mots et qu’un objet de la vitrine renvoie à un tableau exposé…

Je ne vais pas continuer à vous soûler avec mes écrits (sans corps ni âmes) en cette nuit pluvieuse, et continuerai, si vous le voulez bien, un de ces jours prochains… Vous l’avez compris, j’apprécie infiniment les balades au Marais…

J 48 après N-C

En me promenant le long des quais de Saint Valéry sur Somme, j’ai pu constater que certains restaurateurs ne manquaient pas d’humour malgré la situation. D’où l’envie de poster ces photos, qui ne sont pourtant vraiment pas réussies, en raison des reflets sur les vitres. Mais j’espère qu’elles vous feront sourire… même jaune…

Une ambiance de fête a été donnée par une décoration très soignée. Les tables sont dressées avec goût, pour les fêtes. Et les places sont toutes occupées… par des peluches, de grands ours blancs. Les accompagnent des elfes, des rennes, des Père Noël, et l’on dirait qu’il se déroule dans la vaste salle de restaurant, aux larges ouvertures sur la Baie de Somme, un véritable festin de fin d’année. Et un panneau indique comment réserver… Je vous invite à le lire…

J 44 à J 47

Encore une période « vide » pour ce blog… Mais j’avoue qu’après 7 heures de visio, je n’ai guère envie de reprendre l’ordinateur le soir, et, comme je prépare en amont mes interventions, pas le temps de batifoler sur l’appli… Alors je vous présente à nouveau toutes mes excuses pour ce « silence »…

Un mot cependant pour le J 47, durant lequel j’ai été amenée à rouler à toute vitesse pour être sûre de revenir en bord de mer après ma journée de travail. Combien d’accidents de la route sont à prévoir entre 19 et 20 h, dans les semaines qui suivent, pour cette raison ? Je m’interroge de plus en plus sur la notion de « couvre-feu », et ai l’impression de revivre les souvenirs transmis par mes parents et grands-parents… Mais où est l’ennemi ?

Une petite photo cependant, voulez-vous ?

Hymne à la culture, même si elle est « commerciale »

J 43 après N-C

Je vais bien sûr commencer par lever le voile sur l’énigme d’hier. Non, ce n’était pas un coquillage. Non, pas non plus un oeuf sur le plat… c’était une méduse échouée sur la plage proche de la Route Blanche, désormais effondrée, non loin de la Baie de Somme. Une méduse d’une quinzaine de centimètres de diamètre, qui attendait la marée montante pour refiler au large… Etonnant en cette saison, non? « Ah ma brave dame, il n’y a plus de saison », disaient déjà nos aïeux…

Comme un air de fin du monde…

J 38 à J 42 après N-C

4 jours se sont écoulés depuis la dernière fois où j’ai publié, et je n’ai donc pas tenu ma promesse d’une photo par jour… En ce moment, les agendas sont sans cesse bousculés, comme si le temps s’affolait autant que les quelques personnes sensées dont vous êtes, puisque vous aimez partager avec moi… je préfère essayer de rire, alors que nous assistons à l’enterrement de la culture, des cultures, des partages, justement. Ce matin, j’ai dû demander le remboursement de 5 spectacles, trois concerts et deux pièces de théâtre. Si je l’avais pu, j’aurais laissé tomber, mais hélas ma profession est aussi impactée par les décisions prises « là-haut », j’allais plutôt écrire « là-dessous »…

Les agendas sont bousculés, le temps s’affole, les gens se démotivent et dépriment… et il est difficile de comprendre en ces temps de mésinformations, désinformations et manque d’informations… car identifier la réalité des faits devient de plus en plus difficile tant la confusion est entretenue.

Profitant d’un samedi après-midi un peu plus tranquille, je reprends le clavier pour vous demander d’excuser ce silence… et le rompre par la même occasion. Nous voici au J 42, et bientôt l’emprisonnement va être plus fort. Si l’on veut voir ses ami-e-s après le travail, il faudra commencer l’apéritif à 20h et finir le digestif à 6h… Idem pour les parties de cartes, qui vont peut-être paraître bien longues, même si on aime cela. Et comment reprendre le travail à 9h quand on ne peut rentrer chez soi qu’après 6h? J’aimerais qu’on me l’explique… mais sans doute suis-je trop stupide pour comprendre le bien-fondé de ces décisions… de même que pour comprendre comment un Etat qui prône la laïcité autorise une fête propre à une religion, et pas une fête partagée par tout le monde… je dois être trop bête, sans doute…

Bref, j’arrête de déverser la colère qui m’a envahie depuis quelques temps, vous n’êtes pas ici pour la supporter.

Pour ce qui concerne la photo du jour, j’ai longuement hésité… et comme il faut lutter contre la morosité ambiante, je vous propose un petit jeu… à nouveau, oui! Il vous suffit de deviner ce que j’ai photographié…

Késako?