Luthinons…

France Musique diffuse en ce moment des oeuvres interprétées au luth, actuellement Tombeau sur la mort de Monsieur Cajetan baron d’Hartig – par un artiste dont il était difficile de trouver les disques… et je viens partager avec vous ce moment, car la pureté des sons me plaît beaucoup.
Je suis donc allée voir sur le net si je trouvais un peu plus d’informations sur ce musicien.

Il n’est pas que luthiste…

« Konrad Junghänel (27 février 1953) est un luthiste et chef d’orchestre allemand, spécialisé dans le domaine de l’interprétation historiquement informée et le fondateur et directeur de l’ensemble vocal Cantus Cölln. » (Wikipedia)

Double carrière, donc, pour ce musicien.

Il est possible de l’entendre jouer du luth sur quelques vidéos en ligne comme ces airs de Musique du 18ème siècle. L’artiste est visiblement spécialiste de Bach et de Weiss.

Interior 1, Hendrick Martensz Sorgh (1661)
A l’extérieur : Amsterdam

Mais je dois avouer que j’ai été particulièrement émue par des airs joués et chantés sous sa direction : la Missa Alleluja à 36 voix de Heinrich Biber

Pas facile de le voir en ligne. Sur cette vidéo, il dirige Cantus Cölln sur un air de Bach, sur celle-ci, le Schwetzinger Orchesterakademie sur la Symphonie 25 G de Mozart… Mais je ne suis pas parvenue à trouver d’enregistrement où on le voit jouer du luth… Si vous en découvrez, partagez, merci!

Pour terminer, mais non achever (je sais que je reviendrai au luth ou au oud), un site qui présente une belle iconographie du luth, « l’instrument de la volupté« .

Caravaggio, vers 1600

Un moment de partage musical

En ce dimanche après-midi ensoleillé, alors que nombre de personnes sont contraintes à rester chez elles, sans profiter de ce soleil ni voir leurs proches et/ou ami-e-s, et que nous ne pouvons plus nous adonner aux plaisirs culturels, j’ai eu le bonheur de voir et d’écouter un chanteur que j’avais déjà entendu à Paris.

Mathieu Salama nous a offert un « direct » sur sa page Facebook, et a interprété pour le public restreint que nous étions cinq magnifiques airs, dont je pourrai vous parler plus tard quand je les aurai tous identifiés… Il faut avouer que j’avais omis de prévoir de quoi noter leurs titres quand il a pris la peine de nous les présenter!

Une petite demi-heure de pur bonheur partagé, en écoutant cette voix superbe, et en admirant ce chanteur interpréter, dans un appartement privé (le sien?) un Ave Maria, un très bel air tragique, et trois autres arias. Tout le monde était ému, à en juger par les commentaires qui se succédaient pendant le concert. Une très belle initiative!

Post scriptum

Mathieu Salama a laissé accessible la vidéo, et j’ai pu réentendre l’ensemble.

Le premier air est de Haendel, Lasca ch’Io pianga (Laissez moi pleurer). Je l’avais déjà entendu, et c’est un air que j’adore. Dans l’acte II de Rinaldo, il est chanté par le personnage d’Almerina. Son interprétation toute en finesse par le contre-ténor m’a émue au plus haut point…

Pour les autres morceaux, je vous laisse écouter vous-même, à partir de la vidéo présente sur sa page…

Un peu de musique en ce monde de brutes. Billet 6

Du mal à travailler ce matin… et un SMS d’un ami qui m’indique un morceau « sympa » sur France Musique. Je me connecte donc rapidement… et découvre une oeuvre que je ne connaissais pas du tout, Suite pour flûte et piano: IV. Romance. La voici en ligne

Elle est extraite du dernier album de deux musiciennes, Juliette Hurel et Hélène Couvert, « Compositrices à l’aube du XXème siècle ».

Compositrices à l'aube du XXe siècle - Juliette Hurel et Hélène Couvert

La présentation des compositrices est proposée par Julie Depardieu ici.

Bien sûr, je n’ai pas pu m’empêcher de découvrir ces 5 compositrices… Mel Bonis, Augusta Holmès, Clémence de Grandval, Cécile Chaminade et Lili Boulanger… Comme je dois me remettre au travail, nous y reviendrons plus tard… A moins que l’un ou l’une d’entre vous ne participe… ce serait bienvenu!

Une extraordinaire symbiose interculturelle

C’était pour moi une gageure que de réserver pour un tel spectacle… je me demandais vraiment ce que cela pourrait donner… Mais cette témérité a payé! J’ai rarement vu un spectacle aussi intéressant, voire passionnant (dans tous les sens du terme) et surtout porteur d’un optimisme extrême…

De quoi s’agit-il? Vous demandez-vous peut-être… Eh bien, il s’agissait d’une rencontre entre la musique, le chant et la danse flamenco d’un côté, et la musique/le chant japonais… Une danseuse et une cantatrice, entourées, soutenues, portées, mises en valeur… que dire?… par un orchestre et des chanteurs tour à tour très discrets, ou au contraire dynamisants…

La scène est celle du Théâtre de Chaillot… Au centre, un cercle délimité par des spirales métalliques non fixes… Au départ, cercle parfait, il sera progressivement détruit, devenant ainsi pure symbole de la disparition possible des frontières culturelles et de l’osmose idéale entre les cultures, aussi éloignées soient-elles à l’origine. Car quel écart plus important qu’entre la chaleur / l’érotisme / la passion du flamenco, et la froideur / la pureté / l’esthétisme figé de l’art japonais ? Entre les mouvements plus que rapides de la danseuse et les déplacements plus que lents de la chanteuse, le ton était donné dès le départ… Non, pas tout à fait le départ, car la première partie est à situer un peu à part…

Un duo de… mime ou danse?

Hors du cercle, un seul corps, quatre mains… Le danseur, placé derrière la danseuse… faut-il utiliser ce terme? car les corps, cachés dans d’amples vêtements aussi noirs que le décor, restent d’une immobilité presque parfaite… Et les bras apparaissent, disparaissent… Et les mains caressent l’air, le bras, le corps…

Le public reste en haleine devant un tel spectacle, d’une pureté aussi forte que l’érotisme qui s’en dégage… dans un paradoxe qui annonce la thématique de la suite…

Deux univers distincts…

Le jeu se fait ensuite en deux espaces bien distincts. Alors que le cercle est réservé au flamenco, la cantatrice japonaise évolue et chante en restant à l’extérieur. Revêtue d’un superbe manteau très large, avec traîne, elle tourne lentement autour de l’espace réservé, pour de temps à autres s’arrêter et entonner des airs d’une finesse et d’une pureté infinies…

… qui se rejoignent progressivement…

Nous assistons alors à un rapprochement progressif des univers, passant par la médiation de la musique… Les musiciens jouent un rôle qui se développe au fur et à mesure du spectacle… Musique asiatique et musique flamenca passent du contrepoint à l’alliance… La dynamique est surprenante… Et la chanteuse rejoint peu à peu les musiciens, tandis que la danseuse reste seule au centre du cercle de ces derniers…

… jusqu’à ne faire qu’un

La dernière partie est ainsi plus qu’étonnante, et démontre brillamment que des univers musicaux et gestuels aussi éloignés peuvent se rejoindre en une harmonie remarquable. J’ai été littéralement fascinée – le mot n’est pas trop fort – par cette alliance pour le moins inattendue. Et chants, danse, musique, font éclater une joie et un optimisme porteurs de sens.

Pour sortir du « ressenti » et aller plus loin…

Je m’aperçois que je n’ai pas dit un mot qui permette de situer le spectacle, ni de connaître les artistes. Je vais donc maintenant réparer ces lacunes!

Il s’agit d’une programmation dans le contexte de la 4ème Biennale d’art flamenco au Théâtre National de la Danse de Chaillot : Cuentos de Azucar.

« … cette biennale se caractérise par la rencontre d’artistes venus d’univers et de cultures en apparence très éloignés. C’est par exemple le cas d’Eva Yerbabuena qui, après un voyage au Japon, a intégré à son spectacle le chant d’Anna Sato… »

Voilà, vous avez maintenant le nom des artistes… Pour en savoir davantage sur Eva Yerbabuena, voici son site. Pour ma part, je tiens à préciser qu’elle ne se limite visiblement pas au flamenco. C’est une danseuse complète, qui semble maîtriser aussi la danse contemporaine.

Je n’ai pas trouvé beaucoup d’informations sur Anna Sato… Une page Facebook… Mais il faut dire que je ne lis ni n’écris le japonais… Donc si vous pouvez m’aider à la comprendre davantage, merci de collaborer! Je rajoute un mot in extremis, car je viens de trouver, au moment de publier cet article, son site officiel.

Un dernier mot, sur les costumes. Une recherche évidente d’antinomie, au départ, pour renforcer le hiatus. Les costumes d’Anna Sato sont superbes et fort bien mis en valeur par la chanteuse – danseuse en l’occurrence. J’ai moins aimé ceux de Eva Yerbabuena, car les tissus manquaient selon moi de tenue. Mais peut-être était-ce voulu pour évoquer un autre écart implicite : aristocratie / peuple???

Bien sûr, je n’ai pas pris d’images, sauf à la toute fin, comme d’habitude, de mauvaise qualité, mais que je joins car libres de droit (belle excuse, non?).

Mais on en trouve sur le site de ce photographe. Cela vous donnera une petite idée… toute petite… car tout est dans le mouvement, les sons, et les enchaînements… Quelques extraits sont en ligne sur YouTube. Dans ce premier, composé d’extraits, vous assisterez au début du spectacle, le couple de danseur/danseuse que j’évoque en première partie du texte, puis à la déambulation de la Japonaise autour du cercle, et enfin à des solos d’Eva Yerbabuena. Dans celui-ci, la danseuse s’exprime sur fond de chant et musique japonais, puis l’on assiste à une transition avec le flamenco… Un reportage sur la conception de la chorégraphie… Le teaser est peu explicite, mais on entend bien la voix… C’est aussi le cas sur cet extrait musical.

L’exposition Hartung suivie d’une performance-concert

En ce glacial jeudi de janvier, il fallait un peu de courage pour se rendre à l’autre bout de Paris… Mais il faut avouer que le jeu en valait la chandelle.
Le Musée d’Art Moderne, après une période de fermeture précoce le soir, ouvrait en nocturne, ce qui permettait, avant le concert réservé, de visiter l’exposition.

L’exposition Hartung

Peut-on aimer une oeuvre sans apprécier son auteur? Telle a été la question en filigrane tout au long de la visite de cette exposition, qui présente une magnifique rétrospective des expériences picturales, sculpturales et photographiques d’Hans Hartung.

L’homme ne me plaît pas beaucoup, je dois bien l’avouer. Cette mise en scène permanente de sa vie, une forme de carriérisme peut-être, et la manie de classer toutes ses productions dès le début me posent question.

Autoportrait

Mais je ne prétends pas bien le connaître…
Par contre, le foisonnement intense de sa production et les expérimentations qui le caractérisent me séduisent au plus haut point.
Je n’apprécie pas toutes ses oeuvres, mais presque. Et voir emprunter à de nombreux peintres pour ses débuts, puis prendre son envol et tester, tenter, tester sans cesse, m’intrigue et me plaît, je dois le dire.

« La fabrique du geste », je trouve le titre très juste pour cette rétrospective. Je pensais déjà bien connaître les peintures d’Hartung, mais j’en ai découvert d’autres, notamment celles de ses débuts.

Qui penserait Hartung en voyant cette oeuvre?

Et le fil conducteur est bien la « fabrique »… mais aussi, et c’est plus ce qui me perturbe, la « fabrication ». Et l’artiste semble s’être autant « fabriqué » qu’il ne l’a fait pour sa gestuelle et sa production.

Mais je reste coite devant un certain nombre de ses inventions. Celle-ci, par exemple…

Ou encore celle-là…

Désolée pour le reflet, mais c’est le propre des musées que de ne pas savoir bien éclairer les toiles… Et encore, le MAM n’est pas le pire… Il n’est qu’à aller au Louvre pour en souffrir encore davantage! Je n’ai donc pas pris davantage de photos et vous renvoie au site dédié de la Fondation Hartung-Bergman.

Le concert-performance Rodolphe Burger & Mahut

J’avais eu la bonne idée de réserver très tôt pour ce concert dont la présentation m’intriguait et qui était offert… eh oui, un concert gratuit, ce n’est pas si fréquent! Bien m’en a pris, car il a vite été complet. Il faut dire que la salle Matisse est certes haute de plafond, mais assez contraignante en termes de places… je n’ose dire « assises », car il n’y a que de rares sièges pliants, et le public se contente des marches sises face aux trois toiles du Maître.

La salle vue du fond…

J’étais intriguée, et je n’ai pas été déçue. La performance est aussi intrigante que réussie. Et je n’ai pas été la seule enthousiasmée par ce concert aux saveurs de psychédélisme, comme l’a fait observer un des spectateurs.

Le parti-pris de la répétition et des « boucles », au départ un peu dérangeant, se révèle envoûtant… L’exploitation de la voix de Hartung est remarquable… Quant au « texte », dit, lu, récité ou chanté – eh oui, toutes ces modalités ont été mises en oeuvre ! -, il m’a fascinée. Notamment par le paradoxe soulevé « lenteur » (non exprimé) vs « rapidité » (répété à outrance, en contrepoint de ralentis…).

Impossible de citer tous les instruments utilisés par Mahut, tant ils sont nombreux, variés, et, pour certains, « fabriqués »… n’oublions pas que Mahut est aussi plasticien…

La « panoplie » d’instruments-oeuvres de Mahut

Ce foisonnement d’instruments pour une oeuvre aussi brève (40mn) fait écho aux instruments exploités par Hartung, dont j’ai appris qu’il les numérotait, classait, rangeait et photographiait méthodiquement.

Bref, des moments intenses, des vibrations profonds, et des émotions esthétiques de toutes sortes… Un excellent moment, malheureusement interrompu brutalement par l’annonce de la fermeture du Musée! La salle voulait rappeler, mais ce ne fut pas permis… dommage!

PS En recherchant pour vous des images des artistes concernés, je me suis rendu compte qu’il en existait peu… et la vidéo de Burger que je vous propose n’est pas très proche de ce qui a été présenté! Le voici ici avec Higelin. Et ici dans Radioactivity. Ce qui vous donne une idée de l’éventail de ses interprétations vocales ou musicales.

Quant à Mahut, j’ai trouvé une vidéo qui donne bien l’idée de ce qu’il a joué hier… Il est ici avec Lavilliers. Et un bel article sur les deux artistes…

Des chants moraves au « cello »… Chronique d’une matinée ordinaire

Cello, c’est le violoncelle, vous le savez sans doute? Joli mot, qui me fait penser aux oiseaux italiens… mais des oiseaux graves, aux sonorités prenantes et prégnantes…
J’avais commencé en ce gris matin de novembre par une tentative de réécouter les Chants Moraves de Dvorak… Rien à voir avec le violoncelle, me direz-vous.

Hier en effet je suis allée écouter le choeur Polycantus.

Le concert de ce mardi 26 novembre

Le concert avait lieu dans l’église de l’Annonciation, dans le 16ème arrondissement, église qui en réalité est un lieu de culte protestant, comme l’attestent le livret de chants et la Bible offerts à la lecture des spectateurs/trices ( j’ai passé un bon moment à essayer de trouver des chants communs au culte protestant et au culte catholique, en attendant le début du concert! ).

« Eglise »- temple de l’Annonciation

J’ai beaucoup aimé les Chants Moraves et la Messe, et seulement regretté l’interprétation trop « appliquée » du choeur, qui ne permettait pas de faire jaillir l’émotion que j’attendais, que j’espérais. Un peu trop « amateurs » sans doute, avec une exception, un jeune homme que j’avais remarqué, et qui d’ailleurs a été salué par le chef. Qui est-il? Je ne puis vous le dire, hélas… Mais vous le verrez sur cette photographie (hélas très mauvais, désolée!) : il est à droite, devant la colonne. Si vous le reconnaissez, merci de me dire de qui il s’agit, j’aimerais le réentendre chanter!

Le choeur

Six chants moraves, dont les textes évoquent la culture rurale et les troubles de l’amour… Six mélodies très différentes, dont certaines très entraînantes invitent à la danse (difficile sur un banc d’église, de surplus fort inconfortable!)…

Puis un intermède au piano, trois mazurkas de Chopin…

Ensuite, la messe en ré… avec de curieuses séquences… L’Agnus Dei scindé, par exemple, apparaît à deux moments… Ma voisine, perturbée, a même recherché dans le programme ce qui pouvait se passer…

Elle est belle, cette messe! Dommage qu’elle ait été aussi platement interprétée… En voici une autre version

Bref, pour revenir au fil de cet article, je suis allée rechercher sur le net d’autres interprétations des chants moraves… en vain, à l’exception d’un autre choeur amateur… Mais You Tube poursuit son chemin, et propose d’autres titres… selon quelle ontologie??? je l’ignore, mais il est parfois fantaisiste… j’ai donc eu droit à un certain nombre de chants, et ai réécouté avec plaisir certains d’entre eux…

Puis un morceau de violoncelle m’a donné envie de réentendre une artiste découverte par hasard hier… Sol Gabetta… Si l’on regarde les photos obtenues par une recherche « images » sur son nom, on ne peut, je pense, qu’être saisi-e par l’intensité de ses expressions, et imaginer celle du jeu de cette violoncelliste argentine qui désormais vit et travaille en Suisse.

Superbe aussi, cette interprétation , modèle pour moi de beauté liée à une extrême simplicité qui apure l’oeuvre – déjà très épurée – du compositeur estonien Arvo Part

Bref, me voici passée de Dvorak à Part… de la Tchéquie à l’Estonie, en passant bien sûr par la Pologne avec Chopin… Ne manquent que la Lituanie et la Lettonie… une prochaine fois?

Communion musicale

Je viens de trouver par hasard, alors que je m’intéressais ce matin à la chanson basque, cette vidéo de chanson… bretonne!

Et je ne résiste pas à la tentation de la partager, car elle symbolise à merveille le bonheur de vivre ensemble une musique, une culture, une chanson…

Tri Martelod y est interprété par Alan Stivell, mais repris avec d’autres chanteurs bretons : Tri Yann, Dan Ar Braz, Servat, Armens. Un choeur exceptionnel!

En voici la traduction, pour celles et ceux d’entre vous qui ne parlez pas cette belle langue… On y chante l’amour vainquant la pauvreté…

Tri martolod yaouank, la la la
Trois jeunes marins, la la la
Tri martolod yaouank o vonet da veajiñ
Trois jeunes marins s’en allant voyager
(x2)
Avec le vent ont été emmenés, la la la
Jusqu’à Terre Neuve (x2)
A côté de la pierre du moulin, la la la
Ils ont jeté l’ancre (x2)
Et dans ce moulin, la la la
Etait une servante (x2)
Et elle me demande, la la la
Où avons nous fait connaissance ? (x2)
A Nantes, au marché, la la la
Nous avons choisi un anneau (x2)
L’anneau de la promesse, la la la
Et nous étions sur le point de nous marier (x2)
Nous nous marierons, la la la
Même si nous avons pas de biens (x2)
Ma mère vous êtes à l’aise, la la la
Vous ne savez pas qui est dans le besoin (x2)
Nous n’avons ni maison, ni paille, la la la
Ni lit pour dormir la nuit (x2)
Nous n’avons ni drap, ni couverture, la la la
Ni édredon sous la tête (x2)
Nous n’avons ni écuelle, ni cuiller, la la la
Ni de quoi faire du pain (x2)
Nous ferons comme la perdrix, la la la
Nous dormirons sur la terre (x2)
Nous ferons comme la bécasse, la la la
Quand le soleil se lève elle va courir (x2)
Ma chanson est terminée, la la la
Celui qui sait continue… (x2)

« Les trois marins » étaient, au XIXème siècle, dans le chant original, en réalité 60 : « tri-ugent ». Eh oui, on compte en base 20… trois fois vingt… Donc à vous de deviner… si je vous dis que 4 se dit « pevar », comment dit-on 80?

On peut entendre la chanson originale interprétée par Zaig Monjarret… Connaissez-vous cette chanteuse née en 1927 et décédée en 1998? Une voix envoûtante…

Alan Stivell l’a arrangée à la fin des années 60… Voici ce qu’en dit Wikipédia:  » Il en fait le premier arrangement folk rock entre 1966 et 1970, avec notamment une introduction à la harpe celtique cordée métal1. Il crée une orchestration (harpe, violon, guitares, claviers, basse, batterie), une harmonisation et un arrangement (tempo, accords, suite harmonique…). Il interprète cette chanson à l’Olympia le 28février1972 lors d’un concert retransmis en direct sur Europe 1. Cependant, il l’avait ajouté à son set « pour avoir un nombre de titres suffisants ! »n 1 Aujourd’hui, il la chante à tous ses concerts, dans des versions qui diffèrent souvent avec les tournées.  »
Voici une version de 1973, avec un Alan Stivell tout jeune encore…

Et savez-vous que c’est une danse qu’on peut interpréter de deux manières différentes? En sud Cornouailles, une ronde à trois pas… Une belle explication pour les enfants ici… Et, plus au Nord, une gavotte

Alors, à vous… écoutez… et dansez maintenant… comme la skrilh-gwez

Un peu de musique dans ce monde de brutes. Billet 5

Aussi longtemps que je me souvienne, j’ai toujours aimé les voix « de castrats »… qui heureusement ne sont plus castrats… mais dont la tessiture rappelle celle de ces personnes qui sacrifiaient – ou dont on sacrifiait – la virilité au profit de leur voix.

Voyant qu’il y avait en ce samedi 5 octobre un concert du contre-ténor sopraniste Mathieu Salama à Sainte-Elisabeth de Hongrie, j’ai voulu en savoir davantage sur ce chanteur, et ai découvert cet air, que je souhaite partager avec vous ce matin.

Je ne puis m’empêcher d’évoquer Alfred Deller

Et le magnifique film Farinelli

Un peu de musique en ce monde de brutes. Billet 4

Décidément la programmation de France Musique me plaît ce matin, au point que c’est le deuxième billet que j’écris… Vous remarquerez que j’ai écrit « deuxième » et non « second », car je me dis qu’il y en aura peut-être un autre encore…

J’étais en train de prendre un billet sur le net pour le concert de ce soir à la Philharmonie – vous connaissez maintenant mon goût pour le violoncelle, et on joue le Concerto pour violoncelle de Dvorak ( le voici, interprété par Jacqueline Dupré ) – quand, coïncidence, c’est du violoncelle que j’entends…

C’est pourquoi je vous entraîne à la découverte ou la réécoute, selon votre culture musicale, de Joseph Jongen, et en particulier le Poème No. 1 pour violoncelle et orchestre.

Autre coïncidence, l’image… Je me trompe peut-être, mais il me semble reconnaître la patte d’Hammershoi…

L’un-e de mes lecteurs/trices peut-elle / il confirmer ou infirmer ??? Merci!

Un peu de musique en ce monde de brutes. Billet 3

Je renoue ce matin avec mes réveils musicaux, et, en écoutant France Musique, découvre une pianiste au jeu épuré qui me séduit. Me voici donc en train de vous faire partager le plaisir apaisant éprouvé en l’écoutant.

Alicia de Larrocha n’est plus de ce monde depuis 10 ans, mais elle continue à nous enchanter. Je vous propose donc d’écouter la danse 2 de l’opus 37 des Danses Espagnoles d’Enrique Granados et de vous laisser transporter par cette douceur… une musique caressante s’il en est…