La Nuit Blanche

Elle a bien changé, la « Nuit Blanche » à Paris… Je me souviens avec nostalgie d’une belle balade nocturne qui m’a menée du 5ème au Bassin de la Villette, voici quelques années… Tout au long du parcours, des oeuvres d’art dans les rues, des concerts plus ou moins improvisées, la déambulation, pour ne pas dire l’errance, du public, dans une ambiance gaie et festive.

Au lieu de cela, cette année, un défilé qu’on n’ose nommer… et une foule grégaire qui suit un tracé réduit, de la Concorde à la Bastille… Une insupportable odeur de mauvaises grillades Place de l’Hôtel de Ville et rue de Rivoli… et des « spectateurs » de ce que je n’ose appeler un spectacle. Même le triste avatar du Carnaval de Nice est meilleur! c’est peu dire…

C’est l’Hôtel de Ville qui avait été choisi comme premier point de chute, car il y était organisé ce qui semblait bien alléchant, un « Bal Blanc » sur le modèle de celui qui fut organisé en 1930 dans l’hôtel de Cassini, rebaptisé par la suite Pecci-Blunt, qui a été l’occasion pour Man Ray de superbes photographies des personnes revêtues de blanc. Il y avait projeté un film colorisé de Méliès en utilisant comme écran les danseurs vêtus de blanc. Jean Cocteau, lui, en fit des tableaux vivants. Rien à voir avec cette performance. En fait, on a parqué des personnes sur le parvis en les affublant d’une cape en plastique -rien à voir avec ces tenues élégantes ou fantasques de 1930! Elles ont attendu, attendu, attendu…

Le Bal Blanc

Quand la musique a commencé, elles ont continué à attendre… car visiblement ce n’était pas celle qu’elles attendaient. Une mauvaise musique pseudo techno. « Indansable » – excusez le néologisme! – ou quasi. Et à minuit, presque personne ne dansait encore. Sinistre. Presque absurde, avec cette odeur de viande et d’oignons grillés, et ce bruit des voitures qui passaient sans cesse.

Seul intérêt : une projection sur les murs de l’Hôtel de Ville. Sans support autre que les murs. Ce qui la rendait presque illisible. Et, comme elle n’avait pas été présentée dans les documents, impossible d’identifier tous les extraits de films projetés. En boucle courte, qui plus est.

La « Grande Parade » annoncée tenait à mon sens de la provocation. Alors que la Mairie de Paris lutte contre la pollution, les « chars » étaient en réalité d’énormes camions d’une société privée. Je n’ose imaginer la quantité de carburant consommé cette nuit « blanche »…

Le comble étant atteint lorsqu’un camion chargé d’une « forêt » symbolisant la lutte pour l’écologie est apparu. J’avais lu son descriptif, car une animation était prévue à la Fondation Cartier plus tard, Fondation où a lieu actuellement une exposition sur le thème des arbres. Inimaginable de pauvreté et d’absurdité!

De pauvres figurant-e-s se démenaient sur ou dans les remorques, déguisés en Mexicains ou dénudés pour montrer leurs tatouages, sur lesquelles zoomaient des caméras pour mieux les exhiber sur les écrans placés de chaque côté de la remorque.

En l’air, de temps à autre, des « poupées gonflables ». Bon, d’accord, pas toujours des « poupées ». Quoiqu’il en y eut une qui me choqua. Je vous laisse observer la photo…

Le stéréotupe de la poupée gonflable, de la secrétaire, allié au rappel de la lutte contre le cancer du sein, finissant par le slogan « Oui à tout »… du quatrième degré d’humour?

Seuls les chevaux selon moi pouvaient faire rêver petits et grands…

… tandis que le dragon rappelait le défilé du Nouvel An chinois.

La musique provenant des groupes qui défilaient avait bien du mal à se faire entendre… En concurrence avec celle qui était diffusé sur les immenses engins, elle ne pouvait faire le poids, et le pauvre biniou breton était bien difficile à percevoir entre deux musiques diffusées à grands coups de décibels!

Destination suivante : le 59 Rivoli, où était annoncée une manifestation « Queens et Queer« , sous forme d’ « installation / performance« . J’ai apprécié de pénétrer dans cet ancien squatt dont l’histoire m’a passionnée (promis, un article suivra…). Et comme j’apprécie les milieux transgenre et queer… Mais quelle déception! Dans le bâtiment, très peu de choses sur la question – et pourtant, il en existe, des artistes dits transgressifs! – et, vu du dehors, un triste spectacle avec quelques jeunes pourtant bien intentionnés (je les ai entendus discuter dans le rue avant).

Une foule de voyeurs/voyeuses qui se gaussaient sans comprendre; bref, un impact sans doute contraire aux objectifs poursuivis, dont celui d’une belle rencontre. Non, la Nuit Blanche ne fut pas favorable à la convivialité ni à la festivité, et pas plus au partage…

Mais, Nuit Blanche ou non, que la capitale est belle la nuit!

Le vin de Belleville

Eh oui! J’ai bu du vin à et de Belleville… Saviez-vous qu’on en produit environ 200 fillettes par an?

Fillette de Clos des Envierges

Le raisin est produit par l’équipe de jardiniers municipaux, qui ont pour ce faire suivi une formation spécifique sur site, avec des spécialistes de la viticulture. Ce dimanche 6 octobre, c’était la Fête de la Vigne à Paris, et trois d’entre eux accueillaient dans l’après-midi les visiteurs et visiteuses tel-le-s que moi, tandis que d’autres le faisaient ailleurs… J’ai ainsi découvert qu’il y avait au moins dix vignes à Paris, moi qui ne connaissait que celle de Montmartre et l’expérience menée sur les toits de l’Hôtel de Ville.

Vignoble au coeur de Belleville

La Clos des Envierges est situé en bordure nord – est du Parc de Belleville. Planté de pinot meunier, de chardonnay, et de nouveaux cépages en cours de conception à partir d’anciens, il présente l’aspect de vignes bourguignonnes, avec des rosiers au pied de chaque ligne… J’avais appris qu’ils servaient à prévoir les maladies de la vigne, en étant plus fragiles et donc atteints avant elles, mais une autre version a été apportée par la jeune jardinière qui m’a guidée : comme on utilisait autrefois des chevaux pour la viticulture, les épines auraient permis d’écarter ceux-ci des pieds lorsqu’ils tournaient en bas des rangs pour remonter, et ainsi protégé les premiers pieds.

Rosiers et pinot meunier

La culture de la vigne est traditionnelle à Belleville. En effet, comme autrefois la commune était indépendante, le vin y coûtait moins cher car il échappait à l’octroi, et les Parisien-ne-s venaient faire la fête en buvant le vin guinguet – qualificatif donné au petit vin aigrelet, qui est à l’origine du terme « guinguette », le saviez-vous? – dans les… guinguettes du quartier. Moi qui aime les mots, j’ai aussi appris l’origine du verbe « grapiller » : on laissait, et on laisse encore, les grappes trop petites ou tombées à destination des habitant-e-s, dans le contexte du glanage légal, coutume sur laquelle Agnès Varda a réalisé un magnifique documentaire, Les Glaneurs et la glaneuse.

De la rue de l’Hôtel de Ville à la rue de Jouy

Je pourrais, pour commencer cet article, proposer une devinette… et serais sûre que, sans plan, nul-le ne pourrait la situer correctement. Car moi-même j’ai douté de mon GPS quand j’ai cherché l’adresse exacte des lieux sur lesquels je voulais écrire. J’étais en effet persuadée qu’il s’agissait d’un Quai, car nous sommes en bordure de Seine, rive droite… Ou d’une avenue, tant la quatre voies et le trottoir qui la longe sont larges… Eh bien non…

Je vous ai déjà emmené-e-s dans le coin : la péniche Marcounet, les Anysetiers, la Maison Européenne de la Photographie, le village Saint Paul et la rue de la Barre ont fait l’objet d’articles sur ce blog… Cette fois, nous nous contenterons du segment situé entre la Caféothèque et l’Hôtel de Sens.

La Caféothèque

Je ne peux m’empêcher de céder à la nostalgie quand j’évoque ce lieu que j’aime, car il a beaucoup changé dernièrement et n’a plus tout à fait le même charme. Le mur végétalisé d’un des salons a disparu, les serveurs ne font plus déguster en commentant chaque café, et le « jeu » de dégustation n’est plus accessible…

Il n’en reste pas moins que cet endroit reste un hâvre de sérénité, où il fait bon demeurer tranquillement à lire ou rêvasser…

Il faut vous aventurer à travers un dédale de pièces pour parvenir à mon coin préféré, un salon au mobilier original et coloré, aux murs ornés de tableaux (le café est aussi galerie… et lieu de concerts) , auquel les plantes vertes donnent un petit air de jardin d’hiver…

Mais n’oubliez pas de visiter la pièce étonnante où se déroulent les cérémonies de dégustation du café, la véritable caféothèque, au fond en entrant, après le comptoir.

La carte des cafés est intéressante, sa lecture révèle une forme de poésie, permettant d’imaginer arômes et plantations… Et, pour les gourmand-e-s, le buffet de pâtisserie ne manque pas d’attraits!

La Cité Internationale des Arts

En me rendant aussi fréquemment à la Caféothèque, je ne pouvais que m’interroger sur ce que cachait une façade aussi laide que celle de la Cité (CIA!!!). Vous remarquerez sur le site officiel qu’ils ont fait preuve d’astuce en prenant une vue de l’arrière valorisé par le parc… Il fallait que j’aille voir… Mais généralement manque de temps… sauf en ce mois de juillet qui me permet de baguenauder tranquillement dans Paris…

Une fois la lourde porte métallique poussée, on entre à gauche dans un vaste hall. Et il faut de l’astuce pour trouver le lieu d’exposition! Car le Centre est avant tout résidence d’artistes… et il est quasi désert en cette période estivale. Deux gardiens m’expliquent comment me rendre dans la partie consacrée aux expositions, et me donnent en toute confiance un code… qui ne servira pas…

Descente au sous-sol, pour trouver un vaste couloir aux allures d’hôpital…

Jusqu’au 31 juillet, cet espace accueille une exposition d’Ali Badr, artiste qui se partage entre Londres et l’Arabie Saoudite, Expand And Collapse.

Voici ce qu’écrit Noam Alom, commissaire de l’exposition, à propos de ces oeuvres :  » Ses dessins suggèrent des oscillations possibles entre observation, réaction et documentation. La pratique de l’artiste évoque le paradoxe inhérent à la tentative de capturer un mouvement tout en créant un objet statique. Cela se manifeste dans les collaborations de Badr Ali avec des danseurs, où il questionne les formes et les courbes que les corps génèrent en se mouvant dans l’espace. »

Au fond de ce long corridor, un salon étonnant au style purement vintage…

Tout aussi étonnant, mais dans un autre style, ce petit boitier électrique décoré…

Une fois au fond, il ne reste qu’à faire demi-tour, pour revenir vers l’escalier qui conduit du hall à ces lieux… et vice-versa!

A l’extérieur, une pelouse occupée par deux jeunes filles en maillot de bain, en train de pique-niquer… La vue aux alentours ne manque pas d’intérêt… c’est un des beaux hôtels du Marais qui se cache là-derrière…

L’Hôtel d’Aumont

Un exemple typique de l’architecture du XVIIème siècle, d’un classicisme certain, cet Hôtel d’Aumont… Normal, Mansart est passé par là…

Plus étonnant, l’environnement… Accolé littéralement au mur ouest de l’Hôtel, un bâtiment à l’architecture incertaine…

Et, comme juchée sur le mur, une étonnante structure, que j’hésite à qualifier…

Ne cherchez pas l’accès à l’Hôtel par ce côté : il s’effectue par la rue de Jouy, située un peu plus à l’est, sur la gauche… Profitez-en pour aller admirer, si ce n’est déjà fait, le magnifique rémouleur.

La rue de Jouy actuelle ressemble peu à ce qu’elle fut, à en juger par cette photographie, copiée d’après sa reproduction.

Un peu plus loin, la MEP… Maison Européenne de la Photographie… déjà présentée, mais qui fera prochainement l’objet d’un nouvel article…

Promenades estivales. Vers Bercy

Paris 2019 – En allant vers Bercy…

Rejoindre le Parc de Bercy à partir de Reuilly Diderot, tel est le projet en cette journée douce, au soleil voilé.

En flânant dans les rues

La première impression est celle d’une très grande variété architecturale. Elle évoque pour moi un quartier martyr, qui subit destruction et reconstruction en permanence depuis des siècles. Est-ce dû à l’évolution périphérique / central? A la proximité des gares et voies de chemin de fer? A la progressive disparition de l’industrie et d’un type d’artisanat? Ou à tout cela à la fois? Toujours est-il que des ruines récentes en côtoient de plus anciennes, que de petites maisons subsistent difficilement parmi des immeubles de tout style, et que les grands hôtels remplacent progressivement les bâtiments industriels ou autres. Et le chantier est loin d’être fini, à en juger par toutes les destructions en cours…

L’oeil est attiré, parmi tous ces mastodontes à l’esthétisme fluctuant, par une maison complètement anachronique, évoquant plus l’Espagne ou la Camargue qu’un quartier parisien…

Je la connais, cette maison, ou tout au moins j’en connais la façade, que longe un de mes bus. Mais je ne pouvais en imaginer l’arrière… Il s’agit d’un petit hôtel qui a su garder un charme désuet…

Un bout du Parc de Bercy

En entrant dans le parc, je suis séduite par un petit jardin potager, puis floral… et y entre donc pour le visiter. Pas de déception, tout est dans un ordre désordonné, ou un désordre ordonné, comme j’aime…

On y trouve des fruits et légumes tentant d’atteindre ou de garder leur maturité, des plantes invasives qui se fraient difficilement un chemin parmi les plantations domestiquées, et même une belle hutte de feuillages et de framboisiers… Une sculpture étrange attire mon attention…

Nous les accueillons bien volontiers! Mais c’est finalement une magnifique roseraie que je vais admirer, agréablement assise sur un banc ombragé…

Un moment fantastique de douceur et de méditation, à l’issue de cette belle promenade, pleine d’inattendus…

Ile Saint Louis au crépuscule

Il fait beau mais frais en cette fin de journée. Un couple marche sur le quai de la Tournelle, main dans la main. Plus tout jeune. Pas très vieux non plus. Lui porte l’uniforme de travail des « cols blancs » : un costume gris sombre. Comme je suis derrière, je ne vois pas s’il a une cravate… Elle a recouvert une robe tricolore (noir, rouge, blanc) d’un manteau trois quarts, noir comme ses chaussures à petits talons. Ils empruntent le pont de la Tournelle et, comme j’aime le faire à toute heure du jour, longent le quai de l’Ile Saint Louis en direction de Notre Dame. Elle et il s’arrêtent à l’endroit où le soleil couchant passe entre la cathédrale et le pâté de maison voisin. L’homme prend sa compagne dans ses bras… Elle paraît toute petite à côté de lui, blottie sous son épaule comme un moinillon timide. Elle se retourne, sans doute pour pouvoir profiter du spectacle du couchant, et les voici l’un contre l’autre, regardant (Allo, Saint Exupéry!) l’édifice blessé et Phoebus disparaissant progressivement à ses côtés…

Sur la Seine défilent les bateaux mouches dans lesquels parfois des tables sont dressées. Soudain une péniche rompt avec cette ambiance touristique. Elle vogue à contresens, sur le bras qu’empruntent généralement les embarcations allant vers l’ouest, alors qu’elle navigue vers l’est… J’aime à regarder les péniches, à imaginer la vie des mariniers et marinières, comme je le faisais sur les quais de la Sambre en mon jeune âge. Et puis, le souvenir d’une série oubliée, l’Homme du Picardie.

Une chorale chante dans le lointain. Venant de ce luxueux bateau portant le doux nom de Boticelli? Non, elle provient du pont Saint Louis, là où souvent s’arrêtent les passant-e-s pour écouter des groupes musicaux ou les discours de « L’homme au vélo » (dont je vous parlerai sans doute un jour…).

Les voici donc se dirigeant vers le pont. Mais, au moment où ils y arrivent, la chorale éphémère se disperse, et les jeunes qui la composaient s’égaient comme une volée de moineaux… Le couple repart en direction du Pont Louis Philippe. Le soleil est encore visible à cet endroit. Sans doute est-ce pour cela qu’il s’arrête… Ou simplement pour pouvoir à nouveau être l’un contre l’autre? Car aussitôt elle et il s’enlacent, leurs corps s’imbriquent l’un contre l’autre… Elle, face au soleil. Lui, face au bras de Seine où sont amarrées les péniches dont vous connaissez au moins l’une, Marcounet. Le vent a forci, il fait de plus en plus frais. Elle a visiblement froid, car elle glisse ses bras sous la veste de son compagnon…

Le soleil finit par disparaître, ici aussi, et ils regagnent l’île Saint Louis, pour emprunter la rue Saint Louis en l’île. Apparemment, en quête d’un restaurant, car de temps à autres l’homme regarde les cartes… Mais aussi pour profiter de l’architecture si diversifiée des immeubles de cette rue étonnante, pas encore totalement gâchée par le tourisme. J’aime les portails qui la bordent, ouvrant sur on ne sait quel couloir aux poutres marquées par le temps ou quelle cour arborée encadrée d’appartements dont on imagine le luxe discret… J’aime aussi le contraste entre le délire absolu de quelques motifs ou statues et des façades beaucoup plus sobres, notamment dans la partie la plus orientale de la rue. (Promis, j’écrirai un jour un article avec photos sur cette île… si vous le voulez…)

Le couple fait demi-tour au bout de celle-ci – vous savez, là où se situe l’Hôtel Lambert, martyr de l’alliance maudite entre fric et dictatures… Il revient donc, pour finalement pénétrer dans l’un des restaurants, sans doute repéré à l’aller… Pour quel dîner? Et quelle nuit ensuite?

L’obscurité gagne l’île, les passant-e-s, déjà en petit nombre, se font de plus en plus rares. Les quais de Seine sont peu animés pour un soir de fin mai. Il faut dire que la température ne favorise pas les pique-niques… Mais les bateaux poursuivent leur ronde autour des îles…

En allant vers le Luxembourg… la rue Champollion

Passer devant la Sorbonne ne se fait jamais sans une bonne dose de nostalgie… De même devant le Champo, qui permettait à l’étudiante que j’étais de retrouver les cinéastes d’antan. Les films à l’affiche sont toujours aussi tentants ! Et, en écrivant cet article, je viens de découvrir qu’il était classé monument historique depuis 2000… Si l’histoire des cinémas du quartier latin vous intéresse, en voici une présentation.

Vous l’avez deviné, nous allons donc quitter la rue des Ecoles pour prendre la rue Champollion. J’aime beaucoup cette petite rue, même si elle a perdu dernièrement quelques-uns des lieux pleins de charme qui la rendaient si attirante. Notamment une de ces librairies où l’on a du mal à trouver l’hôte tant il est perdu entre les rangées et piles de livres tous plus anciens et intéressants les uns que les autres. J’aimais beaucoup aller le voir et l’entendre parler de ses trésors. Hélas, comme la plupart des librairies de ce quartier, son antre aux trésors a disparu… J’ai trouvé un blog sur ce thème, Le cercle des librairies disparues…

Mais il subsiste les cinémas… Après le Champo, c’est le Reflet Médicis, dont les affiches sont une invitation au voyage dans le cinéma d’art et d’essai.. Le Quartier Latin a changé d’enseigne (et de son cachet), et est devenu La Filmothèque du Quartier Latin. Mais il propose toujours des versions restaurées des films anciens, et, une fois par mois, des « leçons de cinéma », analyse par un-e expert-e d’un film après la projection de celui-ci.

Je n’ai pas cité les cinémas sis plus haut… C’est une spécificité de cette petite rue que de concentrer un si grand nombre de cinémas… Autre originalité, ses murs regorgent « d’oeuvres » éphémères, tout au moins quant à leur support. En voici un petit florilège…

En allant vers le Luxembourg… la rue des Ecoles

En ce dimanche de mai, j’ai décidé d’aller voir l’exposition sur les Nabis au Luxembourg. Me voici donc en route, cheminant par la rue des Ecoles.

Camino caminando

J’aime cette phrase qui représente pour moi la Vie, faite d’apprentissages permanents et de découvertes incessantes… Et, comme mes pas me conduisent souvent par la Rue des Ecoles, il y a une con-jonction que j’apprécie.

Je ne résiste pas au plaisir de citer quelques vers de Machado…

Caminante, son tus huellas
el camino y nada más;
Caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace el camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
sino estelas en la mar.

Marcheur, ce sont tes traces
ce chemin, et rien de plus ;
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
Le chemin se construit en marchant.
En marchant se construit le chemin,
Et en regardant en arrière
On voit la sente que jamais
On ne foulera à
nouveau.
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
Seulement des sillages sur la mer.

Traduction de José Parets-LLorca (Source)

Vous pouvez voir le poème entier et entendre son interprétation musicale par Joan Manuel Serrat ici.

Ave, Bel Eminescu

Comme je le fais toujours, je salue au passage le poète roumain… Quelqu’un lui a-t-il offert des fleurs aujourd’hui? Non, il est dépouillé et toujours aussi jeune, beau et romantique…

Pe cararea-n bolti de frunze,
Apucand spre sat în vale,
Ne-om da sarutari pe cale,
Dulci ca florile ascunse.

Extrait de Floare Albastra (Source)

Bleu de Perse

Le bleu et le vert sont mes couleurs préférées… Il faudra d’ailleurs que je vous explique pourquoi je les relie toujours, et en ai trouvé écho en langue bretonne… Comme, par ailleurs, j’ai flirté avec la Perse dans mes lectures classiques, et rencontré pas mal d’artistes iranien-ne-s à Paris ces dernières années – sans compter que ma chirurgienne-dentiste est aussi Iranienne -, l’expression « Bleu de Perse » me parle triplement… Or il se trouve qu’une boutique ainsi nommée vient de s’ouvrir au numéro 38 de la rue des Ecoles, pour ma plus grande joie.

C’est le pied!

Je ne résiste pas à l’envie de vous poser l’énigme du jour… dont vous connaissez sans doute la réponse… Qui est celui ou celle dont on ne cire qu’une chaussure?

Mon bar préféré

Il est un bar discret, dans une petite rue, qui trace comme un fil rouge dans ma vie parisienne… Un bar familial, qui a osé résisté à toutes les contraintes et tendances, à toute forme de modernisation, à tout « clinquant ». Un bar chaleureux, où l’on se sent bien, où l’on peut prendre le temps. Le temps de parler. Le temps de siroter un petit vin. Le temps de vivre.

Le temps s’est figé dans cet espace accueillant. Les générations s’y sont succédé, les générations s’y côtoient, les générations s’y rencontrent. Anciens ou actuels étudiant-e-s de Sciences Po et des facultés environnantes, artistes connus ou inconnus, habitant-e-s du quartier… Qui que vous soyez, vous vous sentez bienvenu-e-s. Et, s’il vous prend l’envie de faire une partie d’échec qui va durer tout un après-midi, on ne vous obligera pas à consommer en conséquence.

Une famille tient bon, de mère en fils, face au modernisme et à la prégnance de l’économie. Elle maintient ce lieu ouvert, accueillant, pour notre plaisir. Lorsque j’ai connu ce bar, l’appui de fenêtre, large et proche du bar, était occupé par Antoine Blondin, qui y avait ses habitudes.

L’espace est restreint, mais si vivant ! Une pièce avec le bar en formica rouge d’abord, à laquelle succède une minuscule pièce qui servait autrefois à la famille et est mise maintenant à disposition de quelques habitué-e-s. Au-delà, une troisième pièce toute en longueur, habitée d’une magnifique table longue en bois et d’une vieille télévision. Partout, des affiches qui font revivre les époques passées et les artistes d’autrefois.

L’arrière-salle

Perspective…

La cave voûtée est superbe. Elle a vu débuter de nombreux artistes, des années 50 aux années 70. On peut parfois y entendre de la musique, parfois y danser. La lueur des bougies anime les murs anciens.

Si vous voulez découvrir cet endroit, je vous en confie l’adresse. Mais n’ébruitez pas trop, gardez-la pour des proches dont vous savez qu’ils/elles seront à même d’apprécier et de respecter ce lieu rare qu’il ne faudrait surtout pas dénaturer ou transformer en « curiosité touristique »…

Chez Georges, 11 rue des Canettes (une rue perpendiculaire à Saint Sulpice).

Un petit tour aux environs du Panthéon…

En ce 8 mai pluvieux, difficile de se décider à sortir! Mais en fin d’après-midi, le ciel s’éclaircit un peu, et me voici dehors, mais, prudente, je décide de ne pas m’éloigner de ma base. Et donc de repasser par des chemins que je connais bien, en me dirigeant vers la Contrescarpe, dont je vous ai déjà parlé un peu. Mais, en chemin, je dévie vers le Panthéon…

Enceinte médiévale

Je devrais plutôt dire « une des enceintes médiévales de Paris ». Car, après l’enceinte gauloise et l’enceinte gallo-romaine – on ne va pas débattre ici, mais certains ne parlent que d’une seule -, il y aurait eu, d’après mes informations, pas moins de trois enceintes au Moyen-Age! Certaines sont demeurées occultés jusqu’à une époque récente, comme l’enceinte dite « carolingienne », dont un morceau a été dégagé par une équipe de l’INRAP, rue de Rivoli, en 2009. Mais d’autres se laissent encore deviner, voire admirer. C’est le cas de l’enceinte de Philippe-Auguste, datant du XIIème siècle, dont on peut même voir une tour dans le Marais.

Le tracé de l’enceinte
Source : Vikidia
Une vieille dame coincée entre deux jeunettes…

Sa présence explique le nom de certaines rues, qui évoquent ses Fossés : rue des Fossés Saint-Jacques, rue des Fossés Saint-Bernard. L’enceinte croisait, dans ce qui est le 5ème arrondissement du Paris actuel, le canal de la Bièvre. Sous le bureau de poste hideux de la rue des Ecoles, subsiste une arche superbe, que l’on peut parfois voir.

Porte close à l’Eglise Saint-Etienne-du-Mont

Je ne vous parlerai que très peu aujourd’hui de cette église qui défie le Panthéon, car je n’ai pu y entrer… porte close. De braves dames qui bavardaient devant celle-ci m’ont expliqué benoîtement : « Vous comprenez, c’est le 8 mai »… Elles espéraient une ouverture tardive… Je les ai donc laissées à leurs commérages, mais ne puis m’empêcher de vous offrir une photo…

Porte close… et curiosités

L’inscription est originale : « Lapis templum Domini destruit, lapis astruit ». Je vous laisse le soin de traduire? Ou j’essaie? Le début est simple « La pierre a détruit le temple du Seigneur »… Mais le verbe « astruere » me pose problème… A ma connaissance, il n’appartient pas au latin classique… « la pierre l’a reconstruit »? Si vous pouvez m’aider…
Et, puisqu’on y est, je vous propose une énigme : Quel lien peut-on faire entre la statuaire de la façade et les Halles?

En cherchant à en savoir davantage sur l’église, j’ai découvert un document que je vous propose de découvrir si vous en avez l’envie et le temps : une notice rédigée par le curé de la paroisse, en 1840, à destination de ses « chers paroissiens ».

Le Panthéon se refait une beauté

De face, vu de la rue Soufflot, il est flambant neuf… Mais de dos…

Ravalement de façade à faire !

Sur les traces d’André Breton

Voici quelques années, j’avais commencé un jeu de piste sur ce thème, pour un lycéen récalcitrant qui devait étudier Nadja pour son bac. Et, bien sûr, il passait par l’Hôtel des Grands Hommes, dans lequel Breton et Soupault ont tenté l’expérience de l’écriture automatique avec Les Champs magnétiques, dont le manuscrit a été largement étudié.

L’Hôtel des Grands Hommes
Plaque commémorative

Pour celles et ceux qui souhaitent en savoir plus, je propose cet article québécois sur le manuscrit. Et surtout, cette vidéo d’un entretien avec André Breton, qui explique le surréalisme.

Sur la piste des « Illustres »

Mon oeil a été attiré par ce que j’ai pris au départ comme des tags… Mais ils se succédaient, et tous portaient le même titre : « Illustres ».

De retour chez moi, vite, surf sur le net pour mieux comprendre… Il s’agit des restes d’un événement artistique qui s’est déroulé en 2018 : « Illustres! C215 autour du Panthéon ». Si vous souhaitez faire ce circuit, un blog le présente en détail.

Boire un petit coup, c’est agréable…

En cette semaine d’anniversaire, j’ai eu l’occasion de découvrir quelques cafés, et de revenir à quelques-uns de mes préférés… Une invitation à vous y rendre, quand vous serez dans ces quartiers de Paris…

… à l’Ebouillanté

6 rue des Barres, dans le 4ème

Un de mes « repaires » dès les premiers beaux jours, que l’Ebouillanté, cet endroit tranquille entre Seine et Marais. Cet ancien atelier d’artiste – il appartenait au peintre François Gall qui le transforma en lieu de rencontres et échanges voici un peu plus de 40 ans – offre un abri à la fois serein et chaleureux.

Un petit mot d’abord sur l’environnement… La rue n’est pas longue, mais on peut y admirer entre autres une belle maison à colombages, à l’angle de la Rue du Grenier sur l’Eau… Que de noms évocateurs du passé, et de l’importance qu’a joué l’eau dans l’histoire de la ville, si l’on sait que la rue en question permettait aux potiers, nombreux dans ce quartier au Moyen-Âge, un approvisionnement en eau et en bois pour leurs fours « des Barres » est le raccourci de « Moulin des Barres ».

La rue, enserrée entre quais de Seine et rue de Rivoli, offre un havre de paix surprenant et bien tentant entre deux occupations… Reste à trouver une place en terrasse de ce café, qui est assez fréquenté. Mais quand on y arrive, quel bonheur de siroter des boissons aussi exotique que le bissap.

Pour ma part, j’aime particulièrement ce qu’ils dénomment « citronnade », que je consomme chaude durant les jours hivernaux et froide lorsque la chaleur revient…

Citronnade de l’Ebouillanté
Version hiver

Une boisson à base de citron, mais riche aussi en gingembre et menthe… Un régal!

… à la Brasserie La Contrescarpe

Un véritable refuge par les froides journées d’hiver, et l’occasion, en été, de profiter de la joyeuse vie de la petite place de la Contrescarpe. Bon, le personnel est digne d’une brasserie parisienne, ne vous attendez donc pas à un accueil chaleureux. Mais les fauteuils de cuir dans cette ambiance « bibliothèque anglaise » vous le feront oublier.

Canapés et fauteuils confortables pour confidences entre ami-e-s

La Contrescarpe offre aussi un jardin intérieur, et de nombreux recoins où discuter tranquillement. Vous ne pourrez pas la rater : elle fait face au Café Delmas (dont je vous parlerai sans doute un jour, mais il est actuellement fermé pour rénovation) sur la place.

Un Mojito délicieux !

Et, pour faire une étude comparative des Mojito (saviez-vous que ce nom est une contraction de l’espagnol, signifiant « légèrement mouillée?) servis dans les bars français, je peux vous assurer que, dans leurs bons jours (hélas pas toujours…), c’est l’un des meilleurs…