Sous le charme de Sospel. Episode 4.

Promis, c’est l’avant-dernier épisode de cette découverte de Sospel. Je vous emmène dans les rues et ruelles de la vieille ville… Pour que vous compreniez mieux, je replace le plan déjà présenté.

Nous avions commencé la partie surlignée en noir, depuis la Place de la Cabraïa jusqu’à l’arrière de la co-cathédrale Saint Michel. Poursuivons donc cette boucle noire. Suivez la guide, un peu fantaisiste certes, puisqu’elle passe sans vergogne de l’Histoire à des détails sans importance autre que celle de l’avoir intéressée, amusée ou intriguée…

A gauche, on voit un des restes des remparts qui ceinturaient la ville autrefois. Laquelle n’était accessible que par cinq portes.

Et maintenant, une petite série sans commentaires…

Pourquoi cette photo ci-dessus? Vous le devinez : je n’ai pu m’empêcher de me demander ce qu’était « La Martiale »! Eh bien, j’ai trouvé, après quelques difficultés, sur le site dont je vous ai déjà parlé. Un article très fourni porte sur les groupes musicaux à Sospel. Incroyables, leur nombre et leur variété! Je commençais à désespérer de trouver « La Martiale », lorsque j’arrivai à ceci :

Et voilà, le mystère de cette plaque, apposée là je ne sais pourquoi (ce serait à rechercher, mais je ne vais pas me ni vous fatiguer davantage!) est résolu. Et nous sommes revenus au point de départ, pour entamer la boucle rouge dans l’article suivant.

Sous le charme de Sospel. Episode 2 : la Place Saint Michel

Je vous ai narré hier le délicieux repas au restaurant La Cabraïa, et évoqué le rassemblement des chèvres sur cette place à la « fontaine à deux étages ». Une fois le déjeuner achevé, je suis partie tranquillement à la découverte de la ville. Ce sera l’objet de cet article.

Pour que vous me suiviez mieux, voici un plan du centre. En noir, le trajet 1. En rouge, le trajet 2. J’ai emprunté ce plan à un autre blog, dont l’auteure a écrit beaucoup sur Sospel, et que je vous encourage à aller voir. Il est ici.

Le premier « choc » s’est produit lorsque j’ai découvert la vaste place Saint Michel, présentée ainsi sur le site Menton-riviera-Merveilles (lu a posteriori) :

« Place avec éléments du 13 éme, 15 ème et 17 ème siècles.
Les façades et les toitures des immeubles ainsi que le sol de la place sont inscrits MH (18 mars 1947)

La place Saint-Michel constitue l’un des plus beaux ensembles architecturaux et scénographiques du Comté de Nice. Pavée de galets blancs et noirs, elle est dominée par l’ancienne Cathédrale qui capte le regard par l’aspect monumental de sa façade et du parvis. Bordée par les chapelles des Pénitents Gris et des Pénitents Rouges, elle fut édifiée aux XVIIème et XVIIIème siècles à l’emplacement d’une église romane dont il ne subsiste que le clocher »

Il aurait fallu une vue panoramique pour en rendre compte. Je vais tenter au travers de quelques photos que j’ai prises.

Je ne vais pas reprendre ce que vous trouverez dans tout bon guide touristique… Juste quelques points qui m’ont intriguée.

Le cadran solaire

Il ne date pas d’un passé lointain : 1982, mais peut-être une reprise d’un plus ancien (1956) ?

Première énigme. Je n’ai pas compris l’inscription : que signifient « RC » et « CG »? Le second évoque le Conseil Général, ancêtre du Conseil Départemental. Mais le premier?

Deuxième énigme. Cependant c’est surtout la devise qui m’a questionnée, en latiniste que je fus…

Le début, pas de problème : « Si le soleil garde le silence, je me tais. » (le verbe « silere » est attesté en ce sens chez Cicéron). Mais la suite? « Capire » n’existe pas… Si on lit « capere », cela pose le problème de l’absence d’objet (on « prend » quelque chose). « Celui qui peut prendre, qu’il prenne! ». Or il est traduit par certains auteurs « Comprenne qui pourra ». Mais « capere » n’a jamais signifié « comprendre ». Au plus, avec un génitif « conjecturer ». « Capire », c’est de l’italien, dans le sens de « comprendre »! Bref, j’ai failli y perdre mon latin. Erreur ou plaisanterie???

Comptoirs commerciaux de la Bévéra

Je vous invite à comparer les deux photos ci-dessous. La première est celle que je viens de prendre, en ce début août 2025.

En cherchant à comprendre ce qu’étaient ces « comptoirs commerciaux », j’ai découvert cette photo. Elle provient d‘un blog et date de février 2021.

Incroyable transformation, n’est-ce pas? Avec un « retour vers le passé »…

Mais je n’ai rien pu trouver de plus, sinon qu’auparavant il y aurait eu un « Bazar universel ». Aucune carte postale ou photo ancienne n’est aisément trouvable sur le net, sauf celle-ci, qui date de 1892. Vous remarquerez qu’il n’y avait pas de fenêtre à gauche de la devanture…

Un cheval à la fenêtre

Si vous avez bien regardé l’une des photos précédentes, un cheval a été placé à la fenêtre d’un des édifices, « le palais des barons Blancardi, maintenant barons Ricci des Ferres, où ont été logés à l’occasion de leur passage  dans cette cité, le souverain pontife Pie VII, le roi Victor Emmanuel, la princesse Pauline, sœur de l’empereur Napoléon, au temps de l’ancien gouvernement français, et d’autres personnages remarquables ». Une plaque située juste sous la fenêtre explique que Pie 7 a célébré une messe en cette demeure. Mais pourquoi le cheval?

Le sol pavé de galets

Vous avez peut-être observé le magnifique pavage de la place, tout en galets. C’est ce que l’on nomme dans la région une « calade ».

« Le mot calade fait référence à plusieurs sources, en latin calcare qui signifie calcaire, calare signifiant descendre et aussi s’arrêter en occitan, on retrouve le terme calar, en provençal, le verbe calada, et le nom caladage désignent dans les marchés provençaux du XIVème siècle « un pavage composé de petites pierres disposée sur une forme de terre aplanie, soit posées à sec, soit posées sur un bain de mortier » (Bernardi Philippe, Métiers du bâtiment et techniques de construction à Aix en Provence à la fin de l’époque gothique, Publications de l’Université de Provence, 1995).
Le terme apparaît dans le dictionnaire Larousse en 1887. Les ingénieurs des Ponts et Chaussées du XIXème siècle utilisent le terme calade pour désigner les pierres non taillées et les galets des voies de communication.
Les calades sont des sols de pierres posées sur chant, sur une certaine profondeur, les pierres sont toutes en contact mécanique les unes avec les autres, elles constituent un plan de sol fini.
Les calades sont classées dans les sols dits « debout » en comparaison avec les dallages ou sols à plat et les sols coulés en bétons, goudrons et plastique ». (source)

Je vous conseille de lire l’article dont est issue la citation ci-dessus, il est passionnant et explique à la fois les techniques et les avantages des calades.

La photo qui suit montre à quel point le sol a été travaillé, tant pour les formes que pour les teintes de galets…

Une journée extra-ordinaire

Il est des jours où tout s’enchaîne mal, où les petits problèmes s’accumulent et nous poussent à penser que « tout va mal ». Ce n’est pas du tout ce qui s’est produit hier, où, au contraire, les faits se sont enchaînés pour me faire croire à une bonne étoile… Il n’est guère dans mes habitudes de vous raconter ma vie sur ce blog où je préfère partager mes découvertes, mes plaisirs, mes coups de gueule comme mes coups de coeur… Mais j’ai trop envie de vous narrer ce qui s’est produit et vais donc céder à cette envie.

Episode 1. Efficience de l’URSSAF

Ma journée s’annonçait plutôt pénible, avec de l’administratif. Comme je n’avais pas obtenu de réponse de l’URSSAF pour finaliser ma déclaration d’impôts, et qu’il est difficile d’avoir un interlocuteur (qui est le plus souvent une interlocutrice) au bout du fil, je tentai une connexion (mais le site a évolué et se « loguer » devient une épreuve que je ne réussis pas – je parle au passé simple, ça fait bien n’est-ce pas?) une nouvelle fois, j’osai un nouvel appel. Miracle, seulement quelques sonneries, et une voix me répond. Et me donne toutes les informations dont j’ai besoin, notamment où trouver la fameuse fiche qui m’a été adressée suite à ma demande (autre miracle!). Bref, en 10 minutes tout était résolu!

Episode 2. Un RDV pour une échographie une demi-heure après, dans un centre conventionné tout près de chez moi

Autre épreuve que je décidai d’affronter alors : trouver un rendez-vous pour une échographie dans les deux jours qui suivent, sans payer un supplément tel que les 122 euros de mon précédent examen. Vite, Doctolib. Il est alors 11h20 Première réponse, en première ligne : une proposition pour 12h (si, si!) au Centre de santé proche de chez moi (où tout est pris en charge).

Mais il faut être à jeun depuis au moins 6 heures. Une chance! J’ai oublié de petit-déjeuner! Et une seconde : je sors de la douche, il ne me reste plus qu’à me vêtir, chausser, attraper l’ordonnance et filer. Une heure après, l’examen était fait et je pouvais rentrer.

Episode 3. Un colis livré dans l’heure

Alors que je m’apprête à sortir dans la rue, je me retourne pour demander à l’homme que je venais de croiser, l’air perdu, si je pouvais l’aider. « Oui, je dois placer un avis de passage pour un colis pour Madame X ». « Eh bien, c’est moi, Madame X! Vous avez le colis? » « Non, je l’apporterai vers 13h » « Je ne suis pas sûre d’être de retour, car je pars faire un examen médical. » « Alors ce sera jeudi ». « Mais, jeudi, je ne serai pas ici. Puis-je vous laisser mon numéro de téléphone, et vous m’appellerez tout à l’heure, j’essaierai de vous retrouver dans le quartier? » Il accepta et m’appela pour que je garde trace du sien. A mon retour, je lui envoie un SMS. Il m’appelle aussitôt : « J’arrive dans 5 mn ». Et c’est ainsi que je pus réceptionner un gros carton, toute étonnée, car je n’avais rien commandé. Qui contenait un minuscule boîtier adressé gratuitement par Orange…

Episode 4. Cadeau d’un commerçant

Comme j’étais sortie très vite du Centre de santé, je décidai de pousser jusqu’au magasin de matériel informatique Gingko, un peu plus loin sur le Boulevard Saint Germain, car j’étais en manque d’encre pour mon imprimante. J’y achetai un jeu de cartouches noire et de couleurs. Au moment de payer, le commerçant me demande si je ne voudrais pas une bleue en supplément. Gratuite. Je n’ai pas refusé, bien sûr!

Episode 5. Une rencontre étonnante

Revenons un peu en arrière. Alors que j’arrivais au magasin sus-cité, s’y trouvait déjà une belle jeune femme. Qui s’adressa à moi : « Vous allez assister à une résurrection! » Je lui demandai si elle avait fait un voeu avec un cierge à l’église (intégriste) voisine… Le réparateur-commerçant dont je viens de vous narrer la générosité avait réussi à réparer son Mac alors qu’il l’avait totalement lâché. Nous échangeons sur nos professions. Elle me déclare mener des expériences autour de la démocratie participative. Je lui demande si elle s’inscrit dans la même mouvance que mon ami José Dhers. Elle ne le connaît pas, mais aussitôt regarde sur le net. Comme je la questionnais sur ses « expériences », elle me parla de « Ma Voix », à l’Assemblée Nationale.

Si cela vous intéresse, un mémoire sur ce sujet m’a permis de mieux comprendre ensuite. Nous décidons d’échanger nos coordonnées. Etonnée par son prénom et son nom, je les lui fais répéter… D’abord, le prénom, plutôt rare : Quitterie. Si vous voulez en savoir plus sur Sainte Quitterie, patronne d’Aire-sur-l’Adour, allez ici. Le prénom latin renvoie à la notion de « calme », de « tranquillité » : c’est la même racine que « quiet » « quiétude »… Ensuite, le nom, qui vous évoquera peut-être quelqu’un d’autre : « De Villepin ». Et, effectivement, c’est sa famille. Le net m’a appris qu’en réalité c’est une des branches des « Galouzeau de Villepin », très fournie en énarques…

« Ayant commencé sa carrière au début des années 2000 en créant des campagnes de communication pour des ONG, Quitterie de Villepin, 38 ans, connue aussi son nom de femme mariée – Delmas –, est devenue la responsable de la campagne numérique de François Bayrou en 2007. Se disant dégoûtée par la politique politicienne, elle a ensuite quitté le Modem. Elle est cependant restée très présente sur les réseaux sociaux, notamment grâce à sa campagne menée contre les marques de textile à la suite de l’effondrement meurtrier de l’atelier bangladais du Rana Plaza en 2013 (elle avait été invitée sur Arrêt sur images pour en parler, à voir ici). Elle est à l’initiative du mouvement #MaVoix lancé en 2015 qui veut « hacker l’Assemblée nationale », en imposant des candidats citoyens. »

Attention, cet article a 9 ans, elle en a donc 9 de plus… mais fait très jeune! et réside dans mon quartier… d’où sa visite à ce magasin, un 8 juillet au matin, qui permit cette rencontre… Elle tient un blog, je l’ai appris depuis… d’une bien meilleure qualité que le mien, à tous points de vue!

Episode 6. Une conjonction de livraisons bien menées

J’avais espéré déjeuner avec un ami ce midi-là. Mais il était retenu à la Défense, dans l’attente d’une livraison, et m’avait donc déclaré l’impossibilité de nous rejoindre. Vers 13 h, donc, après avoir réussi avec l’URSSAF, reçu mon colis dans les temps, chez moi (alors que je dois toujours me déplacer à la poste), fait mon échographie, acheté mes cartouches et en voir reçu une gratuite, rencontré Quitterie de Villepin et être rentrée chez moi, je m’apprêtais à pique-niquer dans mon studio. Je reçus alors un appel « La livraison est faite, je peux te rejoindre, sur le trajet de la ligne 1 ». Rendez-vous fut alors pris pour la sortie de la station Saint-Paul… Malgré une panne de mon téléphone, je réussis à y retrouver mon ami pour un agréable déjeuner… Et c’est alors que je vécus un autre moment étonnant…

Episode 7. Une rencontre plus que surprenante

Nous voici donc à la recherche d’un restaurant dans ce coin que je connais mal, bien qu’y ayant joué les touristes, dans l’église Saint Pierre Saint Paul et en découvrant l’Hôtel de Sully. Enfin nous en repérons un, que je vous recommande : le Café Fontaine Sully (au calme dans rue perpendiculaire à celle de Rivoli, et avec un personnel très sympathique).

Au moment de nous y installer en terrasse, une voix masculine : « Bonjour, Madame! ». Un charmant jeune homme… Mais qui pouvait-il être? Vite, mon cerveau tourne… Un stagiaire? Arrive alors une jeune femme, puis une autre, puis une dame plus âgée… Ce ne sont autres que les 4 personnes rencontrées la veille dans le train en provenance de Calais. J’avais entendu, tout au long du trajet depuis Abbeville, leur conversation. Une grand-mère et 3 jeunes gens venus passer quelques jours à Paris, en « touristes ». J’avais alors proposé mes services pour les aider à distinguer ce qu’il et elles avaient à voir, où aller manger peu cher, etc. Et leur avais donné l’adresse de ce blog. Un peu plus de 24 heures après, nous voici donc réuni-e-s par le hasard, dans un quartier où je vais assez rarement! Surprise réciproque, vous imaginez bien!

J’espère ne pas vous avoir ennuyé avec ce récit un peu long. Mais j’avais vraiment envie de partager cela avec vous. Peut-être vous demandez-vous comment j’ai achevé la journée? Au théâtre, à me tordre de rire… Mais c’est une autre histoire…

Notre Dame rénovée…

J’ai toujours détesté le « faux ancien ». Vous savez, ces salles de séjour faussement Henri II ou ces manoirs modernes voulant se faire passer pour historiques? De même que je ne comprends pas la lutte contre les rides de certaines personnes, à coup de Botox et d’opérations chirurgicales.

Alors, vous pouvez comprendre mon appréhension à l’idée d’aller revoir Notre-Dame après sa restauration. J’aurais dû m’abstenir. Pour garder le souvenir de celle qui était pour moi si symbolique du Moyen-Age, cette si belle « vieille dame »…

Car j’ai eu un véritable choc en entrant. A découvrir ces voûtes toutes blanches, qui font vraiment « faux ancien »! Jugez-en plutôt…

Heureusement, des éléments « modernes » rappelleront à l’avenir le souvenir de notre époque…

Les vitraux eux-mêmes m’ont posé question. Du style « Qu’est-ce qui est authentique? Qu’est-ce qui ne l’est pas? Et « authentique » de quelle époque? ». A vous de jouer…

Pour les tableaux, c’est un peu plus facile… Des « anciens » sont toujours là…

… et des « nouveaux » les ont rejoints, dont certains plutôt exotiques, voire rafraîchissants…

Je ne sais dans quelle catégorie classer la série d’icônes au fond de la nef, ni cette étonnante « oeuvre ».

Heureusement, il reste des éléments qui témoignent de l’Histoire… je vous en parlerai dans un second article, si vous le voulez bien…

De retour de Nice…

Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas être aussi diserte que pour l’aller, un seul article suffira pour vous parler de deux haltes.

La première nous a accueilli-e-s dans un superbe camping, à Goudargues, surnommée « La petite Venise gardoise ». Et elle mérite bien son nom!

Le camping Le Saint Michelet est situé au bord de la Cèze, avec une jolie plage… un peu décalée de la rive, c’est original!

Il offre aussi la possibilité de se baigner dans une jolie piscine, au bord de laquelle se situe le café – restaurant à l’ambiance sympathique, où nous avons pu assister à la fin d’un match de football qui restera dans les mémoires.

Le Clos des Sources… Retenez ce nom, car le personnel y est charmant, l’endroit très reposant, et bien aménagé… Il y a même une maisonnette qui abrite une vaste salle de douche et toilettes pour les personnes en situation de handicap physique! Et la gérante a eu la gentillesse de faire un énorme geste commercial quand elle a appris la situation dans laquelle nous étions, avec un véhicule qui nécessitait le second pour pouvoir démarrer à coup de pinces crocodile! Et qui, après que nous eûmes pris un délicieux petit-déjeuner au bord de la piscine, nous a prêté le lendemain matin l’outil dont nous avions besoin…

Au couchant, nous décidâmes d’aller « en ville », car l’aperçu du bourg à l’arrivée nous avait séduit-e-s. Et à juste titre, comme vous avez pu le constater sur la première photo de cet article.

Plusieurs restaurants bordent la rivière, et nous avons choisi La Bocca, car la serveuse fort aimable proposait une adorable table tout au bord de l’eau. Un merveilleux endroit! Et la nourriture ne l’était pas moins, avec une souris d’agneau dont je ne suis pas venue à bout…

Mais la salade Bocca n’était pas mal non plus… Jugez-en plutôt!

Quant aux frites, elles sont dignes d’un estaminet, en accompagnement de brochettes!

Personnel adorable, avec qui j’ai noué connaissance, et couple de patron-ne-s tout aussi gentils, au point de rechercher l’outil dont nous avions besoin et le prêter aux inconnu-e-s que nous étions. Petite promenade au retour, avant de regagner le camping.

Bref, vous l’avez compris, une halte qui a mis du baume au coeur aux malheureux automobilistes confrontés à la panne et aux difficultés de circulation en ce week-end prolongé.

Après une journée assez éprouvante, en raison de la circulation, mais aussi d’un orage de grêle tel qu’une petite partie de route était bordée de congères… Pas question donc d’arriver le soir en Picardie. Repos à Orléans, afin de profiter à nouveau des bords de Loire. Hélas, toutes les guinguettes sont fermées en ce dimanche soir… Mais une belle balade au couchant, quand même, et le plaisir d’aller à nouveau dîner africain au Boloye, chez Khady. Toujours un bel accueil, et l’ami qui ne connaissait pas les plats africains a pu goûter au poulet Yassa, aux alokos, à l’attiéké et même au foutou banane, si rare en France!

Vous acceptez de regarder de mauvaises photos? Alors je vous emmène faire une petite promenade nocturne dans Orléans. D’abord, la cathédrale…

On ne peut oublier ici l’influence de Jeanne d’Arc ni de la lignée royale…

Et j’apprécie toujours autant les maisons à colombages, que l’on retrouve dans tant de région de France.

Pour comprendre le retour, une petite carte?

De Mers-les-Bains à Nice (4). Retour à Gien

Voici peu, je vous ai parlé de Gien, où avait lieu la sortie annuelle de l’association Vanvino… Une semaine après, me voici de retour dans cette ville, pour une pause déjeuner en ce jeudi de l’Ascension, après les haltes de l’abbaye de Fleury et de Sully, objets de précédents articles.

Premier objectif : le château, que je n’avais pu voir lors de la sortie collective la semaine précédente.

Hélas, il est fermé, et je ne peux que le photographier à travers la grille.

Ainsi qu’une statue qui devrait vous aiguiller sur ce qu’il est devenu…

Eh oui! Un Musée de la Chasse, comme le présente son site officiel. L’édifice construit par Anne de Beaujeu (encore elle!) est devenu un musée. Si son histoire vous intéresse, vous la suivrez sur cette vidéo. Elle n’y habitera pas, car son époux et elle partent à Moulins avant la fin de la construction. On dit qu’il a le style « Première Renaissance française » : briques rouges et noires mêlées à la pierre de taille. Au XIXème siècle, il devient siège administratif:

« En 1823, le vicomte de Riccé, préfet du Loiret, rachète le château de Gien à la famille Feydeau de Brou pour le compte du département du Loiret. Le monument est ensuite réaménagé pour accueillir la sous-préfecture (aile Est), un tribunal (Etage) et une prison (Rez-de-chaussée et caves).
La sous-préfecture et la prison resteront en place jusqu’en 1926 tandis que le tribunal ne déménagera qu’en 1962.
« 

Et il survivra aux bombardements des Allemands les 15 et 16 juin 1940, qui détruiront une grande partie de la ville.

Cette année, il abrite des hôtes étonnants…

Une affiche péda (ou andra?) gogique explique ce qui s’est produit, concernant le pont.

Décidément, pas de chances pour les visites ce jour : à l’église, d’abord une fin de messe, puis un baptême… Je ne puis la voir que de l’extérieur. Mais pas trop chagrinée de ce contretemps, car elle est résolument « moderne ». Il reste à admirer le paysage vu de la colline sur laquelle se situent château et église.

Pas de visite, mais finalement sans regret : c’est l’heure du pique-nique! En zoomant, vous pouvez voir cohabiter Hauts-de-France et Loire!

Une vraie chance : une guinguette en bord de Loire est fermée, et nous profitons honteusement de ses installations avec une jolie vue sur le fleuve…

Mais il faut repartir, il reste bien des kilomètres jusqu’à la destination, Nice!

Pour revoir l’ensemble du trajet, une carte avec son tracé…

De Mers-les-Bains à Nice (3). Détour en bord de Loire

Quittons la belle abbaye de Fleury, alias Saint-Benoît-sur-Loire, pour continuer notre route en longeant au maximum ce fleuve qui m’inspire tant, peut-être en raison des souvenirs littéraires qu’il réveille… Nouveau détour, cette fois pour un château. Qui est moins connu que Chambord, Chenonceau (soit dit en passant, comme j’avais un doute sur l’orthographe, avec ou sans x, je me suis rendu compte que le château ne prend pas de x alors qu’il y en a un en finale du bourg… je suis donc allée rechercher…

« Alors que le village de Chenonceaux s’écrit avec un « x » à la fin, le château, lui, n’en prend pas. Pourquoi ? À cette question fort légitime, aucune réponse pleinement satisfaisante ne peut être apportée. Quelques documents anciens montrent des variations orthographiques, tant pour la commune que pour le château. Parmi les hypothèses avancées, Catherine de Médicis aurait souhaité s’installer à Chenonceau (sans « x ») pour marquer la différence royale par rapport au village.« 

Source : http://tourainissime.blogspot.com/2009/01/chenonceaux.html

« Les documents en possession de la Mairie font toutefois état du décès de madame Dupin, propriétaire du château au moment de la Révolution française et protectrice du philosophe Jean-Jacques Rousseau « en son château de Chenonceaux ».

Mignonne, non, la « protectrice »? Et qui plus est, intelligente et cultivée, Louise Dupin. Elle tenait un brillant salon littéraire. Et en plus, féministe! Ce qui entretient : elle vécut 93 ans!

Certes, elle n’était peut-être plus aussi jolie…

Même chose en ce qui concerne monsieur le Comte de Villeneuve, chambellan de Napoléon III, « décédé en son château de Chenonceaux ».) et d’autres, mais qui en impose par sa construction de type plus « médiévale ».

Vous en savez maintenant autant que moi sur cette question, grâce au site officiel du village abritant le château qui m’a tant séduite dans mon enfance… Mais revenons à Sully. Dont le nom doit vous rappeler quelqu’un! Connaissez-vous son nom de naissance, avant qu’il ne devienne Duc de Sully, ami d’Henri IV et homme politique influent ? Maximilien de Béthune… qui, soit dit en passant, n’était pas né dans le « Ch’Nord », mais à Rosny-sur-Seine, près de Mantes-la-Jolie, en 1559, et qui mourra aux confins de la Beauce et du Perche 72 ans plus tard. Alors, me direz-vous, quels liens avec le château?

« En 1602 Maximilien de Béthune entre en possession du château en achetant à Claude de La Trémoille la baronnie de Sully-sur-Loire qui est érigée en sa faveur en duché-pairie en 1606, faisant du futur grand Sully le premier duc du nom. Entre 1602 et 1607, ce dernier transforme le château à son usage, édifiant également un parc. »

N’attendez pas de moi que je vous narre toute l’histoire de cet édifice, à partir de 1102, mais surtout à compter de 1395. Juste une estampe en passant, empruntée au site du château. Il a encore l’aile aux tours couronnées qui sera abattue à la Révolution.

Vous voulez comparer? C’est à vous pour le jeu des 7 erreurs… si vous en trouvez 7!

Pour vous y retrouver, voici un plan datant d’une vingtaine d’années, copié sur Wikipedia : Par Sir Gawain — Travail personnel, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=1571476

Continuons donc à contourner le château. A l’angle, la Tour d’Artillerie, que Maximilien va faire construire en 1606 pour renforcer la défense de l’édifice face à la ville.

Je suis particulièrement séduite par l’eau, comme mes fidèles lecteurs/trices le savent, et ici, je suis gâtée.

Car non seulement il jouxte la Loire, mais en outre, il est ceint de fossés et canaux, véritable paradis pour les lentilles d’eau.

Et si les oiseaux semblent tranquilles, ainsi que les nombreux batraciens qui coassent en une joyeuse cacophonie, il n’en est pas de même des poissons, comme en témoigne l’imposant matériel de ces pêcheurs invisibles.

De Mers-les-Bains à Nice (2). Flâneries en bord de Loire

Après la pause « petit-déjeuner » au bord de l’Etang de Saint Hubert, la voiture a filé jusqu’à Orléans, puis continué sur une petite route en bord de Loire. Quand tout à coup un édifice, dans le lointain, attire mon attention.

Vite, un petit détour pour interrompre cette course vers le Grand Sud…  Et c’est ainsi que j’ai découvert Saint-Benoît-sur-Loire et son abbaye. Le nom du village vous aide à deviner quel ordre s’est installé ici? Les Bénédictins, bien évidemment. Voici ce qui est dit de sa fondation sur le site officiel de l’abbaye.

« La première mention d’un monastère vivant sous la Règle de saint Benoît apparaît en Gaule vers 620 dans une lettre adressée à l’Evêque d’Albi par l’abbé d’un monastère proche de Castres. Peu après, quelques moines s’établissent sur la rive nord de la Loire, à 30 km en amont d’Orléans, sur une petite butte proche du village de Fleury, et y construisent une église dédiée à Notre Dame, tandis qu’une seconde colonie de moines s’installe à une centaine de mètres plus loin, autour d’une église Saint-Pierre. A cette époque ces communautés ne vivent pas encore sous la règle de saint Benoît, mais sous celle d’un autre grand fondateur, saint Colomban.
Les deux communautés ne tardent pas à fusionner et le monastère est désormais connu sous le nom de Saint-Pierre de Fleury. »

Mais c’est du XIème siècle que datent la tour-porche et la basilique telle que j’ai pu la voir, et hélas pas visiter, car c’était l’office de l’Ascension, en ce jeudi éponyme.

J’ai cependant pu prendre « à la sauvette » une photo de la nef, pour vous donner un aperçu de l’imposante taille de la nef et de son architecture.

Qui plus est, impossible de prendre des photos de l’extérieur, car tout est en travaux!

Vous devrez donc, comme moi, vous contenter de la présentation sur borne…

… Mais il me fut quand même possible de photographier un chapiteau du porche.

Une belle halte malgré tout, sous un soleil radieux dont profitaient visiblement les cyclistes…

De Mers-les-Bains à Nice (1). Petit-déjeuner à l’étang de Saint-Hubert

Le « pont » de l’Ascension encourage à toutes les folies, y compris celles de faire un aller-retour Côte picarde – Riviera en 4 jours. Beaucoup de voiture, me direz-vous. Certes. Mais un impératif me contraignait à ce périple. Et j’en ai profité. A l’aller comme au retour. Aujourd’hui, je vous parlerai de « la descente » (ça m’a toujours amusé, cette expression, car franchement, il y a plus de montagnes, en tout cas côté ouest, sous la Loire qu’au-dessus!), et de mon envie de musarder en bord de Loire. Résultat, après un départ à l’aube et l’autoroute A 13 pour gagner au plus vite le sud-ouest… de l’Ile de France, rassurez-vous! – un premier (tout petit) détour pour aller prendre le petit-déjeuner – dans un petit coin charmant où m’a amenée dernièrement mon travail : les environs des Mesnuls.

« Ancien bassin de retenu, appartenant aux réseaux des étang et rigoles construits par Louis XIV pour alimenter les grandes eaux du château de Versailles, cet étang est aujourd’hui une réserve ornithologique qui abrite de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs. » Source : https://www.parc-naturel-chevreuse.fr/etang-de-saint-hubert (vous remarquerez au passage les deux erreurs d’orthographe!!! Je les ai laissées volontairement…)

Le petit ovale sur la carte indique l’endroit où j’ai stationné la voiture, pris mon café-croissant et aux environs duquel ont été prises les photos qui suivent.

Impressionnant, n’est-ce pas? Et imaginez la fraîcheur et le calme en ce début de matinée, que seul troublaient deux pêcheurs qui se sont vite éloignés sur leur frêle embarcation. Intriguée par un petit édifice, je me suis dirigée vers lui pour comprendre ce que c’était.

Il s’agit de l’un des éléments du vaste système imaginé à l’époque du Roi Soleil, restauré depuis.

Car on allait chercher l’eau loin, pour les fastes de Versailles! (source)

« A l’époque, on se soucie peu d’économiser l’or bleu. Louis XIV dépense sans compter. Ses bassins et ses jets d’eau en exigent 6300 m3 par heure ? Qu’à cela ne tienne, le roi Soleil met sur l’affaire ses meilleurs experts. Les premiers aménagements hydrauliques commencent par détourner la Bièvre. Suivent alors des projets aussi ambitieux qu’irréalistes comme l’aménagement d’un canal pour amener l’eau de la Loire à Versailles, une idée rapidement abandonnée. En1682, la machine de Marly met en marche ses 14 roues à aube, ses 250 pompes et ses centaines de balanciers pour fournir au château 900 m3 d’eau quotidien. Malgré la prouesse technique, le débit reste insuffisant et l’année suivante, le roi enjoint ses équipes d’aller creuser ailleurs. Dès 1683, sous la conduite de Vauban, un nouveau système d’étangs dits supérieurs est développé. Il comprend les 6 étangs actuels de Hollande mais aussi l’étang de la Tour, du Perray, l’étang des Noës et l’étang de Saint-Quentin ainsi qu’un système perfectionné de rigoles. Une fois ces travaux achevés, le complexe hydraulique pharaonique de Versailles compte quinze étangs, huit retenues, soixante kilomètres de rigoles, trente quatre de grand lit de rivières. » (source)

J’ai oublié de vous le dire : « De Hollande » est le nom global des étangs. Sans lien avec le pays du même nom, mais par déformation du nom d’un château : « d’Orlande ». Belle confusion!

On voit encore les tracés des canaux, en contrebas de la digue sur laquelle je me trouvais.

Excusez la mauvaise qualité de certaines images, pas facile à cette heure matutinale avec si peu de temps!

Ce n’est qu’en 1977 que les eaux ont cessé d’atteindre Versailles, en raison de la construction de la ville de Saint Quentin en Yvelines. Mais le système fonctionne encore, autour de Saint-Hubert.

« Comment ? Le système fonctionne toujours selon les lois de la gravité (seul un ensemble de 2 pompes a été ajouté en 1990 pour envoyer les eaux de l’étang du Perray vers celui de Saint-Hubert). Les eaux pluviales de surface ruissellent dans les 44 kilomètres de rigoles qui collectent principalement des terres agricoles et forestières. Les rigoles se déversent à leur tour dans les étangs. Là, l’eau est stockée et régulée par les équipes du SMAGER, avec quelques ouvertures de vannes et des lâchers vers les cours d’eau situés en aval quand le niveau est trop élevé. Tous les hivers, pendant 2 à 3 semaines, entre 500 000 et 700 000 m3 d’eau des étangs de Hollande sont transférés à l’étang de Saint-Quentin-en-Yvelines. L’ouverture de la vanne de Saint Hubert permet aux eaux de s’écouler dans le grand lit de rivière pour finir leur course dans l’étang de Saint-Quentin-en-Yvelines. Tout ce système parfaitement huilé permet d’éviter les inondations et d’assurer un niveau d’eau permanent à l’étang de Saint-Quentin-en-Yvelines, pour l’activité de voile de la base de loisirs, dont une partie est classée en réserve naturelle. »

Chemin faisant, en rédigeant cet article, j’ai appris qu’il y avait un château (source) sur la rive nord de ce qui ressemble plus à un lac qu’à un étang.

« En 1755 Louis XV confie à l’architecte Ange-Jacques Gabriel la construction d’un petit relais de chasse sur la rive nord de l’étang, pour éviter d’avoir à profiter trop souvent de l’hospitalité de son cousin le duc de Penthièvre. Très vite le projet est modifié, et c’est un véritable château qui est construit, avec une terrasse donnant sur l’étang de Saint-Hubert.

Louis XVI partage l’intérêt de son grand-père pour ce site, mais trouvant le château trop petit il préfère acheter celui de Rambouillet. Le château de Saint-Hubert est alors laissé à l’abandon et finalement détruit. Seule subsiste aujourd’hui la terrasse, encore visible au bord de l’étang. » (source)

Napoléon s’est aussi intéressé au site, où il fait construire un pavillon en 1802.

Vous le voyez, l’histoire est riche, pour cet endroit qui m’a attirée en cette aube de fin mai… J’ai vraiment regretté de ne pouvoir faire l’une de ces nombreuses randonnées proposées sur divers sites, car la flore et la faune semblent très intéressantes dans ce qui est désormais une « réserve ».

« 248 espèces ont été observées par le réseau de naturalistes expérimentés. Certains y nichent, comme le Blongios nain, le Phragmite des joncs, la Bouscarle de Cetti et le Râle d’eau. D’autres s’accordent une halte sur leur chemin de migration ou s’arrêtent quelques semaines pour passer l’hiver. Le Balbuzard pêcheur, le Butor étoilé et la Grande Aigrette font partie de ces résidents secondaires. »

Hélas je n’ai pu voir que quelques anatidés, car il fallait reprendre la route…

Un petit tour à Gien (1)

Une histoire de destructions successives…

J’étais déjà allée à Gien, où le camping en bord de Loire m’avait séduite, mais jamais je n’avais eu le temps d’aller visiter la faïencerie… J’ai donc trouvé excellente l’idée des organisatrices de la sortie oenologique précédemment narrée : compléter la visite du Domaine Couet par une autre découverte, à savoir la faïencerie de Gien. Le temps splendide me poussa à compléter celle-ci par une petite balade solitaire en bord de Loire, celle-ci étant toute proche, comme vous pouvez le voir sur le plan ci-dessous.

Vous avez peut-être remarqué qu’une grande surface jouxte le musée… Il faut se reporter à l’époque où une autre marque, évoquant les mastodontes de la Préhistoire, achetait des terrains pour construire les premiers hypermarchés… Elle a ainsi détruit une grande partie de ce qui fut un des joyaux de l’industrie génoise…

Le triangle rouge que j’ai tracé maladroitement sur la photo correspond à toute la partie qui a disparu, pour laisser place à un affreux parking et à un non moins affreux magasin… Car la faïencerie a subi bien des déboires, comme il est expliqué sur son site officiel, qui qualifie de « parenthèse » la période 1918-1984. Une bien longue « parenthèse » pour une entreprise née en 1821. Et qui elle-même avait causé la destruction d’une maladrerie (source)

Et celle d’un couvent, celui des Minimes, fondé par Anne de Beaujeu. Avez-vous besoin d’un petit rappel historique? Anne de France, née en 1461, était la fille aînée de Louis XI, devenue de Beaujeu par son mariage avec Pierre. Mariage célèbre, car précoce : elle n’avait que 12 ans alors que son époux en avait déjà 35 (mais il faut dire que son précédent fiancé, Nicolas de Lorraine, était mort en juillet de la même année ! Précoce aussi, son accession à de hautes fonctions : elle n’avait que 22 ans quand son père est décédé. Comme son frère était encore plus jeune, elle devint « régente du royaume » pendant 8 ans. Elle était née dans les Pays-Bas bourguignons, mais c’est au centre de notre France actuelle qu’elle passa la majeure partie de sa vie. Lisez le récit de celle-ci, vous n’en reviendrez pas… Une série de négociations, d’expansion de territoires, de stratégies en tout genre. Et c’est une autre Anne qui va l’écarter du pouvoir : elle avait marié son frère à Anne de Bretagne pour agrandir le royaume, mais celle-ci lui en voulut d’avoir mis fin à l’indépendance de la Breizh!

La voici représentée sur un triptyque peint par « le Maître de Moulins », Jean Hey, en 1502 (à genoux, à droite). (Source)

Excusez-moi pour ce détour, mais il permet de comprendre l’histoire du couvent détruit par celui qui n’écrasait pas que les prix!

Anne avait eu un fils en 1476, alors qu’elle n’avait que 15 ans. Mais elle dut attendre la même durée pour accoucher enfin d’une fille, en 1491. Ce serait pour remercier le ciel qu’elle aurait fait construire le couvent concerné. Pourquoi les Minimes? Ce serait grâce à l’intercession de François de Paule que Dieu lui aurait accordé la joie d’enfanter à nouveau, à 30 ans… Un thaumaturge qui n’avait pas réussi à sauver son père.

« Depuis 1478, Louis XI est malade et semble avoir été victime d’un accident vasculaire cérébral, son corps le fait souffrir et il survit dans la terreur de sa fin prochaine. C’est alors qu’il entend parler des miracles accomplis par l’ermite de Calabre, François de Paule, créateur de l’ordre mendiant et pénitent des Minimes.

François de Paule pria le roi d’accepter sa mort prochaine contre laquelle il ne pouvait rien, mais peut-être obtiendrait-il son salut. Les deux hommes furent inséparables alors que Louis XI passera ses « avant-derniers moments » à Gien, comme en témoigne sa nombreuse correspondance. Il décéda auprès du saint homme au château de Plessis-lèz-Tours le 30 août 1483, remettant son âme à Notre Dame d’Embrun.

Si Anne de Beaujeu, aussi duchesse de Bourbon habitait le plus souvent au château de Moulins, elle résidait également à Gien et y invitait François de Paule. » (récit et plan tirés de ce site consacré aux Minimes).

La construction dura 4 ans, et le couvent des Minimes fut inauguré en 1498.

Il ne reste de ce couvent que la chapelle… Je ne l’ai pas vue, car elle est cachée derrière le grand magasin actuel.

Est-ce qu’il avait fallu détruire autre chose pour construire les divers bâtiments du couvent? L’histoire ne le dit pas…

Voici donc, habilement cadrée pour que vous ne subissiez pas la vue du magasin et du parking, la vue extérieure du musée que je vous présenterai dans un prochain article.