Inattendu… à la Gare Montparnasse!

Tout à fait improbable : sur les quais de la gare, une exposition assez « osée », dirais-je…

Toute une série de photographies de mannequins prises de dos, dans des tenues qui ne sont pas sans évoquer certains plaisirs partagés, ainsi que certaines pratiques sexuelles… Plaisir esthétique, certes…

Pourquoi avoir exposé ces photos dans le lieu de passage obligé de certaines familles vers leur destination de vacances, sachant que c’est de ce hall que partent souvent les trains lowcost?

La réponse est simple : il s’agit d’oeuvres d’art, parties d’une exposition délocalisée du Palais Galliera. .

En effet, celui-ci (Musée de la Mode) est fermé pour travaux cet été, et a choisi de délocaliser certaines expositions, dont celle-ci, au titre évocateur de Back Side, Dos à la Mode.

Les photographies sont superbes. Souvent en noir et blanc (ce que je préfère), mais aussi en couleurs, lorsque le sujet l’exige, comme c’est le cas pour cette magnifique traîne.

Bref, si vous passez du côté de Montparnasse, faites le détour et allez jusqu’au hall concerné par l’exposition, cela en vaut vraiment la peine!

Et l’exposition continue, au Musée Bourdelle, situé non loin de là, ainsi que l’annonce cette affiche…

Exposition à la Chapelle de Kerbader (Fouesnant les Glenan)

Reportage de notre correspondant en Bretagne…

Une exposition collective d’artistes est organisée comme chaque année par l’association Les amis de Kerbader, dans la chapelle éponyme. Anne-Marie Dalhen, la dynamique présidente, y réunit un grand nombre d’artistes, essentiellement bretons, voire du Finistère.

Chaque semaine l’exposition est entièrement renouvelée. Cet article ne reflète donc que les oeuvres présentées du 22 au 29 juillet 2019.

Impossible de faire un commentaire exhaustif sur les nombreux/euses artistes, c’est donc Suite à son exposition été 2018 en Ardèche, Abstr’Onirique, Philippe Colin présente une nouvelle série de ses dernières oeuvres, Ma Br’Onirique. Pour celles et ceux qui ignorent tout de la langue bretonne, « Ma Bro », c’est « Mon Pays ».

 » O Breizh, ma bro, me ‘gar ma bro ! », selon l’hymne national breton… autres versions ici, Tri Yann, version symphonique…

Eclats de mer sur les rochers, soleils levant / couchant sur le Bout du Monde…

… ou encore vert frais des Marais, tels ceux de Mousterlin…

Autant d’évocations, d’interprétations… je précise qu’elles sont de moi, non du peintre lui-même, qui se refuse à toute traduction de ses oeuvres… (voir son site)

Parmi les autres, l’oeil est attiré par une série de tableaux composés à partir d’écorces d’arbres.

La peinture de Claudine Jacq est fraîche, variée, et d’une originalité certaine.

Bref, une exposition à voir absolument si vous avez la chance de passer par « Ma Bro » d’adoption…

Fluctuart

Un vernissage avait lieu la semaine dernière sur un site dont j’ignorais l’existence et qui me fut signalé par un expert… Fluctuart… Aussitôt je me suis précipitée sur Internet, pour découvrir  » le premier centre d’art urbain flottant au monde » (sic, sur le site officiel), dédié au Street Art – « tout art de la rue qui n’est pas du graffiti », selon un site que j’apprécie. Toujours aussi curieuse, je me devais d’aller découvrir ce lieu flottant sur la Seine, près du Pont des Invalides, à deux pas du Faust où j’aime voir le couchant en mi-saison…

Me voici donc sur place en ce dimanche soir de juillet… et, première surprise, une contestation exprimée juste en face de l’embarcation…

Une fois la passerelle franchie, on pénètre dans un espace ouvert sur l’onde, le ciel et la Ville…

L’exposition se situe, comme on le voit sur ce qui sert d’affiche (photo), dans la « cale ».

En ce moment, une exposition d’une artiste de rue américaine, qui a débuté un peu avant 2000 à Brooklyn.

Caledonia Dance Curry peint sous le pseudo de Swoon, que l’on pourrait peut-être traduire par « Défaillance », « Pâmoison ».

Je ne me suis pas pâmée devant ses réalisations, mais j’ai apprécié entre autres les personnages, saisis sur le vif, à l’expression saisissante d’authenticité…

Cependant cela a requestionné la définition de cet art, comme évoqué en début de cet article.

Des installations sont aussi exposées, telles que celle qui accueille au début de la cale.

L’étage supérieur est consacré à d’autres artistes. Je dois avouer que, pour ma part, j’ai du mal à concevoir un « Street Art » ainsi emprisonné dans des cadres, sur un espace qui, bien qu’ouvert au maximum sur l’environnement urbain et fluvial, reste un espace clos… Ainsi figé aussi dans le temps, alors que, pour moi, c’est avant tout un art vivant qui se doit de rester éphémère… Mais sans doute ai-je une conception restreinte, datée, figée aussi, de cet art…

Futura
Bombe aérosol sur toile
Dorado

Une petite librairie est logée à l’étage supérieur de la péniche, dédiée à ce courant artistique. Le même étage abrite un vaste bar où des reflets métalliques jouent avec les reflets aquatiques…

Une vaste terrasse alliant métal et bois offre une magnifique vue sur le couchant à l’ouest, le pont et le Grand Palais à l’est et au nord-est.


Les cartes ont des supports originaux.

Celle des boissons n’est autre qu’une bombe… C’est là que j’ai trouvé « le Piège à partager »…

Et celle des plats, une planche de surf miniature et ornée.

Une boisson bien fraîche, rien de tel en ce crépuscule estival… Un mélange de Prosecco et de fruits divers, servi sur des glaçons en nombre considérable…

Je craignais que la fonte des glaçons ne pervertisse le goût.

Mais non, c’est le contraire qui s’est produit.


Et le dernier verre fut le meilleur!

La descente des escaliers s’est donc faite à la nuit tombante, ce qui m’a permis d’apprécier la métamorphose nocturne de l’ensemble, toute en nuances de roses vifs et de mauve / violet.

FROM IN

Des rangées de personnes encapuchonnées dans des plastiques transparents, restant assises malgré une pluie battante… Que font-ils ou elles? Pourquoi rester ainsi stoïques sous la fraîcheur de la pluie? Pourquoi ne pas aller se mettre à l’abri sous le portique voisin? Et que regardent-elles pour demeurer immobiles, figées, captivées?

Une vaste scène, au sol partiellement mouillé…

Et, sur cette scène, des corps qui virevoltent, s’entremêlent, jouent l’un de l’autre, l’un sur et sous l’autre, s’enlacent et se délacent…

J’ai vu beaucoup de spectacles de danse, mais celui-ci surpasse de loin les autres en grâce et en souplesse. A se demander s’il y a un squelette dans chacun de ces corps. Ou si ce sont des ectoplasmes qui offrent aux regards une danse de vie. A la limite de l’érotisme, parfois, mais d’un érotisme pur.

Les corps glissent sur le sol sombre. Les tissus aux nuances de blanc et de gris amplifient les mouvements gracieux. La violence est contenue mais transparaît parfois, comme s’il était nécessaire de rappeler que l’Amour est violent, que la Passion est dévastatrice, que l’Autre Aimant peut aussi détruire…

Si ma route croise à nouveau celle de cette troupe, je ne manquerai pas de retourner la voir… Au fait, j’en ai oublié de vous donner son nom, pour que vous puissiez faire de même si vous voulez partager un moment de pur bonheur : Xie Xin Dance Theater. Je n’ai pas trouvé leur site, mais une vidéo est accessible ici.

Le Petit Palais, Nuit des Musées

Que j’aimerais avoir le don d’ubiquité! Cela m’aurait permis d’être à la fois au Théâtre Antoine et de profiter de la Nuit des Musées… J’avais envie d’aller au Musée Picasso, ou encore au Musée d’Orsay, mais la plupart finissait leur programme vers 22h30. Le Grand Palais était tentant, avec une performance de Yoann Bourgeois. Mais je pressentais (j’ai pu le constater de visu) que ce serait la cohue… et comme j’ai visité l’exposition La Lune voici peu…

D’où le choix du Petit Palais, qui annonçait un concert tardif. Heureusement, il y a des taxis pour sauter du 10ème au 8ème, afin d’arriver à temps pour le spectacle repéré dans le programme.

 » À l’auditorium, trois pianistes se succèdent au fil de la soirée pour jouer sur un piano d’époque. Des oeuvres de Liszt, Chopin, entre autres, sont proposées pour (re)découvrir ces chefs-d’oeuvre de la musique romantique dans leurs sonorités d’origine »

Hélas, bien qu’arrivée à temps, je ne verrai pas ce concert… Une file incommensurable me fait renoncer au bout d’un quart d’heure d’attente. Car le temps passe, et je voudrais aussi voir ce que propose le Musée.

C’est donc dans la rubrique « Plaisir des yeux », et non « des sons » que figure cet article, à mon grand regret.

Des cris, des rires, des chants heurtent mes oreilles habituées au quasi-silence qui règne habituellement dans ces lieux… Hypothèse : le Boulevard du crime?

 » En prélude à sa grande exposition-événement, Paris romantique, 1815-1848, (ouverture le 22 mai), la galerie sud du Petit Palais change de décor et invite le visiteur à découvrir le Paris du début du XIXe siècle et son énigmatique Boulevard du Crime. C’est en effet à cette époque que le Boulevard du Temple, lieu emblématique de la ville, s’est vu attribué ce surnom mémorable en raison du foisonnement des théâtres dont les pièces jouées, principalement axées sur le thème du drame et du crime, étaient source de fascination. Dans la galerie sud, au détour des performances d’une vingtaine de comédiens, les visiteurs savourent le temps d’une soirée l’esprit et l’ambiance savamment reconstituée du Boulevard du crime. »

Effectivement, c’est bien cela…

« Reconstitution » d’une scène du Boulevard du Crime, lieu de théâtre en tout genre, devenu Boulevard du Temple, pour la plus grande joie de la foule, qui participe aux interactions / artistes.

Comme souvent dans ces Nuits, la foule délaisse les oeuvres d’art, comme cette statue abandonnée…

Ce qui m’étonne toujours dans ce Musée, c’est la concentration d’oeuvres en tout genre et de toute époque… Un assemblage hétéroclite qui, à mon sens, nuit au plaisir que l’on éprouve en « dégustant » telle ou telle époque, tel ou tel art. Ici, on passe de l’époque antique au XIXème en quelques mètres…

Bien sûr, cela me permet d’aller saluer Dionysos, les Ménades, Isis-Aphrodite et les Satyres…

… avant d’aller voir et revoir les tableaux dont je ne me lasse pas…

Mobilier et objets se bousculent dans une galerie que je trouve étouffante, et dans laquelle je ne me sens pas à l’aise, tant il y règne un relent de mort… Mais cela n’empêche pas la pause devant des éléments que j’apprécie, comme ce paravent et ce peigne, à la fois pour leur esthétique et pour les questions qu’ils suscitent en moi, qui aime essayer d’imaginer à quelles vies ils ont participé et comment…

Qu’a dissimulé naguère ce paravent ?
Et quelle chevelure a paré ce magnifique peigne?

La visite s’est terminée par les jardins. Hélas le café restaurant n’a pas daigné rester ouvert pour l’occasion, mais ce fut quand même un plaisir de me promener dans les jardins, parfois bousculée par des comédiens qui couraient…

En allant vers le Luxembourg… la rue des Ecoles

En ce dimanche de mai, j’ai décidé d’aller voir l’exposition sur les Nabis au Luxembourg. Me voici donc en route, cheminant par la rue des Ecoles.

Camino caminando

J’aime cette phrase qui représente pour moi la Vie, faite d’apprentissages permanents et de découvertes incessantes… Et, comme mes pas me conduisent souvent par la Rue des Ecoles, il y a une con-jonction que j’apprécie.

Je ne résiste pas au plaisir de citer quelques vers de Machado…

Caminante, son tus huellas
el camino y nada más;
Caminante, no hay camino,
se hace camino al andar.
Al andar se hace el camino,
y al volver la vista atrás
se ve la senda que nunca
se ha de volver a pisar.
Caminante no hay camino
sino estelas en la mar.

Marcheur, ce sont tes traces
ce chemin, et rien de plus ;
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
Le chemin se construit en marchant.
En marchant se construit le chemin,
Et en regardant en arrière
On voit la sente que jamais
On ne foulera à
nouveau.
Marcheur, il n’y a pas de chemin,
Seulement des sillages sur la mer.

Traduction de José Parets-LLorca (Source)

Vous pouvez voir le poème entier et entendre son interprétation musicale par Joan Manuel Serrat ici.

Ave, Bel Eminescu

Comme je le fais toujours, je salue au passage le poète roumain… Quelqu’un lui a-t-il offert des fleurs aujourd’hui? Non, il est dépouillé et toujours aussi jeune, beau et romantique…

Pe cararea-n bolti de frunze,
Apucand spre sat în vale,
Ne-om da sarutari pe cale,
Dulci ca florile ascunse.

Extrait de Floare Albastra (Source)

Bleu de Perse

Le bleu et le vert sont mes couleurs préférées… Il faudra d’ailleurs que je vous explique pourquoi je les relie toujours, et en ai trouvé écho en langue bretonne… Comme, par ailleurs, j’ai flirté avec la Perse dans mes lectures classiques, et rencontré pas mal d’artistes iranien-ne-s à Paris ces dernières années – sans compter que ma chirurgienne-dentiste est aussi Iranienne -, l’expression « Bleu de Perse » me parle triplement… Or il se trouve qu’une boutique ainsi nommée vient de s’ouvrir au numéro 38 de la rue des Ecoles, pour ma plus grande joie.

C’est le pied!

Je ne résiste pas à l’envie de vous poser l’énigme du jour… dont vous connaissez sans doute la réponse… Qui est celui ou celle dont on ne cire qu’une chaussure?

L’Orient des peintres

 » Ah ! L’orientalisme, comme il nous a fait rêver ! « 

Il a surtout fait fantasmer… C’est ce qui m’a frappée en visitant cette exposition au Musée Marmottan Monet. Et le désir s’est nourri de l’art… ou vice-versa? J’ai sélectionné pour vous trois thèmes pour illustrer mes propos, très « orientés » (pardon!) comme vous allez le constater. Pour une visite plus experte, je préfère renvoyer à ce qui a été écrit à propos de cette exposition, depuis le catalogue de l’exposition jusqu’à l’article de Beaux Arts en passant par le numéro spécial de Connaissance des Arts.

Corps rapprochés

Le hammam est le lieu du fantasme par excellence. Les femmes y sont regroupées, dans des positions lascives. L’une masse l’autre, elles se touchent, se regardent, se préparent… à quoi? pour qui? Les « absents » sont si présents dans ces tableaux…

Relations de servitude, de connivence, de concurrence… toute une gamme jouée…

Les hommes, eux, attendent, regardent, désirent. Seul le marchand d’esclaves touche, palpe, examine…

Mon coup de coeur


Le personnage situé en haut à gauche du tableau de
Jules Mignonney, Le Bain Maure.

Transparences

Qui n’associe l’Orient aux voiles? Tissus légers, ondoyants, chatoyants, qui dé/voilent si joliment les corps des femmes…

Lieux secrets

Terrasses écrasées de soleil, ruelles sombres de médinas, places et intérieurs stylisés…

Mon coup de coeur