Arrêt à Arès. 2. Les Prés Salés

Pour vivre une partie de l’année non loin de la Baie de Somme, je connais bien les Prés Salés. Mais si j’en ai reconnu certaines spécificités lors de la visite à Arès, des différences notoires m’ont frappée. Je ne compte cependant pas vous faire un exposé sur celles-ci, mais plutôt vous inviter à pénétrer dans l’ambiance tout à fait sereine de cette fin d’après-midi du 25 décembre 2025…

Ici, pas de huttes qui montent ou descendent avec la marée, mais des embarcations échouées deci-delà.

Cela fait plus de 40 ans que cette réserve naturelle a été créée, et elle s’étend sur 330 hectares, dont deux tiers de prés salés.

Partons donc pour une promenade dans cet espace éclairé par les rayons du couchant, ce qui vous permettra de critiquer les contre-jours de mes photos!

La zone encadrée en noir est celle que j’ai pu observer. En effet, vu l’heure tardive, et sans disposer d’un second véhicule qui pourrait attendre de l’autre côté, un demi-tour a dû être effectué au niveau de la passerelle.

Les lignes explicatives sont extraites du site « Réserve naturelle du littoral« .

« L’est du site offre un paysage façonné par l’homme avec des réservoirs à poissons créés à partir de 1835. On les longe depuis la digue en quittant le port ostréicole d’Arès. Abandonnés depuis des années, la végétation les avait peu à peu envahis avant que des travaux de réouverture des milieux soient réalisés. Le ruisseau la Machinotte marque la limite nord des réservoirs et les alimente en eau douce par le biais d’un barrage de dérivation.« 

Ces petits triangles blancs, dans le lointain, ne sont autres que les cabanons qui bordent le port ostréicole.

La passerelle franchit un canal. C’est là qu’il faut rebrousser chemin pour ne pas finir dans l’obscurité. Mais je note les chemins qu’il me restera à faire un jour…

« Au nord, débouche le canal des Etangs, qui relie les lacs médocains au Bassin d’Arcachon. Le canal achemine dans la Réserve Naturelle une quantité d’eau douce non négligeable vers les prés salés. Une pinède ancienne étourdie par le sel et le vent montre que l’action de la mer met à mal les végétaux moins bien adaptés. »

Le chemin du retour, au moment où le soleil va se cacher / se coucher, offre des vues flamboyantes.

En recherchant la dénomination de ces embarcations, j’ai découvert deux termes pouvant désigner de petits bateaux non pontés : « prame » et « pinassotte ». Il semble qu’il s’agisse ici de prames. La pinassotte, très spécifique du Bassin, est plus longue et plus fine, avec généralement proue et poupe pointues. Lors d’un prochain séjour, il faudra que j’en photographie!

Et me voici revenue à bon port au port! Rendez-vous bientôt pour le découvrir…

L’univers fascinant de la batellerie

J’ai déjà eu maintes occasions, sur ce blog, d’évoquer les péniches, et encore davantage les écluses. Normal, pour une enfant ayant grandi entre les bords de Sambre et le port du Tréport…

Faisant dernièrement route vers le Sud, j’ai choisi un léger détour pour aller pique-niquer sur les rives de l’Aisne. Après petite étude sur le net, j’avais jeté mon dévolu sur un village dénommé Berry-au-Bac. Car je ne sais si vous avez déjà remarqué cela, mais, très souvent, les lieux où se situaient jadis des bacs ne manquent pas de charme ou de curiosités.

Et je n’ai pas regretté! C’est en ces lieux la jonction de la rivière avec le canal de l’Aisne à la Marne.

A croire qu’un génie avait tout prévu pour ma halte de déjeuner: une table sur un promontoire herbeux, pile à la jonction des deux cours d’eau.

J’ai emprunté la première photo à un blog où vous trouverez des traces de la riche histoire du lieu et de la triste Côte 108. Sur la seconde, vous admirerez l’herbe fraîchement coupée et en imaginerez le délicat arôme…

Une péniche passant l’écluse dans le sens canal-rivière, et une autre attendant pour passer dans l’autre sens, ce qu’elle fit ensuite.

Et ça, ce n’est pas évident. En effet, le gabarit du tunnel pour accéder à l’écluse est strictement adapté à la largeur des péniches de type Freycinet (voir article dédié à ce sujet).

La petite maisonnette que vous voyez sur ces photos est un ancien café, tenu par Monsieur Brasseur. Celui-ci a pris sa retraite, le café est fermé. Mais il s’intéressait toujours à la batellerie lorsqu’un article de l’Union lui était consacré.

« Chez les Brasseur, le Café de la Marine, c’est une histoire de famille. Christian l’a tenu durant plus de 40 ans. Auparavant, c’était son père Albert qui était aux commandes, et quelques années avant, c’était ses grands-parents. Aussi, même si aujourd’hui Christian est à la retraite, il ne s’imagine pas une seule seconde vendre son commerce et déménagé. « « Chez les Brasseur, le Café de la Marine, c’est une histoire de famille. Christian l’a tenu durant plus de 40 ans. Auparavant, c’était son père Albert qui était aux commandes, et quelques années avant, c’était ses grands-parents. Aussi, même si aujourd’hui Christian est à la retraite, il ne s’imagine pas une seule seconde vendre son commerce et déménager ».

Car il tenait aussi un magasin d’accastillage…

Je tenterai prochainement de placer quelques-unes des séquences vidéo que j’ai prise, relatant de difficile passage d’écluse…

De la Villette au Musée d’Orsay par les eaux…

Ce dimanche de Pâques transforme Paris en ville quasi méditerranéenne. Un déjeuner en terrasse s’impose… à La Plage, bien sûr! Où je goûte avec intérêt un gaspacho ananas – betterave… L’idée était d’aller ensuite sur la Péniche Demoiselle initier Mae (17 ans) au bal musette. Allez savoir pourquoi, l’idée ne l’a pas séduite… Nous voici donc errant à l’entrée du Parc de la Villette, bondé de monde en ce chaud après-midi d’avril. En passant sur le premier pont venu, j’aperçois un bateau en partance… Direction : la file de personnes en train d’embarquer… et nous voici jouant les parfait-e-s touristes, G.O. compris!

Itinéraire simple : départ du Bassin de la Villette, arrivée près du Musée d’Orsay, via (aqueuse) le Canal Saint Martin et… devinez quel fleuve?

Qu’ai-je apprécié dans cette « aventure »?

D’abord, d’imaginer le Canal d’autrefois… les bateaux remorqués par des êtres humains, le chemin de halage étant trop étroit pour les chevaux; son environnement aux différentes époques; la vision qu’on pouvait en avoir; l’activité économique qu’il facilitait, etc.

Ensuite, je dois avouer avoir eu, depuis mon enfance en bord de Sambre à Maubeuge et à Mers-les-Bains, près du port du Tréport, une fascination pour les écluses… Et là, le plaisir est complet : il y en a 9, dont des doubles!

Les ponts et berges du Canal Saint Martin, je les connais bien. Et cela faisait longtemps que j’avais envie de les voir d’un autre point de vue. C’est fait, et j’en suis ravie. Par contre, une déception : le fameux Hôtel du Nord est peu visible depuis le bateau…

Les commentaires du guide… Eh oui! Ce qui est rare pour moi! Et surtout leur variété, car aux explications habituellement prodiguées aux « touristes » s’ajoutaient des précisions historiques et techniques intéressantes, mais aussi l’expression d’appétences personnelles pour tel ou tel lieu, comme le Point Ephémère.

Enfin, tout simplement, la navigation. Et il faut aimer cela, car 2h30 peuvent paraître une durée longue, notamment pour les enfants, mais pas seulement! Et le pauvre guide a dû se sentir bien seul à certains moments, entre les discussions (et siestes!) des adultes, les cris des enfants et les déplacements innombrables suscités par l’organisation nécessaire pour les prises de vue.