Les plus beaux Ave Maria

Le titre du spectacle m’avait interpellée. Pourquoi vouloir comparer des airs qui sont incomparables?

Néanmoins, comme ce sont des airs qui, pour la plupart, me « transportent », et qu’en outre je ne connais pas le lieu qui accueille chanteuse et organiste, me voici en ce dimanche de novembre parmi la centaine d’auditeurs/trices sur les bancs modernes de Notre Dame de la Salette.

L’église est étonnante : au lieu de la forme classique, c’est une sorte de choeur absolu, avec une hauteur étonnante et une forme originale. Les vitraux augmentent cette impression d’élévation, avec leur forme rectangulaire dont la hauteur est extrême, comparée à leur étroitesse. Ils sont disposés de manière symétrique autour de l’axe autel / porte d’entrée principale. L’orgue, lui, est disposé non face à l’autel, mais sur l’axe perpendiculaire, totalement à gauche, face à l’entrée secondaire. Ce qui donne un plan lui aussi tout à fait original. Mais vaut aux spectateurs/trices de risquer le torticolis car, bien évidemment, les bancs, eux, sont placés face à l’autel!

Comme toujours, je voulais placer dans cet article des photos prises en ces lieux. Mais Mystère… Elles ont toutes disparu! Aucune photo du 13 novembre n’est visible sur mon téléphone, pas plus que sur ICloud. Que s’est-il passé? Une disparition, et non l’Apparition!

Donc, si vous souhaitez comprendre ce que j’expliquais concernant cette église, rendez-vous sur ce site ou cet autre, pour l’orgue.

Mais revenons au concert…

La soprano Corinne Fructus a une voix admirable et m’a séduite tout au long du récital. J’aurais voulu vous la faire entendre, mais je ne trouve aucune vidéo valable sur Internet. Pourquoi??? Quant à l’organiste, il est également chanteur, ce qui n’a pas facilité sa tâche car il tournait le dos au public en chantant. Je me suis d’ailleurs demandé pendant un bon moment où pouvait être le chanteur, avant de réaliser qu’il n’était autre que le musicien! David Lauer est tout aussi discret que sa collègue sur les réseaux. Il vient, comme elle, de la région toulousaine.

Quant au programme, il est fort riche, alliant les Salve Regina aux Ave Maria, avec des intermèdes instrumentaux. Que vous dire, sinon d’écouter, encore et encore, ces remarquables chants, que vous soyez ou non adeptes de la religion catholique. Un palmarès? Pour moi, incontestablement, Gounod reste le summum… Surtout par Barbara Hendricks… des frissons garantis à chaque fois que je l’écoute! J’aime moins la version masculine de Pavarotti… Mais avec Gautier Capuçon, quelle merveille!

Mais je ne sais pas si je ne préfère pas celui de Caccini plus intime? Vous pourrez écouter la version pour choeur ici et son interprétation par une soprano là.

Juste derrière, pour moi, l’oeuvre de Schubert. On se souvient de l’interprétation de Jessye Norman… Saviez-vous qu’elle avait été chantée devant le pape en 1979 par Pavarotti? Et la voici en araméen. Très beau, également…

N’oublions pas Bach, bien sûr! Ni la Callas

Et, pour les adeptes de chants grégoriens, il en existe aussi toute une variété : ici ou , par exemple.

J’espère que vous éprouverez autant d’émotion que moi en écoutant tous ces airs, et les autres que vous trouverez sur le net ou ailleurs (revenez à l’affiche, cela vous donnera des idées…).

Lord of the Dance

Celte de coeur, à défaut de l’être par mon origine (quoique…), j’aime l’Irlande et ses traditions, la musique celtique et les danses de ce pays. Alors, rien de plus naturel que d’avoir envie d’aller voir, pour une fois, un spectacle de musique « non classique ».
Qui plus est, jamais je ne suis allée à la Salle Pleyel. Une occasion en or, donc.

Un ascenseur hors du commun!

Moi qui n’aime pas le « clinquant », j’ai été servie! Paillettes à profusion, images peu esthétiques et aux couleurs violentes, costumes tout droit sortis pour la plupart des vestiaires de Walt Disney, et même poupées Barbie sur la scène, avec la Super Barbie aux cheveux faussement blonds, l’une des danseuses « étoile »… Sans compter des armées d’hommes aux airs de Prussiens mal dégrossis, et une fausse flûte faussement brisée… Je me suis même demandé à un moment donné s’il ne fallait pas y voir du second, voire du troisième degré!

Une bande son elle aussi assez violente, diffusée trop fort, avec une acoustique déplorable…

Mais alors, me direz-vous, vous n’avez pas aimé ce spectacle?

Eh bien si, je l’ai apprécié. De manière inégale selon les moments, mais je me suis laissée transporter par le rythme, la danse, l’atmosphère. Inégale selon les moments, disais-je.

Quelques exemples. La danseuse incarnant une sorte d’elfe au costume ajusté sur un corps parfait, semblant voler sur la scène parfois, et introduisant de l’humour dans des moments inattendus… La chanteuse interprétant avec tant d’émotion des chansons plutôt « romantiques » (mais je ne puis le jurer, je n’ai pas compris la moindre parole…). La danseuse incarnant si bien la Tentation, opposée à la Super Barbie censée représentée la Princesse de Coeur et évoluant sur scène avec tant de lascivité parfois, tant de perversité aussi…

Et bien sûr le Seigneur de la Danse, voire le Dieu… Nous dirions plutôt le Roi… celui qui a laissé tout le public pantois, en sautant, glissant, virevoltant, et en faisant moultes démonstrations de sa virtuosité en claquettes…

Bref, un spectacle qui nous ramène à l’enfance, et nous entraîne loin de la noirceur quotidienne, dans les vertes prairies d’Irlande comme dans une satire des Enfers de Dante. Et que la musique irlandaise est poignante comme dansante!

Il me reste un point à éclaircir : qui est ce « Lord of The Dance » que tend à remplacer celui que l’on voit sur scène? Une projection en préambule, puis en fin du spectacle montrait un danseur visiblement idôlatré, à juste titre semble-t-il, vu sa virtuosité. Qui est-il? Eh bien, j’ai trouvé, en recherchant des informations sur le ballet. Il s’agit de celui qui a interprété le rôle principal depuis sa création en 1996 jusqu’en 1998, date à laquelle il déclare renoncer à danser (il a alors 40 ans), Michaël Flatley. Ce sont donc d’anciennes versions du ballet qui sont projetées, jusqu’au final où on voit le même extrait sur scène et sur écran. Vous pouvez le voir sur cette vidéo ou celle-ci ou encore celle-là. Qui est son remplaçant? Pas trouvé son nom, mais vous pouvez le voir ici ou , en alternance avec la vedette qu’il a remplacée, et qui est le créateur de l’oeuvre.

Couleurs de Voix, couleurs d’Amour(s)

Cela faisait un moment que j’avais noté cette date dans mon agenda, une fois n’est pas coutume. Un de mes amis m’avait annoncé que la chorale dont il fait partie allait chanter en ce mardi 27 septembre. Ce n’était pas la première fois. Mais j’avais raté les précédentes occasions. Alors, blocage de la date. Et me voici, en cette soirée d’un automne précoce – pas d’été indien, cette année! – en train de découvrir le quartier des Batignolles et son Temple.

Au programme étaient annoncés « Suites profanes de la Renaissance ». Non, pas d’allusion à la superbe idée de notre président. Enfin, je crois. Mais à l’époque. Les Cours d’Amour commençaient à passer de mode, mais on continuait à célébrer l’Amour, voire les amours… Qu’elles soient réciproques ou non, désespérées ou heureuses. Et c’est là l’entrée choisie par le choeur et son directeur, Alain Lechevalier. Directeur – soit dit en passant – de cette chorale « A Coeur Joie » depuis 43 ans, puisqu’il en a été le fondateur en 1979 (vive le calcul!).

Deux parties elles-mêmes divisées en deux, des amours malheureuses, voire tragiques, à la célébration du bonheur amoureux. Occasion de réaliser que j’aime les extrêmes : ce sont la première et la quatrième qui m’ont le plus transportée! Mais l’ensemble était remarquable, et, malgré l’option annoncée de ne pas chercher à restituer la langue de l’époque, nous étions bien en pleine Renaissance, avec Josquin des Prés, Janequin et les autres.

Couleurs de l’Amour, donc, du noir au rouge (vu par les cultures asiatiques), en passant par toutes les nuances de gris (non, pas les 50) et de roses.

Couleurs de voix du Petit, puis du Grand Coeur, nous menant du désespoir à la Joie. A Coeur Joie, une vraie « communauté » qu’il fait bon découvrir et qui s’ouvre au public.

Le « Petit Choeur »
Le « Grand Choeur »

N’oublions pas les musicien-ne-s, et principalement la vieilleuse, qui a comblé nos oreilles lors des morceaux interprétés en solo ou avec l’organiste.

Annie Couture

Les intermèdes instrumentaux ont en effet rythmé le concert, avec des oeuvres de Janequin (encore lui!), mais aussi Sermisy, Lupi, Megret (non, pas l’inspecteur).

Bref, vous l’avez compris, un de ces moments de pureté et de bonheur partagé, comme je les aime.

Ah! J’allais oublier de vous donner le nom de cette chorale. Il signifie, en grec, « qui aime le chant ». Vous savez toutes et tous traduire « qui aime » en grec, tant il entre dans la composition de mots français, notamment avec toute la série des collectionneurs (pour la plus grande joie des jeux radiophoniques ou télévisés qui s’amusent à faire découvrir ce qu’est un tyrosémiophile, par exemple). Mais pour la suite du nom, j’en appelle à mon cher Bailly.

« μέλος, εος-ους (τὸ)

I au propre :

1 membre, articulation, aussi bien de l’homme que des animaux ; primit. seul. au pl. IL. 7, 131, etc. ; OD. 11, 599, etc. ; PD. N. 1, 47, etc. ; ESCHL. Pers. 992 ; EUR. El. 1209 ; HDT. 1, 119 ; PLUT. Cor. 6, etc. ; au sg. STR. 83 ; GAL. 4, 589 ; ANTH. 9, 141 ; μέλη καὶ μέρη ou μέρη καὶ μέλη, PLAT. Phædr. 238 a, etc. les membres et les parties ; fig. au plur. membres ou parties d’un tout, NT. Rom. 12, 5 ; 1 Cor. 6, 15, etc.

2 p. suite au plur. les membres, c. à d. le corps entier, NT. Rom. 6, 19, etc. ; 1 Cor. 6, 15, etc.

II membre de phrase musicale, d’où chant rythmé avec art (p. opp. à μέτρον, parole versifiée, métrique) particul. :

1 chant du rossignol, HH. 18, 16

2 chant des instruments (flûte, etc.) PD. P. 12, 19 ; THGN. 761 ; SOPH. (ATH. 175 f)

3 chant avec accompagnement de musique, défini comme un assemblage, PLAT. Rsp. 398 d ; d’où mélodie, PD. O. 9, 1 ; HDT. 5, 95 ; ARSTT. Pol. 8, 5 ; PLUT. Lyc. 21, M. 300 f ; à côté de μέτρον, PLAT. Rsp. 607 d ; au plur. joint à ᾠδαῖς, PLAT. Rsp. 399 c ; p. opp. à ἔπεσι, PLAT. Rsp. 379 a, etc. ; fig. ἐν μέλει, PLAT. Soph. 227 d, en mesure, en cadence, justement ; παρὰ μέλος, PD. N. 7, 69 ; PLAT. Leg. 696 d, Crit. 106 b, etc. ; LUC. Eun. 2, etc. (cf. πλημμελής) sans mesure, c. à d. sans raison, maladroitement

4 p. ext. parole qu’on répète sans cesse, redite, SOPH. Aj. 976 ; EUR. Hipp. 879 ; AR. Pax 289

5 au plur. τὰ μέλη, poésie lyrique, p. opp. à la poésie épique ou dramatique, PLAT. Rsp. 379 a, 607 a, etc.« 

En rébus, cela donne donc.

« Mon premier aime. (Alternative : discipline scolaire abrégée, contrairement aux souffrances qu’elle inflige aux élèves)

Mon second désigne dans la langue d’Homère un chant cadencé. (Alternative : Il manque un outil pour compléter le désordre).

Mon tout est un volatile que l’on apprécie non pour sa chair, mais pour sa voix. »

Car oui, le nom de l’ensemble choral est celui de ce bel oiseau, lui-même chanté par Verlaine.

« Comme un vol criard d’oiseaux en émoi,
Tous mes souvenirs s’abattent sur moi,
S’abattent parmi le feuillage jaune
De mon coeur mirant son tronc plié d’aune
Au tain violet de l’eau des Regrets,
Qui mélancoliquement coule auprès,
S’abattent, et puis la rumeur mauvaise
Qu’une brise moite en montant apaise,
S’éteint par degrés dans l’arbre, si bien
Qu’au bout d’un instant on n’entend plus rien,
Plus rien que la voix célébrant l’Absente,
Plus rien que la voix -ô si languissante!-
De l’oiseau qui fut mon Premier Amour,
Et qui chante encor comme au premier jour;
Et, dans la splendeur triste d’une lune
Se levant blafarde et solennelle, une
Nuit mélancolique et lourde d’été,
Pleine de silence et d’obscurité,
Berce sur l’azur qu’un vent doux effleure.
L’arbre qui frissonne et l’oiseau qui pleure
. »

Eh oui, cet oiseau évoque pour les poètes plutôt des souvenirs douloureux qu’heureux, comme dans la très belle ode de John Keats. Mais les choristes et leur directeur ont fait le choix apprécié de ne pas en rester à la tristesse et de nous emmener vers le bonheur. Merci, Philomèle !

Un corbeau sur scène

Source: site de la Compagnie Baro d’Evel

Un corbeau sur scène, voilà qui n’est guère courant, si l’on excepte les représentations de fin d’année dans les écoles maternelles, où les enfants représentent parfois les Fables de La Fontaine… Or c’est ce qu’il m’a été donné de voir, hier soir, lors d’un spectacle aux Bouffes du Nord.

Un ami m’avait recommandé d’aller voir ce qu’il considérait comme le plus original et « décoiffant » de tous ceux auxquels il avait eu l’occasion d’assister dans sa vie…

Pas de lever de rideau. Dès son arrivée, la spectatrice découvre une scène totalement blanche, constituée de trois panneaux de toile vierge et d’un sol tout aussi immaculé. Comme j’ai raté la photo dans ma précipitation avant le début du spectacle, je ne puis vous la montrer vierge. Par contre, voici la même scène une heure et quart plus tard…

Sur le côté droit, vous apercevez, au bout, en bas, une fente horizontale… C’est par là qu’est entré en scène le premier acteur. Nous vîmes apparaître d’abord un pied chaussé, puis un second, puis des jambes… et enfin l’entièreté du corps d’un grand escogriffe, tenant en main un support de micro. Il se relève, costume noir taché de blanc, et joue un moment en tirant sur le fil du micro, qui finit par entourer le devant de la scène. Le tout accompagné d’un monologue sur le « vide ». Il sort un papier de sa poche, censé être le contenu de son discours.

Surgit alors un corbeau, qui s’en empare et le déchiquète consciencieusement… puis va et vient de bord en bord sur la scène, côté cour, côté jardin et ainsi de suite.

Le monologue reprend, quand un pied nu traverse le même côté droit. Cette fois, dans la fente verticale que vous voyez vers le devant. Il est suivi d’un second pied, de jambes nues, et d’un corps de femme, aux cheveux abondants cachant le visage.

Le ton est donné. Je ne vais pas vous narrer la suite, car cela nuirait à une découverte que je vous conseille de faire. Même s’il y a parfois quelques longueurs – mais sans doute voulues, pour faire prendre conscience du temps qui passe -, les surprises se succèdent dans ce spectacle que je ne puis qualifier, entre danse, acrobatie, peinture, chant, pantomime et théâtre…

Et les applaudissements nourris des personnes présentes étaient bien mérités de ces deux (pardon, corbeau, trois) artistes qui ont montré des facettes très variées de leur talent dans un rythme souvent lent, mais parfois endiablé.

De l’émotion, de l’esthétique, du rire, tout y est pour passer un bon moment malgré l’inconfort des sièges de ce vieux théâtre.

Si vous voulez en savoir davantage, un beau film de présentation ici, un second , et un entretien avec Baro d’Evel ici.

Le jeu d’Anatole

Le Lucernaire propose souvent des spectacles intéressants, originaux, voire drôles. C’est le cas en ce moment, avec ce que je ne sais comment la désigner, la « pièce » intitulée « Le jeu d’Anatole ou Les Manèges de l’Amour ».

Imaginez une scène exigüe, sur laquelle trois à quatre personnages tiennent à peine ensemble.

Et une mise en scène permettant de la transformer en salon, en restaurant, en salle de spectacle, et en belvédère… Une vraie gageure, un pari réussi pour le metteur en scène, Hervé Lewandowski.

Anatole est le stéréotype de l’homme assoiffé de conquêtes. Il se heurte, durant sa vie, à d’autres stéréotypes, de femmes, cette fois. Femmes diverses, tant par la condition sociale que par le style et par le caractère, par les choix de vie aussi. De la « cocotte » pseudo-artiste à la femme bourgeoise, elles se succèdent dans sa vie – et dans son lit – sans qu’il parvienne à les comprendre. Pour les interpréter, une seule actrice.

Mélodie Molinaro est surprenante, inattendue, enjouée, terriblement vivante, et impressionnante dans les diverses facettes de « la femme idéale », qui sont ainsi représentées successivement, jusqu’au dénouement inattendu. Elle chante, danse, virevolte, mais aussi pense, joue et se joue de l’Homme, et émeut…

L’ami fidèle, qui observe, commente, enregistre les méandres des amours d’Anatole, est interprété par Yann Sebile, terriblement séduisant avec sa redingote et son chapeau haut-de-forme…

Quant au troisième homme, il change de costume, de rôle, de ton, tout au long de la pièce, dans une succession incroyable de « seconds rôles ». Tous les personnes incarnés par Guillaume Sorel contribuent à « créer le décor », rendre compte de l’époque et du lieu… et faire rire les spectateurs/trices…

Enfin, proche de la scène, un acteur « invisible » mais pourtant très présent : le pianiste, qui est parfois « convoqué » par les autres, comme un des personnages. Son jeu permet d’évoquer les époques, par des interprétations situées de la musique d’Offenbach, qui accompagne les chansons ou devient fond sonore.

Car la musique est omniprésente et nous entraîne ailleurs, encore ailleurs, dans l’espace comme dans le temps.

Bref, vous l’avez compris, j’ai aimé ce spectacle, qui fait voyager, chantonner, danser sur son siège, et qui fait rire tout en étant au final très profond…

Pour en découvrir davantage, vous pouvez regarder ceci. Mais je vous le déconseille si vous envisagez d’aller voir la pièce… Mieux vaut se laisser surprendre, non?

Point de tige

Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s’est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.

    Il n’y a beste, ne oyseau,
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissié son manteau !

    Riviere, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d’argent, d’orfaverie,
Chascun s’abille de nouveau :
Le temps a laissié son manteau !

Charles d’Orléans (1394-1465)

Plusieurs voix l’ont déclamé. Parmi celles-ci, j’ai retenu pour vous celle d’Alain Bashung. Le Trio Selima en fait une très belle interprétation musicale et vocale. Mais j’ai aussi apprécié, dans son authenticité, la chorale d’enfants / jeunes Les Evolènards. Enfin, on ne peut oublier l’oeuvre de Debussy, la première des 3 Chansons de France.

Primavera, Botticelli (autour de 1480)

Je sais que certain-e-s d’entre vous commencent à se lasser des articles tournant autour du tissu et du linge. Mais je ne pouvais terminer cette « série » de confinement sans aborder ce qui me permit une relation privilégiée avec une de mes grands-mères et une occupation durant mes maladies… la broderie…

Yuri Yakovlevitch Leman

Son apprentissage correspondait à un véritable parcours initiatique.
Au début était le petit canevas, sur lequel nous croisions les fils pour… le point de croix. Le canevas pouvait être vierge. Mais, le plus souvent, il représentait un animal ou un paysage, comme les fonds sur lesquels, petit-e-s, nous organisions les cubes pour représenter ce qui y figurait, et, plus tard, ceux qui guidaient l’assemblage de nos premiers puzzles. Il ne fallait pas se tromper, et croiser toujours dans le même ordre…

Comment résister à la magie des couleurs des échevettes?

A ma grande surprise, j’ai découvert hier en tête de gondole d’un supermarché… des écheveaux de fils et des canevas pour enfants… Occupation de confinement? Et je viens de découvrir, en faisant les recherches pour cet article, que la maison DMC, marque des fils de mon enfance, existe toujours… Elle date de 1746…

Un meuble à échevettes encore vendu actuellement sur le site de DMC

Je ne suis pas de ces générations de femmes qui ont appris à broder l’alphabet avec toutes sortes d’ornements, pour préparer leurs trousseaux ou ceux de leurs filles. Mais je possède encore nombre de draps, serviettes, mouchoirs qui offrent au regard les initiales familiales, depuis les RP des mes grands parents jusqu’aux miennes, en passant pas les HR de mes parents. Et voici peu, le jour de Pâques, la petite voisine a adoré la belle nappe brodée par ma grand-mère…

Et je viens aussi de découper la bordure à mes initiales d’un drap plus qu’usé dans sa quasi-totalité. J’ai jeté le reste, mais gardé « pieusement » le motif brodé.

Mme Arthur peinte par Odilon Redon (1901)

Ah! Le point de tige! Je ne sais pourquoi, mais il m’emballait – beaucoup plus que le point de chaînette, allez savoir pourquoi… Et, lorsqu’à 14 ans j’ai fait une longue maladie, dite « du baiser » (si, si!), c’est ce point qui m’a distraite. J’ai toujours, sagement enfermé dans un coffre, le long napperon brodé de fils colorés sur une toile écrue, au motif floral apuré mais aux couleurs trop vives, souvenir de mes souffrances et de l’apprentissage de la patience.

Après le point de croix, j’ai appris à ourler. Qu’est-ce que j’ai pu passer de temps à ourler des torchons faits à partir de draps anciens que ma grand-mère découpait! Et je détestais cela. je trouvais ces points en U affreux et le processus répétitif. Mais cela m’a permis aussi d’apprendre le point de tige.

Source

Le « tambour » me fascinait, mais je ne l’ai, pour ma part, jamais utilisé… Dommage!

La période de confinement se termine… Le blog va pouvoir progressivement reprendre ses thèmes plus ancrés dans la Vie quotidienne et les plaisirs qu’elle procure. Une dernière image pour clore ce chapitre…

Natasha Milashevich /Наталья Милашевич, 1967
Source

Contre l’absurdité, la musique…

Hier soir superbe lever de pleine lune sur le village et la forêt…

En quête de lune se levant à l’Orient…
Ah! Voici la coquine…

Et ce matin, le soleil brille sur la campagne picarde. Après avoir évoqué le rendez-vous raté cher à Trenet, je me suis mise à écouter une de mes « voix » préférées, celle d’Alfred Deller.

Je ne connaissais pas la pièce intitulée « Solitude », qui convient si bien à ces tristes moments… mais you Tube m’a proposé ensuite cet air que je veux partager avec vous, tant je le trouve beau : The Plaint from « The Faeries Queene« .

Melakoli, Edvard Münch (1894)

La musique, avec l’écriture, est ce qui m’aide à « tenir » pendant la durée interminable de cette privation de libertés et surtout de « société en présence ». Car la communication à distance, médiée par les TIC (un clin do’eil à Jorry et Eric…), ne remplace pas tout…

J’ai lancé dernièrement un « relais musical » sur une application que je me refusais à utiliser jusqu’au début du confinement, et je suis ravie de tout ce qui est proposé par les un-e-s et les autres. Mais comme le « jeu » consiste à ne rien dire des choix, je ne puis m’empêcher de revenir sur quelques-uns dans ce blog. Comme aujourd’hui.

Pour mon anniversaire, des ami-e-s m’ont offert des « morceaux » à distance, beau cadeau s’il en est en ces temps de retraite forcée. Cela m’a amenée à écouter avec délice et amertume les Rückert Lieder, parmi lesquels Ich bin der Welt abhanden gekommen, magnifique… et en résonnance absolue avec certains de mes états d’âme actuels…

Ich bin der Welt abhangen gekommen,
mir der ich sonst viele Zeit verdorben,
sie hat so lange nichts von mir vernommen,
sie mag wohl glauben, ich sei gestorben !


Es ist mir auch gar nichts daran gelegen,
ob sie mich für gestorben hält,
ich kann auch gar nichts sagen dagegen,
denn wirklich bin ich gestorben der Welt.


Ich bin gestorben dem Weltgetümmel,
und ruh in einem stillen Gebiet.
Ich leb allein in meinem Himmel
in meinem Lieben, in meinem Lied.

Emil Nolde

Comme vous ne comprenez peut-être pas tout, et que je ne sais toujours pas faire deux colonnes (quelqu’un-e peut m’aider, en commentaire ou courriel?), voici une traduction proposée en français sur ce site intéressant.

Me voilà coupé du monde
dans lequel je n’ai que trop perdu mon temps;
il n’a depuis longtemps plus rien entendu de moi,
il peut bien croire que je suis mort !

Et peu importe, à vrai dire,
si je passe pour mort à ses yeux.
Et je n’ai rien à y redire,
car il est vrai que je suis mort au monde.

Je suis mort au monde et à son tumulte
et je repose dans un coin tranquille.
Je vis solitaire dans mon ciel,
dans mon amour, dans mon chant
.

Parmi les interprétations vocales, je vous en propose deux très différentes : celle du baryton Dietrich Fiescher-Diskau, parce qu’elle est réputée (sous-entendu je l’aime moins), et celle de Jessie Norman (un peu trop « suave » à mon goût). Pour ma part, je préfère celle d’Elisabeth Schwartzkopf, que je trouve plus « profonde », ou encore la splendide version de Kathleen Ferrier, si riche et émouvante.

Kinder Toten Lieder, Jacques Darras (2004) (source)
Inspiré par une autre oeuvre de Mahler, mais qui pour moi fait aussi écho à celle-ci

Cela m’a permis aussi de me laisser envoûter par la violoncelliste Sonia Wieder Atherton avec par exemple ce morceau, Prière Juive, ou entraîner par des airs plus dansants, comme dans cette vidéo A l’est.

« Je voudrais que des sons, des récits, des chants, tout ce que je n’imagine pas encore vienne peupler mon Odyssée et rencontre la voix de mon violoncelle. Je voudrais que des évènements cachés quelque part dans la mémoire, des rêves éveillés ou endormis, des sensations ou des émotions soient dits, et que ces paroles soient protégées et hébergées par l’Odyssée » (site SWA).

D’autres me proposent chaque jour des airs ou chansons à écouter. Pour certains, c’est un retour dans le passé. J’ai ainsi pu réentendre des airs en toile de fond d’histoires de ma vie, précieusement conservés par d’Autres. Mais je découvre aussi des univers musicaux inconnus ou peu connus de moi…

Le dimanche, j’ai rendez-vous avec un chanteur que j’admire, Mathieu Salama, et avec un jeune organiste, Frédéric Deschamps, qui nous fait découvrir, de sa demeure, les orgues de différentes églises et cathédrales… Je vous en ai déjà parlé, je ne vais donc pas y revenir.

Bref, la musique est, avec la nature et l’écriture, ce qui permet de survivre à l’absurdité… Voilà qui me fait penser à la compositrice Michèle Reverdy et à son oeuvre « De l’ironie contre l’absurdité d’un monde », dont voici le texte de présentation sur le site babelscores.

« Ces poèmes posent les questions sans réponse qui accompagnent notre vie tout en exprimant l’absurdité apparente de notre existence dans ce monde étrange où nous avons échoué comme par mégarde…

Mieux vaut chanter comme Du Bellay plutôt que se laisser dévorer par « l’importun souci qui sans fin nous tourmente ».

Mieux vaut s’extasier devant la simple beauté d’une scène quotidienne magnifiée par l’écriture sobre et belle de Sandro Penna.

Cette vie n’est-elle qu’un rêve – demande sans cesse à travers ses livres Lewis Carroll -?

Nous pensons naïvement que nos pauvres divertissements auront le pouvoir de nous distraire de la finitude inéluctable…

L’ombre gagne. C’est déjà le soir dans le jardin de Hans Werner Henze à Marino, où j’ai rencontré il y a longtemps – et si peu de temps – Hans Ulrich Treichel.Reste le papier à musique!

Alors, finissons sur une chanson bien rythmée de Federico Garcia Lorca, avec accompagnement de cloches! »

Re-composition

C’est aujourd’hui l’anniversaire d’un de mes amis… Je me souviens du jour où il m’a parlé de ce qui a fait basculer sa vie, le suicide de son fils, jeune homme beau, brillant, intelligent, sensible. Un arbre a été planté près de sa tombe à Aix, un olivier… Zitouni… Arbre oh combien symbolique pour moi, qui avais aussi déposé un olivier sur la tombe de mon père.

Oliviers dans les Alpilles, Van Gogh (1889)

L’ami dont je vous parle est un Homme solidaire, un Ami sincère, un Etre rare qui vit et fait vivre par les liens qu’il crée, les combats qu’il mène et les chansons qu’il interprète au sein d’une chorale… C’est à lui que j’ai pensé en choisissant le poème de ce jour. Mais qui, je pense, s’adresse à chacun-e de nous.

Oliviers avec ciel jaune et soleil, Van Gogh (1889)

Encore frissonnant
Sous la peau des ténèbres
Tous les matins je dois
Recomposer un homme
Avec tout ce mélange
De mes jours précédents
Et le peu qui me reste
De mes jours à venir.
Me voici tout entier,
Je vais vers la fenêtre.
Lumière de ce jour,
Je viens du fond des temps,
Respecte avec douceur
Mes minutes obscures,
Épargne encore un peu
Ce que j’ai de nocturne,
D’étoilé en dedans
Et de prêt à mourir
Sous le soleil montant
Qui ne sait que grandir.

Jules Supervielle, La Fable du Monde

L’Homme à la fenêtre, Henri de Braekeleer (1876)

En recherchant les tableaux de Van Gogh sur le net, j’ai assisté à une nouvelle co-incidence. Je l’ignorais, mais, en 2012, il y avait eu une double exposition Hiroshige, l’art du voyage – Van Gogh, rêves du Japon par la Pinacothèque. Hiroshige, ça vous rappelle quelque chose?

Eric Stachowiak tous droits réservés © (source)

Papillonnons…

Chaque jour où je le puis, je vais me coucher dans l’herbe de la prairie, au bord de l’étang, et je lis, je rêve, je contemple les cimes des arbres… en ce moment, j’ai l’impression de « voir » l’herbe pousser, les orties s’envoler, les feuilles grandir… Et, chaque après-midi, l’aurore vient me rendre visite… L’aurore, direz-vous? en plein après-midi? Mais oui, l’aurore… qui volète autour de moi, butine les fleurs de pissenlit qui abondent, puis s’éloigne, se rapproche, voltigeant gaiement.

L’aurore

Alors ce matin, pour que volètent vers vous les ailes du bonheur, j’ai choisi de fêter ces êtres si symboliques de la vie/mort, et d’une forme de liberté… « Minuscule voilier des airs maltraité par le vent en pétale superfétatoire, il vagabonde au jardin. » (Francis Ponge)… écho donc aux voiliers d’hier… entre air et mer / air et terre… air éther…

De toutes les belles choses
Qui nous manquent en hiver,
Qu’aimez-vous mieux ? – Moi, les roses ;
– Moi, l’aspect d’un beau pré vert ;
– Moi, la moisson blondissante,
Chevelure des sillons ;
– Moi, le rossignol qui chante ;
– Et moi, les beaux papillons !

Le papillon, fleur sans tige,
Qui voltige,
Que l’on cueille en un réseau ;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l’oiseau !…

Quand revient l’été superbe,
Je m’en vais au bois tout seul :
Je m’étends dans la grande herbe,
Perdu dans ce vert linceul.
Sur ma tête renversée,
Là, chacun d’eux à son tour,
Passe comme une pensée
De poésie ou d’amour !

Gérard de Nerval, Les Papillons

Bon, d’accord, celles et ceux qui connaissent la fin du poème savent que j’ai un peu triché, et qu’elle est sinistre… Mais oublions cela… ce passage est tellement en miroir que je n’ai pas voulu m’en ni vous en priver.

Stéphane Hette, Art of butterfly (MEP)

J’ai beaucoup hésité avec un autre poème que j’aime, et qui met aussi en scène ces charmants voltigeurs. Pour ne pas alourdir le texte, mais aussi parce qu’hier j’avais déjà emprunté à Lamartine, le voici lu par une inconnue… Je l’ai choisi parce que vous y verrez le texte, mais je préfère de loin la version d’Alain Carré, même si elle est assez classique. Pour un petit moment de musique et de douceur, écoutez sa mise en musique – et en chant – par Caroline Tursun.

Bien sûr, je ne pouvais pas oublier un de mes auteurs favoris, Rûmi… A déguster sans modération…

J’ai en vain recherché de belles séquences de danse autour du papillon. Et j’ai bien trouvé la Valse du Papillon, mais sur un morceau… de Clapton. Néanmoins, à voir, si vous aimez les valses… des interprétations diverses du Papillon d’Offenbach sont accessibles sur la toile, comme celle-ci (mal filmée, mais intéressante) par le Ballet de Santiago. On aime ou on n’aime pas, mais difficile de rester indifférent-e.

Encore un papillon qui se brûle les ailes, mais, cette fois, pour permettre l’amour entre la jeune servante Farfalla et le prince Djalma!

J’avais vu dans un exposition, récemment, un film de la fin du XIXème siècle, présentant cette danse. Une photo qui « fige » la danseuse, Annabel Whitford, en 1897…

De la même époque, une autre danseuse, mais ici, statique, dans sa robe papillon, Loie Fuller.

Loie Fuller, Studio Reutlinger, 1899

Et si vous préférez imaginer en écoutant simplement la musique, pas de problème! Dans un tout autre style, Schmetterlingslieder, Vicious Beatz.

Un petit clin d’oeil à un de mes lecteurs, dont la fille est experte en Pole Dance, avec ce « Butterfly » aérien…

Un autre à mes amis basques…

«  La mariposa (signifiant papillon en espagnol) est une passe de cape inventée par Marcial Lalanda dans les années 1920 dans laquelle le toro de ne passe pas mais suit de la tête la cape que le torero tient dans son dos et la fait passer tantôt à gauche, tantôt à droite en reculant avec le revers de la cape. L’inconvénient de cette passe est d’inciter le toro à donner des coups de tête et le met sur une attitude défensive.La mariposa (signifiant papillon en espagnol) est une passe de cape inventée par Marcial Lalanda dans les années 1920 dans laquelle le toro de ne passe pas mais suit de la tête la cape que le torero tient dans son dos et la fait passer tantôt à gauche, tantôt à droite en reculant avec le revers de la cape. L’inconvénient de cette passe est d’inciter le toro à donner des coups de tête et le met sur une attitude défensive.La mariposa (signifiant papillon en espagnol) est une passe de cape inventée par Marcial Lalanda dans les années 1920 dans laquelle le toro de ne passe pas mais suit de la tête la cape que le torero tient dans son dos et la fait passer tantôt à gauche, tantôt à droite en reculant avec le revers de la cape. L’inconvénient de cette passe est d’inciter le toro à donner des coups de tête et le met sur une attitude défensive. » (source)

Et un moment de rire, avec un groupe autrichien qui a pris le nom de « papillons », « Schmetterlinge », et qui a présenté, en 1977, à l’Eurovision, une chanson satirique sur l’industrie du disque, Boom Boom Boomerang.

Etti Anki

Comme j’avais souhaité cette semaine « Pessah semeah » à quelques ami-e-s, je recherchais un poème en lien avec cette fête, sans être pour autant un texte religieux.

Toros Roslin (1266)

J’en ai trouvé un, émouvant, mais dont la qualité littéraire ne m’a pas semblé extraordinaire. Je ne sais plus par quel détour du surf je suis arrivée à Yehouda Halevy – Judah ben Shmuel Halevi – sur lequel je reviendrai peut-être un jour, car j’ai envie d’en savoir davantage sur ce « rabbin, philosophe, médecin et poète sérafade » du 11ème siècle (décidément, j’en reviens toujours à ce siècle dans mes appétences…). Et il m’a conduite à découvrir une chanteuse dont j’ai beaucoup apprécié la voix, ce qui m’amène à vous guider vers elle en ce samedi saint qui est aussi Shabbat…

Chagall, Pessah (1968)

La rencontre s’est effectuée au travers de ce poème d’Halévi chanté par la jeune femme, dans cette vidéo (pour les impatient-e-s, allez directement à 3’49). J’ai cherché désespérément sa traduction, sans la trouver. Mais j’ai bon espoir qu’un-e lecteur / lectrice nous la transmette un jour…

Un point commun entre l’humaniste « hébraïsant et arabisant » du Moyen Age et l’actrice, chanteuse, poète et compositrice : la rencontre des cultures juives et arabes. Etti Ankri est en effet née à Lod, en 1963, dans une famille qui a vécu en Tunisie, et sa musique présente souvent des résonances séraphades, voire maghrébines.

Un album entier est consacré à Yehuda Halevi, Avdei Zman.

Pour poursuivre, laissez-vous entraîner par Eshebo

J’aime beaucoup sa voix, que vous pourrez apprécier, vous aussi, en choisissant les morceaux que vous souhaitez entendre sur ce site très bien fourni, mais uniquement audio : musicMe.

Le premier album d’Etti Ankri

Musicienne également, elle joue de divers instruments, comme vous pourrez le constater sur les enregistrements suivants : la guitare pour Ahava gdola, une sorte de tambourin, et je crois l’avoir vue jouer de l’oud, mais ne trouve pas de vidéo la montrant avec cet instrument…

En tant qu’actrice, elle a joué dans les films suivants, dont je ne suis pas parvenue à trouver des scènes photographiées…

Léhem (1986)
Resissim (1989)
Etti Anki dans Resissim
Deadline (1987)
Shabattot VeHagim (1999-2000)