D’Urrugne à Ainhoa. 3. L’église de Lizarra

Je vous ai abandonné-e-s voici quelques jours à l’entrée de l’église. Il est donc largement temps d’en découvrir l’intérieur. Qui regorge d’éléments décoratifs en tout genre! Pénétrons donc par le portail roman tardif hyper-décoré bien caché, comme nous l’avons vu, par un portail beaucoup plus sobre…

A droite de l’entrée, un Christ sur un tombeau, figure relativement rare, me semble-t-il…

Découvrons maintenant la nef et le choeur.

Pour que vous compreniez mieux, un plan photographié dans l’église.

Et un commentaire pris sur le site de l’office du tourisme de la ville.

« L’église est dotée de trois nefs qui terminent par trois absides à l’extérieur et deux de plus a l’intérieur. Les voutes des bas-côtés sont à croisée d’ogives (xive siècle) et celles de la nef centrale sont des voutes en étoile de style gothique (xvie siècle). »

Il est vrai que les « plafonds » sont remarquables.

Avançons un peu dans la nef…

Deuxième surprise : deux chaires symétriques.

Cela signifie-t-il que les sermons se prononcent tantôt à droite, tantôt à gauche? Ou n’est-ce qu’un choix architectural? Un troisième étonnement devant la quantité impressionnante d’anges et angelots. Je crois n’en avoir jamais vu autant, même à Nice et en Ligurie!

Les évangélistes sont repérables à leur plume…

… et l’on peut se questionner sur le genre de Saint Jean.

Nombreuses sont les statues, et chacune interpelle, en particulier par l’expression des visages, mais aussi par tel ou tel détail, comme le petit diable tranchant avec l’angelot.

Et, pour en finir avec les « bouche bée », les statues de la Vierge, de la plus sombre aux plus « rayonnantes » (sens propre comme figuré!)…

Avant de quitter les lieux, un regard sur l’orgue, de taille relativement modeste, qui m’a également intéressée par ses tuyaux horizontaux.

En rédigeant cet article, j’ai découvert le sens de « chamade » !

“Tuyaux en chamade”

Expression pour parler de tuyaux à anches placés horizontalement et en dehors de l’orgue, généralement sous la façade, c’est-à-dire près du sommier. Dans ce cas le son de ces tuyaux est projeté directement vers l’auditeur, ce qui produit un effet surprenant et éclatant. Cette manière de faire provient des orgues espagnols du XVIIIe siècle où l’on trouve les Trompettes de Bataille faisant l’écho aux Trompettes réelles installées verticalement dans l’orgue. On a également placé horizontalement des jeux d’anches à pavillon court. (source)

Un dernier détail amusant dans le baptistère : les fonts baptismaux sont surmontés d’un couvercle. Un système à poulie mobile permet de l’ouvrir et le fermer…

Ingénieux et néanmoins élégant, non?

Quittons l’église San Miguel pour le centre du bourg, que je vous présenterai prochainement…

D’Urrugne à Ainhoa : 2. Lizarra et son église (extérieur)

A l’arrivée dans ce bourg, une découverte très pragmatique : ils ont eu l’excellent idée de faire des places de parking couvert, en plein air, sous les espèces de HLM à l’entrée de la ville! Donc stationnement gratuit… et ombragé… Le must, non, par ces températures légèrement élevées? C’est donc à pied que je m’engage dans la visite de ces sites inconnus. Beaucoup de travaux, on se croirait à Paris! Mais aussi quelques maisons délaissées, telles que celle-ci.

Une énorme église domine la cité.

C’est donc la direction que je prends pour monter, à travers les jardins donc certains sont plutôt potagers…

tandis que d’autres relèvent plutôt de l’agrément.

Une jolie grimpette!

Enfin le replat… Bon, à gauche, impasse : la porte est fermée. Tentons la droite.

Une spécificité pour l’édifice enfin atteint : un porche sobre en cache un second nettement plus baroque.

Avant de les franchir pour visiter l’intérieur, faisons le tour du bâtiment.

Et là, belles surprises. Notamment dans tous ces hauts-reliefs de la façade d’une sorte de tour…

Par contre, impossible de contourner l’ensemble : le chemin se termine dans une sorte de guérite.

Revenons donc vers le porche, par un merveilleux chemin au pavage bien usé…

Comme vous le remarquez, le second porche est nettement gothique, alors que jusqu’à présent vous avez surtout vu du roman… Dans le prochain article, nous découvrirons l’intérieur…

Découverte d’Ainhoa

Comme je n’ai pas pu « monter » à la chapelle d’où a été prise cette vue, je l’ai empruntée sur cet article que je vous conseille de lire…

« Ainhoa », c’est « la petite colline », comme le « gain » que l’on trouve dans de nombreux toponymes, comme Bordagain…

« Le nom du village d’Ainhoa apparaît dans les archives au 13ᵉ siècle, aynoa en 1238, sans le -h-, et quelques années après, en 1243, aynhoa et aynho, avec le -h-. Le -h-, non aspiré, et même muet, nous indique la marque d’une ancienne palatalisation de la nasale. En d’autres termes, cela signifie que le nom a jadis dû être prononcé [Aiñoa], avec un -n-mouillé, un -ñ-. La forme Agnoa figure d’ailleurs dans l’enquête linguistique et toponymique dite de Sacaze, réalisée en 1887 dans l’ensemble des départements pyrénéens. Cette forme « mouillée » semble avoir disparu, car aujourd’hui, on dit simplement Ainhoa. » (Source)

Je ne connaissais pas le village d’Ainhoa, et ai souhaité aller le découvrir. Ce que je n’ai pas regretté, loin de là. Tout en me disant qu’il valait mieux le voir « hors saison » que lorsqu’il était envahi par une horde de touristes. Car des touristes, il doit y en avoir parfois, à en juger par la quantité de boutiques et de restaurants sagement alignés le long de la rue principale! Cette même artère bordée de maisons aux façades toutes plus belles et/ou intéressantes les unes que les autres.

Une spécificité, outre les colombages : le nom du ou des propriétaires, à certaines époques, est indiqué par une plaque.

Un incontournable : l’église et le cimetière qui l’entoure, avec une jolie vue sur la vallée.

Bien sûr, de nombreuses stèles discoïdales.

« Composée de deux parties distinctes, la stèle discoïdale superpose un carré (ou trapèze) et un cercle. Symboles universels, ces deux formes disent la fonction du monument : le passage du carré au disque suggère celui du défunt de la terre vers le ciel.

Ces stèles sont l’œuvre d’artisans, tailleurs de pierre, qui maîtrisent la technique du champlevé pour la réalisation du décor. Elle consiste à faire émerger les motifs en évidant la surface de la pierre, créant face au soleil des effets changeants et des jeux d’ombre d’une grande force décorative. » (Source)

Certaines inscriptions rappellent que le Pays Basque n’est pas en France…

Le porche de l’église est surprenant, traversant et orné d’un beau double escalier en colimaçon.

Pénétrons dans l’édifice. Typiquement basque, avec ses tribunes… Mais le plafond est exceptionnel.

« Au XVIIe siècle a été créé le somptueux plafond en pitchpin à six caissons lambrissés. Une merveille de la charpenterie basque, unique en son genre, au moins au Pays basque Nord. » (Source)

En y regardant de plus près, deux surprises. La première, c’est le motif décoratif…

Vous ne rêvez pas! Ce sont bien des piments d’Espelette. Il faut dire que les deux bourgs sont proches…

Carte du 18ème siècle. Source BNF reprise ici

La seconde se trouve dans le tableau. Observez bien. Que regarde le nourrisson?

Pas du tout sa mère! Mais le vaste monde… ou vous?

Une autre Vierge à l’Enfant originale : la statue proche de l’entrée. Difficile à photographier, mais j’ai tenté…

« Statue de Notre Dame de l’Arantza (Aubépine se dit « arantza » ou « elorri » en basque).

Selon la tradition, la Vierge serait apparue à un jeune berger au-dessus d’Ainhoa, près d’une source qui jaillit sous un buisson d’aubépine. Une tradition en tous points semblable à celle qui prévaut pour le sanctuaire d’Aranzazu, au-dessus de l’université d’Oñate en Guipuzcoa, lieu de pèlerinage célèbre depuis le XVe siècle.

Selon la coutume, le lundi de Pentecôte, une procession part de l’église Notre-Dame de l’Assomption au bourg pour se diriger vers la chapelle Notre Dame d’Arantza érigée sur le lieu supposé de l’apparition. » (Source)

C’est la chapelle d’où a été prise la vue initiant cet article… La voici, photographiée par un ami.

Une autre statue a retenu mon attention.


Je n’entrerai pas dans les détails de tout ce qu’offre cette église d’apparence si modeste, mais m’attarderai sur l’un d’entre eux.

Surprise de voir cet animal et ses petits sur l’autel, j’ai voulu m’enquérir à ce sujet. Heureusement, dans un coin de l’église, j’ai trouvé des feuillets plastifiés, fort abîmés hélas, qui m’ont permis de comprendre. Voici l’extrait concernant l’explication…

Si vous passez par là, prenez le temps de placer une pièce pour voir s’éclairer l’édifice, et vous bénéficierez en outre d’un bel accompagnement musical ! A propos de musique, n’oublions pas l’orgue.

Bon, d’accord, on ne le voit pas… Par contre, on admire le décor.

Dommage que la loi entraîne de telles violations de l’esthétique! Suivons donc le panneau et sortons, car il est temps pour moi d’aller faire une visio. Avantage et inconvénient du télétravail! Mais où la faire? Je me dirige vers un café restaurant proche de l’église et explique mon cas, sans trop y croire. Et, à ma plus grande surprise, le patron accepte de me recevoir. Non seulement cela, mais, comme le restaurant n’ouvre pas ce jour-là, il me laisse la salle entière pour que je puisse procéder tranquillement à la visioconférence, afin d’éviter d’être dérangée comme ce pourrait être le cas dans la partie « salon de thé ».

Je profite donc de cet article pour le remercier, ainsi que son aimable personnel et le barman qui m’a préparé un délicieux Moscow Mule… Ah! j’allais oublier de donner le nom de ce bel établissement où je me suis promis de retourner pour un repas dans cette ambiance si sereine. C’est la Maison Oppoca.

Le temps a été trop court pour découvrir tous les trésors de ce bourg, il va donc falloir que j’y retourne lors d’un prochain séjour… ou que je lise cet ouvrage qui lui est consacré?

Violoncelle suédois

En une semaine, j’ai eu la chance d’assister à deux concerts avec l’instrument que je préfère : le « cello », le violoncelle. Le premier, dont je ne vous ai toujours pas parlé car, comme vous l’avez remarqué, voici bien longtemps que je n’ai pas rédigé d’article (tout au moins, en entier, car le nombre de « brouillons » devient important hélas), était de mon artiste préférée, Sol Gabetta. Cette fois, ce sont deux jeunes Suédoises que je suis venue écouter ce dimanche 22 février, tout en découvrant qu’il existait à Paris une église suédoise… Eglise? J’avoue que j’ai été un peu perdue, car j’ignorais qu’il existait des églises protestantes… pour moi, c’était forcément des temples…

Je me suis donc renseignée, notamment dans cet article très clair. Si j’ai bien compris, les Luthériens utilisent le terme « église », alors que les Calvinistes lui préfèrent le terme « temple ». Sachant que, d’une manière générale, toute église est en quelque sorte un temple… Or, en Suède, plus de la moitié des habitant-e-s seraient luthériens, selon France Diplomatie.

« Religion(s) : Église de Suède (évangéliques luthériens – 55,6 %) ; sans religion (32%) ; musulmans (8,9%) ; chrétiens orthodoxes ; catholiques. »

Et elle serait bien discrète, cette église, dans cette petite rue du 17ème arrondissement, la rue Médéric, si le drapeau ne la faisait pas remarquer.

J’ai été saisie par le contraste entre une forme de rigueur et de sobriété, d’une part, et des détails accueillants et chaleureux, d’autre part. Il faut préciser que j’ai eu besoin de me rendre dans un endroit intime, et un homme m’a laissée, pour ce faire, pénétrer dans la partie à gauche de la cour, dans laquelle j’ai été surprise par un énorme puits. Suivez-moi…

Les langues utilisées dans les « toalett » m’ont également surprise.

L’anglais, à gauche, est remplacé par l’arabe, à droite…

Mais l’heure du concert approche, entrons donc dans l’église.

Pas de crucifix, mais un Christ « rédempteur » (?) (moins grand que celui de Rio!). A vrai dire, je ne suis pas certaine du terme, car, ici, les mains sont tournées vers le sol. Si parmi vous il se trouve des experts en statuaire religieuse, merci de m’aider à qualifier cette statue. Quoi qu’il en soit, moins dramatique que les Christ en croix de nos églises…

Mais pourquoi une église suédoise à Paris? Celui qui m’avait ouvert la porte des autres locaux, et que je pense être le pasteur, a précisé qu’ils allaient, cette année, fêter les 400 ans de l’église. Ce que je n’ai pas compris, car elle a été construite entre 1911 et 1913. J’ai beau être nulle en mathématiques, cela ne fait pas 400 ans… L’article de Wikipédia est bien documenté, vous pourrez le lire avec intérêt. On y apprend qu’effectivement un pasteur, Jonas Ambraeus, a célébré le culte suédois à Paris pour la première fois en octobre 1626

et que le savant Hugo Grotius, devenu ambassadeur à Paris, a installé une chapelle dans le salon de l’ambassade, 7 quai Malaquais…

Pourquoi dans l’ambassade, me direz-vous? Tout simplement pour profiter de l’extraterritorialité. Replacez-vous dans l’époque. Le culte protestant était interdit par l’Edit de Nantes (1598). Les Suédois y avaient donc droit, dans l’enceinte de Paris, mais pas les citoyens français (si vous vous souvenez des « dragonnades » en 1678) qui, eux, devaient sortir de la ville et se rendre au temple de Charenton. Mais tout au long de l’Ancien Régime, des Français furent baptisés dans la chapelle suédoise, qui a changé d’emplacement deux fois : Hôtel de Cavoye, puis 52 rue des Saints-Pères.

Pour en revenir à l’édifice actuel, il a vécu une histoire récente agitée, car il a failli… être vendu!

« L’Église de Suède, de confession protestante, est présente en France depuis 1626. Elle est aujourd’hui hébergée dans le XVIIe arrondissement de Paris, dans un bâtiment de brique rouge construit entre 1911 et 1913 qui offre aux fidèles un lieu où se retrouver au cœur de la capitale. Le clergé suédois envisage cependant, pour des raisons économiques, de vendre les locaux parisiens. 

Cette menace qui pèse sur l’église suédoise à Paris a provoqué débats et contestations. Un groupe Facebook a été créé afin de s’opposer à la vente, et une pétition a été lancée pour sauver le bâtiment. De nombreuses personnes rappellent l’importance de représenter l’Église de Suède en France, mais aussi le rôle que joue le bâtiment dans la vie locale des fidèles, et le patrimoine culturel qu’il constitue. Dans une tribune pour Dagens Nyheter (article), l’autrice Helena Lindblad se remémore des moments de partage et d’émotion, des rencontres, des découvertes. Elle estime que cette vente serait « une erreur historique ». »

C’est l’alliance de la municipalité, des fidèles, mais aussi des riverains, qui a permis de sauver l’ensemble d’un projet immobilier.

« Estimé à plus de 6 millions d’euros, cet ensemble de 13 000 m2 comprend non seulement l’église mais également une école primaire, une grande salle paroissiale, des bureaux et un logement de fonction bâtis sur une parcelle de 700 m2.

Ce bien avait été récupéré par la congrégation au moment de la séparation entre l’Église et l’État, acté en 2000 en Suède, alors qu’elle l’avait cédé 50 ans plus tôt à l’État suédois pour une couronne symbolique. »

Le pasteur a invité tout le public aux festivités qui se dérouleront cette année… A voir?

Mais revenons-en au concert…

Ce fut un enchantement. Les deux jeunes artistes sont talentueuses, et m’ont fait vibrer tout au long du spectacle. Il faut dire que j’adore Sibelius… Voici un autre enregistrement de Malinconia, si vous souhaitez découvrir l’oeuvre. Mais l’arrangement de Franck était aussi émouvant. En voici aussi une autre version. Les artistes ont offert trois autres morceaux, deux classiques, d’abord, et, pour finir différemment, Barbara, « Dis-moi, quand reviendras-tu? »

Deux jeunes musiciennes aussi passionnantes que passionnées… J’ai trouvé le site de l’une, Alice Power, mais pour l’autre, le site est presque vide, et je vous propose seulement un article en suédois… Si vous avez l’occasion de les écouter, ne vous en privez pas! Un moment de bonheur musical partagé…

Découverte du Cap Ferret. 1. La Lège

Jusqu’à maintenant, à une exception près, les fêtes de Noël se déroulaient dans un des domiciles familiaux. Cette année, nouveauté donc que l’organisation du Réveillon à l’extérieur… Plus précisément, au Domaine du Cap Ferret. Au programme : découverte des environs, piscine/sauna/hammam, et soirée familiale dans un des lodges, au coeur de la forêt de pins.

Un premier arrêt : Lège

Un village dont le centre est interdit aux véhicules, en cette période de fêtes. Voilà de quoi m’intriguer. Arrêt donc au centre de Lège, sur le parking proche de l’église Saint Pierre. Je précise, car il n’y a pas moins de trois églises à Lège! Et celle-ci a failli s’appeler Saint Blaise car, en 1770, un effroyable ouragan détruisit les récoltes et noya le bétail. Les habitants adressèrent alors une pétition à l’archevêque.

« Fau pas se mouca de lous Lege, lou Sen Pé ne bau ré de ré, nou en boulem mey, hique lou dehore” (faut pas se moquer de nous, les Légeots, saint Pierre ne vaut rien, » flanquons-le dehors). »

L’église actuelle ne date que du début du 20ème, car la précédente, trop petite, a été détruite en 1925 pour être remplacée, trois ans plus tard, par l’actuelle. L’intérieur en est surprenant. Dès la porte d’entrée, une forme de militantisme.

L’originalité est omniprésente, avec des choix très affirmés (Jeanne d’Arc, Curé d’Ars, Sainte Thérèse…), alliés à une option de « modernité ». Partout, des détails originaux…

Néanmoins, on retrouve quelques éléments de l’ancienne église…

A la sortie resurgit le monde païen, avec un mini-village de Noël.

De Mers-les-Bains à Nice (4). Retour à Gien

Voici peu, je vous ai parlé de Gien, où avait lieu la sortie annuelle de l’association Vanvino… Une semaine après, me voici de retour dans cette ville, pour une pause déjeuner en ce jeudi de l’Ascension, après les haltes de l’abbaye de Fleury et de Sully, objets de précédents articles.

Premier objectif : le château, que je n’avais pu voir lors de la sortie collective la semaine précédente.

Hélas, il est fermé, et je ne peux que le photographier à travers la grille.

Ainsi qu’une statue qui devrait vous aiguiller sur ce qu’il est devenu…

Eh oui! Un Musée de la Chasse, comme le présente son site officiel. L’édifice construit par Anne de Beaujeu (encore elle!) est devenu un musée. Si son histoire vous intéresse, vous la suivrez sur cette vidéo. Elle n’y habitera pas, car son époux et elle partent à Moulins avant la fin de la construction. On dit qu’il a le style « Première Renaissance française » : briques rouges et noires mêlées à la pierre de taille. Au XIXème siècle, il devient siège administratif:

« En 1823, le vicomte de Riccé, préfet du Loiret, rachète le château de Gien à la famille Feydeau de Brou pour le compte du département du Loiret. Le monument est ensuite réaménagé pour accueillir la sous-préfecture (aile Est), un tribunal (Etage) et une prison (Rez-de-chaussée et caves).
La sous-préfecture et la prison resteront en place jusqu’en 1926 tandis que le tribunal ne déménagera qu’en 1962.
« 

Et il survivra aux bombardements des Allemands les 15 et 16 juin 1940, qui détruiront une grande partie de la ville.

Cette année, il abrite des hôtes étonnants…

Une affiche péda (ou andra?) gogique explique ce qui s’est produit, concernant le pont.

Décidément, pas de chances pour les visites ce jour : à l’église, d’abord une fin de messe, puis un baptême… Je ne puis la voir que de l’extérieur. Mais pas trop chagrinée de ce contretemps, car elle est résolument « moderne ». Il reste à admirer le paysage vu de la colline sur laquelle se situent château et église.

Pas de visite, mais finalement sans regret : c’est l’heure du pique-nique! En zoomant, vous pouvez voir cohabiter Hauts-de-France et Loire!

Une vraie chance : une guinguette en bord de Loire est fermée, et nous profitons honteusement de ses installations avec une jolie vue sur le fleuve…

Mais il faut repartir, il reste bien des kilomètres jusqu’à la destination, Nice!

Pour revoir l’ensemble du trajet, une carte avec son tracé…

Une fête de la mer en catimini

Tous les ans, le 15 août, le port de Nice vibre aux couleurs non plus noire et rouge, mais blanche et bleue. Les pointus sont décorés, fleuris, embellis. Les marins se vêtent de blanc, avec une petite touche de bleu. La circulation est suspendue, et la foule assiste à la procession de la Vierge qui sort de l’Eglise de l’Immaculée Conception, face au port, traverse les quais et est embarquée sur un pointu, avec le prêtre qui va bénir les frêles embarcations et leurs propriétaires. Normalement, des pêcheurs. Mais depuis quelques décennies ils se font de plus en plus rares, comme je le disais dans un article où je présentais cette cérémonie. Ensuite, une messe est célébrée sur les quais, en grande pompe, par l’évêque et toutes ses troupes, en présence des élu-e-s, des habitant-e-s et de nombreux touristes, en milieu d’après-midi. C’est une des grandes traditions de la ville, que respectent tous ses habitants, quelles que soient leurs religions ou leur athéisme.

Cette année, pas moyen de trouver trace d’une annonce de ces festivités sur les sites, ni même dans les journaux. Et difficile de voir, sur le site consacré aux horaires des messes, s’il y en aurait une ce jour-là, vers le port. J’ai quand même réussi à en trouver une, annoncée à 18h30 dans l’église dont je parlais plus haut. Curieuse, je m’y rends. Eglise parée de bleu et blanc, mais vide, si l’on excepte quelques grenouilles…

Une Vierge au-dessus de l’autel, une autre sur le côté…

… et le troisième de l’autre côté…

Les cierges rouges ont été complétés par des bleus et blancs, ce qui donne un air républicain à la statue… mais n’est-ce réellement qu’une impression???

Aucune n’est donc de sortie en ce jour de l’Assomption. Pas de fête donc? En fouinant, je découvre une petite affiche sur la porte.

Des personnes errent, en quête de la messe. Je leur montre l’affiche… Il ne leur reste qu’à tenter d’aller voir sur ce quai, situé de l’autre côté que celui où se déroule habituellement les festivités. Aucune procession en vue. Toujours mue par la curiosité, je fais de même. Tiens, tiens, petite agitation du côté des pointus. Et des gerbes de fleurs?

Visiblement, on les prépare!

Je continue à avancer, et aperçois, au loin, d’autres embarcations parées qui défilent dans l’indifférence générale.

Pas de bateau avec prêtre, mais, au loin, j’entends des chants. Je m’approche. Chants nissarts…

Dans un rectangle ceint de barrières, entourés du bleu non de la Vierge mais des uniformes de police, municipale et nationale, et de gendarmerie, plus des soldats armés, quelques personnes sont là pour assister à la messe prévue. On les a fouillées à l’entrée! Et il y a bien un orchestre typique. La Cimarde? Je ne sais, je suis trop loin pour le voir. Je repars donc, et trouve cette fois des équipages qui déchargent les gerbes de leur pointu. Il s’est donc bien passé quelque chose. Une bénédiction en cachette?Quelques Niçois ont compris, et viennent récupérer les fleurs. Des touristes de passage par là demandent s’ils peuvent aussi en avoir. On leur en donne. Et c’est ainsi que j’ai pu offrir à ma voisine, le lendemain, ce joli bouquet…

Quand l’Arc-en-Ciel illumine le Nord…

Je ne sais plus si je vous ai déjà parlé d’un orchestre extra-ordinaire (dans tous les sens du terme), que j’ai découvert l’an dernier, lorsqu’il joua Brahms à l’Eglise Saint Marcel, à Paris? RSO, c’est son nom. R pour Rainbow, S pour Symphony, et O… vous devinez ! Oui, « Orchestra ». Voici comment il se présente sur son site officiel :

 » Le Rainbow Symphony Orchestra (RSO) est un orchestre symphonique associatif LGBTQI+, ouvert à toutes les personnes qui portent ses valeurs. Ses projets s’inscrivent dans un esprit humaniste attaché à la tolérance et au respect des droits et des libertés de chacun·e. Créé en 1996, il est composé de musicien·ne·s réuni·e·s par l’amour de la musique classique sous la baguette de John Dawkins autour de projets ambitieux, originaux et de qualité. »

Une moyenne d’âge très basse… je dirais au maximum 35 ans. Peut-être moins. Des « jeunes », pour la plupart, au sourire partagé, à l’enthousiasme communicant, au dynamisme incroyable. Qui ont en commun l’amour de la musique et le rejet du rejet. Quel rejet? Celui dont elles et ils ont été victimes, pour avoir revendiqué leur identité.

Le jeune co-président (ci-dessus avec sa co-) de l’association expliquait au début du concert que c’était la deuxième année, en vingt d’existence, qu’ils et elles pouvaient jouer dans une église, et qu’un nouveau refus venaient de leur parvenir de la part d’une autre à laquelle ils et elles avaient pensé pour leurs prochains spectacles, les 22 et 23 juin! Et de remercier l’équipe de Notre Dame du Liban (soit dit en passant, qui s’est un peu mais discrètement énervée de la longueur des applaudissements, et a refusé le second « bis » le dimanche soir).

Voici la fin de la répétition du samedi, surprise par l’arrivée des spectateurs/trices…

Mais je ne suis pas là pour vous parler « genre », mais plutôt « musique ». Car ce sont des musicien-ne-s remarquables, et leur union est évidente, malgré leur grand nombre, et la diversité des horizons dont elles et ils proviennent. Et cela se ressent dans leur jeu, qui vous emporte comme une vague, tantôt douce, « léchante », tantôt forte et violente. Ce qui convient tout à fait aux morceaux qui étaient au programme ce week-end. Et moi qui aime la musique de beaucoup de compositeurs nordiques, j’ai été gâtée. Je devrais ajouter le féminin, mais je n’en connaissais pas jusqu’à maintenant, et j’ai découvert une compositrice, Dina Appeldoorn. En recherchant sur le net ce matin, j’ai réalisé qu’elle n’était pas si « du Nord » que cela, car elle est des Pays-Bas! Et qu’elle ne s’appelait pas comme cela : son nom complet est Christina Adriana Arendina (Dina) Koudijs-Appeldoorn (1884-1938).

Le morceau de sa composition qui fut interprété nous transporta dans une campagne peuplée d’animaux, vivante… Son nom? Aucune surprise : La Pastorale, qui met en valeur les vents. En voici une interprétation, assez différente de celle que j’ai ouïe, mais qui vous fera comprendre ce que je viens d’écrire.

Mais revenons au « la » du début. En photo, le samedi. En vidéo, le dimanche. Les deux aussi mauvaises l’une que l’autre, mais authentiques…

Pour ma part, j’ai particulièrement apprécié deux airs : l’un d’un compositeur que je ne connaissais pas, Niels Gade, un Danois du 19ème (1817-1890); l’autre est Sibelius, un Finlandais que presque deux générations séparent du précédent (1865-1957). La Symphonie n°7 en Ut Majeur du second m’a considérablement émue, enveloppée, enlevée, transportée… Malheureusement, l’orchestre est très peu présent sur le net, et je ne peux que vous conseiller la version Bernstein, en ligne ici.

Mais j’ai aussi beaucoup apprécié les Echos d’Ossian de celui que France Musique a surnommé « Le Grand-Père de la Musique danoise ». A 23 ans, il était loin d’être « grand-père » lorsqu’il composa cette Ouverture! J’ai trouvé un article qui vante cette oeuvre, alors interprétée par l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie à la Cité de la Musique (hélas version non en ligne, en voici une autre).

« Il faut dire qu’Échos d’Ossian avait pour plaire deux qualités majeures prisées au XIXe siècle. Tout d’abord, le XIXe est le siècle de foisonnement des couleurs et écoles nationales, notamment nordiques : la Norvège d’Edvard Grieg, la Finlande de Jean Sibelius, le Danemark de Carl August Nielsen. Ensuite, Ossian est une figure mythique de la poésie : les textes de ce « barde écossais du IIIe siècle » ont bouleversé l’Europe au XVIIIe et si leur véracité est discutable (ils ont été passablement adaptés par James Macpherson en 1760), leur influence est capitale, provoquant un mouvement valorisant les identités dans le courant romantique et une « celtomanie » (inspirant beaucoup Wagner pour sa Tétralogie). » (source)

Dès les premières mesures, me voici embarquée dans un univers que j’aime, celui des contes et légendes celtiques, celui d’un pays aussi vrai qu’imaginaire, la « Bretagne » de nos romans de la Table Ronde…

Et cela m’amène tout naturellement (enfin, presque!) à évoquer un troisième point d’intérêt de ce programme : la (re, parfois) découverte de la culture des pays scandinaves. Ainsi, celle des Iles Feroe. Pour aller plus loin sur la musique de ces îles, vous pouvez vous promener ici, , ou encore, pour mieux connaître les îles et si vous ne comprenez que le français, .

J’ai été saisie de retrouver un air que je connais bien, mais dont j’ignorais totalement la provenance. Désormais, je pourrai identifier le début de la Midsommarvaka. Les recherches effectuées ce jour m’ont emmenée à travers différents pays : la Pologne, car Hugo Aleven (1892-1960), pour sa Rhapsodie n°1, se serait inspiré de la Jössehäradspolska de Vârmland. J’ai essayé de trouver une autre source, une chanson nommée Trindskallevisan, en vain. Si vous le pouvez, aidez-moi par un commentaire! Par contre, j’ai trouvé une interprétation « authentique » d’une autre chanson traditionnelle finlandaise que l’on retrouve dans la rhapsodie, Vindarna sucka uti skorgana, sur une vidéo personnelle en ligne. Et une autre, étrangement arrangée, ici. Une troisième, très langoureuse, avec piano, ici. Enfin, une version « trombone », .

Ma caméra s’étant déclenchée à mon insu, alors que je pensais « dérober » une photo, je ne résiste pas à l’envie de vous faire écouter ce petit « morceau capté », au risque de passer pour une « voleuse », mais surtout pour une « catastrophe vidéastique »…

Une petite anecdote : le soir du samedi, le trompettiste s’est… trompé! Alors que le chef d’orchestre expliquait ce que jouaient, dans un morceau, tel ou tel instrument, il a utilisé la « mauvaise » trompette. Les néophytes comme moi n’y ont vu que du feu, mais l’orchestre a été surpris, puis a éclaté de rire avec son chef. Je n’aurais pas mentionné cela si, le lendemain, le chef n’avait lui-même raconté l’anecdote au moment où il répétait cette présentation…

Pour revenir au concert, sachez qu’il m’a tellement plu, que je suis retournée y assister le lendemain, et j’ai eu tout autant de plaisir, y compris à écouter le surprenant chef d’orchestre explique avec beaucoup d’enthousiasme, d’humour et de pédagogie certains des morceaux, avec une « décomposition » permettant d’identifier quels instruments jouaient quoi… Rare, non? Bref, du bonheur partagé avec les artistes et le public présents dans l’Eglise Notre Dame du Liban.

Gréolières

Rassurez-vous, ce sera la fin du périple de ce dimanche, qui vous a conduits de la vallée du Var au versant adret, puis à travers cols et clues vers Gréolières, où nous arrivons au couchant. Sans, souvenez-vous, la moindre châtaigne ni le moindre champignon! Et sans la moindre randonnée. Car on ne peut compter comme telles les marches dans les différents villages et bourgs, n’est-ce pas?

En descendant vers notre destination, je ne sais vers où me tourner, et décide de stationner entre les deux points qui ont attiré mon attention.

A gauche, vers le haut, des ruines et une église encore bien visible.

A droite, vers le bas, un village entier, bien conservé, et une autre église – excusez la mauvaise qualité des photos, mais, comme vous le voyez, le soleil a déjà disparu!

Mes fidèles lecteurs et lectrices me connaissent : je n’ai pu m’empêcher d’aller fouiller le net en quête de l’histoire du village, car je ne comprenais pas pourquoi une telle distance (sans compter la différence de niveaux) séparait les deux sites.

Les historiens s’accordent à reconnaître une importance à l’époque romaine, car elle était située sur la voie Vence-Castellane. Certains datent son existence de plus loin dans le temps.

« La commune de Gréolières formait probablement un territoire pré-romain dont le centre devait être constitué par un oppidum placé sur le sommet du Bau de Saint-Jean. La romanisation de cette région a été relativement poussée. D’une part, ce territoire est traversé par une voie romaine aujourd’hui bien étudiée. D’autre part, les traces d’une occupation antique, se poursuivant éventuellement durant le haut Moyen Age, sont relativement nombreuses. Mentionnons pour exemple le site des Champs Gelés. » (source)

Mais alors, pourquoi deux sites? Sans oublier le troisième, sur le Bau de Saint-Jean… Question de terres, semble-t-il.

« Vers 1230 ou peu après, suite à la construction d’un nouveau château sur le territoire de Gréolières (cf. le château de Hautes Gréolières), sans abandon de l’ancien, le fief est partagé. Un autre castrum est créé, mentionné pour la première fois vers 1232 sous la forme de « l’autre castrum de Gréolières  » et en 1232 sous la forme de « Gréolières supérieures ». Celui-ci se développe et en 1315 il est affouagé pour 86 feux de queste, soit beaucoup plus que ceux des Ferres (36) et de Bouyon (56), presque à l’égal de celui de Coursegoules (97) ; celui de Basses Gréolières est affouagé pour 102 feux. Mais, ne disposant que des terres les plus pauvres, situées dans la montagne du Cheiron, Hautes Gréolières résiste mal aux crises du XIVe siècle. Le village est encore affouagé en 1400 et en 1442 ; en 1471 on y compte 15 familles. En 1787, il ne s’y trouve plus que quelques habitants (ibidem). Le cadastre de 1841 mentionne encore 15 maisons, 4 masures, une bergerie et son « courtil », un four et une chapelle : Hautes Gréolières n’est plus qu’un écart. Les 19 bâtiments (maisons et masures) correspondent aux ruines du secteur. »

Mais aussi question de rivalité entre deux branches d’une même famille.

« En fait, de 1322 à 1518, les deux fiefs de Basses et Hautes Gréolières sont détenus par deux branches cousines de la famille de Villeneuve. En 1518, Pierre de Villeneuve, par ailleurs seigneur de Vence, prête hommage une dernière fois pour Hautes Gréolières le 15 janvier. Après quoi il teste, le 8 avril, en faveur de son cousin Antoine, seigneur de Basses Gréolières . C’est probablement cette réunion des deux parties du vieux territoire qui porte le coup de grâce à l’agglomération de Hautes Gréolières, d’autant plus qu’elle a lieu au moment où Basses Gréolières connaît un nouvel essor. On peut donc se demander si la réunion des deux fiefs en une seule main, en 1518, n’était pas partiellement destinée à en favoriser la renaissance. Toutefois la réunion effective n’a pas lieu tout de suite et on distingue Basses et Hautes Gréolières jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. »

En fin de compte, le village supérieur n’a disparu que depuis peu… A présent, s’il y a bien toujours deux sites habités, ce sont Gréolières, que vous voyez ici, et Gréolières-les-Neiges, la station de ski qui fête cette année ses soixante ans, car elle a été fondée en 1963.

Quittant le chemin dans lequel s’éclate, au son d’un reggae retentissant, un jeune homme qui y vit dans un superbe camion aménagé, je descends pour enfin aller boire un verre, car j’ai aperçu d’en haut les lumières d’un café qui semblait donc bien ouvert, lui, contrairement aux précédents. Ma soif ne s’était pas éteinte au fur et à mesure du coucher du soleil!

Et je n’ai pas été déçue.

Le Relais… Un de ces lieux comme je les aime. Accueil plein d’humour de l’aubergiste… Au point que nous décidons que la Saint Philippe (c’est son prénom, comme je l’apprends tout de suite) pourrait se fêter non plus le 3 mai, mais le 22 octobre… Quand mon amie demande une citronnade au lieu de la bière pression, il éclate… entre rire et colère simulée : comme il s’apprêtait à fermer, il a nettoyé le presse-agrumes. Elle propose de changer de boisson, mais il refuse et lui prépare un délicieux citron pressé.

En pression, de la Pietra. Rare, en montagne, n’est-ce pas? Je lui demande s’il a des liens avec la Corse. Et j’apprends que, comme c’est son pays, il y part en vacances… le lendemain! En réalité, il ferme pour des congés bien mérités après un été chargé. Nous nous installons en terrasse, Pietra et citron pressé en mains, quand je lève la tête. Et là, que vois-je avec stupeur?

Orval? Ici? En pays grassois, à presque 1000 mètres d’altitude? Alors qu’on a déjà tant de mal à en trouver dans les Hauts-de-France? Voilà qui me conduit à questionner « Philippe ». Et j’apprends qu’il est effectivement ravitaillé par un de ses amis belges, qui lui descend deux caisses chaque fois qu’il vient le voir. Comme l’Orval est peu connue dans le coin, et que les vrais connaisseurs de bière ne sont pas légion, cela lui suffit.

« Dans le long passé d’Orval, il y a probablement toujours eu une brasserie à l’abbaye. En attestent les anciens relevés de plans, une description précise de fabrication laissée par un visiteur franciscain, il y a trois cents ans et un lieu dit « houblonnière » tout proche du monastère. Brasser était, en effet, l’usage dans ces contrées peu propices à la culture de la vigne. La bière était d’abord et avant tout considérée pour ses vertus nourrissantes. On l’appelait le « pain liquide ». (source : le site de l’abbaye)

Si vous souhaitez en savoir davantage sur l’une de mes bières préférées, allez visiter le site des moines, il est remarquablement bien fourni.

Nous échangeons longuement à propos des bières, en particulier des trappistes, et je lui parle de la Saint Sixtus (alias Westvloeteren) qui fait l’objet de nos conversations mersoises et d’équipées régulières vers la Belgique…

Là encore, allez voir le site de l’abbaye... qui ouvre sur cette déclaration :

« Nous ne vivons pas pour brasser. Nous brassons pour vivre.

LES MOINES DE L’ABBAYE DE SAINT-SIXTE »

Il accepte de lancer le défi à son ami. J’espère savoir un jour s’il a réussi à en servir à Gréolières ! En attendant, nous lui souhaitons de bonnes vacances corses et repartons vers la Villa niçoise et les Bières du Comté et Socca Bières…

Collongues

Rappel du précédent épisode : suite aux dégâts causés par Aline, le projet de la Fête des Châtaignes à Valdeblore a dû être abandonné. Un couple rencontré à l’Auberge des Acacias, à Puget-Théniers, a indiqué qu’il y avait peut-être des champignons dans les bois près de Collongues. Nous franchissons donc le col de Saint Raphaël, puis nous dirigeons vers ce village.

Après La Penne, nous atteignons Collongues, petit village un peu perché, et le visitons dans un calme seulement troublé par la présence de trois enfants qui créent une oeuvre d’art, allongés dans la rue.

A l’arrivée, un accueil très souriant d’un couple inattendu.

Ils ornent la place de la Mairie. Une mairie bien « habitée », et dont le hall ouvert offre la possibilité de choisir des livres à foison.

Le vin du Var et le genepi sont-ils à l’origine de la question posée par mon amie : que signifie « ROF »?

Face à l’édifice, une jolie terrasse fleurie.

La vue sur la campagne environnante est plaisante, et nous nous dirigeons vers l’église, située non loin de là. Etonnement, en arrivant devant ce bel édifice, de constater le contraste entre les couleurs vives des pots et rambardes!

Je n’ai, pour ma part, jamais vu de pots roses autour d’un monument aux morts! L’alliance du « moderne » et de l’histoire est visiblement une volonté forte des édiles (et des 74 habitant-e-s?).

Une partie du cimetière, d’ailleurs, ressemble à une sorte de « HLM troglodytiques », avec des tombes à différents étages.

Par contre, subsistent les traditionnelles chapelles familiales.

Celle qui a été photographiée porte un long texte sur son flanc gauche.

Il semble que tous les maires naissent dans cette famille Castel, car l’actuel maire, Raoul, a succédé à Roger. Et Paul, l’auteur de ce texte, est également un Castel, né, lui voici 100 ans.

L’église est fermée, impossible de la visiter, et nous ne trouvons pas trace de l’ancien château. Mais qu’à cela ne tienne, nous profitons de la sérénité ambiante.

Et nous questionnons sur l’omniprésence de paons.

Le net nous apprend que, la ville n’ayant pas soumis d’armoiries jadis, on lui a attribué en 1696 cet animal.

« D’or au paon passant d’azur sur une terrasse de sinople« 

C’est sans doute ce qui explique l’horreur rencontrée lors de l’arrivée par la route…

En réalité, une oeuvre d’art d’un sculpteur brésilien installé à Nice, comme me l’apprend un article de Nice Matin, qui montre la photo de son inauguration avec le maire actuel, Raoul Castel.

Le maire félicite l’artiste

« C’est une œuvre commandée par la municipalité, réalisée par un talentueux sculpteur plasticien brésilien installé sur Nice, Arch Regees. Réalisé en inox et fibre de verre, ce paon aux couleurs vives, est la première œuvre publique installée en France par l’artiste : « Collongues devient une petite partie de chez moi, a une place dans mon cœur. » L’artiste voulait un paon tout blanc : « Je ne voulais rien ajouter à sa forme, mais quand on m’a dit qu’il neigeait ici en hiver, j’ai changé d’avis. J’ai présenté trois modèles aux élus, c’est mon préféré qui a été choisi ».

L’heure continue à filer, le couchant n’est plus très loin… mais l’espoir d’une randonnée « champignons » s’amenuise… Où aller les chercher, sans conseils d’autochtone, dans les forêts environnantes?

Waze indique qu’il nous faudra presque deux heures pour rentrer à Nice… Il faut donc reprendre la route. Direction : Briançonnet.
A suivre donc…