De chapelle en dolmen… découvertes plus ou moins ratées…

Je voudrais revenir sur l’article d’hier, pour signaler une erreur. En me promenant le lendemain matin dans le centre d’Erquy, j’ai visité l’office du tourisme, où l’on m’a remis un plan de la ville et des environs.

Ce que je désignais dans mon précédent article comme une église est en réalité la Chapelle des Marins. Rien d’étonnant donc à ce qu’elle domine ainsi la ville et le port. Elle ne défie pas le phare (ou vice-versa), selon l’image que j’en avais, mais au contraire lui répond, en protection bienvieillante des héros de la Mer.

Impossible de pénétrer à l’intérieur… J’aurais aimé voir si elle est aussi belle dans sa simplicité que celle de Sainte Marine… Apparemment, elle abrite aussi des pièces évoquant les risques vécus par les marins du coin qui, peu avant sa construction (1867), remplacèrent la pêche en Terre-Neuve par celle d’Islande. Beaucoup de ces jeunes marins qui partaient au printemps ne revenaient pas à la fin de l’été. C’est à Paimpol que Loti a situé son roman, mais on pourrait imaginer les mêmes scènes à Erquy… Pour en connaître davantage sur la chapelle actuelle, qui en a remplacé une autre, détruite au moment de la Révolution, dédiée aux sept saints de Bretagne.

Quant à l’église elle-même, bien sûr, je ne l’ai pas oubliée et voulais la visiter. Hélas un corbillard arrêté devant indiquait clairement que ce n’était pas le bon moment… ce que confirma un charmant jeune croque-mort qui attendait là.

Mais après ce détour précisant l’erreur commise la veille, revenons au petit matin. Les chambres de ce petit hôtel ont été bien pensées, car leur baie vitrée offre une vue incomparable de 180 degrés sur la baie…

A gauche
… comme à droite

Aussi belle vue de la salle de restaurant, où le petit-déjeuner est aussi copieux que délicieux.

Après une petite sieste post-prandiale, départ pour une visite du bourg. Le petit centre ville est très animé, mais peu caractéristique de l’architecture bretonne, à quelques exceptions près…

Je cherchais en vain la halle annoncée… elle est réduite à une espèce de mini hangar, qui doit abriter le marché hors temps de fête. Décevant, donc, globalement, ce centre, mais orné d’étonnants décors….

Quand balais et pelles rivalisent avec le Street Art…
Les feuillages auraient pu s’aligner aux troncs et branches!
Vous avez dit « coquilles »?

Chose promise, chose due… je me dirige vers l’église. Séduite par une petite place située sur son flanc nord, je regrette que la terrasse soit fermée. Il doit faire bon s’y attarder au soleil!

Elle a succédé à un café peint par un natif de la ville, Léon Hamonet.

Si vous voulez en savoir plus sur ce peintre, né en 1877 à Erquy, je vous conseille le site qui lui est dédié. Son petit-fils a écrit une biographie émouvante, accessible en ligne.

Une ruelle m’attire. Elle permet de contourner l’église, et je m’y engage donc.

Une date qui me questionne…

Au passage, une date m’intrigue. J’avais l’impression que l’église était plus ancienne… Je continue à être surprise par les formes surprenantes des différentes parties de l’église, qui forment un ensemble assez hétérogène…

Comme dit plus haut, je n’ai pu visiter l’église. Ce n’est donc que plus tard que j’ai mieux compris cette impression. L’édifice a en effet été remanié à de multiples reprises.

Je regrette d’autant plus de n’avoir pu voir l’intérieur qu’il abrite un remarquable bénitier à cariatides du XIIème siècle.

Laissant l’église derrière moi, je repars vers le centre ville, délaissant des ruelles pourtant bien tentantes… décidément, il me faudra revenir!


Un dolmen est annoncé par le dépliant. Direction donc la campagne proche. Mais tours et détours n’y ont rien fait… Il n’est signalé nulle part dans le coin où je le recherchais, et je dus donc me résoudre à abandonner mon projet. Voici donc tout ce que j’ai pu en voir… une des photos du site de la ville

dolmen-de-la-ville-hamon-02
Dolmen avec cairn, dit de La Ville Hamon

Une petite devinette : de quel type de pierres est-il fait? (facile!)… c’est pour en savoir plus à ce sujet que ma destination suivante fut le Cap d’Erquy. Mais ce sera un autre article…

En passant par la Picardie…

Voilà longtemps que je me promettais de m’arrêter à Corbie. Mais comme souvent, lorsqu’un lieu est situé sur un itinéraire que l’on emprunte régulièrement, on se fait ce genre de promesse et on ne la tient pas. En ce vendredi que les météorologues avaient annoncé pluvieux et venteux, je roulais vers le nord de la région en admirant les collines boisées et les vallées verdoyantes (joli cliché, non?) sous un soleil radieux, ravie de leur erreur. Il me fallait un arrêt – boulangerie, je n’avais pas décidé où.
Corbie, une boulangerie, des places de parking libres juste devant. L’occasion rêvée; j’achetai le pain au levain dont la seule vue était prometteuse… sans compter l’odeur dans la boutique!

De l’animation sur la place voisine… c’était jour de marché. Tentant d’aller y faire un tour, non?

Me voici donc achetant des légumes à un couple d’exploitants agricoles, de la viande au camion boucherie, du cresson au producteur. La patience et l’amabilité des commerçant-e-s m’ont agréablement surprises. La bouchère m’a offert un saucisson. Le cressonnier m’a expliqué qu’il produisait dans un village voisin, Hailly, et m’a précisé qu’il ne fallait pas se contenter des feuilles, mais faire une bonne soupe avec le reste. Voici sa recette : mettre les tiges dans de l’eau avec trois pommes de terre, un oignon, du sel et du poivre; laisser cuire (j’ai oublié combien de temps) et presser. « Vous aurez un délicieux potage », ajouta-t-il. Je n’ai pas osé lui dire que ma grand-mère, durant mon enfance, a essayé en vain de me faire manger de la soupe « aux herbes », comme je le disais. Qu’il s’agît alors de poireaux, de cresson ou de cerfeuil, je détestais cela…

Une fois le marché achevé, il faisait toujours aussi beau et doux. Bien sûr, je ne résistai pas à l’envie d’aller faire un tour. Après tout, rien d’urgent à faire à mon arrivée. Et cela laisserait le temps à la maison de se réchauffer.

Première direction : l’Hôtel de Ville, que je remarque à chaque passage car il est toujours aussi pimpant malgré une histoire visiblement chargée.

Comme vous l’avez imaginé, il s’agit d’un ancien château. Plus précisément, celui de Monsieur De Caix de Saint Aymour,
ancien maire, dont la fille épousa le Comte espagnol Albalaty Navajas.

Il fut racheté par la ville en 1923 grâce à une contribution de la ville de Chartres, marraine de guerre de Corbie.

Sur le fronton furent ajoutés trois blasons représentant les armes de
la ville de Corbie, ainsi que le Lion de Venise et trois corbeaux. On peut y lire l’inscription suivante : « Urbs Aurea Altera Roma » qui signifie « Ville d’Or Autre Rome ».

C’est ça, la modestie!

Ne cherchez pas la salle des mariages dans l’hôtel de ville, elle n’y est pas. On la trouve, avec la police municipale et le CCAS, dans un bâtiment étonnant situé derrière celui-ci.

Deux aigles, des têtes de chevaux, un chien… S’agissait-il des écuries? Je n’ai pas trouvé la réponse…

Direction maintenant, l’église que je vois au loin. En réalité, il s’agit d’une abbatiale; j’apprendrai par la suite qu’il y avait une grande abbaye à Corbie, qui dominait les alentours, avec ses 300 moines.

Abbatiale Saint Pierre

Elle est malheureusement fermée, et je ne pourrai en voir que l’extérieur, dont la couleur des portes interroge. Presque un bleu Klein! Pourtant, il n’a pas sévi ici, à ce que je sache…

Sur la place qu’elle borde, un autre édifice religieux. l’église Saint Etienne, aussi allongée et basse que l’abbatiale est « ramassée » et élevée.

Eglise Saint Etienne

Aux alentours, quelques détails architecturaux attirent mon regard. Depuis les porches carrés, que l’on trouve souvent dans ce coin, jusqu’à une école possédant encore un vaste préau, en passant par une maison arborant fièrement ce que l’on dénomme un mur en « rouges barres » (appareillage de pierres blanches et de briques liées à la chaux) – le pluriel est normal, ce n’est pas une erreur d’orthographe, mais la coutume.

Porche carré dans une maison jouxtant l’abbatiale
Un vrai préau (photo mal cadrée, pour éviter de prendre les enfants qui étaient alors en récréation)
Rouges barres

Clans et ses environs

Autour du 24 août se déroule chaque année à Clans un Festival du Jeu. Je l’ai découvert l’an dernier, et ai voulu renouveler l’expérience cette année.

Clans est un village perché dans la vallée de la Tinée, un village vivant, dynamique, intéressant à plusieurs points de vue. Et l’organisation d’une telle manifestation montre à quel point les habitant-e-s peuvent se mobiliser pour attirer un peu de monde. Un peu, car les touristes ne « montent » pas jusque là. Une heure de route, trop loin de la côte… Dommage? Je ne sais pas, car cela permet une authenticité qui tend à disparaître dans des villages trop proches des villes, comme Eze par exemple.

Clans: vue de la Chapelle Saint Michel

En route donc, en ce samedi matin, pour le village. A tout hasard, un pique-nique prévu, mais avec l’idée de déjeuner plutôt dans la petite auberge qui nous avait accueilli-e-s l’an dernier… Plan du Var, on admire au passage Saint Jeannet, Le Broc, Carros… etc. Vallée du Var, puis Vallée de la Tinée. Et la montée en lacets vers le village. Le parking est toujours aussi peu ombragé, tant pis… Et direction l’auberge La Clansoise.

Hélas, elle est fermée. Définitivement fermée, apprendrons-nous par Mado, charmante dame de 88 ans qui est venue, voici 28 ans, prendre sa retraite dans le village natal de son mari, face à la collégiale, et qui prend du temps à expliquer à qui est intéressé les recettes nissardes. Fermée, alors que le jeune couple venait de commencer à l’aménager, avec, je me souviens, une cour ombragée et rafraîchie par une charmante petite fontaine style japonais, où le bambou jouait avec l’eau…

Le club des boulistes nous accueille et une table est à notre disposition pour le pique-nique à l’ombre du figuier et de la vigne. Vue imprenable sur la vallée de la Tinée et les monts environnants.

14h, c’est l’heure du rendez-vous avec 1,2,3 CAT, qui organise une fois de plus une Chasse au Trésor; deux heures à parcourir les ruelles médiévales, à découvrir les innombrables chapelles, à tenter de résoudre les énigmes… Une fois de plus j’admire les fresques de la Chapelle Saint Antoine, je tente de dénombrer le nombre de représentations de la Vierge dans la collégiale, et apprécie le bruit de l’eau glissant sous les ruelles, emplissant le lavoir, coulant des fontaines… Elle est omniprésente ici…

Vierge noire de la Chapelle Saint Antoine
Fresques de la Chapelle Saint Michel
La collégiale

Le jeu fini, un petit tour au Festival, pour acquérir le gobelet souvenir et s’étonner de l’ingéniosité de certains costumes. Sous le chapiteau, dans les rues, sur les places, on joue, on joue, on joue à tout, depuis les jeux de rôle jusqu’aux échecs… Et tous les âges se retrouvent pour découvrir les nouveaux jeux de société. Les graphistes prennent le temps d’expliquer leurs créations, où l’histoire et le fantastique se mêlent… Une atmosphère joyeuse et calme dans la fraîcheur de la montagne.

L’heure est venue de partir, mais cette fois direction Bairols, autre village perché, de l’autre côté de la vallée.

J’ai repéré sur Internet la présence d’une auberge où un chef étoilé aurait décidé de se retirer… 7 km de montée en lacets pour atteindre ce bourg. Il subsiste dans ce village, à la mairie flambant neuve, de belles traces du passé…

L’église côté vallée de la Tinée
Un autre aspect de l’église!

L’église domine une grande partie du village. Côté pile, architecture originale. Côté face, mur en aplomb sur le rocher…

Le dernier virage en montant
Le premier virage en montant

L’accès au village se faisait par ce passage, avec virages décalés pour empêcher l’élan des chevaux d’ennemis éventuels, et orienté de telle manière que l’on ne pouvait arriver les armes à la main… droite…

De l’église à l’entrée actuelle du village

Une très belle vue sur les environs, depuis la place située devant l’église, est mise en valeur par une table d’orientation.

En regardant vers le nord-est…
… puis le sud-est… Au loin, la Madone d’Utelle

Mais déception. Trop de rénovation. Trop « travaillé ». Ce minuscule village a perdu de son authenticité… Dommage…

Et autre déception… L’auberge est fermée. On nous explique qu’elle ne fonctionne que très peu, surtout le midi ou sur rendez-vous…

Nous redescendons donc dans la vallée pour regagner Nice, nous demandant si ce village valait le détour…