Deux verres, deux univers

Il y aurait beaucoup à dire sur la belle traversée de l’hexagone, entre Bretagne et Provence, mais je « saute » directement à Nice, pour revenir « en temps réel », ce qui, me semble-t-il, rend plus « vivant » ce blog.

Le crépuscule arrive vite, par rapport à l’Ouest! Et avec lui, l’envie de boire un verre…
Première destination : mon pub irlandais préféré.

La terrasse est pleine, car visiblement la police municipale veille plus que jamais, et deux grandes tables ont été supprimées sur la rue Rossetti. Je me réfugie donc à l’intérieur, presque vide, lui.

Et me voici en train de siroter la Guiness, servie ici à la pression (3,70 euros), en écoutant la musique et en observant le ballet du patron qui ne cesse d’entrer / sortir pour le service.

Que fait le serveur, me direz-vous? Eh bien, il achète sa nourriture. A une dame venue avec un grand sachet, d’où elle a sorti deux boites en plastique. Dans l’une, des pizzas de forme rectangulaire. Elle m’en propose une : 3 euros l’entière, 1 euro 50 la demie. Dans l’autre, des gâteaux dont je n’ai pas bien entendu le nom. Qu’elle vend aussi. Bref, le système D. Et le serveur maintenant mange sa pizza, debout derrière le bar, tandis que la dame range soigneusement la nourriture dans les boites, les boites dans le sachet. Discussion en anglais. « To morrow? » demande la dame. Il fait signe que non (on ne parle pas la bouche pleine!). « After to-morrow? » Nouveau signe de dénégation. Il cesse de mâcher. « I don’t know« . La vendeuse ambulante fait « Ok » et repart chercher d’autres chalands. Je continue à boire en attendant l’amie qui doit me rejoindre et en observant les habitué-e-s en terrasse, puis descends aux toilettes. Une magnifique cave voûtée m’attend en bas, hélas encombrée de caisses et de gros tonneaux de bière. Quand je remonte, je salue un homme, isolé au fond du bar. Il ne m’entend pas : il travaille. Apparemment, un architecte ou un graphiste : il manipule un stylet sur une tablette…

Mon amie arrive, et nous partons vers d’autres cieux. Elle trouve l’ambiance trop calme. Chacun ses goûts!

Direction l’église du Gesu (alias Saint Jacques le Majeur), toute proche. Nous n’allons pas à la messe, mais au bar. Car oui, l’église recèle un bar, dont Christophe, mon ami artiste-serveur au restaurant éponyme m’avait parlé. Il faut traverser les lieux saints, se diriger vers la droite, s’engager dans un passage voûté, aller vers la sacristie, et l’on débouche sur une belle cour ornée de plantes, au mobilier bric-à-brac et à l’ambiance sereine, qui tranche fortement avec l’animation des rues du Vieux Nice un soir d’août. Suivez-moi dans le dédale qui conduit à cet endroit caché.

Au passage, nous nous attardons d’abord devant la maquette de l’église baroque, de style ligure.

Puis pour jouer aux « djeuns » et prendre un « selfie ».

Au bar, une personne au genre indéfini nous sert le verre de rosé demandé, et, gentiment, nous tend d’abord des cacahouètes, puis des chips. Elle nous explique que le bar a été créé par une association, Bethel, pour gagner de quoi restaurer l’édifice. Voici ce que, par la suite, j’ai trouvé sur le net, concernant cette asso.

 » Objet : a pour objet : accueil des visiteurs, espace de détente, de dialogue et d’échanges entre visiteurs et entre bénévoles

Activités :

  • AMICALES, GROUPEMENTS AFFINITAIRES, GROUPEMENTS D’ENTRAIDE »

Joli, le « groupes affinitaires », non? On évite le terme « communauté »!

Elle nous explique ensuite qu’une table est libre au fond. Nous lui préférons finalement une banquette, à l’abri des regards derrière de grandes plantes vertes.

Un lieu idéal pour bavarder tranquillement. Et observer les lieux. Un grand patio qui jouxte l’église.

De belles plantes qui lui donnent un petit air de jardin d’hiver. Du mobilier de récupération ou fait de palettes et bois de récupération.

Et une vierge de plâtre blanc, éclairée, dans un coin. La clientèle est mixte, aussi bien en âge qu’en genre apparent. Mais pas en origine. Que du blanc, et visiblement presque que de l’autochtone. Des couples. Des petits groupes d’amie-s. Une grande convivialité et de la sérénité. Ma copine craignait le prosélytisme. Il n’en est rien. Un bar alternatif comme beaucoup d’autres. Et être servi-e-s par un jeune homme à l’allure d’un participant des Marseillais ou de Koh Lanta, musclé et tatoué, sous le regard de la Vierge, avouez que cela a du piquant!

Philomèle à Saint Nectaire… et souvenirs d’enfance

L’église de Saint Nectaire est l’une de celles que j’admire le plus. D’abord, parce qu’elle est de mon style préféré, le roman. Ensuite, parce que la pierre volcanique lui donne une teinte sombre remarquable. Enfin, pour sa situation, sur ce promontoire dominant la vallée. Mais je pourrai désormais ajouter une quatrième raison : son acoustique exceptionnelle.

Comme je l’ai précédemment narré, je venais y écouter un concert de la chorale francilienne Philomèle (alias « Rossignol »), dans le second répertoire qu’ils et elles interprètent cette année. J’avais entendu le « mozartien » en juin à Saint-Jacques-du-Haut-Pas, dans le 5ème. Cette fois, un florilège de « musique orthodoxe, baroque et classique ».

Un petit tour à l’église en arrivant : les choristes sont bien là, en train de répéter.
Un petit verre au café voisin… Une bière locale, bien sûr!

Pleine de saveurs et de finesse, dégustée en admirant l’église.

Un amusant ballet commence alors. Les choristes sortent, en petites grappes, en habit de « touristes ». Musicien-ne-s ont leur instrument à la main. Elles et ils partent vers le haut. Par la suite, j’apprendrai qu’on leur a préparé un vestiaire dans le local de l’association s’occupant de la paroisse. Puis les revoici, dans l’autre sens, entièrement revêtu-e-s de noir. Certain-e-s ont déjà mis leur écharpe ou leur pochette (rouge, jaune ou orange). D’autres les tiennent en main. Quand tout le monde est passé, direction le porche, puis l’intérieur des lieux.

Commence enfin le concert. D’abord avec « le petit choeur ». Les autres se tiennent près de nous, dans les travées latérales. Le chef explique le programme, présente les compositeurs, resitue les oeuvres..

Il dirige avec passion chanteurs/euses et musiciennes (violon, violoncelle et orgue). Une soliste laisse coi le public, avec un Ave Maria très difficile à interpréter.

Le Soleil descend, et les rayons, pénétrant par le portail laissé ouvert, viennent taquiner les artistes placés au centre du dernier rang. On le voit éblouir le premier…

… puis venir taquiner mon ami José Dhers…

… avant de mettre en lumière son voisin, en train de se désaltérer…

A la fin, les choristes se déplacent, et viennent entourer le public. Ce dernier morceau restera inoubliable, je pense, pour les auditeur-e-s présent-e-s! Un instant d’émotion intense.
C’est hélas le moment de se séparer. Pour ma part, je vais revoir la Vierge en majesté dite « Notre-Dame-du-Mont-Cornadore » (le site des eaux réputées de la ville thermale).

Hélas maintenant elle est enfermée dans une vitrine qui cache une partie de sa beauté.


Quand j’étais enfant, voici comment je la voyais (source de la photo).

Inutile de vous dire combien j’étais déçue! Par contre, je suis toujours aussi effrayée par le buste de Saint Baudime, reliquaire en chêne recouvert de cuivre repoussé et doré.

Il est temps de quitter l’église pour aller dîner, car ici, on mange tôt. Encore plus ce soir, nous apprendront les serveurs/euses, car il y a une soirée à Murol, avec défilés et feu d’artifice, et le personnel veut y assister!

Pendant que je me régale d’une tartelette au Saint Nectaire et d’une part de tarte aux myrtilles (oui, je sais, pas très équilibré, ce repas!) avec un verre de Chanturgue, le couchant sublime l’architecture romane…

Puisque j’en suis à faire une sorte de « pélerinage » sur les lieux de mon enfance et adolescence, autant continuer… Direction « le dolmen », car je veux retrouver la prairie prêtée à mes parents pour y placer leur caravane, par le docteur Roux (neveu du collègue de Pasteur), pour que mon petit frère puisse faire tranquillement sa cure chaque année. Une calamité, vous l’imaginez, pour l’enfant, et encore plus l’adolescente que j’étais! Plus de copains ni copines. Je n’ai jamais autant lu, enfermée dans ma tente. Notamment, je me souviens, toute la série des « Jalna ». Renny Whiteoak m’avait séduite! Voiture garée, reste à explorer à pied. Sans avoir trouvé le dolmen, je reconnais la prairie, et revois en images la caravane et son auvent, et les deux petites canadiennes à sa gauche. Il faut dire que films et photos familiales ont aidé à visualiser les souvenirs! Une pensée émue pour le médecin, doux et gentil, qui aimait tant son petit malade, accompagné année après année. En recherchant son nom sur le net, je viens d’apprendre qu’il était également maire de la ville. Sa villa s’appelait… « Villa du Dolmen »… Nous étions donc bien dans sa propriété!

« La Villa du Dolmen appelé aussi la Villa du Dr Roux ». Mr Roux a été Maire de St Nectaire de 1945 à 1965 et il était aussi un médecin réputé. » (source)

J’ai aussi découvert qu’il avait publié un livre en 1978…

Une fois le terrain trouvé, il ne reste plus qu’à chercher le dolmen. Et il est bien là, juste à côté! Pour info, si cette période vous intéresse, il y a 6 mégalithes sur la commune de Saint-Nectaire : deux dolmens et quatre menhirs.

La nuit tombe, et l’église est désormais éclairée. Pardonnez la mauvaise qualité de l’image, mais je voulais terminer par ce spectacle, plus beau en réalité qu’en photo…

Magnificat

Non, ce n’est pas de musique ni de choeur dont je vais vous parler aujourd’hui… Quoique la musique soit bien présente dans le film, mais davantage en écho au scenario et à ses fondements qu’en accompagnement de l’intrigue, contrairement à d’autres musiques de films. Film… le mot est lâché… car c’est du 7ème art dont il est question. L’affiche est elle-même riche de symboles, que je vous laisse découvrir.

« Mon âme exalte le Seigneur,
exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur !
Il s’est penché sur son humble servante ;
désormais, tous les âges me diront bienheureuse. »

Qui est « l’humble servante » dans cette oeuvre si forte? La Vierge, statue abîmée abritée par des lierres en une cache sylvestre, à qui l’adolescent confie le canif avec lequel il s’auto-mutilait ? Sara la Kali, que les Gitan-e-s honorent chaque année, le 24 mai, aux Saintes Maries de la Mer? La transgenre, dont le certificat de décès révèle qu’elle a pu devenir puis rester prêtre pendant des années et sur laquelle va enquêter la chancelière diocésaine? Cette dernière elle-même, dont on découvre progressivement le drame et la richesse de sa vie passée? La jeune diacre, qui s’épanouit dans l’exercice de ses fonctions… en attendant de pouvoir devenir prêtre? Autant d’avatars de la Femme placée devant les injonctions limite contradictoires de l’Eglise catholique…

Vous le voyez, le scénario est riche… un peu trop foisonnant peut-être, il aurait pu être « purifié » à mon sens. Mais un film étonnant, prenant, émouvant à plus d’un titre, qui questionne la place des femmes dans cette Eglise qui devrait être ouverte sur le monde et accueillir chacun-e en égalité… Rassurez-vous, ce n’est pas un plaidoyer. Mais l’intrication d’histoires personnelles qui entrent en résonances.

Bref, j’ai été totalement séduite. Et le jeu des acteurs et actrices est impressionnant. Berléand assume les contradictions de son personnage. La jeune Anaïde Roland-Manuel, alias Anaïde Rozam, est lumineuse. Le choix de cette actrice a-t-il été guidé par sa ressemblance avec l’une des héroïnes du film italien au titre similaire, sorti en 1993, qui porte, lui, sur le Moyen-Age?

Avouez qu’il y a une troublante ressemblance entre la novice du film italien, incarnée par Consuelo Ferrara, et la diacre du film français, non?

Les critiques n’ont pas été tendres avec ce film. Et certains de mes amis ont trouvé le jeu de Karin Viard inégal. Mais je n’ai pas honte de dire que j’ai apprécié. Pas pour le côté « féministe ». Il est surpassé par le côté « quête de spiritualité transculturelle, transgénérationnelle, trans… tout ce que vous voudrez »…Si vous ne craignez pas les salles obscures en ce début d’été, filez vite voir ce film, vous y trouverez beaucoup de Lumière(s)…

L’Eglise Saint Jacques du Haut Pas

Encore une église dont j’ignorais l’existence, à Paris! Vous en avez eu un aperçu hier, lorsque je vous narrais le concert auquel j’avais assisté. La photo de l’ensemble choral laisse deviner la pureté des lignes et la sobriété de cet édifice qui n’est pas encore gothique, bien que construit assez tardivement.

Un panonceau situé devant l’édifice en explique l’histoire singulière.

L’aspect épuré m’a particulièrement séduite. Et j’ai été intriguée de voir autant de clés de voûte, malgré la date assez tardive de ce bâtiment.

Une lumière incroyable y pénètre grâce à la transparence des vitraux, dont peu sont colorés. Il était déjà près de 21 heures quand ces photos ont été prises…

Assez peu de mobilier, aussi. La chaire semble s’envoler vers les cieux en une spirale symbolique..

Et les orgues sont d’une sobriété remarquable.

Et Saint Jacques est bien présent, sous forme d’une belle statue de pierre du XIVème siècle.

Violoncelle et orgue

Il me faut vous présenter des excuses… j’ai été absente un long moment… Non pour cause de vacances, mais parce que j’étais débordée de travail. Quand on accompagne des personnes qui doivent rendre des écrits et ont des difficultés pour ce faire, et lorsque les échéances arrivent, l’urgence fait que l’on aide à rédiger, mais que l’on n’est plus disponible pour écrire soi-même. C’est ce qui m’est arrivé dernièrement.

J’ai donc de nombreux articles en souffrance. Au moment de reprendre, je me pose la question : revenir sur eux? ou commencer par « l’actualité »? Je fais le choix, en ce lundi matin d’un mai peu chaleureux, de la seconde idée. Et vais donc vous parler du concert que j’ai vu hier après-midi…

Mes fidèles lecteurs/trices le savent bien, j’adore le violoncelle… Hier après-midi, concert annoncé, en l’église Saint Rémy de Vanves.

Me voici donc parmi la cinquantaine de personnes venues profiter de cette aubaine. Car le programme annonçait en outre de l’orgue. Jamais je n’avais entendu de concert violoncelle et orgue. Moi qui suis fana de « trompette et orgue », c’est l’occasion de découvrir! C’est l’association Orgues de Vanves qui a eu cette bonne idée d’une association assez rare, me semble-t-il.

Le premier morceau ne m’a pas séduite. Qui plus est, trois erreurs de l’organiste, pourtant virtuose. Peut-être parce qu’il ne connaît pas l’instrument, dont il n’est pas titulaire?

Deuxième morceau, cette fois, le violoncelle en solo, devant l’autel. Un ravissement. Mais que vois-je? A peine fini, le violoncelliste reprend son instrument, le range, et file en courant par la porte de côté. Effarement. Moi qui viens écouter le « cello »!

Un deuxième morceau de l’orgue en solo… cette fois, sans couac. Très beau.

Et, surprise, l’oeuvre suivante est en duo. En réalité, Christophe Jeannin avait rejoint rapidement son collègue, Lorenzo Cipriani, au balcon! Une succession d’interprétations émouvantes, qui me font frissonner, voire, pour deux d’entre elles, verser quelques larmes.

L’entente des deux interprètes est remarquable, et ils entraînent le public dans leur univers musical. Jamais je n’avais entendu jouer de l’orgue ainsi, avec tant de « douceur » et de volupté. Jamais non plus je n’avais imaginé que ces deux instruments réussiraient à quasi concurrencer la voix humaine dans l’interprétation de mon Ave Maria préféré… Je n’en ai trouvé qu’un exemple sur le net, mais beaucoup moins bon à mon sens. Mais si l’un-e d’entre vous en connaît un autre, n’hésitez pas à transmette?

Longs applaudissements d’un public ravi, debout, tournant le dos au tabernacle… Car oui, c’est l’inconvénient d’un tel concert : on ne voit pas les musiciens, qui sont en haut, et derrière… Mais après tout, écouter les yeux fermés, cela n’amplifie-t-il pas l’émotion?

Belleville-sur-Mer

Après analyse de l’Informateur, le journal local, pour recherche de la meilleure soirée « Saint Patrick », mon choix s’est porté pour une fête organisée dans un lieu que je ne connaissais pas, « Petit Caux ». Et pour cause… Ce n’est pas une commune, mais un regroupement de communes, dont l’histoire est reliée à un événement regrettable : l’implantation de la centrale nucléaire de Penly (dont, soit dit entre parenthèses, il est actuellement question car on envisage non de la supprimer, mais de l’agrandir!). Bref, en 2002 est créée une communauté de communes. Puis, en 2016 (souvenez-vous, la fameuse loi NOTRe et ses conséquences souvent désastreuses…), elle devient « commune nouvelle », regroupant 18 « communes déléguées » (sic), avec près de 10000 habitant-e-s.

L’événement se situe dans un village où je pense n’avoir jamais mis les pieds : Belleville-sur-Mer. Vous pouvez le voir sur la carte ci-dessus (la seule trouvée), au sud-ouest. Il est en effet assez proche de Dieppe. Le village proprement dit est situé sur la falaise, et n’est pas vraiment « plage », contrairement à ce que son nom pourrait faire penser. On n’accède à la mer que par une petite valleuse (que je n’ai pas réussi à trouver, par manque de temps). Nous sommes ici dans une zone dont la protection s’arrête, bien sûr, à quelques encâblures du site nucléaire. Pour celles et ceux qui s’intéressent à la géologie et à l’ornithologie, quelques lignes extraites d’un texte qu’elles et ils pourront lire en ligne.

« La znieff couvre la côte comprise entre la longue valleuse de Puys (commune de Neuville-lès-Dieppe) et la valleuse du Petit-Berneval, exclue (urbanisée). Les falaises sont hautes, atteignant 80 à 97 m. Elles sont constituées de trois puis de deux couches de craies différentes, dont la craie massive du Turonien formant un large contrefort à leur base.
Ces pentes offrent de nombreux sites pour la végétation des murailles, des éboulis et des pelouses aérohalines. Elles sont aussipropices au stationnement et à la nidification de l’avifaune marine et rupestre : Faucon pèlerin, rare mais en progression, Fulmar boréal assez rare, Grand Cormoran, Goéland argenté, Choucas des tours, Hirondelles des fenêtres et de rivage, etc. A l’Est du Camp César (site classé des vestiges d’un camp fortifié gaulois), le plateau est entaillé par trois petites valleuses, l’ancien portde Bracquemont, Parfond-Val et les Chirvals, puis le Val du Prêtre.
« 

Il pleut tout au long de la route, mais je ne le regrette pas en voyant, depuis le parking, le magnifique arc-en-ciel sur la campagne environnant Scène en Mer, la salle de spectacle.

Ciel et mer ne se distinguent quasiment pas dans le lointain, et les nuages occultent une partie de l’arc…

La salle est située en limite du village, perchée sur la falaise. Ce qui me permettra, au moment d’une pause, d’admirer, du même parking, un superbe couchant.

Mais remontons le temps. Il n’est que 17 heures, le spectacle commence à 18, cela laisse le temps, une fois les billets pris (ainsi que les informations demandées par les ami-e-s qui doivent me rejoindre : places assises? possibilité de dîner?), d’aller visiter Belleville.

Direction : le clocher. Une vieille habitude! Une vaste place, abritant un hôtel de ville flambant neuf (photo empruntée à Wikipédia).

Un pressoir, rappelant que l’on est en Normandie (l’architecture proche ne l’indique guère), ne cache pas une école dont l’importance m’étonne.

Elle aussi semble assez neuve. Mais rien d’étonnant : l’analyse de la démographie montre une incroyable croissance à partir des années 2000. Conséquence de l’implantation de la centrale?

De l’histoire locale on voit peu de choses. Pourtant, Bella Villa est bien attestée dès le 12ème siècle, et sans doute correspond-elle à une villa gallo-romaine. Comme vous avez pu le voir dans le texte ci-dessus, nous ne sommes pas loin du camp gaulois dénommé « Camp César ». Ni de la ville de Briga retrouvée près de Eu. Et je suis certaine que les champs cachent encore bien des trésors de cette époque…

Il faut un restaurant pour évoquer cette histoire. Son nom m’intrigue : de quel marquis est-il question? (Celui de Carabas?)

Eh bien non, c’est le Marquis… de Belleville. Il y en a eu toute une lignée, et l’un d’entre eux a autorisé la commune, en 1986, à prendre son propre blason comme emblème : « D’azur au sautoir d’argent cantonné de quatre aiglettes du même.« 

Et l’on comprend, en pénétrant dans l’enclos qui abrite l’église entourée du cimetière, que l’histoire de la commune et celle de la famille de Belleville sont bien liées : toute une partie du cimetière est en effet consacrée à cette famille, dans un ensemble très hétéroclite de tombes, dont voici celles qui m’ont semblé les plus anciennes.

Je fais le tour de l’église pour chercher à y entrer… en vain, toutes les portes sont closes.

 » Rebâtie pour le gros-œuvre au début du XIIIe siècle, l’église présentait au départ des murs extérieurs en silex et une structure intérieure en calcaire à trois vaisseaux.
Clocher en bâtière
Puis vers 1700 une chapelle seigneuriale en silex est édifiée au côté nord du chœur, avant que les bas-côtés ne soient supprimés vers 1730.
Vers 1824, la bâtière du clocher est remplacée par une flèche polygonale en charpente.

En 1098, l’église est donnée à l’abbaye du Bec, ce qui explique son patronage à l’abbé du Bec-Hellouin. » (source)

Je me promets de revenir la visiter, car elle semble intéressante, à en juger par les notices dans les bases Mérimée et Palissy… En outre, elle a conservé « son » cimetière, ce qui est de plus en plus rare. Et celui-ci a été agrandi, comme en atteste la vaste pelouse que progressivement grignotent de nouvelles tombes. Un « quartier » semble réservé aux enfants et aux jeunes. J’y ai trouvé une tombe en forme de tête de Mickey… Elle abrite un adolescent mort à 15 ans, comme son voisin, visiblement amateur de football, à en juger par le vrai ballon déposé sur la pierre. Sont-ils décédés ensemble? Y a-t-il eu un drame dans ce village?

A gauche de ce qui semble être l’entrée principale (photo ci-dessus), cinq tombes bien alignées, rappellent que cette région a connu l’enfer pendant le Seconde Guerre Mondiale, avec l’opération Jubilee.

« La défense de Dieppe incombe à la 302e division d’infanterie allemande. Les effectifs sur les différents lieux de débarquement sont estimés à un total de quelque 2 000 hommes. De Berneval à Varengeville, le front s’étend sur dix-huit kilomètres. Des batteries de côte et de campagne, des pièces antichars, des nids de mitrailleuses, des blockhaus et divers ouvrages fortifiés défendent la côte et le port. Des barrières de barbelés, voire des murs et des fossés antichars barrent les plages principales. Au large, l’accès à la côte est défendu par un important champ de mines. La couverture aérienne repose quant à elle sur quelque 400 appareils de la Luftwaffe, des chasseurs pour la plupart.

Le 18 août, à 10h00, l’ordre d’exécution définitif est donné. Les troupes embarquent dans l’après-midi à Newhaven, Southampton, Shoreham et Portsmouth, au sud de l’Angleterre. Dans la soirée, les bâtiments des forces de débarquement appareillent.

Le 19 août, vers 3h00, les opérations de débarquement commencent. Les hommes des quatre premières vagues d’assaut prennent place à bord des péniches destinées à les transporter sur leurs lieux de débarquement respectifs. Tout se passe bien jusqu’au moment où la canonnière ouvrant la voie au commando n° 3, qui doit débarquer sur les plages de Berneval et de Belleville-sur-Mer, se trouve prise dans un convoi allemand en provenance de Boulogne. L’affrontement s’engage. L’unité britannique essuie des pertes sérieuses, tant en hommes qu’en matériels, et ne peut plus opérer qu’avec des moyens restreints. »

La plage de Berneval, village voisin de Belleville-sur-Mer

Juste derrière elle, comme une protection médiant terre et ciel, un superbe toit de chaume.

L’heure tourne, et il est temps de gagner la salle, car le spectacle va commencer. Direction donc La Scène en Mer… pour une belle aventure d’une soirée que je vous narrerai plus tard…

Les dessins de la petite Thérèse

Une adolescente se rendait de temps à autre sur la côte normande, non loin de chez elle. Et à Trouville, plus précisément, les étés 1885 – 1886 et 1887. Elle avait alors entre 12 et 14 ans et sortait tout juste d’une longue maladie qui avait suscité l’inquiétude des siens et les avait poussés à prier Notre Dame des Victoires.

« Fin 1882, Thérèse tombe malade d’une maladie lui occasionnant malaise et maux de têtes. Son état s’aggrave dans les mois suivants. Très inquiète, la famille prie Notre-Dame des Victoires. Le 13 mai 1883, Léonie, Marie et Céline prient au pied du lit de Thérèse et se tournent vers la statue de la Vierge. Thérèse prie, elle aussi. »

Elle dessine bien, cette jeune fille, et certains de ses dessins sont exposés dans l’église dont je vous parlais précédemment, à Trouville. Je ne les ai pas retrouvés sur le net, et suis donc contrainte à vous montrer des photos gâtées par le reflet des vitraux…

Cette artiste en herbe ne vivra pas longtemps : elle meurt en effet, non loin de là, dix ans plus tard, à 24 ans… Avez-vous deviné sous quel nom elle est davantage connue?

Une église questionnante

Nous étions, dans notre promenade à Trouville, arrivés face à un édifice étrange, à l’architecture tout aussi interpellante que ses décors. La rue voisine indique où il est situé…

Son architecture extérieure n’incite vraiment pas à la visiter, mais vous connaissez ma curiosité! J’ai, depuis, compris les raisons de son étrangeté : des remaniements hétéroclites.

« Inscrite au titre des monuments historiques depuis 1926, l’église Saint-Thomas de Touques a été énormément remaniée depuis sa construction au XIIe siècle, et ne conserve plus d’origine que sa tour clocher (haute de 21 mètres), surmontée d’une flèche octogonale néo-gothique ajoutée après la réfection du clocher en 1870 »

Mais par où entrer? C’est désormais le grand jeu dans de nombreuses églises : trouver la bonne porte, la principale étant la plupart du temps bien close. En l’occurrence, on entre par une petite porte accessible par un petit escalier, qui conduite dans un petit couloir avant d’arriver enfin à gauche du choeur, face à de petites orgues.

Il s’agit de ce que l’on nomme « orgue de choeur », car l’église comporte deux instruments, comme je viens de l’apprendre grâce à Wikipédia, article que je vous cite intégralement, liens compris, pour votre culture personnelle…

« L’église possède un orgue de tribune de Cavaillé-Coll installé en 1870 et restauré en 19872 et un orgue de chœur, également de Cavaillé-Coll, d’une qualité sonore remarquable, construit en 1894. Ce dernier possède neuf jeux sur deux claviers et pédalier. Il a fait l’objet d’un relevage en 20163. Le compositeur Édouard Devernay y fut organiste titulaire de 1912 à 1952. »

On remarque d’entrée de jeu (c’est le cas de le dire!) la croix de Malte, omniprésente dans l’édifice. Une porte dérobée, dans le choeur permettait aux lépreux d’assister aux offices. Je regrette de ne pas l’avoir su avant, car je ne l’ai pas remarquée. A moins qu’il ne s’agisse de celle par laquelle je suis arrivée?

J’ai eu du mal à comprendre le nom de l’église. En effet, elle est présentée comme « Notre Dame des Victoires ».

Mais, à l’intérieur, figure tout un développement sur « Saint Thomas de la Touques ».

Une lecture toute fraîche du blog à ce nom m’a fait comprendre que l’église était devenue « église-relais » d’une paroisse étendue à plusieurs localités, dont Trouville, et que c’était le nom de cette paroisse. En effet, la seconde église, que je vous ai présentée hier comme étant plus ou moins à l’abandon, a été désacralisée, et il ne reste plus que celle-ci pour la paroisse qui s’est, comme beaucoup d’autres, élargie aux villages et bourgs environnants. Mais qui est ce saint patron? Je ne l’avais pas deviné. Et pourtant il est célèbre! Ce n’est ni plus ni moins que Thomas Becket.

« L’attachement de la Normandie à saint Thomas Becket s’explique d’autant mieux qu’il était lui-même normand d’origine. Raymonde Foreville assure que son père, Gilbert, appartenait à la bourgeoisie de Rouen et sa mère à celle de Caen.

Notons en passant qu’il y a en Normandie bien des Becquet, Béquet et Béchet, sans parler des toponymes. » (source)

Rien d’étonnant, donc, à ce que, bien que né en Angleterre, il soit venu à Trouville avant de devenir Archevêque de Canterbury. Il fit en effet de nombreux passages en Normandie.

« Thomas séjourne avec Henri II en Normandie en février 1156 (à Rouen), en septembre et en novembre de la même année (à Domfront, Caen et Argentan), puis de janvier à mars 1157 (à Falaise, Caen, Bayeux et Rouen). Nous le trouvons encore en Normandie, vraisemblablement durant la seconde moitié de l’année 1158, puis certainement en janvier 1159 (à Argentan et à Rouen). Il y est encore au printemps et durant l’été 1160, au moment où il fallait se prononcer sur le schisme entre Alexandre III et Victor IV, candidat de l’empereur Frédéric Barberousse. Thomas est sans doute encore en Normandie plus tard au cours de cette même année et, avec quelques interruptions, jusqu’en mai 1162. À ce moment, à Falaise, Henri II lui fait part de sa volonté de le faire élire archevêque de Cantorbéry et lui arrache son consentement. Le chancelier se rend ensuite en Angleterre et retourne seulement en mai 1163 brièvement sur le continent pour prendre part (alors en tant qu’archevêque de Cantorbéry) au concile de Tours, réuni par le pape Alexandre III« 

En outre, on sait à quel point il est relié à la lèpre, car considéré comme l’auteur de nombreux miracles concernant les victimes de cette maladie.

Benoît et Guillaume, dont les textes, analysés par Raymonde Foreville, font état d’un certain nombre de pèlerins venus de Normandie et favorisés de la guérison d’infirmités, de maladies ou de séquelles traumatiques graves. Parmi eux il y eut notamment, dès 1171, un chevalier prénommé Eudes venu de Falaise.
Vint ensuite et fut guéri à Cantorbéry le lépreux Gautier, originaire de Lisors, paroisse voisine de l’abbaye de Mortemer (Eure). Cette guérison mérite d’autant plus d’être rapportée que l’on vit plusieurs léproseries normandes se mettre sous le patronage de saint Thomas le Martyr. Sont encore mentionnés : un adolescent de Villedieu (les-Poèles), une femme aveugle du diocèse de
Bayeux, un pèlerin d’Eu, un autre de Valognes, pour ne citer que des miraculé
s » (ibidem)

Le choeur est d’une architecture saisissante, ne serait-ce que par ses proportions, mais aussi par ses ornements.

La nef ne manque pas de beauté, et sert d’écrin à l’orgue dont il fut question plus haut.

Loin de moi l’idée de vous lasser en passant en revue tous les détails de cet édifice. Je vous laisse le soin de les découvrir vous-même! Juste, en passant, une idée des vitraux dont la modernité saisit mais ne choque pas.

Tout aussi modernes, les fresques sur les parois ont déjà subi des vicissitudes…

La coquille du bénitier me laisse coite, par ses imposantes proportions. Mais nous ne sommes pas loin des ports faisant commerce avec les contrées lointaines où l’on pêche le tridacne géant.

Il n’est pourtant pas dans la liste des nombreux objets classés de cette église, contrairement à bien d’autres. Remarquable, aussi, cette plaque ovaloïde, que malheureusement j’ai eu des difficultés à photographier car une ombre lui nuit. J’espère que vous réussirez à la lire.

Moins pérenne, mais tout aussi remarquable, la crèche à laquelle un écrin de verdure procure une certaine originalité, pour ne pas dire une originalité certaine.

Petit tour en pays bigouden : du Guilvinec à Pont l’Abbé

Je vous ai laissés dans le précédent article au Guilvinec, en train d’admirer les photos près du petit phare abandonné.

A propos du Guilvinec, savez-vous qu’un auteur de chansons porte ce nom? Yves-Marie Le Guilvinec (en réalité, Yves-Marie Le Core) a vécu en pays goelo et non bigouden. Vous connaissez peut-être « La Cancalaise« ? C’est de lui… Un chanteur. Un marin. Un poète. A la vie brève, puisqu’il disparut en mer à l’âge de 30 ans, « ivre de calva, de tafia, de vin rouge et d’anis pur ». (L’Obs, 2 avril 2020) ».

Fichier:Yves-Marie Le Guilvinec.png — Wikipédia

Un livre lui a été dédié, racontant la biographie de ce pêcheur de morue sur les grands bancs de Terre-Neuve.

TOUS LES MARINS SONT DES CHANTEURS  -  VIE ET MORT D'YVES-MARIE LE GUILVINEC (1870-1900), POETE ET MARIN BRETON - MORDILLAT/MOREL - CALMANN-LEVY

Remarquez-vous quelque chose sur cette couverture? Vous connaissez sans doute l’un des auteurs, mais ne l’attendiez pas là… Eh oui, François Morel est bien celui que vous regardez ou écoutez parfois. Il a trouvé chez un brocanteur des textes du marin poète, et s’en est emparé pour les chanter.

Mais revenons sur la côte de « Bigoudénie »… Nous allons quitter les rives du Steir et les marins de ce qui est devenu le 3ème port de pêche de France. Non sans évoquer leur cantique, répertorié dans un ouvrage que vous pouvez lire en ligne et dont voici la traduction en français.

« …Tout comme vous grands apôtres
Nous allons tous les jours sur la mer bleue.
Notre pauvre petit bateau est souvent bien balloté
Et c’est miracle qu’il ne sombre pas (…)
Sainte Anne, pendant toute notre vie
Soyez notre mère, soyez notre patronne ;
Du péché, des écueils
Préservez les habitants de Guilvinec »

Ce n’est pas Sainte Anne, mais sa fille que je remarque, dominant un carrefour à la sortie du bourg de Treffiagat, aux portes du Guilvinec.

Je ne disserterai point aujourd’hui sur les épis de blé aux pieds de la Vierge… ce sera peut-être l’objet d’un autre article, un jour… car il y a beaucoup à dire. Par contre, j’ai été intriguée par les phrases sur la colonne.

Vite, Internet à mon secours! C’est ainsi que j’ai découvert qu’il existait un chant portant en titre la première des phrases.

« Titre breton (normalisé) : Gwerc’hez Vari
Titre français (normalisé) : Vierge Marie
Auteur (normalisé) :Salaun (Jean-Marie) ?
Date de composition : 1879-09-12
Genre : En vers
Langue : Breton
Résumé :

Gwerc’hez Vari, j’aime ton nom ! (Passage en revue des tous ceux qu’elle protège : l’enfant dans son sommeil, la jeune fille et ses rêves, le combattant, le paysan, le marin dans la tempête, le pâtre, le pauvre attendant le paradis.). »

En effet, cela signifie « Vierge Marie » en breton… Une autre chanson porte ce titre, en y ajoutant la gloire : Gwerc’hez gloriuz Vari, chant collecté par Théodore Hersart de La Villemarqué dans le 1er Carnet de Keransquer. J’ai eu plus de mal pour la suite, tant l’orthographe des mots en breton peut varier… Cela signifierait, si j’ai bien compris « Protège nos terres ». Ce serait donc la prière, cette fois, non des marins, mais des cultivateurs des environs.

Quittons Ar Gelveneg (la pointe rocheuse) pour longer la côte vers l’ouest.

Route buissonnière pour le retour, par la côte de dunes et Loctudy.

En passant, je remarque un cimetière « anglais », dont les tombes sont plantées dans la pelouse autour d’une église. Arrêt immédiat pour aller le voir de plus près.

L’église paraît peu intéressante, de l’extérieur.

Je pousse cependant la porte et découvre une magnifique église romane, étonnamment bien conservée.

Une série de bannières – pardon, banielou – orne les murs. Elle rappelle l’importance des processions religieuses, des pardons, en terre bretonne. On en compte plus de 1000!

Remarquez, sur celle de la patronne de la Bretagne, les deux cordons qui l’équilibrent. Porter une bannière n’est pas simple. Et l’incliner encore moins. C’est sportif, comme en témoigne un article du Télégramme au mois de mai 2022.

« Vendredi soir, quelques-uns des quinze porteurs de bannières de la paroisse de Minihy-Tréguier s’étaient donné rendez-vous à l’église Saint-Yves de Minihy-Tréguier pour s’entraîner à cet exercice pour le moins très physique : le porter de bannières. « Tout est dans la technique et la souplesse », indique Yves-Marie Le Cozannet, fidèle de la première heure. Car si les bannières, au nombre de trois, pèsent entre 13 et 16 kg à la verticale, il en est tout autre lorsqu’il faut les incliner lors du salut des bannières. Pour rappel, les porteurs saluent à plusieurs reprises lors du Grand pardon de Saint-Yves : à l’arrivée du saint dans sa paroisse à la croix de mission, à sa sortie de l’église et lorsqu’il quitte Minihy-Tréguier. »

La crèche est encore en place, et je me demande au passage l’origine des couleurs LGBT disposées devant elle.

A la sortie, tour de l’église pour aller en voir le chevet. Disproportionné par rapport au clocher… ou l’inverse?

A proximité, une salle abrite une exposition présentant les nombreux édifices religieux du pays bigouden.

A Loctudy, pas de « demoiselles » non plus, depuis une semaine. Avez-vous deviné de quoi il s’agit? C’est le nom donné aux langoustines du pays.

« Symbole de la pêche en pays bigouden,
la langoustine vivante, nommée affectueusement la demoiselle du Guilvinec mais
aussi de Loctudy ou de Lesconil, est
la reine des plateaux de
fruits de mer
.

La fierté du Guilvinec, c’est ce crustacé à chair rose qui peuple la façade Atlantique nord de l’Islande au sud du Portugal, aux pattes fines, aux longues pinces, à la chair blanche et délicate
: la langoustine. Appréciant les fonds meubles, sableux et vaseux où elle aime à creuser son terrier, elle en sort pour chasser et se nourrir au lever et au coucher du soleil de crevettes, mollusques et autres équinodermes tels les étoiles de mer et les oursins. Moment idéal pour la capture…
 » (source)

L’heure tourne, et nous arrivons à Pont l’Abbé.

Halte aux superbes halles de la ville, pour vérifier que, là non plus, on n’en trouve pas. J’avais le souvenir d’avoir acheté là pour Noël des crustacés fraîchement pêchés, que le poissonnier avait cuit directement sous mes yeux ébahis… Rien non plus depuis une semaine. Grande cohérence des informations, donc, et l’on n’essaie pas dans ce pays de nous vendre des langoustines venues
d’ailleurs…

La nuit tombe, il est temps de rentrer. Le dîner se fera sans « demoiselles », hélas!