Une belle course

Envie de me distraire… Pourquoi pas un petit ciné en cette fin de semaine ? Un de ces films dont on a un peu honte de les avoir vus, vous voyez le genre? Un Dany Boon / Line Renaud, par exemple… Pas intello pour deux sous, qualité esthétique non avérée, scénario simplissime, etc. Mais j’avais besoin de rire un peu, de choses simplissimes, justement.

Erreur grave! J’aurais mieux fait de regarder avant quelques critiques. Car tout y est de ce que je viens de dire… sauf le rire… Enfin, pas jaune…

Mélodramatique à souhait, scénario convenu comme ce n’est pas imaginable, avec la fin attendue… Et même des invraisemblances dans les parcours au sein des voies parisiennes, qu’elles soient ou non sur berges… Tournage d’ailleurs fait sans mettre une roue de la voiture dans lesdites voies…

« Un dispositif totalement immersif. « Nous avons installé des écrans 4K avec une définition de dingue en forme de “L” autour du taxi en studio, sur lesquels nous avons diffusé pendant le tournage tout le trajet qu’emprunte le taxi. Trajet que nous avions filmé avant sous tous les angles et tous les axes grâce à un camion plateforme avec de multiples caméras… Cela concerne même le ciel car nous avions un autre écran, celui-là face au véhicule, qui nous ramenait de la lumière sur le pare-brise et ramenait de la vie à l’intérieur de l’habitacle…« , explique le réalisateur. » (source)

Et qui plus est, une déprime assurée à la sortie, si on est un peu fragilisé par des deuils récents ou des maladies rampantes!

Vous l’aurez compris, je ne vous encourage pas vraiment à aller voir ce film, qui recèle tout ce que l’on peut craindre ou fuir… Sauf les beaux yeux bleus de l’actrice… Le comble de la coquetterie : elle a deux ans de plus (94 vs 92) que le personnage qu’elle incarne!

Archipop

Non, ne craignez rien, je suis et reste profondément laïque, et ne ferai donc pas de prosélytisme religieux ! Donc je ne parlerai pas ici de la hiérarchie orthodoxe : il faut décomposer, certes, en « archi » et « pop », mais pour « archives » et « populaires ».

Ancien logo : depuis, ce n’est plus « Picardie », mais « Hauts-de-France »!

« Archipop est une association régionale qui a pour mission de collecter, sauvegarder, conserver et valoriser les archives cinématographiques et audiovisuelles sur les Hauts de France.« 

J’ai découvert en ce dimanche à l’aube un site qui collecte des archives, et en particulier des archives familiales.

« Archipop rassemble aujourd’hui plus de 1 403 heures de films issues de plus de 609 collections soit plus de 7 679 bobines sauvegardées.

Archipop fonctionne principalement grâce à :

  • des dépôts spontanés
  • des projets mis en place sur un territoire donné et co-financés par les collectivités et les institutions
  • des collectes thématiques ciblées et à notre initiative. »

On y trouve donc un peu de tout. C’est parfois drôle, parfois ennuyeux, parfois émouvant… Mais ça « parle ». Les films notamment parlent de la vie d’autrefois, souvent en occultant les aspects laborieux et difficiles. Mais ils permettent d’imaginer les moments forts vécus par nos aïeux.

J’ai trouvé ce matin, par exemple, un film sur une fête que je connais et que j’ai moi-même filmée l’an dernier. La fête de Jeanne d’Arc au Crotoy. Il y avait dix fois plus de participant-e-s que maintenant! Autant dans le défilé lui-même que dans la foule.

Statue de Jeanne d’Arc au Crotoy

On y constate par contre le peu de différences entre la vie des enfants en 1935 et celle d’aujourd’hui, si l’on excepte les tenues, comme dans ce film familial tourné à Mers-les-Bains, une station qui m’est chère.

C’est aussi l’occasion de découvrir ce qui étonnait, surprenait, dans l’actualité, comme dans ce film de 1937 sur les conséquences des perturbations météorologiques à Montreuil sur Mer.

On y trouve des petits bijoux, comme ce film étonnant et très émouvant autour de la seconde guerre mondiale et de l’évacuation, qui en dit plus que tous les livres d’histoire…

Je ne sais pas s’il s’agit de la même famille, mais en recherchant des informations sur son auteur, Paul Bertrand, je suis arrivée à ce site qui ouvre sur les archives et la généalogie d’une famille…

Une belle découverte, donc, qu’Archipop, et une excellente idée, que de préserver toutes ces « petites » archives qui valent bien les grandes! Et, pour occuper les enfants, des jeux… Si vous connaissez un équivalent pour une autre région, n’hésitez pas, parlez-en!

En allant vers le Luxembourg… la rue Champollion

Passer devant la Sorbonne ne se fait jamais sans une bonne dose de nostalgie… De même devant le Champo, qui permettait à l’étudiante que j’étais de retrouver les cinéastes d’antan. Les films à l’affiche sont toujours aussi tentants ! Et, en écrivant cet article, je viens de découvrir qu’il était classé monument historique depuis 2000… Si l’histoire des cinémas du quartier latin vous intéresse, en voici une présentation.

Vous l’avez deviné, nous allons donc quitter la rue des Ecoles pour prendre la rue Champollion. J’aime beaucoup cette petite rue, même si elle a perdu dernièrement quelques-uns des lieux pleins de charme qui la rendaient si attirante. Notamment une de ces librairies où l’on a du mal à trouver l’hôte tant il est perdu entre les rangées et piles de livres tous plus anciens et intéressants les uns que les autres. J’aimais beaucoup aller le voir et l’entendre parler de ses trésors. Hélas, comme la plupart des librairies de ce quartier, son antre aux trésors a disparu… J’ai trouvé un blog sur ce thème, Le cercle des librairies disparues

Mais il subsiste les cinémas… Après le Champo, c’est le Reflet Médicis, dont les affiches sont une invitation au voyage dans le cinéma d’art et d’essai.. Le Quartier Latin a changé d’enseigne (et de son cachet), et est devenu La Filmothèque du Quartier Latin. Mais il propose toujours des versions restaurées des films anciens, et, une fois par mois, des « leçons de cinéma », analyse par un-e expert-e d’un film après la projection de celui-ci.

Je n’ai pas cité les cinémas sis plus haut… C’est une spécificité de cette petite rue que de concentrer un si grand nombre de cinémas… Autre originalité, ses murs regorgent « d’oeuvres » éphémères, tout au moins quant à leur support. En voici un petit florilège…