Puissance de la couleur

Une galerie dans le quartier des Cordiers, au Tréport. Je vous en ai déjà parlé à d’autres occasions, mais j’y reviens à propos de l’exposition « Sans Filtre » d’une peintre et céramiste corse, Dominique Paolantonacci, qui raccourcit son patronyme en « Pao ».

Voici quelques mots trouvés sur le net, dont j’ai trouvé qu’ils correspondaient bien à ce que j’ai ressenti, si l’on excepte le qualificatif de « frêle », un peu trop genré à mon goût.

« De nos jours, où « l’on invente plus rien…où tout a été déjà inventé ». Avoir le plaisir d’admirer une oeuvre de Dominique Paolantonacci (D.Pao) est un don des sens. Rare, il va de soi. Quand on aime une peinture, on veut connaître le peintre. Dans son cas, on cherche un grand gaillard aux mains pleines d’énergie et l’on trouve une frêle belle femme dont les mains ne cessent de vous tracasser la conscience, de vous sortir de votre torpeur de petit bourgeois…de petit « tout court« ! »

Je vous laisse en juger par quelques exemples de son art… que dis-je, de ses arts… Hélas, comme souvent en situation, les photographies ne sont pas très bien cadrées et la lumière n’a pas toujours été favorable! Commençons par la peinture…

Poursuivons par peinture plus collages.

Hélas la toile que je préférais a été vendue sous mes yeux et emportée par un jeune couple de Néerlandais… je n’ai donc pas pu la photographier à temps!

Enfin, la céramique…

Au moment où j’écris ces lignes, le « finissage » a déjà eu lieu. Mais vous pouvez retrouver l’artiste chez elle, à Ault où elle vit désormais, ou sur le net, site de la Galerie Résonances ou sur sa page Facebook.

Femmes, femmes, femmes…

En visionnant toutes les photographies prises lors de cette visite au château de Dieppe, je me suis aperçue que nombre d’entre elles mettaient en scène des femmes. Pas étonnant, me direz-vous, dans un musée. Certes. Mais, cette fois, elles étaient magnifiées dans d’autres rôles que ceux qui leur sont habituellement dévolus…

J’ai eu un vrai coup de foudre pour cette femme de pêcheur et son modeste étal, sculptés par Victor Augustin Fourdrin voici 150 ans…

Et que dire de cette cueillette de coquillages sur la plage du Pollet, par un temps que l’on imagine peu clément, peinte par Antoine Vollon ?

Petite parenthèse : j’ai appris à cette occasion que le peintre avait résidé à Mers-les-Bains, ainsi que d’autres… ce dont on ne m’a jamais parlé et que la ville semble ignorer!

Beaucoup d’émotions en regardant ce groupe de femmes…

… et ces « lessiveuses », peintes par Pierre Adrien Graillon (1807-1872). La qualité est hélas mauvaise, car il s’agit de peinture en grisaille sur terre cuite, qui plus est mal éclairée. J’en ai cherché une autre sur le net, mais n’ai rien trouvé. Vous pourrez par contre découvrir d’autres oeuvres de cet artiste peu ordinaire, fils d’un vieux marchand de craie du Pollet, qui laissa très vite, sans ressources, sa femme et son fils chétif.

Mais il n’est pas que des femmes « du peuple », dans ce musée. Nous y retrouvons aussi les égéries, les modèles, les nobles…

Les femmes sont associées au parfum. Or la vallée de la Bresles, toute proche, produit les flacons qui ornent les coiffeuses de l’époque.

Associées aussi à la musique, avec cette harpiste dont je ne suis pas parvenue à trouver le nom, ayant oublié de le noter au passage. Et je ne suis pas la seule, un bloggueur qui a pris la même photo reconnaît avoir trouvé la harpe, mais pas la harpiste!

Parmi les femmes « célèbres » qui ont fréquenté Dieppe, l’une d’entre elles est particulièrement mise en valeur, dans une pièce qui lui est réservée. Ne pensant pas à l’époque vous parler d’elle, j’étais plus intéressée par les blasons qui ceignent cette rotonde. D’où une photo totalement ratée du portrait en pied de la duchesse de Berry que j’ose vous montrer.

Pourquoi l’avoir réintroduite ? me direz-vous. Eh bien, parce que j’ai découvert qu’elle adorait faire de la voile… en quelque sorte. Elle avait un côtre qui lui était réservé, le Furet, et sortait aussi souvent que possible en mer à son bord. Le voici représenté par Ambroise Louis Garneray, au large des falaises de la Côte d’Albâtre.

Une autre femme célèbre, mais moins adepte de courses marines, est venue sur cette côte. Un tableau exposé au musée figure la mésaventure qui lui est arrivée. Cela ne s’est pas passé à Dieppe, mais un peu plus au Nord, au Tréport. La reine Victoria venait rendre visite à Louis-Philippe, dans son château d’Eu. Les marins ratèrent la marée haute, nécessaire (encore aujourd’hui) pour entrer dans le port. Ils durent donc mettre à l’eau une chaloupe, puis une cabine de plage fut descendue sur le sable pour aller chercher la souveraine.

Cela en valait la peine : c’était en 1843, et la jeune reine (24 ans) venait signer l’Entente Cordiale!

Un tableau – qui n’est pas à Dieppe, je tiens à le préciser – la représente en train de visiter les tombes royales à Eu, quelques jours après cette mésaventure, au bras de Louis-Philippe.

Glisse éolienne… ou glisse au vent?

Comment faut-il traduire « windsurf »? Je déteste utiliser les mots propres à l’anglophonie, mais il faut avouer que parfois ils sont difficiles à interpréter dans notre belle langue! Si vous avez des idées, n’hésitez pas à les placer en commentaires de cet article!

En ce week-end frisquet de fin janvier, une ribambelle de papillons géants ornait le ciel changeant… je n’ai pu m’empêcher d’aller voir de plus près de quoi il s’agissait…

Eh oui, vous l’avez deviné… mais il faut dire aussi que vous avez vu le titre, ce n’était pas difficile! Les voiles de ces « windsurfs » égaient un ciel où les nuages dominent.

Ils ne sont pas seuls à jouer avec les vagues… Deux baigneuses profitent de cette fin d’après-midi pour jouir de l’eau plus que fraîche, laissant les badauds ébaubis, comme moi.

Le soleil descend doucement vers la falaise. En été, il se couche sur l’eau, donnant lieu à des spectacles dont on ne se lasse pas. Mais en cette saison, il arrive difficilement jusqu’à la jetée du phare. Il n’atteindra celui-ci que vers la Saint Valentin, comme pour un rendez-vous amoureux…

Il est temps pour les sportifs de regagner la rive, avant l’heure du couvre-feu, et ils ou elles reviennent progressivement vers la rive.

Parmi ceux-ci, une exception…

Tel le Petit Poucet, je suis les petits cailloux jonchant le sol pour trouver mon chemin…

… qui me mène vers l’équipe sportive admirée dans ses évolutions sur les flots et dans les airs…

Comme des fleurs épanouies sur un erg lointain…

Lorsque je remonte sur l’esplanade, la clé de l’énigme m’y attends… Ils ont migré depuis quelques kilomètres au Nord…

Comme un écho…

Je suis abonnée depuis bien longtemps au blog d’un poète de Nice, Gabriel Grossi. J’admire la constance avec laquelle chaque semaine au moins, et souvent chaque jour, il partage son goût de la langue française et de la poésie. Et, ce matin, je découvre un poème en prose qu’il a écrit récemment. Au-delà de la qualité littéraire, j’apprécie la voix qui résonne comme un écho à un mal-être qui s’étend, et qui, pour certain-e-s comme pour moi, se calme un peu en écoutant et regardant l’eau vivre (une pensée pour l’Eau Vive de Béart…) et en humant l’air marin. Je me permets donc – et je vais l’en prévenir – de publier ici son poème. Juste un point : pour moi, la mer n’est pas « féminine »… mais celles et ceux qui me connaissent bien pouvaient s’en douter!

Mers-les-Bains, 23 janvier 2021

Près de la mer

Lorsqu’il sent poindre en lui les assauts de la dépression, il s’en va chercher refuge près de la mer. Elle ne se lasse pas de chanter, pour lui comme pour quiconque, la même histoire de vagues et d’écume, offrant à chacun, pour rien, son spectacle de rue, ses acrobaties légères, sa danse de voiles et de tulle. Jamais elle ne refuse de donner, à qui le demande, sa vision toute féminine de l’infini. Elle est une présence qui apaise, dans le bercement du ressac et la ligne pure de l’horizon. Elle laisse, à qui veut bien les trouver, de menus lots de consolation : morceaux de verre colorés, squelettes d’oursin étoilé, fragments d’algues desséchées… Certains jours, assis sur un banc, face au vide, seul avec la mer et plus uni encore avec elle qu’un doge de Venise, il écoute sa fable mélancolique, ses plaintes caricaturales et ses cris de mouette effarouchée. Il ne lui reproche pas son emphase, non plus que ses trop longues phrases et sa grandiloquence mal placée. Il sait qu’en dépit de ses postures de cinéma, de ses airs de princesse et de son humeur fantasque, la mer est sincère. Il laisse à cette amie fidèle le soin de bercer son chagrin.

Gabriel Grossi, janvier 2021.

J 10 après N-C

Voici 10 jours, un tiers de mois, que j’ai commencé cette série de photos, une par jour, pour tenter de déjouer la morosité du confinement, soit par la dérision, l’humour et le rire (souvent jaune), soit par une quête esthétique, plus ou moins réussie. Une par jour, m’étais-je dit… Voici donc celle de ce 10 novembre, prise hier soir. Un moment à saisir : la pluie menaçait au loin tandis que le soleil qui avait permis un bain de mer le midi était en train de se coucher…

Rideau de pluie au couchant

En faisant route vers Paris entre 4 et 7 du matin, j’ai aussi pu admirer un superbe croissant de lune éclairant la campagne picarde et la vallée de la Bresle… Mais là, pas de photo possible… Je vous laisse donc imaginer…

J 7 après N-C

Rien de tel pour s’évader qu’une promenade sur les falaises. Surtout quand vient l’heure du couchant, et que celle-ci correspond à une marée presque haute, qui permet les entrées et sorties des chalutiers dans le port… Hier soir j’ai assisté à un ravissant (au sens profond du terme) ballet des bateaux. D’abord, l’entrée, alors que le soleil déclinait. Puis, la sortie, quand celui-ci commençait à disparaître progressivement…
J’ai pris des dizaines de photos, mais comme j’ai promis de n’en placer qu’une par jour…

Une pensée pour Jacques Brel… qu’aurait-il dit de ces ports silencieux?

J 3 après N-C

Chalut au Tréport (1er novembre 2020)

J’aurais pu créer une devinette, du style « Quel est cet objet mystérieux ? »

Mais vous auriez aisément deviné qu’il s’agit d’un chalut…

C’est l’époque où certains des pêcheurs du Tréport ravaudent leurs filets. Pendant la période des coquilles Saint Jacques (début octobre à fin avril), ils ont en effet modifié l’équipement des chalutiers. Et, lorsque la tempête sévit, ils mettent à profit le temps libre pour nettoyer, sécher, réparer les filets qui ne servent plus.

Alors la plateforme qui jouxte l’écluse d’entrée à l’arrière-port se transforme en un gigantesque tableau coloré… dont voilà un échantillon.