Voici peu, je vous ai parlé de Gien, où avait lieu la sortie annuelle de l’association Vanvino… Une semaine après, me voici de retour dans cette ville, pour une pause déjeuner en ce jeudi de l’Ascension, après les haltes de l’abbaye de Fleury et de Sully, objets de précédents articles.
Premier objectif : le château, que je n’avais pu voir lors de la sortie collective la semaine précédente.
Hélas, il est fermé, et je ne peux que le photographier à travers la grille.
Ainsi qu’une statue qui devrait vous aiguiller sur ce qu’il est devenu…
Eh oui! Un Musée de la Chasse, comme le présente son site officiel. L’édifice construit par Anne de Beaujeu (encore elle!) est devenu un musée. Si son histoire vous intéresse, vous la suivrez sur cette vidéo. Elle n’y habitera pas, car son époux et elle partent à Moulins avant la fin de la construction. On dit qu’il a le style « Première Renaissance française » : briques rouges et noires mêlées à la pierre de taille. Au XIXème siècle, il devient siège administratif:
« En 1823, le vicomte de Riccé, préfet du Loiret, rachète le château de Gien à la famille Feydeau de Brou pour le compte du département du Loiret. Le monument est ensuite réaménagé pour accueillir la sous-préfecture (aile Est), un tribunal (Etage) et une prison (Rez-de-chaussée et caves). La sous-préfecture et la prison resteront en place jusqu’en 1926 tandis que le tribunal ne déménagera qu’en 1962.«
Et il survivra aux bombardements des Allemands les 15 et 16 juin 1940, qui détruiront une grande partie de la ville.
Cette année, il abrite des hôtes étonnants…
Une affiche péda (ou andra?) gogique explique ce qui s’est produit, concernant le pont.
Décidément, pas de chances pour les visites ce jour : à l’église, d’abord une fin de messe, puis un baptême… Je ne puis la voir que de l’extérieur. Mais pas trop chagrinée de ce contretemps, car elle est résolument « moderne ». Il reste à admirer le paysage vu de la colline sur laquelle se situent château et église.
Pas de visite, mais finalement sans regret : c’est l’heure du pique-nique! En zoomant, vous pouvez voir cohabiter Hauts-de-France et Loire!
Une vraie chance : une guinguette en bord de Loire est fermée, et nous profitons honteusement de ses installations avec une jolie vue sur le fleuve…
Mais il faut repartir, il reste bien des kilomètres jusqu’à la destination, Nice!
Pour revoir l’ensemble du trajet, une carte avec son tracé…
Quittons la belle abbaye de Fleury, alias Saint-Benoît-sur-Loire, pour continuer notre route en longeant au maximum ce fleuve qui m’inspire tant, peut-être en raison des souvenirs littéraires qu’il réveille… Nouveau détour, cette fois pour un château. Qui est moins connu que Chambord, Chenonceau (soit dit en passant, comme j’avais un doute sur l’orthographe, avec ou sans x, je me suis rendu compte que le château ne prend pas de x alors qu’il y en a un en finale du bourg… je suis donc allée rechercher…
« Alors que le village de Chenonceaux s’écrit avec un « x » à la fin, le château, lui, n’en prend pas. Pourquoi ? À cette question fort légitime, aucune réponse pleinement satisfaisante ne peut être apportée.Quelques documents anciens montrent des variations orthographiques, tant pour la commune que pour le château. Parmi les hypothèses avancées, Catherine de Médicis aurait souhaité s’installer à Chenonceau (sans « x ») pour marquer la différence royale par rapport au village.«
« Les documents en possession de la Mairie font toutefois état du décès de madame Dupin, propriétaire du château au moment de la Révolution française et protectrice du philosophe Jean-Jacques Rousseau « en son château de Chenonceaux ».
Mignonne, non, la « protectrice »? Et qui plus est, intelligente et cultivée, Louise Dupin. Elle tenait un brillant salon littéraire. Et en plus, féministe! Ce qui entretient : elle vécut 93 ans!
Certes, elle n’était peut-être plus aussi jolie…
Même chose en ce qui concerne monsieur le Comte de Villeneuve, chambellan de Napoléon III, « décédé en son château de Chenonceaux ».) et d’autres, mais qui en impose par sa construction de type plus « médiévale ».
Vous en savez maintenant autant que moi sur cette question, grâce au site officiel du village abritant le château qui m’a tant séduite dans mon enfance… Mais revenons à Sully. Dont le nom doit vous rappeler quelqu’un! Connaissez-vous son nom de naissance, avant qu’il ne devienne Duc de Sully, ami d’Henri IV et homme politique influent ? Maximilien de Béthune… qui, soit dit en passant, n’était pas né dans le « Ch’Nord », mais à Rosny-sur-Seine, près de Mantes-la-Jolie, en 1559, et qui mourra aux confins de la Beauce et du Perche 72 ans plus tard. Alors, me direz-vous, quels liens avec le château?
« En 1602 Maximilien de Béthune entre en possession du château en achetant à Claude de La Trémoille la baronnie de Sully-sur-Loire qui est érigée en sa faveur en duché-pairie en 1606, faisant du futur grand Sully le premier duc du nom. Entre 1602 et 1607, ce dernier transforme le château à son usage, édifiant également un parc. »
N’attendez pas de moi que je vous narre toute l’histoire de cet édifice, à partir de 1102, mais surtout à compter de 1395. Juste une estampe en passant, empruntée au site du château. Il a encore l’aile aux tours couronnées qui sera abattue à la Révolution.
Vous voulez comparer? C’est à vous pour le jeu des 7 erreurs… si vous en trouvez 7!
Continuons donc à contourner le château. A l’angle, la Tour d’Artillerie, que Maximilien va faire construire en 1606 pour renforcer la défense de l’édifice face à la ville.
Je suis particulièrement séduite par l’eau, comme mes fidèles lecteurs/trices le savent, et ici, je suis gâtée.
Car non seulement il jouxte la Loire, mais en outre, il est ceint de fossés et canaux, véritable paradis pour les lentilles d’eau.
Et si les oiseaux semblent tranquilles, ainsi que les nombreux batraciens qui coassent en une joyeuse cacophonie, il n’en est pas de même des poissons, comme en témoigne l’imposant matériel de ces pêcheurs invisibles.
Après la pause « petit-déjeuner » au bord de l’Etang de Saint Hubert, la voiture a filé jusqu’à Orléans, puis continué sur une petite route en bord de Loire. Quand tout à coup un édifice, dans le lointain, attire mon attention.
Vite, un petit détour pour interrompre cette course vers le Grand Sud… Et c’est ainsi que j’ai découvert Saint-Benoît-sur-Loire et son abbaye. Le nom du village vous aide à deviner quel ordre s’est installé ici? Les Bénédictins, bien évidemment. Voici ce qui est dit de sa fondation sur le site officiel de l’abbaye.
« La première mention d’un monastère vivant sous la Règle de saint Benoît apparaît en Gaule vers 620 dans une lettre adressée à l’Evêque d’Albi par l’abbé d’un monastère proche de Castres. Peu après, quelques moines s’établissent sur la rive nord de la Loire, à 30 km en amont d’Orléans, sur une petite butte proche du village de Fleury, et y construisent une église dédiée à Notre Dame, tandis qu’une seconde colonie de moines s’installe à une centaine de mètres plus loin, autour d’une église Saint-Pierre. A cette époque ces communautés ne vivent pas encore sous la règle de saint Benoît, mais sous celle d’un autre grand fondateur, saint Colomban. Les deux communautés ne tardent pas à fusionner et le monastère est désormais connu sous le nom de Saint-Pierre de Fleury. »
Mais c’est du XIème siècle que datent la tour-porche et la basilique telle que j’ai pu la voir, et hélas pas visiter, car c’était l’office de l’Ascension, en ce jeudi éponyme.
J’ai cependant pu prendre « à la sauvette » une photo de la nef, pour vous donner un aperçu de l’imposante taille de la nef et de son architecture.
Qui plus est, impossible de prendre des photos de l’extérieur, car tout est en travaux!
Vous devrez donc, comme moi, vous contenter de la présentation sur borne…
… Mais il me fut quand même possible de photographier un chapiteau du porche.
Une belle halte malgré tout, sous un soleil radieux dont profitaient visiblement les cyclistes…
Je vous ai laissé-e-s hier à la porte de la faïencerie et de son musée. Je vous propose aujourd’hui d’entrer dans le second… Un tout petit musée, où étonnamment de petites pièces sont présentées derrière des grillages, tandis que de belles grandes risquent à tout moment d’être abîmées par les visiteur-e-s!
Si vous avez besoin d’un petit rappel sur la différence entre poterie, faïence, porcelaine et autre céramique, voici qui devrait vous aider…
Je ne cherche pas à vous mettre de la poudre aux yeux, mais il faut bien avouer que tout part de là…
… jusqu’au moment où l’oeuvre sort de sa gangue…
Les photos qui précèdent ont été prises à l’entrée du musée, où un petit recoin semble destiné à accueillir des apprenant-e-s de tout âge. Le reste du bâtiment comporte deux petits étages, qui abritent les collections. En entrant, une invitation à la convivialité…
J’ai sélectionné pour vous, parmi toutes mes photos, quelques pièces qui m’ont séduite et/ou intéressée. Et pour commencer, en hommage à l’auteur d’Un Jour Un Tableau, dans la série « laveuses »…
J’ai été pour ma part étonnée par l’aspect ludique de certaines pièces!
Beaucoup d’animaux, pour orner une belle vaisselle ou des vases élancés…
Les vases prennent des formes diverses, et les motifs en sont tout autant variés.
Récapitulons : des assiettes, des plats, des vases et autres petits accessoires de table… Des paysages, des fleurs, des animaux, des angelots… Quoi d’autre? Impossible de vous décrire la diversité, autrement que par quelques exemples…
La variété est telle qu’elle a permis d’en faire un abécédaire dans une salle. En voici un extrait, avec la lettre E comme « encriers »…
On trouve aussi des pièces de taille impressionnante, comme ces vases bien plus hauts que moi, au point que je n’ai pas réussi à les prendre intégralement!
La visite se termine par une frise où est représentée l’histoire de la faïencerie. Mais c’est une autre histoire… et je termine celle-ci par une note d’humour si vous le permettez…
J’étais déjà allée à Gien, où le camping en bord de Loire m’avait séduite, mais jamais je n’avais eu le temps d’aller visiter la faïencerie… J’ai donc trouvé excellente l’idée des organisatrices de la sortie oenologique précédemment narrée : compléter la visite du Domaine Couet par une autre découverte, à savoir la faïencerie de Gien. Le temps splendide me poussa à compléter celle-ci par une petite balade solitaire en bord de Loire, celle-ci étant toute proche, comme vous pouvez le voir sur le plan ci-dessous.
Vous avez peut-être remarqué qu’une grande surface jouxte le musée… Il faut se reporter à l’époque où une autre marque, évoquant les mastodontes de la Préhistoire, achetait des terrains pour construire les premiers hypermarchés… Elle a ainsi détruit une grande partie de ce qui fut un des joyaux de l’industrie génoise…
Le triangle rouge que j’ai tracé maladroitement sur la photo correspond à toute la partie qui a disparu, pour laisser place à un affreux parking et à un non moins affreux magasin… Car la faïencerie a subi bien des déboires, comme il est expliqué sur son site officiel, qui qualifie de « parenthèse » la période 1918-1984. Une bien longue « parenthèse » pour une entreprise née en 1821. Et qui elle-même avait causé la destruction d’une maladrerie (source)
Et celle d’un couvent, celui des Minimes, fondé par Anne de Beaujeu. Avez-vous besoin d’un petit rappel historique? Anne de France, née en 1461, était la fille aînée de Louis XI, devenue de Beaujeu par son mariage avec Pierre. Mariage célèbre, car précoce : elle n’avait que 12 ans alors que son époux en avait déjà 35 (mais il faut dire que son précédent fiancé, Nicolas de Lorraine, était mort en juillet de la même année ! Précoce aussi, son accession à de hautes fonctions : elle n’avait que 22 ans quand son père est décédé. Comme son frère était encore plus jeune, elle devint « régente du royaume » pendant 8 ans. Elle était née dans les Pays-Bas bourguignons, mais c’est au centre de notre France actuelle qu’elle passa la majeure partie de sa vie. Lisez le récit de celle-ci, vous n’en reviendrez pas… Une série de négociations, d’expansion de territoires, de stratégies en tout genre. Et c’est une autre Anne qui va l’écarter du pouvoir : elle avait marié son frère à Anne de Bretagne pour agrandir le royaume, mais celle-ci lui en voulut d’avoir mis fin à l’indépendance de la Breizh!
La voici représentée sur un triptyque peint par « le Maître de Moulins », Jean Hey, en 1502 (à genoux, à droite). (Source)
Excusez-moi pour ce détour, mais il permet de comprendre l’histoire du couvent détruit par celui qui n’écrasait pas que les prix!
Anne avait eu un fils en 1476, alors qu’elle n’avait que 15 ans. Mais elle dut attendre la même durée pour accoucher enfin d’une fille, en 1491. Ce serait pour remercier le ciel qu’elle aurait fait construire le couvent concerné. Pourquoi les Minimes? Ce serait grâce à l’intercession de François de Paule que Dieu lui aurait accordé la joie d’enfanter à nouveau, à 30 ans… Un thaumaturge qui n’avait pas réussi à sauver son père.
« Depuis 1478, Louis XI est malade et semble avoir été victime d’un accident vasculaire cérébral, son corps le fait souffrir et il survit dans la terreur de sa fin prochaine. C’est alors qu’il entend parler des miracles accomplis par l’ermite de Calabre, François de Paule, créateur de l’ordre mendiant et pénitent des Minimes.…
François de Paule pria le roi d’accepter sa mort prochaine contre laquelle il ne pouvait rien, mais peut-être obtiendrait-il son salut. Les deux hommes furent inséparables alors que Louis XI passera ses « avant-derniers moments » à Gien, comme en témoigne sa nombreuse correspondance. Il décéda auprès du saint homme au château de Plessis-lèz-Tours le 30 août 1483, remettant son âme à Notre Dame d’Embrun.…
Si Anne de Beaujeu, aussi duchesse de Bourbon habitait le plus souvent au château de Moulins, elle résidait également à Gien et y invitait François de Paule. » (récit et plan tirés de ce site consacré aux Minimes).
La construction dura 4 ans, et le couvent des Minimes fut inauguré en 1498.
Il ne reste de ce couvent que la chapelle… Je ne l’ai pas vue, car elle est cachée derrière le grand magasin actuel.
Est-ce qu’il avait fallu détruire autre chose pour construire les divers bâtiments du couvent? L’histoire ne le dit pas…
Voici donc, habilement cadrée pour que vous ne subissiez pas la vue du magasin et du parking, la vue extérieure du musée que je vous présenterai dans un prochain article.
Le Génois n’est pas un coin d’Italie (sinon il aurait un accent circonflexe), mais un joli coin de la Loire, autour de Gien (sans S, sinon ce serait au bord de la Méditerranée!), non loin de Cosnes-sur-Loire (voir la carte dans l’article précédent, sur la famille de vignerons). Une région viticole, avec une appellation générique « Vins du Génois » et des crus connus, tel le Pouilly Fumé. Dont j’ai appris au fil du temps qu’il ne fallait pas le confondre avec le Pouilly Fuissé, cru de Bourgogne.
Si l’histoire de ce vin et de sa dénomination vous intéresse, vous pouvez vous reporter à ce site : https://www.pouilly-fume.com/histoire/. Je vous résume : Pouilly est un terme hybride, alliant le latin « Paulus » et le gaulois « accus ». Cela signifie « le domaine de Paulus ».
« Vers 680, l’évêque Vigile lègue par testament, à l’abbaye Notre‐Dame‐ d’Auxerre, son domaine de Pouilly, ‐Pauliaca villa‐ « avec ses vignes ». »
Et comme souvent, on trouve des moines dans l’histoire… En l’occurrence, des Bénédictins.
Ils ont même racheté le domaine au seigneur, ruiné par le coût des croisades!
« Le fief de Pouilly fut cédé aux Bénédictins de La Charité pour la somme de « 3 100 sous et un marc d’argent ». Enfin, autre influence monastique, celle des Chartreux de Bellary installés en 1209.«
Je vous passe de nombreux épisodes, dont celui du phylloxera en 1890, pour passer directement à 1937, date à laquelle deux AOC furent obtenus : Pouilly-sur-Loire pour le cépage chasselas et Blanc‐Fumé de Pouilly ou Pouilly Fumé pour le cépage sauvignon. Et « Fuissé », me direz-vous?
« L’appellation Pouilly Fumé est originaire de la commune de Pouilly-sur-Loire appartenant au vignoble de la Vallée de la Loire, tandis que le Pouilly Fuissé est issu de la commune Solutré-Pouilly appartenant au vignoble de Bourgogne localisé en Saône-et-Loire. »
Solutré, cela doit vous évoquer quelqu’un? Oui, on n’est pas loin de Mâcon…
Voici une carte des Côteaux du Gienois, empruntée au site de l’Office du Tourisme de Gien, sur laquelle j’ai encadré, en vert, le domaine Couet, dont je vous ai parlé précédemment, en bleu, Myennes, où s’est effectuée la pause déjeuner, et, en jaune, Gien, dont je vous parlerai dans un autre article…
Revenons maintenant au Domaine Couet, où la famille cultive, plante, récolte, mais aussi produit ses vins, dont, vous l’avez deviné, du Pouilly Fumé… Je me réfère encore au site qui lui est consacré.
« Beaucoup d’explications différentes gravitent autour de l’origine du qualificatif « Fumé », porté par notre vin. Parmi elles, deux ressortent davantage : l’une liée au cépage, l’autre au terroir.
À leur maturité, les grains de Blanc Fumé (synonyme reconnu du Sauvignon blanc) sont recouverts d’une légère pruine grise donnant l’illusion d’un voile de fumée.
Le qualificatif « Fumé » se rapporte également à ce « fumet » inimitable de « pierre à fusil » qui se dégage lors de frottement de silex, terroir d’exception de notre appellation.«
Je vous passerai toutes les étapes de la vinification, dont la « malo » sur les rouges (pas sur les blancs, que l’on « consomme sur la jeunesse » – dixit notre hôte – et c’est en photos que vous participerez à la découverte des caves, et d’abord des cuves…
Vous ne verrez pas le vin « enterré » (et pour cause!), environ 10 à 15000 litres. Vous ne verrez pas non plus l’autre cave, située à Fontaine… désolée! mais je ne l’ai pas vue non plus!
Puis je passe directement à l’embouteillage, la pose des étiquettes, avec un matériel très « in »… ce qui se comprend, car Emmanuel nous a informé-e-s que le Domaine vendait 50 à 60000 bouteilles par ans, souvent à des clients qui se passent l’adresse de génération à génération…
Pour certains pays étrangers, pas de taxes (de leur vrai nom « accises ») comme en France; donc pas de « mariannes ».
Non, je ne parle pas de la statue présente dans chaque mairie, mais de la capsule qui couvre le bouchon. Une petite parenthèse à ce sujet, pour celles et ceux qui veulent en savoir davantage?
« Vert : Réservé aux vins tranquilles, sans bulles, ainsi qu’aux mousseux. Il est associé aux Vins de Qualité Produits dans des Régions Déterminées (VQPRD), tels que les vins d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC), par exemple.
Bleu : Cette couleur est attribuée aux vins de pays et/ou aux vins de table.
Rouge lie-de-vin : depuis 2011, le rouge lie-de-vin remplace indistinctement les capsules vertes et bleues. Ce code couleur peut donc être utilisé pour les vins en AOC. Toutefois, cette règle ne s’applique pas aux AOC Champagne et aux AOC Vin Doux Naturels.
Orange : Cette catégorie englobe les vins doux naturels, qui ont subi un arrêt de fermentation pour conserver le sucre du vin. Les vins de liqueur utilisent également cette capsule.
Jaune : Réservé au Cognac et à l’Armagnac.
Rouge : Spécifique au Rhum traditionnel des DOM.
Gris : Indique les produits intermédiaires tels que le Ratafia.
Blanc : Tous les autres alcools portent cette couleur. »
A ce propos, savez-vous qu’elle n’est plus obligatoire depuis six ans, bien que l’on continue à l’apposer?
« La fameuse capsule, aussi appelée marianne, posée sur les bouchons de bouteille de vin a beau ne plus obligatoire depuis le 1er juin 2019, elle est encore souvent présente sur nos flacons. La CRD, capsule représentative des droits, est apposée sur la coiffe de la bouteille afin d’attester du paiement des accises liées à l’alcool en France. Elle sert ainsi à identifier et suivre la bouteille de vin. Après une phase de consultation des professionnels du milieu engagée en 2017, il a été décidé de la rendre facultative. Désormais, les opérateurs de la filière ont le choix d’apposer une capsule ou d’utiliser un des autres titres assurant la traçabilité du vin. » (source)
Le temps est venu de cesser la visite, la dégustation nous permet de découvrir 6 des crus du vigneron…
dont les cuvées Edouard et Diane, du nom de ses enfants…
Devinez pourquoi l’autocar était plus lourd au retour qu’à l’aller ?
En ce samedi de mai, direction la Loire. En autocar, fait rarissime pour moi. Avec l’association qui nous permet de découvrir l’oenologie, Vanvino.
Pour y visiter une exploitation viticole, à Croquant (ça ne s’invente pas!), hameau de Saint-Père (ça non plus, à quelques temps de l’élection au Vatican!). Si vous ne situez pas cela, pas de soucis : c’est près de Cosnes-sur-Loire.
Après deux heures de route environ, nous parvenons au Domaine Couet, que nous sommes venu-e-s découvrir.
Ce n’est pas un domaine que j’y ai visité, mais une famille que j’ai découverte, au travers des récits d’Emmanuel Couet, qui nous a reçu avec l’aide de son épouse et de ses enfants, Edouard et Diane. Je me propose de vous retracer rapidement ici ce que j’ai retenu de ses confidences. Descendant direct d’une famille de vignerons, il a repris l’exploitation de son père, maintenant octogénaire, qui continue à l’aider activement.
Notre hôte nous a ainsi appris qu’autrefois les viticulteurs du coin diversifiaient leur activité. Ses grands-parents étaient à la fois éleveurs, agriculteurs et viticulteurs. A présent, ce n’est plus guère possible, d’après lui, en raison du coût des matériels nécessaires. Il se consacre désormais uniquement à la vigne et au vin. A une exception près : un gîte est désormais exploité.
La veille de sa naissance, le 13 octobre 1976, sa mère vendangeait encore… Au passage, il nous fait remarquer à quel point le climat a changé : désormais, on vendange en septembre, quand ce n’est pas fin août (le 24) comme en 2011… et, cette année, ce devrait être le 8 septembre si l’on en croit l’expérience qui veut que l’on compte « 100 jours après la fleur ». Or la floraison a déjà commencé!
Edouard, qui a 11 ans, suit son père, et s’intéresse aussi bien à la viticulture qu’aux loisirs offerts par la nature : chasse et pêche, passions de son grand-père… Il tient déjà des discours experts sur la vigne, et ne manque pas d’humour…
Emmanuel s’est marié tardivement (selon ses dires!), cela fait seulement 12 ans. Son épouse, qui a entre autres été comptable à Paris, l’épaule visiblement beaucoup, en le libérant de l’administratif, de la comptabilité, et des aspects commerciaux. C’est elle aussi qui a préparé pour le groupe de beaux plateaux de charcuterie et fromage pour accompagner la dégustation. Et qui dresse les tables avec ses deux enfants. Qui encaisse les achats, et sera là aussi pour la livraison le midi, à Myennes, des cartons de vins achetés…
Il n’hésite pas à nous parler de sa vie, et en explique joies et difficultés sans détours. La viticulture est soumise aux aléas climatiques et, depuis quelques années, ceux-ci sont nombreux, et les surprises parfois dures à supporter. Ce fut le cas l’an dernier. 2023 a été marquée par une surabondance de pluie… Le sol n’absorbait plus l’eau. Et le mildiou s’en est mêlé! Seuls les ceps plantés sur des coteaux ont pu échapper un peu à la catastrophe, grâce au ruissellement. Cette année, c’est le contraire. Voilà deux mois qu’il n’a pratiquement pas plu… Il se remémore ce qu’il appelle les « millésimes difficiles ». 2004, avec un mois de septembre « pourri ». Or c’est le mois avant les vendanges qui « fait la maturité ». Il y a eu des années « sans récolte ». 2016, à cause d’une « gelée noire ». Comme en 1991. En 1961, il a même gelé en juin, le jour de la fête du village! En 2000, c’est la grêle qui a détruit entre 95 et 98% des récoltes. Depuis, la famille a souscrit une assurance, car ce n’est pas seulement l’année de la grêle qui est concernée : les dégâts perdurent pendant deux ans. Ils ont aussi installé deux éoliennes dans les vignes de Pouilly pour « brasser l’air » : « parfois on gagne 1 degré » sur un rayon de 100 à 150 mètres autour de l’engin.
Une autre difficulté, partagée par tout le secteur, provient du manque de main d’oeuvre, qui pousse à faire venir des saisonniers étrangers, en passant par des sociétés spécialisées. Mais il faut les loger, ce n’est pas toujours simple! Et fidéliser quelques salarié-e-s à l’année est une gageure, semble-t-il.
C’est ainsi que les trois générations de la famille Couet continuent à oeuvrer sur leurs terres, malgré les incertitudes de l’avenir…
Voilà qui est bien prétentieux pour la Béotienne que je suis… prétendre parler d’oenologie ! Mais je vous l’avais promis : après vous avoir parlé de la famille de viticulteurs, avoir essayé de comprendre qu’une perruche pouvait ne pas être un oiseau et que la musique pouvait peut-être tuer des champignons et bactéries, il est temps de passer aux choses sérieuses, issues de ces plants qu’on cultive avec soin et protège des nuisibles : le vin. Vous vous souvenez des mots de la prêtresse Bacbuc, gardienne de la Dive Bouteille, dans le Cinquième Livre de Gargantua ?
«Sachez, mes amis, que par le vin divin on devient, et qu’il n’y a pas d’argument aussi sûr, ni d’art de divination moins fallacieux. Vos Académiciens l’affirment, en expliquant l’étymologie du mot vin, dont ils disent que le grec oinos équivaut à vis, la force, la puissance, en latin. Car le vin a le pouvoir de remplir l’âme de toute vérité, de tout savoir et de toute philosophie.»
J’avais repéré dans l’entrée une bouteille dont le nom m’intriguait : je connaissais celle d’Orléans, mais pas celle de Romorantin, et j’avais hâte de goûter ce breuvage.
Les verres sont prêts, le « crachoir » aussi…
On nous distribue la carte, avec le prix des vins. Je repère tout de suite que la ligne « Pucelle » reste bien vierge…
Le Maître de céans explique qu’il va nous présenter les blancs en premier, avant d’en arriver aux rouges. Et la dégustation commence.
Vous observerez que les photos ont des formes bizarres… J’ai dû « jongler » pour retirer toute figure humaine, pour cause de droit à l’image, comme vous le savez. Ce qui donne des formats étranges comme celui-ci, où l’on devine quand même le geste de Ganymède.
Notre échanson nous a fait goûter successivement 7 vins. 7, « mon » chiffre… Voici un échantillon des bouteilles après dégustation, soigneusement classées par ordre.
Les vins présentés dans l’ordre de leur dégustation
Alors que je veux saisir le carnet sur lequel j’ai pris des notes, je m’aperçois que je l’ai oublié dans la maison où je me trouvais ce week-end… Je vais donc « sauter » le passage qui devait être basée sur la prise de notes de l’apprentie consciencieuse que je suis, pour aller directement à la fin de cet article, et vous devrez vous contenter des commentaires sur le dos des bouteilles, le site du Domaine ou les sites spécialisés.
Je ne suis pas spécialiste, mais je sais que je n’apprécie guère les vins du Val de Loire. Seuls de bons Sancerre blancs et quelques rares Chinon rouges ont jusqu’à présent trouvé grâce à mes yeux. La dégustation a confirmé ces choix. Alors que tout le monde s’extasiait sur certains crus, et notamment le Chenin, je restais de marbre. Un petit jeu de notation comparative a démontré que j’étais totalement nulle, voire en opposition absolue avec les connaisseurs/euses qui m’entouraient, et les expert-e-s du Club Vanvino qui nous avaient convié-e-s en ces lieux.
J’aurais dû assister à leurs séances d’oenologie avant! Mais il n’y avait plus de place lorsque j’ai voulu m’inscrire en septembre dernier. C’est dire si elles et il ont du succès!
Par contre, vous l’avez sans doute déjà deviné, on ne nous a pas fait goûter LE vin que j’espérais. Alors… j’en ai acheté, pour pouvoir le taster en toute tranquillité. Comme ce n’est point encore fait, je ne puis vous dire ce qu’il en est. Mais, promis, je le ferai !