Une Irlande colorée

J’eusse pu tout aussi bien intituler cet article « Une Irlandaise coloriste »! Car c’est d’une peintre qu’il s’agit, peintre que j’ai découverte récemment, en découvrant un de ses tableaux, tout à fait fortuitement.

Et j’ai aimé.

D’où ce petit article à son sujet, pour le cas où certain-e-s partageraient mes goûts picturaux.

Oh! rien à voir avec les Grands, ni les Grandes. Mais oser à ce point faire cohabiter des couleurs vives pour représenter son pays… Voilà qui m’a séduite.

D’abord, le tableau en question.

Vera Gaffney Art |Irish Artist |Limited edition print artwork

Et un autre, intitulé « Sligo Wave »

La mer est un de ses thèmes préférés, mais elle peint également des paysages irlandais, comme celui-ci, où elle reprend un autre de ses sujets favoris, les fleurs.

Vera Gaffney - Foxford Way | Quadros

Toute une série « lune » m’a quelque peu questionnée. En effet, j’aime beaucoup l’abstrait de ces tableaux, mais moins la taille de la « lune » dans chacun d’entre eux…

Vera Gaffney (20th/21st Century) 'Lun No Lae

A vous de me dire ce que vous en pensez?

Alors que j’avais déjà posté cet article, un lecteur attentif me fait remarquer qu’il manque… Le nom de l’artiste! Quelle étourdie fais-je! Le voici donc : Véra Gaffney. Son site est ici, et vous pourrez trouver d’autres tableaux sur des sites de galeries, comme celle-ci, située à Dublin..

Un jour, un tableau

Celles et ceux qui me suivent savent qu’il y a eu un long silence de ma part, et que je suis depuis quelques temps moins régulière qu’avant. Une explication en est que je ne parviens plus à modifier les « widgets » qui me permettaient les « actualités »… et celles-ci sont restées bloquées en juillet, ce qui m’a découragée, et donc démotivée.
Par contre, il est quelqu’un qui ne se décourage visiblement jamais, et qui continue à nous nourrir d’art quotidiennement.
Je tiens donc à lui rendre hommage ici, car c’est un vrai bonheur que de se plonger dans les images qu’il choisit avec soin pour nous faire voyager, rêver, penser, jouir de l’esthétisme ou de la recherche picturale… quand ce n’est pas de la « naïveté »…

Merci donc à l’auteur de Un jour, un tableau, qui nous offre le Monde…

Moi qui déteste Facebook… Il me contraint à m’y rendre, mais dans un objectif bien agréable…

Et merci aussi des échos que cela crée, pour mon modeste blog. Je viens d’y retrouver les goémoniers… J’en étais sûre!

Mais il continue aussi à suivre mes fils d’Ariane… Comme avec ce tableau sur les femmes au lavoir, à Concarneau… qui évoque la série « lessive » du confinement dur… ou encore ce qui a trait à la couture., comme celui qui m’a fait découvrir une peintre finlandaise, Helene Schjerfbeck. En voici un autre, que j’apprécie…

Encore un ?

Si vous souhaitez la connaître davantage, lisez ceci.

Décidément, j’aime beaucoup la peinture des pays scandinaves, si dépouillée mais si riche…

Outre la Beauté, la Quête et les traces des fantasmes des peintres (voir les chevelures, les seins et les nuques!), il est un autre aspect qui saute aux yeux en feuilletant cette extraordinaire collection de tableaux, et que certains commentaires d’ailleurs soulignent : c’est l’aspect ethnographique. Que de scènes, que de détails, nous en apprennent plus sur certaines coutumes ou sur le quotidien des pays et des peuples que ne le feraient des textes ou documentaires! Car c’est aussi le regard de l’artiste sur ces us et sur le vécu… Par exemple, les toiles de cet artiste polonais, dont voici un autre exemple.

Wiktor Chrzanowski

Qu’est-ce qui relève du « reportage »? Et qu’est-ce qui est « souvenir »? voire « interprétation »? voire « rêve »? Peu importe… c’est ça, la poïesis!

Je ne puis m’empêcher, pour (ne pas) finir, de « voler » un tableau, tant il me semble extra-ordinaire, lui qui montre l’ordinaire… En ce temps du souvenir des mort-e-s, ce sera mon hommage à celles qui nous ont précédé-e-s…

Fierté d’une mère – Nikol Schattenstein (Lituanie 1877-1954 USA)

Obsolescence non programmée

Il est des mots comme des hommes : certains deviennent grabataires. Ils ne sont pas comme les objets techniques actuelles : leur obsolescence n’est pas programmée. Non, elle survient sans que l’on ne sache comment ni pourquoi. Ils ne sont plus exploités, utilisés, modifiés, ils n’évoluent plus. Pire, ils tendent à disparaître de notre belle langue. On pourrait penser : « Normal, il en est d’autres qui ont la même signification ». Mais non. Pas toujours. Celui dont j’ai envie de vous parler ce matin est de ceux qui n’ont pas vraiment de synonymes. On pourrait faire remarquer : « Normal, il est trop difficile à écrire » ou encore « à prononcer » ou encore « à mémoriser ». Mais non. L’objet de cet article est simple. A écrire, prononcer et mémoriser. Alors, pourquoi est-il enterré vivant ?

Hier soir, dans une conversation anodine avec mes convives, il a surgi au détour d’une phrase, prononcé par un ami qui aime les belles-lettres (encore une expression grabataire!). « Ingambe ».

Je l’ai aussitôt repris. Avec délectation. « Ingambe ».

Et j’ai vu renaître des « vieillards » d’autrefois, de naguère comme de jadis. Gambadants, allègres, par monts et par vaux. Vous vous souvenez de Georges Hautecourt dans Les Aristochats ?

Qui, soit dit en passant, me fait penser à Voltaire… Etait-il ingambe, notre cher François-Marie ? En tout cas, Jean-Baptiste Pigalle y a pensé avant moi…

Voltaire nu ou le Vieillard Idéal, Pigalle

Bien sûr, on en arrive à ce petit village breton, vous savez, celui qui osa résister au grand César? Et à l’un de ses habitants, plus ingambe que quiconque…

Pas de femmes ingambes? Mais si, j’en ai trouvé! Dans l’article « Funambules » de l’Encyclopedia Universalis. Il y est question d’une funambule qui se produisait encore à 80 ans. Elle dansait sur la corde, cette Madame Saqué!

Ce mot fait la nique à l’âgisme!

Vous ne vous en souvenez pas, vous non plus? Mais si… faites un effort. « Gambadant », vous avez compris ? Et vous connaissez « in », le contraire de « out »… Vous avez même peut-être utilisé le joli terme « gambettes »… ou l’expression plus rare « être en jambes »… Voilà. Vous y êtes! Allons le chercher chez un autre vieux coproduit par une bande de vieux…

Tout en bas, à gauche, sur cette page du Dictionnaire de l’Académie Française

Si vous ne parvenez pas à lire, je recopie pour vous :  » Léger, dispo, alerte. Il n’est que du styke familier« . Allons donc, moi qui le trouvait plutôt aristocratique, le voici réduit au rang de vulgaire!

La dernière attestation que j’en ai trouvée, lors de mes premières recherches sur le net, se trouve dans une oeuvre littéraire est due à… un Américain. Certes, parfaitement bilingue, puisqu’il devint le premier membre étranger de l’Académie Française, après avoir refusé l’offre de Pompidou de lui attribuer la nationalité française : Julian Hartridge Green, dans son oeuvre « fleuve », son Journal (19 volumes, Roger Martin du Gard est largement distancié!), l’utilise pour décrire la démarche d’un de ses personnages.

« Je regarde marcher la vieille. Elle est intéressante; elle ne titube pas, au contraire, elle danse un peu, elle est ingambe, c’est une alerte pocharde » (Green, Journal,1948, p. 219).

Mais, depuis, j’en ai découvert une plus récente. La citation de ce terme est aussi le fait d’un étranger d’origine. Jorge Semprun, dans son oeuvre « Exercices de survie« . Au fait, la connaissez-vous? Voici un extrait de la quatrième de couverture.

« J’étais dans la pénombre lambrissée, discrètement propice, du bar du Lutetia, quasiment désert. Mais ce n’était pas l’heure ; je veux dire, l’heure d’y être en foule, l’heure d’y être attendu ou d’y attendre quelqu’un. D’ailleurs, je n’attendais personne. J’y étais entré pour évoquer à l’aise quelques fantômes du passé. Dont le mien, probablement : jeune fantôme disponible du vieil écrivain que j’étais devenu.
J’avais tout juste le désir d’éprouver mon existence, de la mettre à l’épreuve

Jorge Semprun Mora est espagnol, lui. Après l’Américain, voici un Espagnol qui remet sur pied notre grabataire.

 » D’abord, tous les Polonais rassemblés étaient jeunes, ingambes, apparemment en bonne santé. Les chefs de la communauté polonaise avaient abandonné derrière eux les vieillards, les malades, les naufragés. — (Jorge Semprún, Exercices de survie, 2012, p. 120) »

Je vous laisse la parole, si vous trouvez plus récent. Et vous propose un défi : faire revivre le mot. Si vous l’employez, le prononcez, l’écrivez, le diffusez sur les réseaux sociaux, revivra-t-il? Retrouvera-t-il sa place, « in gambe« , « sur ses jambes »?

Lorsque j’entendis ce mot, je pensai immédiatement à un instrument dont le nom m’a souvent interpellée : « viole de gambe ». Mais quel rapport entre les deux? Et d’abord, y a-t-il un rapport?

Eh oui, il en est un : la « viola da gamba » se différencie de la « viola da bracchio », tout simplement parce qu’elle se pose sur un genou ou entre les genoux, donc contre la ou les jambes, alors que la seconde se tient « à bras ». Regardez le tableau de Mathias Grünewald (vous savez, celui pour qui Paul Hindemith composa une symphonie en 1934 – j’y reviendrai peut-être un jour, car l’oeuvre a fait couler beaucoup d’encre)… on boucle en revenant à la musique! car notez que le tableau est présenté en fond de la page). Au premier rang, elle est « da gamba ». Au deuxième, « da braccio »…

Image illustrative de l’article Viola da braccio
Extrait du retable d’Issenheim, Mathias Grünewald

… et si vous voulez en savoir davantage sur cet instrument, suivez les explications de Myriam Rignol, violiste de l’un de mes ensembles préférés, les Arts Florissants.

Joueuse de viole de gambe, Bernardo Strozzi (source)

Une infinie palette de bleus

Suite au commentaire fait par un des fidèles lecteurs de ce blog, je suis allée re-voir les peintures de Rothko. J’avoue ne jamais avoir observé combien cet artiste avait décliné une infinité de bleus, allant du gris-bleu très pâle, presque blanc, au bleu violet qui évoque une des épithètes homériques qui associait la mer au « vin », voire à la vinasse… Car les Anciens Grecs ne « voyaient » pas la mer « bleue », ce qui est un comble pour nous, actuels Européens, qui associons la Méditerranée à cette couleur.

« … dans les épopées homériques, la mer n’est pas bleue. Le grand large est semblable au vin (οἶνοψ) ou à la violette (ἰοειδής) ; ses flots sont tour à tour empourprés (πορφύρεος), noirs ou sombres (μέλας, κελαινός) ; le rivage et le flot agité d’écume blanchissent et deviennent gris (πολιός). Ce n’est que dans un poème de Bacchylide, à la fin de l’époque archaïque, que vient s’ajouter à cette riche palette une couleur « d’un bleu sombre et profond » (κυάνεος). On pourrait s’étonner d’un tel chatoiement de la mer, et surtout de l’absence, au départ, de la couleur que nous lui associons immédiatement : le bleu. »

Cela avait particulièrement frappé l’adolescente que j’étais lorsqu’elle avait découvert ce qui lui semblait une aberration… Depuis, j’ai cherché à comprendre cet écart, bien évidemment. Quelques explications ont été apportées par les linguistes ou autres experts. L’une d’entre elle interroge bien sûr le visuel.

« Alain Christol a cherché à résoudre les incohérences apparentes du lexique homérique, en centrant notamment son attention sur la coloration « violette » ou « lie-de-vin » attribuée au flot marin5. Son analyse lexicale l’amène à formuler la conclusion suivante : les adjectifs ἰοειδής et οἶνοψ renvoient tous deux à une nuance de bleu violacé. L’enquête philologique tend donc à estomper les différences entre la sensibilité grecque et la sensibilité moderne, à rapprocher la façon de voir des Hellènes de la nôtre, en retrouvant une mer éternellement bleue.« 

Une autre hypothèse explicative renvoie à des aspects émotionnels, psychologiques. Ainsi que les yeux « pers » (glaukopis) d’Athéna, la couleur bleu pâle peut faire peur, comme la couleur sombre, « vineuse » de la mer…

« Il s’agit d’une mer qui luit d’un éclat inquiétant, perçu comme impitoyable. C’est ce que confirme un passage de la Théogonie d’Hésiode, qui explique que se risquer sur la « (mer) grise intraitable/difficile à traverser » (γλαυκὴν δυσπέμφελον) devient pour le paysan une nécessité, lorsque la terre ne lui offre pas des moyens de subsistance suffisants54. Il s’agit alors d’un ultime recours : s’aventurer en terrain aussi hostile comporte une large part de risque. L’accent mis ici sur la couleur bleutée de la mer ne vise donc pas à convoquer l’image agréable d’une crique aux eaux turquoise, mais à suggérer les dangers potentiels que réserve une étendue aux flots pers. »

Si ces questions vous intéressent, je vous renvoie à l’article passionnant dont j’ai extrait ces passages : « La mer pourpre : façons grecques de voir en couleurs. Représentations littéraires du chromatisme marin à l’époque archaïque. »

Comme vous pouvez le constater, je me suis encore laissé « embarquer » (c’est le cas de le dire!) par mes appétences linguistiques et ethno… Mais revenons à Rothko, et à sa palette de bleus. Pas question de vous copier tous les tableaux qui la déclinent. J’ai donc fait un choix parmi les oeuvres dont les reproductions sont autorisées sur le net, à des fins non commerciales (respectons la netiquette!), en regrettant que d’autres que j’ai particulièrement appréciées ne le soient pas…

« Un tableau vit de son entourage, il s’élargit et s’anime dans le regard de l’observateur sensible ». Ces paroles du peintre m’ont interpellée, car je crois en cette interaction. Ce qui rend d’autant plus insupportable le non-accès direct, par la fermeture des Musées… qui n’aurait peut-être pas déplu au peintre :

 » Comme mes tableaux sont grands, colorés et sans cadre, et comme les murs des musées sont habituellement immenses et redoutables, le danger existe que les tableaux se relient aux murs à la manière de zones décoratives. Ce serait une déformation de leur signification, puisque les tableaux sont intimes et intenses, et sont à l’opposé de ce qui est décoratif ; et qu’ils ont été peints à l’échelle de la vie normale plutôt qu’à une échelle institutionnelle.« 

J’avais hésité à prendre certaines photos de la mer, récemment, parce que je me demandais si le rythme ternaire (ciel / mer / côte) ne nuisait pas à l’esthétique. Me voici rassurée!

« Je ne suis pas un artiste abstrait (…) Je ne m’intéresse pas au rapport entre la couleur et la forme et à rien de tel. La seule chose qui m’intéresse, c’est d’exprimer des sentiments humains fondamentaux, la tragédie, l’extase, le destin funèbre et ce genre de choses… »

Le rapport que chacun-e de nous entretient avec certaines couleurs, et en particulier le bleu, m’a toujours questionnée. J’en ai d’ailleurs déjà parlé sur ce blog, à partir de la confusion entretenue par le terme « glas » en breton. Couleur de la mer, tour à tour grise, verte, ou bleue. Moi qui ne sais pas distinguer un bleu d’un vert lorsqu’ils sont proches du « turquoise », comme dans ce tableau qui évoque pour moi les fonds sous-marins…

 » Apollon est peut être le dieu de la sculpture. Mais au fond, il est aussi le dieu de la lumière, et dans l’éclat de splendeur non seulement tout est illuminé, mais à mesure que l’intensité augmente, tout est également balayé. Voici le secret dont je me sers pour contenir le dionysiaque dans un éclat de lumière…« 

Soulages au bagne…

Une nouvelle salle d’exposition à Nice : le bagne a été rénové, et propose un espace réduit et sombre, certes, mais propice à l’intimité de la découverte artistique.

C’est lui qui accueille cette année une exposition dédiée à Soulages, qui, pour moi, faisait écho à celle que j’avais vue au Louvre cet hiver. Très différente pourtant, tant pas le contenant que par le contenu.

Autant au Louvre les vastes et hautes salles accueillaient des tableaux aux dimensions exceptionnelles, autant celle-ci concerne certes quelques peintures – de moindre taille – mais surtout les autres techniques explorées et exploitées par le peintre, ainsi que son univers artistique.

Le bagne et la Tour de l’Horloge, au Port de Nice

Elle s’ouvre sur un dialogue entre la peinture de Soulages et l’écriture de Léopold Sédar Senghor.

Les débuts de l’Outrenoir sont évoqués dans la première salle, qui abrite des peintures.

Puis on passe dans une petite « chambrée » encore plus contingentée que le reste de l’édifice…

Celle-ci abrite un ensemble d’oeuvres picturales et sculpturales qui ont pour objectif annoncé de restituer l’environnement artistique de Soulages. Picasso et Miro y côtoient des statues africaines…

… et Victor Hugo rencontre la statue-menhir de la Verrière…

Burg, Victor Hugo
Statue-menhir de La Verrière (Aveyron)

La visite côté bagne s’achève sur une nouvelle série de peintures de Soulages, noir et brou de noix dominants. Il faut alors sortir sur le port, pour gagner la Tour de l’Horloge toute proche, monter deux étages et entrer dans ce bâtiment dont les fenêtres ont été occultées. Vous ne verrez pas beaucoup de photos de cette seconde partie de l’exposition, car la lumière faible n’a pas permis de réussir autre chose que des flous (non artistiques!) dans la plupart des cas…

La première salle est consacrée essentiellement à des lithogravures et eaux fortes.

On y voit aussi une affiche consacrée aux jeux olympiques de Münich, pour laquelle le peintre avait été pressenti. Au centre, une vitrine présente presque pêle-mêle des objets et des ouvrages… J’ai tenté d’en saisir la logique… Apparemment, ils auraient été rassemblés autour de la thématique « couleurs ». On y trouve par exemple la palette de Chagall.

Salle suivante, nouvel assemblage assez hétéroclite…

Une partie de la salle présente les « élégies », accompagnées d’une oeuvre de Soulages, de textes de Léopold Sédar Senghor, avec mise en écho de tableaux d’autres peintres.

Elégie de Carthage, illustrée par Soulages
La collection des Elégies illustrées

Un des murs est consacré à des photographies de détails d’oeuvres, prises par deux artistes.

Une vitrine au centre de la pièce présente un aspect moins connu de l’artiste : ses critiques d’oeuvres d’autres époques et d’autres auteur-e-s.

Sur une table, près de la sortie, quelques-uns des « instruments » du peintre.

Il est temps de regagner la pleine lumière et le soleil méditerranéen, non sans un dernier regard sur l’oeuvre qui clôt l’exposition, en un sublime jeu d’ombres et de lumières si spécifique à Soulages…

Quand on m’a demandé ce que je pensais de cette exposition, mes premières réponses étaient enthousiastes. Découverte d’un nouveau lieu, plaisir de regarder tranquillement des oeuvres parfois moins connues, résonances avec l’Afrique… Toutefois un certain questionnement, qui perdure… Pourquoi n’avoir pas cherché à être plus explicite, et à permettre aux visiteur-e-s de mieux comprendre les choix et la logique des pièces exposées? Cela reste néanmoins une belle collection d’oeuvres à apprécier sereinement…

« Plage dynamique »…

Au pied de la falaise de Mers-les-Bains

« Plage dynamique »… Mais elle l’a toujours été, la plage, dynamique!

Avec le flux et le reflux de la mer…

Avec le sable se mouvant sous les vagues… blessé par les pelles des enfants et des pêcheurs de verre… transformé en oeuvre d’art ou en édifices et bateaux plus ou moins réussis par les parents retrouvant leur puérilité…
Avec les montagnes de galets sans cesse modifiées par la puissance des flots ou les pieds des baigneuses et baigneurs…

Avec toute cette vie qui grouille en elle et autour d’elle…

Alors, pourquoi cette expression ?

Contraindre les personnes à « bouger »… Facile pour les enfants! Moins pour celle ou celui qui a travaillé durement les jours précédents… et encore moins pour les personnes qui ont des difficultés à se mouvoir. Si ma mère était encore de ce monde, il lui serait interdit de rester à admirer la mer? Et l’enfant à la jambe cassée doit aussi marcher sans cesse s’il veut en profiter?

Vous l’avez compris, retrouver hier soir un de mes sites favoris dans ces conditions a déclenché une vraie colère contre les aberrations actuelles! D’autant plus que les galets sont jonchés d’énormes engins : les travaux printaniers, habituellement finis à cette époque, n’ont pas été réalisés. Des monstres métalliques embellissent le paysage. Bien statiques, eux!

Alors les personnes font ce qu’elles peuvent. Les bancs étant interdits, bardés de cordon en plastique rouge et blanc (combien de déchets toxiques indestructibles pour ce faire, au niveau national?), elles s’asseoient sur la digue ou sur les épis, le temps d’avaler leur sandwich. Car on tend nettement à la « mauvaise bouffe »: droit d’acheter frites, hamburgers et glaces pour les manger officiellement debout en marchant, alors que les restaurants qui proposent poissons et salades à des client-e-s détendu-e-s, bien assis-e-s, restent clos. Je pense aux jeunes qui ont racheté les Mouettes cette année, anciens salarié-e-s du patron qui leur a vendu le fond… à la famille qui tient l’Octopussy et à son personnel, qui m’accueillent quelle que soit l’heure quand j’arrive de Paris le vendredi soir…

Les personnes font ce qu’elles peuvent, disais-je. On « marchotte », on s’appuie, on fait quelques pas puis on s’assied avant de repartir. Un manège étonnant… Et à l’heure du dîner, c’est un concours d’inventions pour rester en famille ou entre ami-e-s sans que cela ne se remarque trop… Certain-e-s « craquent » et sont quand même « en grappes » assis par ci par là, sauf sur les bancs, les galets et le sable…

Et les oiseaux narguent ces pauvres humains…

Mouettes rieuses et goélands fanfaronnent…

Interdit !
Conversation à la plage, Louis Valtat (autour de 1910)

« Homme libre, toujours tu chériras la mer…

La mer est ton miroir… »

Etats d’âme

Je m’étais dit que la fin du confinement marquerait la fin de la série « poème »… Mais j’ai envie de continuer… et les commentaires des un-e-s et des autres m’y poussent aussi, je dois le dire…

En me promenant sur le net pour chercher qui est ce José Ramon Ripoll dont « Karlhiver » nous a transmis un très beau poème, je suis tombée par hasard ou par algorithme sur un autre poète, qui écrit aussi en langue espagnole, car il est Cubain : José Marti. Je ne suis pas à même de le traduire, mais je pense que, comme moi, vous pourrez en sentir la saveur dans le texte original.

Yo soy un hombre sincero
De donde crece la palma.
Y antes de morirme quiero
Echar mis versos del alma.

Yo vengo de todas partes,
Y hacia todas partes voy:
Arte soy entre las artes,
En los montes, monte soy.

Yo sé los nombres extraños
De las yerbas y las flores,
Y de mortales engaños,
Y de sublimes dolores.

Yo he visto en la noche oscura
Llover sobre mi cabeza
Los rayos de lumbre pura
De la divina belleza.

Alas nacer vi en los hombros
De las mujeres hermosas:
Y salir de los escombros,
Volando las mariposas.

He visto vivir a un hombre
Con el puñal al costado,
Sin decir jamás el nombre
De aquélla que lo ha matado.

Rápida como un reflejo,
Dos veces vi el alma, dos:
Cuando murió el pobre viejo,
Cuando ella me dijo adiós.

Temblé una vez -en la reja,
A la entrada de la viña,-
Cuando la bárbara abeja
Picó en la frente a mi niña.

Gocé una vez, de tal suerte
Que gocé cual nunca: cuando
La sentencia de mi muerte
Leyó el alcalde llorando.

Oigo un suspiro, a través
De las tierras y la mar,
Y no es un suspiro. -es
Que mi hijo va a despertar.

Si dicen que del joyero
Tome la joya mejor,
Tomo a un amigo sincero
Y pongo a un lado el amor.

Yo he Visto al águila herida
Volar al azul sereno,
Y morir en su guarida
La víbora del veneno.

Yo sé bien que cuando el mundo
Cede, lívido, al descanso,
Sobre el silencio profundo
Murmura el arroyo manso.

Yo he puesto la mano osada
De horror y júbilo yerta,
Sobre la estrella apagada
Que cayó frente a mi puerta.

Oculto en mi pecho bravo
La pena que me lo hiere:
El hijo de un pueblo esclavo
Vive por él, calla y muere.

Todo es hermoso y constante,
Todo es música y razón,
Y todo, como el diamante,
Antes que luz es carbón.

Yo sé que el necio se entierra
Con gran lujo y con gran llanto, –
Y que no hay fruta en la tierra
Como la del camposanto.

Callo, y entiendo, y me quito
La pompa del rimador:
Cuelgo de un árbol marchito
Mi muceta de doctor.

Au pays où sont les tombes des héros, Antanas Zmuidzinavicius (1911)

Juste pour ajouter un mot sur José Marti, si vous ne le connaissez pas : il a été tué à 42 ans lors de la guerre d’indépendance de 1895, au cours de la première bataille contre les Espagnols, lui qui avait été le fondateur du Parti Révolutionnaire.

José Marti

PS : en recherchant les illustrations de cet article, je viens de découvrir un blog très intéressant, qui présente notamment des tableaux de pays dont l’art m’est moins familier que d’autres. Voici la page dont est extraite celui qui nous vient de Lituanie. Et voici l’adresse du blog qui m’a mise sur la piste de José Marti.

Kristall / Crystal… Rencontre d’une photographe actuelle et d’une jeune écrivaine du siècle dernier

Peinture de guérison, Aude Rémery

Abonnée à une Lettre qui me nourrit chaque matin de magnifiques images, j’ai eu le bonheur de découvrir en cette aube ensoleillée une étoile disparue trop vite et une photographe qui, elle, est bien vivante. Alors que le travail m’attend, je ne résiste pas à l’envie de vous le faire partager…

La photographe est Allemande, elle s’appelle Miriam Tölke, a 43 ans et vit à Stuttgart.

L’écrivaine est… je ne sais quoi dire… Jugez un peu. Elle est née en 1924 à Czernowitz. Cette ville était alors située en Bucovine, province longtemps autrichienne, devenue roumaine en 1920, aujourd’hui en Ukraine. Donc… elle est Autrichienne si l’on considère sa famille? Roumaine pour les historiens? Ukrainienne pour les politiques?
Cela vous rappelle peut-être quelque chose, un autre écrivain… Paul Celan, de son nom de naissance Paul Pessach Antschel (en allemand) ou Ancel (en roumain). Il était né en 1920 à Cernauti, dans la même province. Ce poète (et traducteur) est devenu, lui, Français, en 1955, par naturalisation. Lui a eu la chance de connaître « l’après-guerre ». Ce ne fut pas le cas de la jeune Selma Meerbaum – Eisinger, qui mourut du typhus dans un camp de travail ukrainien en 1942. Vous avez bien lu… Elle n’avait que 18 ans… Vous avez deviné pourquoi… Ajoutons qu’elle avait un lien de cousinage éloigné avec Paul Celan, dont les parents sont d’ailleurs décédés dans le même camp.

Les vivres des morts pour les vivants, David Olère

Un Musée de la Famille nous parle de sa jeunesse et présente, en anglais, le poème dont il est question dans cet article, Crystal (je ne l’ai trouvé écrit ni en allemand ni en français, désolée!). Mais vous pouvez entendre Kristall déclamé par Ole Irenäus Wieröd.

Crystal

        All’s calm. And many withered leaves here lie
        like brown gold dipped in sunshine.
        The sky is very blue
        white clouds are rocking by.
        Hoar-frost blows brightness on the pine.

        Firs are standing fresh and green
        lofty tops rising into the height.
        The red beeches, slender and keen,
        listen to the eagle calling in his flight
        and dare go ever higher as heaven were.
        Lonely benches standing here and there
        and here a patch of grass, now half-frozen,
        the sun as its own darling had is chosen.
 
        Selma Meerbaum-Eisinger, 8 décembre 1940

Issak Levitan (Source à aller visiter!)

Il nous reste d’elle un recueil de 51 poèmes, en langue allemande. Certains de ses poèmes ont été traduits en français par Paul Segnol.

Pour écouter sa poésie dans la langue d’origine : Fritz Stavenhagen.

J’ai beaucoup aimé aussi, pour ma part, Traüme (« Rêves »), en allemand par le même lecteur, et chanté en yiddish par Ruth Levin, et cette superbe vidéo sur Ich bin der Regen (« Je suis la pluie ») alliant musique, chanson et acrobatie/danse, par Nadine Maria Schmidt & Frühmorgens am Meer.

Edvard Munch

Je disais donc au début de ce texte que je venais de la découvrir grâce à un article sur une exposition qui devait se dérouler dans une galerie -qui n’a réouvert qu’aujourd’hui12 mai, Bildhalle à Zürich. La galerie a eu la bonne idée de présenter l’exposition en ligne, ce qui nous permet d’en profiter… Voici donc l’oeuvre que son auteure met en lien avec la jeune fille, un collage.

Third Eye (le Troisième Oeil), Myriam Tölke, 2020 (Source)

« Je prends tout hors contexte, le réorganise, reconfigure les pièces détachées, mélange les matériaux et les techniques, crée un nouvel ordre hors du chaos de l’abondance. Je suis une randonneuse, je passe la plupart de mon temps en ville et j’adore étudier les gens, les lieux, les gestes et les mouvements. La nature me donne l’horizon devant lequel toutes les parties se rejoignent. » Miriam Tölke, 2019 (Source)

Essence, Miriam Tölke (2019)

Se révolter ou accepter ?

Ryan Heywett

En ce matin du 11 mai, beaucoup de personnes autour de moi hésitent et ne savent plus que penser. Alors que la sphère commerciale, à l’exception des secteurs encore interdits d’activités, comme bars, restaurants… et culture, pousse à se réjouir, les citoyen-ne-s qui réfléchissent se demandent comment agir et réagir… L’heure est aussi aux bilans. Deux mois, si brefs dans une vie, mais si importants quand il n’en reste plus beaucoup à vivre… Qu’en avons-nous fait? En quoi nous ont-ils modifiés et ont-ils ou vont-ils changer le cours de notre vie ? Mais cessons là. Comme vous l’avez remarqué, depuis deux mois j’ai tenté au travers de ce blog de « survivre intellectuellement » et de distraire celles et ceux d’entre vous qui étaient isolé-e-s, découragé-e-s, parfois en manque de « société » tout simplement. Aujourd’hui, je vais consacrer mon dernier article « quotidien » – mais peut-être le resteront-ils, qui sait? – à l’un des « cadeaux » qui m’ont été offerts par les un-e-s et les autres, au travers des échanges qui se sont multipliés grâce à Internet.

Lasar Segall

Le poème du jour, qui sera le dernier de la séquence « La Poésie pour clef« , m’a été transmis par une amie, qui l’a enregistré et m’a envoyé une vidéo… que je ne parviens pas à placer ici pour l’instant. Promis, dès que je le pourrai, je le ferai.

Emiliano di Cavalcanti

Acceptation

É mais fácil pousar o ouvido nas nuvens

e sentir passar as estrelas

do que prendê-lo à terra e alcançar o rumor dos teus passos.

É mais fácil, também, debruçar os olhos nos oceanos

e assistir, lá no fundo, ao nascimento mudo das formas,

que desejar que apareças, criando com teu simples gesto

o sinal de uma eterna esperança.

Não me interessam mais nem as estrelas, nem as formas do mar, /nem tu.

Desenrolei de dentro do tempo a minha canção :

não tenho inveja às cigarras : também vou morrer de cantar.

Cecilia Meireles

Comme vous ne lisez peut-être pas couramment le portugais, en voici la « traduction » en français – si vous me lisez souvent, vous savez ce que je pense de ces interprétations, même si elles sont très bien pensées… d’où la présence du texte original…

Il est plus facile deposer l’oreillesur les nuages

et sentir se déplacer les étoiles

que la fixer au sol et percevoir le son de tes pas.

Il est plus facile, aussi, de plonger les yeux dans les océans

et d’assister, là, au fond, à la naissance silencieuse des formes,

que vouloir que tu apparaisses, créantavec ton simple geste

le signe d’une espérance éternelle.

Je ne m’intéresse plus aux étoiles ni aux formes de la mer, ni à toi.

J’ai déroulé de l’intérieur du temps ma chanson :

Je n’envie pas les cigales : je vais, moi aussi, mourir d’avoir trop chanté.

Traduction Jacky Lavauzelle

A luna, Tarsilo di Amaral (1928)

Je ne connais pas bien la littérature brésilienne, c’est un doux euphémisme. Et j’ai ainsi découvert l’écrivaine remarquable qu’a été Cecília Benevides de Carvalho Meireles, décédée en 1964 à 63 ans. Sa poésie est vivante et forte, trace de la personnalité de cette femme qui s’est adonnée non seulement à la poésie, mais aussi à l’enseignement et au journalisme. Vous pourrez trouver quelques oeuvres traduites ici.

J’ai aimé entendre ses poèmes lus, comme Retrato par Paulo Autran, sans fond musical ou avec, ou encore Recado aos amigos distantes par José-António Moreira. D’autres ont été mis en musique et chantés, comme Motivo par Fagner. D’autres enfin ont donné lieu à une mise en images avec accompagnement musical (à l’esthétisme plus ou moins réussie), comme Nem tudo é facile ou O Tempo. On en trouve même dansés en un lent tango, comme le même O Tempo. A voir absolument!

Renova-te, Cecilia Meireles (source)

Point de tige

Le temps a laissié son manteau
De vent, de froidure et de pluye,
Et s’est vestu de brouderie,
De soleil luyant, cler et beau.

    Il n’y a beste, ne oyseau,
Qu’en son jargon ne chante ou crie :
Le temps a laissié son manteau !

    Riviere, fontaine et ruisseau
Portent, en livree jolie,
Gouttes d’argent, d’orfaverie,
Chascun s’abille de nouveau :
Le temps a laissié son manteau !

Charles d’Orléans (1394-1465)

Plusieurs voix l’ont déclamé. Parmi celles-ci, j’ai retenu pour vous celle d’Alain Bashung. Le Trio Selima en fait une très belle interprétation musicale et vocale. Mais j’ai aussi apprécié, dans son authenticité, la chorale d’enfants / jeunes Les Evolènards. Enfin, on ne peut oublier l’oeuvre de Debussy, la première des 3 Chansons de France.

Primavera, Botticelli (autour de 1480)

Je sais que certain-e-s d’entre vous commencent à se lasser des articles tournant autour du tissu et du linge. Mais je ne pouvais terminer cette « série » de confinement sans aborder ce qui me permit une relation privilégiée avec une de mes grands-mères et une occupation durant mes maladies… la broderie…

Yuri Yakovlevitch Leman

Son apprentissage correspondait à un véritable parcours initiatique.
Au début était le petit canevas, sur lequel nous croisions les fils pour… le point de croix. Le canevas pouvait être vierge. Mais, le plus souvent, il représentait un animal ou un paysage, comme les fonds sur lesquels, petit-e-s, nous organisions les cubes pour représenter ce qui y figurait, et, plus tard, ceux qui guidaient l’assemblage de nos premiers puzzles. Il ne fallait pas se tromper, et croiser toujours dans le même ordre…

Comment résister à la magie des couleurs des échevettes?

A ma grande surprise, j’ai découvert hier en tête de gondole d’un supermarché… des écheveaux de fils et des canevas pour enfants… Occupation de confinement? Et je viens de découvrir, en faisant les recherches pour cet article, que la maison DMC, marque des fils de mon enfance, existe toujours… Elle date de 1746…

Un meuble à échevettes encore vendu actuellement sur le site de DMC

Je ne suis pas de ces générations de femmes qui ont appris à broder l’alphabet avec toutes sortes d’ornements, pour préparer leurs trousseaux ou ceux de leurs filles. Mais je possède encore nombre de draps, serviettes, mouchoirs qui offrent au regard les initiales familiales, depuis les RP des mes grands parents jusqu’aux miennes, en passant pas les HR de mes parents. Et voici peu, le jour de Pâques, la petite voisine a adoré la belle nappe brodée par ma grand-mère…

Et je viens aussi de découper la bordure à mes initiales d’un drap plus qu’usé dans sa quasi-totalité. J’ai jeté le reste, mais gardé « pieusement » le motif brodé.

Mme Arthur peinte par Odilon Redon (1901)

Ah! Le point de tige! Je ne sais pourquoi, mais il m’emballait – beaucoup plus que le point de chaînette, allez savoir pourquoi… Et, lorsqu’à 14 ans j’ai fait une longue maladie, dite « du baiser » (si, si!), c’est ce point qui m’a distraite. J’ai toujours, sagement enfermé dans un coffre, le long napperon brodé de fils colorés sur une toile écrue, au motif floral apuré mais aux couleurs trop vives, souvenir de mes souffrances et de l’apprentissage de la patience.

Après le point de croix, j’ai appris à ourler. Qu’est-ce que j’ai pu passer de temps à ourler des torchons faits à partir de draps anciens que ma grand-mère découpait! Et je détestais cela. je trouvais ces points en U affreux et le processus répétitif. Mais cela m’a permis aussi d’apprendre le point de tige.

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Le « tambour » me fascinait, mais je ne l’ai, pour ma part, jamais utilisé… Dommage!

La période de confinement se termine… Le blog va pouvoir progressivement reprendre ses thèmes plus ancrés dans la Vie quotidienne et les plaisirs qu’elle procure. Une dernière image pour clore ce chapitre…

Natasha Milashevich /Наталья Милашевич, 1967
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