J’ai découvert la somathèque

En allant dîner ce soir-là au restaurant argentin proche de chez moi, El Sur, « Le Bistro simpatico de Paris » – comme le présente son site -, je savais que je mangerais de délicieux empenadas et que je pourrais m’amuser à déguster le très bon guacamole avec des chips de maïs…

Je savais aussi qu’il me serait possible de goûter à un nouveau Malbec (encadrés en jaune, ceux que j’ai déjà tentés, et en vert le « nouveau », plus léger que les autres…

Je savais aussi que j’allais passer une bonne soirée avec mon « meilleur ami » qui adore ce restaurant car il est ce qu’on appelle un « viandard » (non pas dans le sens de « mauvais chasseur », mais dans celui de « grand mangeur de viande », et je dirais pour ma part plutôt « très amateur de bonne viande »). Le tout dans une ambiance chaleureuse, avec des serveurs et serveuses tou-te-s aussi jeunes et tou-te-s aussi sud-américain-e-s, bien que provenant de pays différents (Argentine, Mexique, Chili…).

Ce que j’ignorais, c’est que j’allais discuter philosophie avec l’une des personnes qui nous servaient! Et découvrir un nouveau mot, voire un nouveau concept : la « somathèque », que cet étudiant d’origine chilienne exploitait dans le contexte de la thèse qu’il prépare.

Dès qu’il l’a prononcé, mon cerveau d’helléniste (même pas distinguée!) a vite tourné. Soma, le corps. Thèque, l’endroit où l’on dépose, conserve, permet de consulter. Mais qu’est-ce qu’on peut bien conserver dans un corps? « Des traces… des souvenirs… Les marques de sa vie… etc » tenta-t-il de m’expliquer.
Un peu frustrée quand même, car il ne pouvait passer sa soirée à notre table, je décidai de m’enquérir de son sens et de son exploitation par la suite. C’est maintenant chose faite, et, si vous le voulez bien, je vais partager cela avec vous.
Le « papa » de ce concept, le voici : Paul B. Preciado, un Espagnol qui a eu comme conseiller pédagogique Jacques Derrida, pour vous préciser la « filiation intellectuelle ». Née comme Beatriz en 1970, iel a commencé quarante ans plus tard une « transition douce » et est devenu Paul.

« Pour son ouvrage Testo Junkie, Preciado expérimente pendant 236 jours un dispositif d’écriture accompagné d’une prise de doses de testostérone synthétique en gel, exercice s’inscrivant plus largement dans le cadre d’« expérimentations performatives et biotechnologiques de la subjectivité sexuelle et de genre. » (2008, p. 301). »

« La testostérone en tant que « liquide performatif » (Preciado, cité dans Smith, 2023)
participe à cette manifestation de notre transitude qui, à défaut d’être perceptible dès le premier instant, doit d’abord se constituer dans l’imaginaire. D’où l’importance des récits et de leur valeur poétique dans notre mise au monde trans : « C’est dans notre imagination en tant que force de transformation politique que nous commençons à devenir trans. » (Preciado, 2023)
. »

(source)

« Preciado a été professeur d’histoire politique du corps, de théorie du genre et d’histoire de la performance à l’Université Paris VIII et a été directeur du Programme d’études indépendantes (PEI) du Musée d’art contemporain de Barcelone (MACBA).
[ 5] Il a été conservateur des programmes publics de la documenta 14, de Kassel et
d’Athènes
. » (Wikipedia).
Mais ce n’est pas tout : il a aussi écrit, réalisé des films, et été commissaire d’expositions. Sans compter qu’il a partagé la vie de Virginie Despentes de 2005 à 2014…

Mais revenons à la « somathèque ». Le philosophe s’exprimait en ces termes dans un interview à l’occasion de son invitation en tant qu’ « invité intellectuel » au Centre Georges Pompidou en 2020 :

« La notion du corps est une des plus imprécises en philosophie. L’idée moderne de corps en tant qu’ensemble d’organes, le corps-objet biologique, n’est qu’une des fictions politiques du discours anatomique et médical. Il est aujourd’hui nécessaire de faire place à la notion de somathèque, un appareil somatique dense et stratifié, pour nommer et intervenir sur l’ensemble des pratiques de (re) production, de gestion et de destruction du corps, mais aussi de résistance et de contre-culture. La notion de somathèque surpasse et inclut le corps-anatomie pour penser une archive politique et culturelle vivante faite de représentations, de langages et de codes informatiques et traversée de flux organiques et inorganiques. »

« Le corps, c’est une somathèque : un ensemble de représentations, de rituels, de techniques, de normes de théâtralisation.” (2020) »

Voilà, vous en savez autant que moi, je vous laisse poursuivre vos découvertes, si le sujet vous intéresse. J’ai pour ma part trouvé d’innombrables écrits sur ces sujets… mais je suis encore loin de tout comprendre!!!

De retour de Nice…

Ne vous inquiétez pas, je ne vais pas être aussi diserte que pour l’aller, un seul article suffira pour vous parler de deux haltes.

La première nous a accueilli-e-s dans un superbe camping, à Goudargues, surnommée « La petite Venise gardoise ». Et elle mérite bien son nom!

Le camping Le Saint Michelet est situé au bord de la Cèze, avec une jolie plage… un peu décalée de la rive, c’est original!

Il offre aussi la possibilité de se baigner dans une jolie piscine, au bord de laquelle se situe le café – restaurant à l’ambiance sympathique, où nous avons pu assister à la fin d’un match de football qui restera dans les mémoires.

Le Clos des Sources… Retenez ce nom, car le personnel y est charmant, l’endroit très reposant, et bien aménagé… Il y a même une maisonnette qui abrite une vaste salle de douche et toilettes pour les personnes en situation de handicap physique! Et la gérante a eu la gentillesse de faire un énorme geste commercial quand elle a appris la situation dans laquelle nous étions, avec un véhicule qui nécessitait le second pour pouvoir démarrer à coup de pinces crocodile! Et qui, après que nous eûmes pris un délicieux petit-déjeuner au bord de la piscine, nous a prêté le lendemain matin l’outil dont nous avions besoin…

Au couchant, nous décidâmes d’aller « en ville », car l’aperçu du bourg à l’arrivée nous avait séduit-e-s. Et à juste titre, comme vous avez pu le constater sur la première photo de cet article.

Plusieurs restaurants bordent la rivière, et nous avons choisi La Bocca, car la serveuse fort aimable proposait une adorable table tout au bord de l’eau. Un merveilleux endroit! Et la nourriture ne l’était pas moins, avec une souris d’agneau dont je ne suis pas venue à bout…

Mais la salade Bocca n’était pas mal non plus… Jugez-en plutôt!

Quant aux frites, elles sont dignes d’un estaminet, en accompagnement de brochettes!

Personnel adorable, avec qui j’ai noué connaissance, et couple de patron-ne-s tout aussi gentils, au point de rechercher l’outil dont nous avions besoin et le prêter aux inconnu-e-s que nous étions. Petite promenade au retour, avant de regagner le camping.

Bref, vous l’avez compris, une halte qui a mis du baume au coeur aux malheureux automobilistes confrontés à la panne et aux difficultés de circulation en ce week-end prolongé.

Après une journée assez éprouvante, en raison de la circulation, mais aussi d’un orage de grêle tel qu’une petite partie de route était bordée de congères… Pas question donc d’arriver le soir en Picardie. Repos à Orléans, afin de profiter à nouveau des bords de Loire. Hélas, toutes les guinguettes sont fermées en ce dimanche soir… Mais une belle balade au couchant, quand même, et le plaisir d’aller à nouveau dîner africain au Boloye, chez Khady. Toujours un bel accueil, et l’ami qui ne connaissait pas les plats africains a pu goûter au poulet Yassa, aux alokos, à l’attiéké et même au foutou banane, si rare en France!

Vous acceptez de regarder de mauvaises photos? Alors je vous emmène faire une petite promenade nocturne dans Orléans. D’abord, la cathédrale…

On ne peut oublier ici l’influence de Jeanne d’Arc ni de la lignée royale…

Et j’apprécie toujours autant les maisons à colombages, que l’on retrouve dans tant de région de France.

Pour comprendre le retour, une petite carte?

La Belle Plage à Mers-les-Bains

N’étant pas fan de télévision, je ne connaissais pas l’émission permettant d’élire « Le village préféré des Français » (sic!) jusqu’au moment où elle s’est intéressée à notre petit coin de Picardie, d’abord autour d’Ault, puis, cette année, à propos de Mers-les-Bains, qui est ainsi devenu, à notre grande surprise, le 2ème village, après… Collioure. J’aime beaucoup la côte picarde, mais il ne me serait jamais venu à l’idée de comparer Mers et Collioure!

La conséquence est désastreuse : notre coin relativement tranquille ne l’est plus, et tout est envahi de touristes, parfois venus de bien loin… Or les infrastructures, notamment en termes de restauration, ne sont pas suffisantes pour ce flot brutal!

Prenons l’exemple de ce que l’on appellerait ailleurs « paillotte », installée sur les galets, La Belle Plage. J’aime la fréquenter, quand ma cabine de plage n’est pas encore installée, car elle a beaucoup de charme, avec sa structure de bois et sa magnifique vue mer.

Le Moscow Mule y est excellent, et accompagné, comme tous les autres apéritifs ou cocktails, de mini-toasts accompagnés de tomates délicieusement assaisonnées… les huîtres sont à un prix très abordables, et le camembert rôti me tente souvent.

J’ai pu y aller me reposer et restaurer la semaine dernière. Mais, cette semaine, pas une place de banquette, pas un fauteuil, pas une chaise de libre! Tout était comble, archi-comble… Quel dommage! La rançon du succès… car entendu sur l’esplanade : « On l’a vu à la télévision »…

Mais je ne désespère pas de pouvoir admirer à nouveau le couchant depuis la table où je me suis régalée…

Les jeunes restaurateurs/trices ne manquent pas d’idées!

Toutes mes excuses aux fidèles de ce blog, qui est resté muet pendant un long moment… Le temps de commencer à me remettre d’un accident de voiture dont je n’aurais pas dû sortir vivante… Mais je le suis toujours, et me revoici en train de partager avec vous mes découvertes. Certaines sont récentes, d’autres datent « d’avant », mais j’ai voulu les relater quand même…

Pour initier ce renouveau printanier, une trilogie de jeunes qui n’ont pas craint, entre 20 et 30 ans, de se « lancer » dans la restauration, avec des idées intéressantes.

Le premier est le plus « classique ». Je crois en avoir déjà parlé ici, mais il mérite de figurer dans ce groupe. Il gère, avec une toute petite équipe, ce que je nommerais un « bistrot », terme qui relève pour moi de l’affect. Car on s’y sent bien, comme on peut en juger au nombre incroyable d’habitué-e-s qui le fréquentent, pour certaines et certains, quasi quotidiennement. Le midi, on y déjeune pour moins de 20 euros, entrée, plat, dessert. Des plats « comme chez soi », ou des recettes plus recherchées… Mais surtout, il y a un véritable accueil, malgré la quantité de convives pour le déjeuner. Habitant-e-s du quartier, employé-e-s ou ouvriers oeuvrant dans le coin, ou artistes plus ou moins renommé-e-s s’y côtoient dans un joyeux brouhaha. Le soir, c’est apéro pour certains, « after work » pour d’autres, mais là aussi beaucoup de monde se retrouve. Et le jeune patron est toujours là, souriant. Bref, un endroit (d)étonnant sur le Boulevard Saint Germain, où il se situe au numéro 13… Son nom ? Le Relais Fac, à essayer sans hésiter.

Le deuxième l’est aussi par son choix culinaire : une pizzeria. Mais moins par un autre choix: celui de ne faire consommer que français. J’ai découvert cette option en voulant commander un vin italien. Refus catégorique : « Nous n’avons que des vins français ». Mais aussi en parcourant la carte, qui présente une carte de l’origine des garnitures, qu’il s’agisse de légumes, de fromages ou de charcuteries. Mais alors, me direz-vous, est-ce que leurs pizze sont bonnes? Eh bien, c’est la meilleure pâte que j’aie jamais mangé, aussi bien en Italie qu’à Nice ou environs… A la fois pas trop épaisse et extrêmement tendre et « goûteuse »… Et ça marche! On se bouscule dans ce petit restaurant d’Issy-les-Moulineaux, et mieux vaut réserver. Son nom? Le Pizzou. Expliqué sur le site :

« En fait on a voulu dire en un seul mot qu’on faisait de la pizza mais aussi du 100% français. Notre manière à nous de traduire pizza en français Pizzou ça nous paraissait bien résumer notre envie de « Pizza » et de « franchouille ». Un joyeux mélange d’un plat populaire partout dans le monde et de produits glanés dans toute la France.« 

Et ça marche au point qu’ils ont essaimé : 4 restaurants à Paris et proche banlieue. Celui dans lequel j’ai dîné est situé 19 rue Ernest Renan, à Issy-les-Moulineaux. Mais il y en a aussi dans le 12ème, dans le Marais et à Pigalle…

La troisième découverte n’est pas parisienne, mais rennaise. En cherchant un restaurant proche de la gare de Rennes, j’ai été tentée d’essayer celui dont un article du Télégramme (de Brest, pas de Rennes!) disait beaucoup de bien. Car l’idée me semblait un peu folle. Deux jeunes de 24 et 25 ans se lançant dans un restaurant de 100 places, en soignant son aspect cocooning, alors qu’il est situé au pied d’immeubles informes. Et elle et il ont réussi. On se sent bien malgré l’immensité des lieux et un voisinage d’immeubles de bureaux. L’acoustique a été étudiée soigneusement pour étouffer les bruits. Le décor est moderne, mais on est assis-e sur des fauteuils confortables, revêtus d’un doux tissu. Et les tables sont suffisamment éloignées les unes des autres pour que nul n’entende la conversation des autres. La carte propose des plats bretons, mais aussi des recettes classiques revisitées. Ce que j’ai mangé était excellent. Le cocktail aussi. Et des produits visiblement frais. Avec une option « circuit court », comme dans la pizzeria précédemment évoquée. Si donc vous passez par Rennes, allez le découvrir. Monsieur Arthur, 24, Place Raoul Dautry. Et il paraît que ça marche si bien que deux autres restaurants s’ouvrent à Roazon…

Un « Moulin » devenu « Smok »

Il était une fois un moulin. Celui-ci était situé sur la Vilaine, non loin de Rennes. La photo, empruntée à ce site, le montre en l’état, au siècle dernier.

« Les moulins d’Apigné sont de datation ancienne mais ont été reconstruits au cours du XIXe siècle. Mise en faillite en 1904, la minoterie est rachetée par J.-M. Huchet pour y installer une briqueterie. Le 5 octobre 1906, des travaux de restauration et de réhabilitation des bâtiments, ainsi que la construction d’un four à briques sont entrepris. Le 1er janvier 1923, constitution d’une société en nom collectif sous la raison sociale Huchet frères et soeurs pour la fabrication et la vente de briques, pour une durée de vingt ans. En 1923, la briqueterie consiste en un grand bâtiment comprenant au rez-de-chaussée : le moteur, les appareils divers à filer et à mouler, les presses, les pompes et du matériel divers, et aux trois étages supérieurs : les séchoirs et un grenier. Un hangar abrite par ailleurs un four à flamme renversée avec sa cheminée, et plusieurs bâtiments sont à usage de logement, de bureaux, de magasins, d’entrepôts ou de séchoirs. Dans les années 1920, la production se cantonne à de la brique pleine, alors qu’elle se diversifie après la crise économique des années 1930 avec de la brique creuse, de parement, de gros oeuvre, de cloison et du hourdis de plancher. Jusqu’en 1940, elle est dirigée par la famille Huchet, puis M. Chatel prend la tête de l’entreprise. De 1954 à 1956, la briqueterie bénéficie d’un développement technologique tourné vers une mécanisation systématique qui va entraîner plusieurs campagnes de travaux et accroître la production. En 1956, mise en place du four-tunnel alimenté au fuel et atteignant 1000°C. La briqueterie cesse toute activité en 1971. Aujourd’hui, les bâtiments abritent différentes associations de sports nautiques.. En 1859, mention d’une machine à vapeur locomobile. En 1906, attestation d’une tuilerie système Bürher. En 1923, existence d’un grand four à feu continu de douze chambres avec ses accessoires. Le matériel d’exploitation comprend des wagonnets, des rails, des plaques tournantes, deux presses à main, des séchoirs mobiles et une turbine hydraulique.. En 1920, la briqueterie emploie une trentaine d’ouvriers et une quarantaine dans les années 1950. » (Source)

Je ne connaissais pas l’histoire lorsque j’ai connu « Le Moulin d’Apigné » voici quelques années… et j’ignorais qu’on employait naguère le pluriel, d’ailleurs. En effet, j’allais parfois dîner dans cet endroit plein de charme : un des bâtiments avait été transformé en restaurant.

En route vers le Pen Ar Bed, il était temps de faire une pause déjeuner : midi sonnait à l’entrée est de Rennes. Or le restaurant est situé à l’extrêmité ouest. Appel. Réponse positive. Vite, direction l’Occident. Mais plus de « Moulin », malgré l’indication des signalétiques voisines. A la place, un « Smok », et une affiche qui donne envie de fuir. Je pense m’être trompée, mais non : les environs sont toujours aussi dignes de Courbet…

… Si l’on excepte les péniches, d’états variés…

Mais c’est bien le moulin, pas d’erreur possible…

Sur la photo ci-dessous, j’ai encadré (à gauche) le petit panneau, à peine visible, indiquant « Moulin d’Apigné ».

Pas de doute possible : le « Smok » est bien l’avatar du « Moulin ».

Fatigue de la route et curiosité aidant, tant pis, allons découvrir ce qu’est devenue notre chère auberge.

Le lieu a été modernisé, c’est le moins que l’on puisse dire, accueillis par deux athlètes.

Mais l’accueil est toujours aussi agréable, et je bénéficie d’une jolie table en bois, non caché sous ou par une nappe, avec une vue sur la rivière, agrémentée par une belle bruyère (pas de triche, la photo est bien prise de ma place, position assise!).

Sagement orientée au départ vers un simple ceviche, je suis séduite par le menu complet.

Alors, me direz-vous, pourquoi ce nom? La suite du menu l’explique : regardez ce que sont les « viandes smokées » :

Se sont donc ajoutées au ceviche (très fin) une Picanha de veau (délicieuse, avec sauce aux champignons frais) et une Tarte au citron (moins aimée, car trop éloignée de la classique de Menton, que j’aime tant… mais originale, avec son goût spécifique).

D’autres avaient préféré le jarret de porc (aussi « smoké ») accompagnés de cocos… de Paimpol, bien sûr! avec une sauce chimichurri.

J’ai évidemment goûté le plat. Et ai trouvé le chimichurri plus fade que celui du restaurant argentin dont je vous ai déjà parlé, El Sur, à Paris. Mais depuis, j’ai appris qu’il y a deux sauces différentes à base de cette épice sud-américaine qu’est le chimichurri :

« C’est un mélange d’herbes et d’épices originaire d’Argentine mais aussi très populaire en Uruguay, au Nicaragua et au Mexique. Il sert à confectionner la sauce du même nom, ainsi que des marinades et des viandes en croûte.

Les deux versions sont légèrement différentes : le Pampeano est particulièrement relevé alors que le Patagonico sera plus doux. » (source)

J’ai ainsi découvert que j’aimais le Pampaneo davantage que le Patagonico!

Quant au Malbec, il faut reconnaître que les Argentins le travaillent mieux que nous. Mais le Madiran proposé à ma demande de Malbec n’était, une fois réchauffé et aéré, pas si mauvais que dans mes souvenirs de ce vin.

Bref, un bel accueil, un repas de qualité pour un prix acceptable, et un lieu qui méritera d’être revu à la belle saison, car en terrasse ce doit être encore mieux!

Du personnel accueillant, cela existe encore !

Dans mes pérégrinations diverses à Nice et dans ses environs, je suis amenée à fréquenter des lieux de restauration divers. Et je dois avouer que j’ai bien de la chance, car toujours, jusqu’à présent, j’y ai rencontré des personnes accueillantes, faisant leur métier ou leur job d’été avec intérêt, professionnalisme et surtout sourire. L’accueil, le vrai. Alors j’ai eu envie de partager les adresses avec vous. Certaines personnes qui suivent ce blog depuis longtemps en reconnaîtront la plupart, je les prie de m’en excuser…

Chez Pippo à Nice

Un endroit célèbre pour les Nissarts, car il existe depuis bien longtemps! C’était autrefois, niché derrière l’église du port, l’équivalent traditionnel du « bar à tapas » : le « bar à socca ». C’est devenu un site touristique, dommage! Mais il n’a pas perdu en qualité ni en accueil. J’y suis allée deux fois cette semaine, et c’était toujours aussi bon aussi chaleureux. La pissaladière y est légère et excellente, et la socca est l’une des meilleures de Nice. Apéritif, vain, repas, pour moins de 50 euros à deux, en plus!

Le Gesu à Nice

Ce n’est plus totalement le restaurant typique que j’ai connu voici plus de 20 ans… Mais les gnocchis y sont toujours aussi bons, et l’ambiance sur cette place dominée par l’église Saint-Jacques est toujours aussi vivante. Il n’y avait que deux serveurs le soir où j’y suis retournée, mais leur efficience est extraordinaire. Et surtout, ils gardent le sourire et cherchent à faire plaisir!

Le Saint Nicolas à Monaco

J’y étais déjà allée l’an dernier, j’y suis retournée cette semaine, après l’exposition Turner. Une petite place calme, sur le Rocher, près de la cathédrale. Des raviolis ricotta épinards délicieux. Et un service avec le sourire, voire les plaisanteries (bon, parfois douteuses au niveau du genre) de la patronne et des serveurs. Une belle adresse!

Storie di Mare à Campo Rosso

Je n’ai pas pu profiter d’un dîner sur les galets, hier soir, car le temps ne le permettait pas (vent fort et risque de pluie). Mais la patronne s’était arrangée pour que nous ayons une jolie table face à la mer. Et le patron, son ami hongrois et deux jeunes serveuses nous ont servis avec le sourire, agrémentant ainsi, s’il en était besoin, un repas frais et authentique. Pour une trentaine d’euros par personne, avec dessert, café (vrai ristretto!) et Viognier de Toscane, ça vaut le détour. Belle salle, chaleureuse, qui m’a presque fait oublier que je ne pouvais pas dîner en plein air… Heureusement, j’avais pris la précaution de prendre l’apéritif sur le terrasse du bar voisin (là aussi, serveur accueillant et souriant, polyglotte), qui sert des Moscow Mule et du Pastis!

L’Auberge aveyronnaise

Non, je n’ai pas décidé d’écrire une série sur les restaurants proposant une nourriture saine et robuste, ni sur ceux qui évoquent les belles montagnes auvergnates, du nord au sud… Mais il se trouve que, par deux fois cette semaine, j’ai été invitée à déjeuner dans ce type de restaurant. Donc, en ce jeudi 18 avril, direction Bercy. Pas le ministère, mais un petit restaurant typique niché non loin du beau parc où vont faire la sieste les employé-e-s de celui-ci. Alors que les cadres, visiblement, ont élu domicile au restaurant sus-cité, à en croire par le nombre de « cols blancs » essentiellement mâles qui y déjeunent.

Je connaissais cette auberge, c’est pourquoi j’y ai entraîné mon ami, pour le consoler d’avoir dû « remonter » de son Var tant aimé et d’affronter la froidure de ces journées où l’on n’est pas censé se découvrir d’un fil – d’ailleurs, à vrai dire, on remet plutôt des « petites » (voire des grosses) laines! Et je l’ai retrouvée inchangée. En voici l’histoire telle que narrée sur le site, avec juste quelques erreurs d’orthographe en moins.

« Pour assurer cette relève, Tonton Georges en bon Aveyronnais voulait transmettre sa maison aux gars du pays, trois associés, trois amis, Dorian Alvernhe, Cédric Broussole et moi, Fabien Gayraud, neveu des créateurs.

Tous issus de la région, racines bien ancrées, bercés plats de nos mamans, grand-mère, attachés à pérpétuer nos valeurs gastronomiques et de convivialité, qui font la renommée de notre Auberge Aveyronnaise.

Depuis près de vingt ans, une histoire de passion, d’amitié, une belle histoire comme savent si bien les écrire les Aveyronnais. »

Une jeune serveuse apporte la carte, qui comporte, comme dans nombre de brasseries parisiennes, une liste des « plats du jour », selon les jours de la semaine. Nous sommes jeudi… quelle chance! c’est justement la truffade, un de mes plats préférés! A boire? Du Marcillac, bien sûr. Je ne connais pas l’Estaing, et me suis jurée d’essayer un jour… Mais comme elle m’a dit qu’il était beaucoup plus léger, j’ai pensé qu’il ne « ferait pas le poids » avec une truffade, du jambon d’Auvergne et de la salade.

« À l’ouest de Rodez, au pied de l’Aubrac, Marcillac est la plus importante appellation aveyronnaise, qui a longtemps été la seule à bénéficier de l’AOC. Historiquement liée à l’abbaye de Conques, elle est implantée dans la région naturelle du Vallon de Marcillac, dépression bordée par des régions d’élevage bovin ou ovin. Dans ce piémont du Massif central, les hivers sont rudes, mais les étés se montrent secs et chauds. Le vignoble est implanté sur les coteaux les mieux exposés de vallées encaissées?; généralement très pentus, ces derniers ont souvent été aménagés en terrasses. Le terroir se singularise par ses sols de couleur rouge violacé, riches en oxydes de fer, les rougiers. Cépage principal de l’appellation, le fer-servadou, appelé ici mansois, donne un vin à la fois tannique et très aromatique, d’une grande originalité. » (source)

Mon ami a préféré l’aligot – saucisse, plus aveyronnais, il faut l’avouer. Les deux étaient absolument excellents. Je n’avais jamais mangé une telle truffade : elle était agrémentée d’un délicieux jus de viande.

La bouteille n’a pas suffi… Avec la tarte tatin, une carafe du même vin a dû la compléter! Puis café et, bien sûr, vieille prune. Au départ, un seul verre partagé. Mais il n’a pas suffi, non plus, et, le temps passant, a été aussi complété. D’autant que nous avions noué conversation avec une table voisine, une charmante jeune femme qui nous a expliqué hésiter entre son métier actuel (la restauration) et un nouveau (la décoration intérieure)…

Une très bonne adresse, encore, et des tarifs tout à fait raisonnables, comme vous pourrez le constater sur la carte en ligne. https://auberge-aveyronnaise.paris/. Un excellent moment de gourmandise et de convivialité, un de plus!

La Ferrandaise

Un petit restaurant niché sur le petit bout de la rue de Vaugirard qui relie le jardin du Luxembourg et celui que l’on nommait naguère le Boul’Mich, non loin de l’un des seuls restaurants coopératifs de Paris, l’Indonesia…

Difficile à repérer, tant il est discret. C’est en cherchant sur le net un restaurant renommé pour sa blanquette de veau que je l’ai trouvé. Il venait, disait l’article, de rouvrir après une assez longue fermeture.

Et je n’ai pas regretté ce choix. Imaginez un petit restaurant tout en longueur, cosy, chaleureux, où l’on est accueilli dans un décor rappelant l’Auvergne et ses magnifiques puys.

La Ferrandaise, je croyais que c’était une habitante de Clermont-Ferrand… Que nenni! Ce sont des Clermontoises. Non, une Ferrandaise, c’est une vache…

« Race du Puy de Dôme, la Ferrandaise est une vache très rustique et polyvalente. Élevée dans les parties montagneuses du département, elle se caractérise par sa longévité, sa bonne fécondité, ses qualités maternelles et son aptitude à la marche. C’est une race mixte : elle est aussi bien utilisée dans des systèmes laitiers avec transformation fromagère à la ferme, que dans des systèmes allaitants.

« La Ferrandaise est une race rustique, qui ne craint pas le froid, et n’a pas de problèmes de pieds ou de membres. C’est une marcheuse infatigable qui a beaucoup d’énergie, ce qui la faisait apprécier pour le travail et le parcours en estive.

Le lait de la Ferrandaise est à l’origine de fromages aussi divers que le bleu d’Auvergne, la fourme de Rochefort, le Saint-nectaire ou la fourme d’Ambert. Race laitière de type mixte, elle est encore traite dans un certain nombre d’élevage, qui transforment le plus souvent le lait à la ferme. Elle peut aussi être utilisée en système allaitant : c’est une nourrice parfaite pour obtenir des veaux à croissance élevée, lourds et bien conformés. » (source)

Et c’est bien elle que vous voyez sur les photos ci-dessus! Comme sur cette carte postale ancienne, présentée sur le site de l’association éponyme.

Et vous avez vu ses belles cornes en forme de lyre?

Une carte simple, qui sent bon effectivement les bovidés de cette région, et offre des vins du crû. Alors, blanquette de veau et riz pour les uns, quasi de veau et purée pour les autres, le tout accompagné d’un Châteaugay, vin que mon père, jadis, appréciait presque autant que le vin de Boudes et le Chanturgue, et plus que le Saint-Pourçain.

« Le cahier des charges indique comme cépage principal le gamay et comme cépage accessoire le pinot noir. Le gamay, favori des terres auvergnates, apporte le goût franc du fruit et la structure du vin. Le pinot rajoute de la complexité, de la finesse et de la richesse à ses arômes, et favorise aussi la possibilité d’une garde plus longue.

La couleur du vin de Châteaugay est d’un rubis à la fois profond et vif, qui le différencie de celles des vins de Boudes et Chanturgue, plus sombres. Sa saveur est poivrée, longue en bouche. Les deux forment la signature d’un cru original. Le Châteaugay rouge a des saveurs de fruits rouges, ses tanins sont élégants : c’est généralement un vin souple, facile à boire, dont la légère acidité fait la fraîcheur et l’authenticité. » (source)

J’apprendrai par la suite, en recherchant des informations sur ce vin, qu’il est produit par un ancien rugbyman de Riom, Roland Royet, et son épouse Catherine, qui ont opté pour le bio et sont installés à Ménétrol. Curiosité de ma part : pourquoi Ménétrol et non Châteaugay? En réalité, il n’y a que 7 kms entre les deux…

Au dessert, une tatin avec un petit bol de crème fraîche. Un vrai régal que ce repas.

Quant à l’ambiance… Très vite les relations se nouent d’une table à l’autre. Un couple, table voisine, partage son bonheur de vivre. Une dame, un peu plus loin, nous transporte à Madagascar, où elle élève des chevaux sur 17 hectares. On goûte les vins des uns et des autres, on échange gaiement. Au café, la dame seule nous rejoint. Un moment serein, gai, intéressant. Et chacun-e se promet de revenir. La voisine veut privatiser la cave, qu’elle a visitée et beaucoup appréciée. Je réalise maintenant que j’ai oublié d’aller la voir! Qu’à cela ne tienne, ce sera pour la prochaine fois. Car je n’ai jamais mangé viande si tendre et si bien cuisinée, pour un prix fort raisonnable. Un lieu qui vaut le coup qu’on s’y rende et s’y attarde… Ah! j’allais oublier! Si vous voulez en savoir plus, son site est ici.

Convivialité au coin d’une cheminée

Voilà longtemps que j’avais envie de découvrir un restaurant que j’avais découvert sur le net mais qui, hélas, ne reçoit que sur réservation. Pour quelqu’un comme moi, qui ne fait jamais de « plans sur la comète » – pour reprendre une expression un peu désuète qui me fascine toujours autant -, cela se révèle mission impossible. Mais hier il fut décidé d’une sortie au Musée Carnavalet avec une de mes amies. Or, « Robert et Louise » n’est qu’à 6 minutes à pied du musée… une belle occasion.! Dès l’aube, j’ai donc réservé par Internet. Un seul créneau disponible, qui ne correspondait pas à l’heure prévue pour le rendez-vous. Pas grave, j’attendrais en prenant l’apéritif seule. Ce qui fut le cas… mais cela en valait la peine!

A droite, le vrai Robert et la vraie Louise. A gauche, la maman?

Imaginez une petite salle en « boyau ». A l’entrée, une vieille « fontaine » désaffectée. Puis un bar, un vrai.

Au fond, une cheminée sur laquelle grillent des morceaux de viande, des boudins, des saucisses… Ce qui ne correspond pas à la photo ci-dessous : je n’ai réussi à la prendre qu’en fin de service!

La salle d’attente est pleine… et doit sans cesse être réapprovisionnée!

J’ai le choix entre une table rectangulaire et une ronde. Je prends la seconde. Rare qu’un restaurant accepte deux personnes sur une table de 4, voire de 6 en se serrant!

Un serveur dont l’amabilité et la patience ne se démentiront pas tout au long du repas (plus café, plus Cognac) m’installe, se soucie de mon anorak (il fait ce jour un froid glacial), et m’apporte la carte, puis l’apéritif-prétexte.

Lorsque mon amie arrive, deux places se sont libérées sur la grande table d’hôtes près de la cheminée. Nous « déménageons » donc. Et aussitôt la conversation s’engage avec nos voisin-e-s, un habitué et sa fille. Par discrétion, je ne vous en dirai pas plus. Quand il et elle partent, nouveau mouvement pour que mon amie profite d’une chaise au lieu du banc commun. Par la suite, la conversation se reportera de l’autre côté, avec 4 jeunes très intéressant-e-s… là aussi, silence. Mais quelle vraie convivialité!

Je ne suis pas grande amatrice de viandes, mais les chipolatas grillées au feu de bois, en entrée, et la part de gigot, agrémentée de pommes de terre genre sarladaises et d’une salade délicieusement assaisonnée constituent un vrai régal.

Notre voisin avait conseillé le vin du mois, un Pinot noir venu tout droit d’un petit vigneron. Il n’avait pas tort : je ne suis pas une fana du pinot, mais il faut reconnaître que le rapport qualité-prix est imbattable. Quant au cognac, il fut servi dans un verre supporté par un récipient d’eau chaude… belle idée!

Bref, un resto comme on aimerait en voir davantage, qui ne se moque pas de ses clients, et où l’on se sent bien… un bel instant de chaleur par ce dimanche d’hiver glacial!

Une bonne petite, cette « Périgourdine »!

Que faire à Paris un dimanche soir de novembre, mois maudit où l’on vient de nous supprimer une heure de nos soirées, pour aggraver la longueur croissante de nos nuits? Une solution pour lutter contre cette sombritude déprimante : aller boire un verre avec les ami-e-s! Ni une ni deux : alors que j’avais déjà abandonné toute idée de passer une soirée agréable, un appel téléphonique m’a fait sortir de mon antre et me précipiter vers l’adresse indiquée : le Zig Zag.

Jamais compris pourquoi ce bar portait un tel nom, car la rue des Carmes, dont il occupe le numéro 32, est vraiment bien droite, parallèle à la rue Saint Jacques.

Je connais déjà ce bar, car c’est l’un des QG de mes ami-e-s. Agréable, sans prétention, bonne ambiance, et relativement calme, côté musique. Une carte de bière acceptable, sans plus. Mais on s’y sent bien. La patronne, hier soir, est venue nous expliquer ses problèmes d’électricité. Et a fini par nous poser une devinette : « Quelle est mon pays »? Ajoutant par la suite un indice « de l’Est ». Je lui dis alors « na zdrowie », et elle s’esclaffe, toute joyeuse : « merci! ». J’ajoute alors, pour entendre à nouveau son rire clair, ce que répète sans cesse un de mes amis, d’origine polonaise : « Viva la Polska! ». Et je suis récompensée par son plaisir visible.

Au moment où se fait sentir la faim, nous optons pourtant pour un autre endroit, situé un peu plus bas dans la rue. Un restaurant qui s’y est installé voici peu, et qui visiblement draine du monde, d’après ce que j’en vois quand je passe devant : la Petite Périgourdine.

Ambiance totalement différente : moins de jeunes, et beaucoup d’hommes. Car la spécialité, outre le vin pour lequel il est connu, c’est la viande. Jugez-en par la carte ci-dessous (hélas mal photographiée).

Ce n’est pas « donné », mais la qualité excuse les prix. Tout était vraiment délicieux, à commencer par la cuisse de canard confite et ses pommes sarladaises, mon choix.

Les autres ont opté pour le cochon de lait…

… et les rognons, que l’on fait flamber au bar…