Tell me, tell me…

Le silence nocturne est impressionnant, en cette nuit de pleine lune… Je me promène dans la nature, éclairée par l’astre insolite presque insolent. La nuit est longue, longue, et j’attends avec impatience le moment où Phoebus chassera Séléné… Les oiseaux sont là pour annoncer la bonne nouvelle. Un nouveau jour se lève. Se lève? Mais c’est le soleil qui se lève, pas le jour! Le choeur des corbeaux est interrompu de temps à autres par les solistes… Le rouge-gorge laisse la place à la mésange, elle-même supplantée par la bergeronnette… Le ciel s’éclaircit, l’horizon rougit, le firmament bleuit…

Nous n’allons pas quitter l’anglophonie aujourd’hui, mais passer du Massachussets au Yorkshire, avec une autre Emily…

Tell me, tell me, smiling child,
What the past is like to thee?
An Autumn evening, soft and mild,
With a wind that sighs mournfully.

Tell me what is the present hour?
A green and flowery spray,
Where a young bird sits gathering its power
To mount and fly away.


And what is the future, happy one?
A sea beneath a cloudless sun;
A mighty, glorious, dazzling sea,
Stretching into infinity.

Emily Jane Brontë

Infinité, Philippe Colin

Je ne vais pas vous copier la traduction en français, mais vous suggérer, si vous la souhaitez (sachant tout le mal que je pense des « traductions » de poèmes…), d’aller sur you tube écouter le poème, vous aurez ainsi accès au sous-titrage… d’une pierre, deux coups…

Une version reliant les 2 poèmes

Certains anthologies présente une version différente de cette oeuvre, en y adjoignant les quatrains suivants, que je vous dévoile donc…

The inspiring music’s thrilling sound,
The glory of the festal day,
The glittering splendour rising round,
Have passed like all earth’s joys away.


Forsaken by that lady fair,
She glides unheeding through them all;
Covering her brow to hide the tear
That still, though checked, trembles to fall.


She hurries through the outer hall,
And up the stairs through galleries dim,
That murmur to the breezes’ call
The night-wind’s lonely vesper hymn.

Vous l’avez deviné, je préfère, pour ma part, les séparer. Mais comme j’aime la plupart des oeuvres poétiques de celle qui a enchanté nos adolescences par son seul roman, que vous l’ayez lu ou dont vous avez peut-être vu une adaptation cinématographique, un poème de plus (ou la seconde partie d’un poème) ne nuit pas au moral…

La source de cette image est pleine de ressources… Allez voir!

Les vers d’Emily ont été lus, déclamés, mis en musique, à moultes reprises. Vous avez déjà entendu la version de Michel Lascault. On trouve en ligne plusieurs vidéos, notamment les enregistrements de Franckie Mac Eachen – ce qui m’a permis de découvrir Radio Theatre Group, soit dit en passant.

Des tonalités fort différentes sont apportées par les interprètes. J’aime particulièrement celle de la chanteuse folk Janet Jones, pour November 1837. Mais aussi la mezzo-soprano Ada Bonora, elle-même écrivaine. Ou encore le choeur Les Spirituelles. Les images peuvent aussi être très belles, comme sur la vidéo de la chanteuse de jazz Lea Castro. Des curiosités visionner, cette vidéo postée par une jeune inconnue qui se surnomme Plumpie Plumpa, la montrant en train de chanter, accompagnée de sa guitare, des poèmes d’Emily Brontë. Et cette autre, dans laquelle une personne illustre un poème. Pas terrible, non? Mais « moins pire » que cette animation! Par contre, j’ai apprécié cette galerie de photos sur les soeurs Brontë, ou encore cette visite de musée (et de cimetières…). Et si vous voulez avoir l’impression d’y être vraiment, un reportage étonnant…

Un petit clin d’oeil à travers le temps… En effectuant mes recherches, j’ai découvert une autre jeune femme qui dit « Tell me », et j’ai envie de vous faire découvrir une forme surprenante de multi-, pluri- et interculturalité, au travers de ce clip de Marwa Loud.

Un commentaire sur “Tell me, tell me…

  1. Votre article est si riche ! J’ai apprécié la composition de Ada Bonora, celle du Quator vocal Méliades, mais je reste fâché avec la langue de Shakespeare. En écoutant Regret de C.Brontë par Giga gray, je suis « tombé » sur la chanson italienne Tornerai (J’attendrai) par le trio Lescano & Quartetto Eunaro (1937), suivi de la version sublime d’Aldo Visconti (1937).Que de découvertes grâce à vous! J’ai aussi appris que Tornerai a été inspirée par un air de Mm Butterfly de Giacomo Puccini…La traduction italien-français ne dénature pas le texte de Nino Rastelli : » -les fleurs pâlissent,le feu s’éteint -L’ombre se glisse dans le jardin -L’horloge tisse des sons très las – Je crois entendre ton pas – Le vent m’apporte des bruits lointains – Guettant ma porte, j’écoute en vain – Hélas plus rien, plus rien ne vient… « 

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