Rêver de… marchés…

Mattin Laurent Partarrieu

Non, je ne suis pas au Pays Basque, malheureusement inatteignable pour moi… jusqu’à quand??? Mais aujourd’hui, c’est jour de marché à Doullens, et je rêve aux marchés si vivants d’autrefois et de naguère…

Jadis, le marché aux porcs de Doullens

C’est pourquoi j’ai pensé à ce tableau, et, comme j’ai trouvé sur une page recommandée par un de mes amis, Tableaux, une autre vision du marché, j’ai eu envie de faire un petit rêve de marché…

Le Marché du Cours Saleya à Nice avant sa « rénovation »

Marché

Sur la petite place, au lever de l’aurore,
Le marché rit joyeux, bruyant, multicolore,
Pêlemêle étalant sur ses tréteaux boiteux
Ses fromages, ses fruits, son miel, ses paniers d’oeufs,
Et, sur la dalle où coule une eau toujours nouvelle,
Ses poissons d’argent clair, qu’une âpre odeur révèle.
Mylène, sa petite Alidé par la main,
Dans la foule se fraie avec peine un chemin,
S’attarde à chaque étal, va, vient, revient, s’arrête,
Aux appels trop pressants parfois tourne la tête,
Soupèse quelque fruit, marchande les primeurs
Ou s’éloigne au milieu d’insolentes clameurs.
L’enfant la suit, heureuse ; elle adore la foule,
Les cris, les grognements, le vent frais, l’eau qui coule,
L’auberge au seuil bruyant, les petits ânes gris,
Et le pavé jonché partout de verts débris.

Mylène a fait son choix de fruits et de légumes ;
Elle ajoute un canard vivant aux belles plumes !
Alidé bat des mains, quand, pour la contenter,
La mère donne enfin son panier à porter.
La charge fait plier son bras, mais déjà fière,
L’enfant part sans rien dire et se cambre en arrière,
Pendant que le canard, discordant prisonnier,
Crie et passe un bec jaune aux treilles du panier.

Albert Samain, Aux flancs du vase (1898)

Rue des Abbesses, Maximilien Luce (1898)

Un commentaire sur “Rêver de… marchés…

  1. Didier Venturini ? Auteur, compositeur, interprète … Et poète, né à Chambéry en 1959 ; « Jour de marché
    Didier Venturini
    Tous ces râclements de voix
    Huilent l’air dès les premières lueurs
    Les trétaux éventrent le froid
    De leurs pieds d’acier sans douceur

    Des confins du lourd sommeil
    Se déplient les jambes engourdies
    Qui s’agitent entre les corbeilles
    De légumes replets et de fruits

    Des regards soupèsent le temps
    Les premiers mots tanguent en surface
    La gueule des camions géants
    S’étire renifle à même l’espace

    De larges mains gomment la nuit
    De leurs gestes sûrs et rapides
    Les couleurs se multiplient
    Sur ce fond gris et insipide

    Ah !
    Que la vie est belle
    Là sur son coin de mousse
    Dans son rêve d’eau douce
    Sur son bout de pouce

    Comme dans un aéroport
    Les halles se sont soudain gonflées
    De ces balancements de corps
    Cadencés au rythme des paniers

    Les cris lézardent le soleil
    S’habillent de rouge de jaune de vert
    Roulent sous ces langues de miel
    En notes chaudes libres de l’hiver

    Les parfums rallongent les nez
    les entraînent dans une course folle
    Flirtant du sucré au salé
    Comme un principe de farandole

    C’en est ainsi juqu’à midi
    Cet instant où la place se donne
    Au silence des pavés meurtris
    Par cette vie qui encore résonne

    Ah !
    Que la vie est belle
    Là sur son coin de mousse
    Dans son rêve d’eau douce
    Sur son bout de pouce

    Didier Venturini, 1996

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