Pique-nique et promenade

Il fait beau, voire chaud, en ce mardi soir. Rendez-vous a été pris avec des ami-e-s pour un pique-nique en bord de Seine. Impossible en effet de profiter de terrasses… encore moins de restaurants… Donc, quelques victuailles et boissons dans le sac à dos, et me voici en route vers le quai de la Tournelle. Réfléchissons… où y aura-t-il du soleil le plus longtemps possible, dans les environs?

Un petit tour sur l’Ile Saint Louis s’impose… je pense à la pointe de l’île, toujours si accueillante. Semblable à la proue d’un bateau, qui n’aurait pas qu’une figure, mais plusieurs, car il y a toujours quelque personne pour y rêvasser, traînasser, lisant ou écrivant, dormant ou méditant, voire jouant de la musique… Aujourd’hui, ce n’est pas une, mais une multitude… quel monde! On sent un afflux lié aux conditions de vie des précédents mois, ainsi qu’à la survenue de ce temps plus que printanier.

Une contrainte imposée par la distance physique : trouver soit une grande table, soit un vaste espace, soit deux « bancs » (ou équivalents) se faisant face, à au moins un mètre. Je finis par trouver un banc non loin d’une bordure de pierre suffisamment haute pour servir d’assise… pas trop de monde… le soleil devrait rester visible assez longtemps vers l’ouest… et m’y installe donc.

Les deux jeunes gens assis en bord de rive discutent tranquillement. Ils sont peu à peu rejoints par deux, quatre, six… etc. autres, chacun bardé de boissons plus que de nourriture. Bientôt l’un d’entre eux sort une enceinte, et la musique se fait entendre. Cela ne me gêne pas, mais l’amie qui me rejoint ne supporte pas les basses… elle devra cependant s’y faire, car entretemps les rives droite et gauche se sont remplies et sont maintenant surpeuplées…

Le ciel est d’un bleu méditerranéen…

et se reflète dans une Seine toute surprise d’être le centre de ces retrouvailles collectives…

Après le pique-nique, balade vers une autre île, celle de la Cité. Mes ami-e-s n’ont pas encore vu Notre Dame en cours de réparation… Elle est embellie par la lumière du couchant…

Les gargouilles se détachent sur le bleu du ciel, encore davantage maintenant que la flèche n’est plus là.

L’Hôtel Dieu semble déserté…

Est-il troublé

par la Belle Dame

qui se cache

derrière les feuillages ?

Le Marché aux Fleurs a triste mine, avec ses plantes semi-desséchées abandonnées sur les toits. Mais il reste de belles fleurs derrière les rares vitrines non protégées par des volets… Sabots de Vénus ou non ? Je ne sais, mais je reste en émoi devant ces magnifiques sculptures vivantes.


Dans une autre boutique, je retrouve un bouquet qui réveille la petite fille en moi. La « monnaie du pape » chère à ma grand-mère est là. Il y en avait toujours au moins un vase dans la maison ardennaise…

Phébus n’est pas trop pressé de disparaître, dans nos contrées, et cela permet d’admirer sa trajectoire…

Le temps de raccompagner les amis jusqu’au milieu du Pont (la « Rive Gauche » refuse de passer Rive Droite… rires), la belle luminosité s’était éclipsée, et façade ainsi que tours ont repris leur couleur blanche.

Entretemps, j’avais eu le temps de m’amuser du mauvais goût flagrant des décors proposés par deux boutiques du Marché aux Fleurs, et de profiter des deux Fontaines Wallace, hélas en mauvais état…

Les restaurants sont clos dans le Quartier Latin comme ailleurs, c’est tristounet. Mais un propriétaire d’une pizzéria habituellement prise d’assaut par les touristes lutte vaillamment.

Il a établi tout un étal devant son restaurant, mis de la musique et propose des boissons… mais seuls les serveurs sont là, à attendre le chaland qui ne vient pas. Un décor de fête mais pas de participant-e-s… triste!

Tous les bouquinistes ont disparu… Pourtant, la vente des livres est autorisée ? Découragés par le peu de passant-e-s?

Une autre Fontaine Wallace a été transformée en oeuvre d’art moderne… digne d’intégrer la collection de Beaubourg…

Les rues sont libres de circulation. Qu’elles soient piétonnes, comme la Rue Galande que j’affectionne particulièrement, ou prêtes à accueillir des véhicules. Même le boulevard Saint Germain est désert !

J’en profite pour baguenauder en m’étonnant, m’émerveillant, m’amusant devant les vitrines… Je vous emmène? Un vrai tour du monde en quelques centaines de mètres…

Les peluches en prennent à leur aise… Les unes jouent à se faire passer pour des canidés, tandis que les autres attendent les client-e-s qui ne viennent pas… Un peu d’humour pour vaincre la nostalgie des rues vivantes d’autrefois…

2 commentaires sur “Pique-nique et promenade

  1. J’ai trouvé dans une cabane à livres « le guide de Paris mystérieux », dédicacé : « Pour mon grand garçon, avec toute mon affection » Papa. » « Qui habite Paris fait retraite : Il a renoncé à la province, à ses rivières… Mais Paris a pour le « prisonnier » des heures secrètes…Elle s’anime, elle palpite dans l’ombre, elle se peuple de fantômes, de rêves… A la page 111 rue de la Colombe, et une belle histoire intitulée « La paille de l’amour » : « Vers 1220, une maison basse était accotée contre un pan de l’enceinte gallo-romaine de la Cité (Cabaret de la Colombe). Un couple de colombes logeait dans l’encoignure de la fenêtre de cette bâtisse.Un jour de « grosse Seine », la maison s’effondra, emprisonnant sous ses débris l’oiseau femelle…Le mâle survolant les lieux, eut bientôt repéré la captive et parvint à la nourrir en lui jetant des graines, et à la faire boire en se servant d’un fétu de paille! Les retrouvailles du couple furent fêtées par tous les oiseaux de l’île : « C’était comme une danse dans le ciel… », et les humains se joignirent aux réjouissances…Sous la forme d’une statue naïve de l’Homme aux Colombes, on perpétua la mémoire des deux oiseaux…Sur la rive droite, au coin de la rue des Barres et de la rue de l’Hôtel-de-Ville, près du quai, un couple de colombes en fer forgé fixées aux grilles d’un ancien caboulot, rappelle la même histoire… »Dans l’avant-propos les auteurs nous rappellent que Paris est une toile aux mailles si serrées que le diable jamais ne put se vanter de passer au travers…Plus de 5000 rues,avenues,passages,impasses…se cherchent, se trouvent, se perdent, se dévorent, se croisent sans se voir, jouent à cache-cache, ou a saute-mouton… » Si mon papa m’avait offert un tel livre, jamais je ne l’aurai abandonné dans une boîte à livres!

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    1. Je suis bien d’accord avec vous… Je connais cet endroit, la rue de la Colombe, mais ignorais cette histoire, merci! Par contre, la rue des Barres étant une de mes rues préférées (voir article sur le bar L’Ebouillanté), je la connais bien… mais ne vois pas où se situe cette grille. J’irai en reconnaissance dès mon retour à Paris…

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