Jeux de mots et jeux de lettres…

Le plaisir de retrouver la Ville. Pas l’Eternelle. En ce moment, on ne peut plus l’atteindre. Mais, vous savez, celle dont le bateau vogue mais ne coule pas?

Ecole avec date 1904 portant fièrement le blason de la Ville

Je me suis donc offert une petite promenade de 16.30 à 17.30, couvre-feu oblige, en ce 15 février moins froid que les journées précédentes. Rue Monge, rue Pestalozzi, rue de l’Epée de Bois, rue Mouffetard, et retour vers la Seine. Je vous sens frémir de curiosité toponymique, n’est-ce pas?

Monge, vous connaissez, même si vous n’aimez pas les mathématiques. Mais connaissez-vous son prénom? Gaspard! Non, pas le « pauvre Gaspard » de Rutebeuf… Il était Comte (de Péluse), et, si son nom a été donné à la rue et la place de ce quartier, c’est qu’elles sont proches de l’ancienne Ecole Polytechnique dont il fut l’un des fondateurs et où il enseigna. Je ne vais pas disserter sur lui, il y aurait beaucoup à dire. Du bon comme du mauvais. Donc je vous laisse vous plonger dans sa biographie, ses cours et/ou ses oeuvres scientifiques, voire sa « correspondance mathématique » éditée en 1947 par René Taton (un Ardennais ! – il faut rappeler que Monge avait épousé une riche veuve propriétaire d’une fonderie ardennaise).

Avec son copain Napoléon, je ne vous dis pas où…

Mais Pestalozzi??? Plus difficile, non? Qui le connaît? Si vous n’avez pas entendu parler de lui, c’est vraiment triste, car cet homme mena de nombreuses expériences pédagogiques, fort en avance sur son époque, ce qui lui valut de nombreux déboires. Prenez le temps de le découvrir sur le site de La Ligue de l’Enseignement belge. Et, ce qui ne gâte rien, dans la lignée de Rousseau. « Rousseau brisa avec la force d’un Hercule les lourdes chaînes de l’esprit humain » écrit-il en 1826.

Johann et Anna Pestalozzi

Ne cherchez pas qui était Mouffetard… le nom proviendrait d’un lieu-dit jadis dénommé Mont Cétard. J’ai eu bien du mal à en trouver trace, de ce « Mont »…

« Nous ne reproduirons pas ici toutes les opinions de nos écrivains qui semblent, en traçant l’origine de l’église Saint-Marcel, avoir pris à tâche de se contredire. Il est certain cependant que saint Marcellus ou Marcel, évêque de Paris, fut enterré vers l’an 436 dans cet endroit, sur une éminence appelée Mons Cetardus (Mont-Cétard), depuis, par altération, Mouffetard. Le tombeau de l’évêque, bientôt illustré par des miracles, attirait un grand concours de fidèles qui construisirent autour du mausolée, des habitations qui peu à peu formèrent un bourg ou village que Grégoire de Tours appelle vicus Parisiensis civitatis. Sous nos rois de la première race, la tombe de saint Marcel avait disparu et sur son emplacement s’élevait un oratoire dédié au pieux évêque. Vers cette époque le bourg de Mont-Cétard avait change de nom et portait celui de Chambois. La petite rivière de Bièvre le séparait du bourg de Saint-Médard. Ce village de Chambois, dans les siècles suivants, eut sa juridiction particulière et fut même entouré de fossés. Dès le XIe siècle il portait le nom de Saint-Marcel, et s’accrut tellement par la suite qu’il fut considéré comme une ville. Les lettres-patentes de Charles VI, de l’année 1410, le désignent sous ce titre. Le roi, par ces lettres, confirme l’octroi par lui fait aux manants et habitants d’icelle ville de Saint-Marcel, d’un marché chaque semaine et de deux foires par an. Au XVe siècle, la capitale avait déjà absorbe plusieurs villages environnants et atteignait la petite ville de Saint-Marcel. Envahie bientôt par cette marée montante, elle perdit ses privilèges et devint faubourg de Paris. L’église Saint-Marcel avait été détruite par les Normands ; elle fut reconstruite au milieu de XIe siècle ainsi que le prouvent certaines parties de l’édifice, notamment les chapiteaux déposés aujourd’hui dans une des cours du palais des Beaux-Arts. » (source)

Pour vous donner une idée, « avant »… (source)

Impossible d’en savoir plus sur le net, mais j’ai trouvé la source de l’histoire : une publication de 1815 (page 312), que vous pourrez lire en ligne : Histoire civile, physique et morale de Paris (rien que ça!!!). Par J.-A. Dulaure, volume 1.

Reste l’Epée de Bois, qui n’est pas suspendue sur vos têtes, mais qui a donné son nom à un cinéma que vous connaissez peut-être – et à un théâtre mais à ne pas chercher dans celle-ci… voir la Cartoucherie! Son nom serait lié à une ancienne enseigne, et aurait détrôné la dénomination précédente : rue du Petit-Champ. Si vous voulez en savoir plus, plongez page 202 dans le Dictionnaire administratif et historique des rues de Paris, par Lazare, en ligne ici.

Mais revenons à aujourd’hui – ou plutôt à hier, au moment où j’écris ces lignes – pour sourire aux jeux de mots, plus ou moins bons, présents dans les enseignes.

On ne file pas la laine, ce sont les toiles qui filent…
Et si c’étaient des objectifs? ou des objections?

Certaines vitrines m’interpellent. C’est le cas de celle-ci, que l’on pourrait dénommer « Chat-rentaises »…

L’architecture est un peu tristounette, dans certaines zones, car des immeubles sans intérêt esthétique (en tout cas pour moi) ont remplacé les anciennes demeures. Quand ils ne les ont pas « sur-montées »!

Jolie vue…
… mais il ne faut pas lever le nez!

Les librairies survivent, dans ce quartier de la Contrescarpe. J’ai discuté avec la patronne de celle que je préfère, l’Arbre du Voyageur. Elle me dit « tenir le coup », mais impactée surtout par la limitation horaire à 18h, car c’est le soir qu’elle avait le plus de client-e-s. Heureusement, elle en a de fidèles, comme moi, qui ont modifié leurs habitudes pour continuer à fréquenter ce petit coin de paradis. En ce moment, clin d’oeil à deux de mes amis dont je parlais hier, tous deux fans de la culture nipponne, une vitrine consacrée à sa littérature.

L’Arbre du Voyageur

La littérature résiste aux lieux d’alimentation (épiceries, supermarchés, fastfoods, boutique de « fooding » en tout genre, et heureusement encore quelques vrais restaurants), et survit par les librairies, les lieux de culture (s’ils survivent à la fermeture prolongée!) et les plaques rappelant la mémoire des écrivain-e-s qui y ont vécu.

Hemingway
James Joyce et Valery Larbaud

J’ai beaucoup aimé le quasi vis-à-vis de l’Ancien et du Moderne-rappelant-l’Ancien, en haut de la rue du Cardinal Lemoine.

Chez le libraire…

Ses propriétaires ne manquent pas d’humour, et je vous conseille d’aller voir leur site.

« Tripot Littéraire & Artistique, Bar Cabaret, Estaminet, Dicentrarchus labrax, Cambuse, Lupanar, fondé le mercredi 2e aoust 1589, à deux heures après minuit à Paris », selon le site de ce lieu.

Et inutile de vous dire que j’ai apprécié leur annonce liée à la situation.

Le gouvernement a décidé de fermer les bars et restaurants jusqu'au 20 janvier dans le cadre de l'Etat d'urgence. Le Conseil d’État a conclu, s’appuyant sur une étude scientifique, que les restaurants et bars (comme les hôtels et les salles de sport) présentaient un risque significativement plus élevé de transmission du virus que les autres lieux de brassage de population, commerces notamment. 


Lamentations 3:26 Il est bon d'attendre en silence Le secours de l'Éternel.

La Place de la Contrescarpe reste une bulle de vie, malgré tout. Si les établissements historiques, comme le Café Delmas et son voisin d’en face, sont fermés, les autres sont restés ouverts et offrent toutes sortes de breuvage et de nourriture aux jeunes qui les dégustent… assis à même le sol ou sur les bancs, debout, marchant, sur cette place qui est restée bien vivante. J’aurais aimé filmer, mais pour cause de droit à l’image… vous vous contenterez de mon témoignage.

Pour finir, une photo qui, je vous le souhaite, vous permettra de garder le sourire…

Il et elle ont leur masque???

2 commentaires sur “Jeux de mots et jeux de lettres…

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