Douceur printanière un 30 décembre en Bretagne

Il fait très bon à Erquy en cette soirée de décembre où j’y fais étape, de retour du Finistère. 15 degrés! Pas un souffle de vent, la mer est d’un calme olympien… non, pardon, neptunien… et une promenade s’impose pour découvrir la plage et le port au couchant.

Car oui, même si les jours ont commencé à grignoter sur les nuits, et que l’Ouest les fait paraître plus longs au crépuscule, quand on s’arrête à 17h dans un site, mieux vaut ne pas perdre de temps pour l’explorer. Direction donc la zone portuaire et le pied du Cap d’Erquy… je découvrirai son sommet demain… Un petit « bonsoir » en passant aux mouettes qui, ici, semblent avoir résisté aux goélands…

L’architecture de ce bord de mer ne peut rivaliser avec celle des villégiatures picardes ou normandes du début du XXème, mais une maison a survécu aux constructions plus récentes, comme une gardienne du temps passé…

Un coin proche du port de pêche est plus animé. Il abrite quelques restaurants et ce qui semble être le repaire des autochtones perdus parmi les touristes, un vrai « bar de village ». Je vous mets cependant au défi de le repérer, perdu au milieu des hôtels et restaurants plus bobos, blottis au pied du cap.

La tentation est grande d’aller au bout d’une première petite jetée dont la lanterne rouge vient de s’allumer…

Mais la curiosité est plus forte… aller plus loin, continuer à marcher pour découvrir ce port qui semble bien important au regard de la taille du bourg (dont j’apprendrai par la crêpière qu’il compte un peu plus de 4000 habitant-e-s… information confirmée par l’INSEE : 4008 au 1er janvier 2021!).

De nombreux panneaux font tout pour décourager les curieux et curieuses qui veulent s’aventurer dans le port de pêche. Qu’à cela ne tienne, la transgression ne me fait pas peur, d’autant que nulle vie laborieuse ni commerciale ne l’anime à cette heure avancée de ce 30 décembre… Et je découvre une véritable exposition d’objets métalliques parfois ornés d’éléments colorés.

Des camions attendent sagement que l’activité reprenne pour emporter au loin le fruit du labeur des pêcheurs. Ils jouent les stars, éclairés par les lumières du couchant, au pied du Cap.

Pendant ce temps-là, les filets en profitent pour jouer les oeuvres d’art comme s’ils étaient à Beaubourg…

Erquy a longtemps vécu de l’exploitation des carrières de grès rose des environs et de l’agriculture, car c’était l’un des débouchés sur la mer de ces activités.

Le port d’Erquy au temps des carrières.
Source : Le Chasse-Marée
Erquy -  Erquy le Port

Si vous voulez en savoir davantage sur ces carrières et l’activité de cabotage, c’est ici.

Mais désormais, la pêche est devenue son activité principale. Le mieux pour en rendre compte me semble être la référence au site officiel de ce dernier.

 » Le port d’Erquy est d’une importance capitale pour l’économie locale en faisant vivre plus du tiers de la population de la commune. Les emplois liés au monde de la pêche comprennent effectivement les marins mais aussi les employés de la criée, du mareyage et de toutes les filières annexes (mécanique, accastillage, … ).
Si, au début du XXème siècle, le port d’Erquy était aussi un port de commerce actif transportant le grès rose extrait des carrières à proximité ainsi que des produits de l’agriculture, il reste aujourd’hui un port de pêche connu et reconnu.

  • 64 navires dont 14 hauturiers constituent la flottille ;
  • 256 marins pêcheurs ;
  • 11 083 tonnes débarquées en 2018 ;
  • 30 491 K€ de chiffre d’affaires en 2018 ;
  • 3ème place sur le podium breton en 2018 ;
  • 5ème rang au niveau national en valeur marchande (4ème en tonnage) ;
  • Principales techniques de pêche utilisées sur les côtes bretonnes : chalut de fond et chalut pélagique, les filets, la drague, la palangre, la ligne, le casier. »

Voilà, vous savez tout, ou presque… Il ne me reste qu’à vous faire découvrir les Maîtres de ces lieux, les Navires…

Désolée, la qualité des photos est inversement proportionnelle à la clarté… et la nuit tombe…
La variété des formes, tailles et équipements des bateaux est impressionnante pour l’habituée que je suis des ports de la Haute Normandie, aux chalutiers plus lourds, imposants, quasi-« industriels ».

Un petit demi-tour au pied du phare qui concurrence le clocher de l’église qui a tenté, au loin, de le dominer.

La nuit s’empare des lieux quand, soudain, des lumières éblouissantes transforme les ondes sombres en une surface turquoise et donnent au lieu un aspect fantastique de bande dessinée.

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