De retour à Donibane Lohizune

Après ces journées passionnantes de découvertes en mer et sur terre, les derniers instants en Pays Basque ont été embellis par un délicieux dîner et une nuit agréable dans mon hôtel préféré. Je vous ai déjà parlé du restaurant, le Pil Pil Enea.

Mais tant pis, je recommence.

D’abord, parce que l’accueil y est chaleureux, avec un patron-serveur des plus aimables, et qui ne manque pas d’humour. Ensuite, parce que les plats servis sont toujours aussi bons. En l’occurrence, un assortiment de tapas (« assiette luzéenne »), parmi lesquels mes préférés sont de petites aumônières fourrées de fromage frais de brebis. Sur la carte : « croustillants d’ardi-gana ». « Ardi », c’est la brebis. « Gana », le fromage. Mais le jambon, les piquillos, les beignets de piment frit et les chipirons sont des petites merveilles.

Ensuite, un merlu à l’espagnole. Fondant à souhait, baignant dans une délicate sauce, accompagné de grenailles. Mmmmm…

Le tout, bien sûr, arrosé de ce vin découvert récemment. Au départ, peu apprécié. Puis de plus en plus. Et maintenant, j’en raffole. Le Txakoli. En plus, très amusant à servir, avec le bec verseur utilisé aussi pour le cidre, rappelant le « Pays Basque », « Euskal Herria ».

Je ne savais quoi choisir comme dessert. Le patron m’a conseillé la « Coupe Manzana ». Et je n’ai pas regretté…

Un sorbet pomme accompagné (on verse soi-même les doses que l’on souhaite, au fur et à mesure) d’une liqueur du même fruit. Un peu sucré, mais si rafraîchissant et « digestif » après cet excellent repas!

Il ne manque qu’une nuit sereine avant de reprendre la direction de la capitale et du travail. Bien sûr, dans « mon » hôtel luzéen : l’Agur Deneri.

Sur les hauteurs de Ciboure, il offre une magnifique vue sur la plage et le port de Saint-Jean-de-Luz. Le couple qui le tient est d’une incroyable gentillesse et cherche toujours à faire plaisir. Les chambres sont lumineuses, agréablement décorées. Avec une amie, j’ai eu l’occasion d’en voir plusieurs, et voici quelques exemples. La « rose », rez-de-jardin…

La « jaune », numéro 2, également rez-de-jardin. Très lumineuse, non?

Enfin (car je ne vais pas vous faire visiter tout l’hôtel!) celle que je préfère, et que l’on m’attribue même si je réserve en dernière minute, comme ce fut le cas ce jour-là, la 26, angle du deuxième étage, ce qui permet d’avoir la meilleure vue, avec un beau balcon…

Elle permet de voir le soleil se lever sans se lever soi-même du lit…

Et les douches sont garnies de jets massants. Que demander de plus? Ah oui! Un petit déjeuner dont chaque aliment est tracé – la liste des fournisseurs, fermes, apiculteurs, éleveurs des environs vous est transmise, et servi dans une salle aux baies vitrées offrant une large vue sur les villes, plage, port, montagnes aux alentours. De quoi reprendre des forces avant de reprendre… le travail! Ce qui fut fait le lendemain…

Un retour sous le « Euskal eguzkia »

Le soleil commence à se montrer à travers les nuages lorsque nous appareillons. Il faut d’abord faire dégager l’embarcation qui s’est amarrée au Brokoa, et cela prend un certain temps… Mais enfin le bateau est dégagé et s’élance vers la sortie.

Tandis que le chef de bord est attentif au cap, je dis un « au revoir » au petit hôtel qui m’a accueillie le premier jour et renseignée le dernier sur les possibilités de se garer… La sortie du port me donne l’occasion de vous avouer une erreur dans le premier article de cette série : l’inscription réclamant le retour au pays des prisonniers basques est bien toujours là… j’étais sans doute trop fatiguée pour la voir à l’aller!

Cap au large, avec le moteur car il n’y a pas un souffle de vent…

Tiens tiens, qui vois-je dans le lointain? Notre-Dame de Rumengol, venue saluer mon départ?

Une traînière vient narguer une nouvelle fois l’équipe de rameurs non patentés, en nous doublant puis tournant au nez du Brokoa.

Tout est calme, trop calme. L’occasion de faire des photos!

Un dernier regard aux côtes espagnoles et à l’entrée des ports de Saint Sébastien et de Pasaïa, et nous nous élançons vers Saint-Jean-de-Luz, en parallèle à la côte.

Pendant que certains jouent les « figures de mâts » (à défaut de proue), d’autres espèrent que le barreur va éviter les « frêles » embarcations amarrées au large…

Le vent se lève doucement. Cela va permettre de hisser la grand voile.

Un voilier vient nous narguer, sous foc, lui. Mais n’est-ce pas notre chef de bord de l’aller et son frère qui se trouvent à bord et nous « mitraillent » de leur appareil photo? Vite, leur montrer de quoi nous sommes capables. Et donc hisser la misaine.

Et c’est fièrement vent arrière que nous nous dirigeons vers Socoa, la Rhune à tribord.

Un gros paquebot est amarré face à l’entrée, et nous revoyons nos photographes.

Trop de courant à marée montante pour entrer dans le port en vent arrière à la voile. Le chef de bord donne donc l’ordre d’affaler les voiles, au grand regret de son équipage qui se rêvait entrant à la voile. Mais Sagesse oblige, et un ordre est un ordre, surtout de la part d’un ancien commandant de la Marine Nationale!

C’est donc au moteur que nous passons Socoa, les digues de l’Artha, pour viser l’entrée gardée par le phare construit en 1936 par Pavlosky. L’équipage, en toute autonomie, range tranquillement les voiles et love les cordages pendant que le chef, ayant repris la barre laissée durant la course à plusieurs membres de l’équipage, veille à ne rien heurter.

Après quelques péripéties dues au fort courant, le Brokoa reprend sa place au port.

Le travail n’est pas fini pour le chef de bord, qui doit maintenant garder traces du voyage.

Etrange soirée à Pasaïa

Je vous ai laissé-e-s, dans le précédent article, lorsque le bateau était arrivé à quai, et que nous étions contraint-e-s de rester à bord car la grille d’accès au ponton était fermée à clés. D’où un pique-nique à l’heure du thé, dans un courant venteux bien frais… Un avantage toutefois : celui d’assister à l’arrivée d’un magnifique voilier. Jugez-en plutôt :

Ce navire, je l’apprendrai plus tard, est le Morgenster. Quelques temps après, c’est le Saltillo qui pénètre dans le chenal.

Plus modeste, certes, mais très élégant cependant.

Enfin on vient nous délivrer, et nous pouvons aller prendre la navette qui traverse vers l’autre rive… Après la non-réception au quai, enfin, glacée, je peux gagner l’hôtel soigneusement réservé quelques mois plus tôt. Et j’avais bien fait! Le seul dans le coin, et seulement 7 chambres! Vous le voyez, photographié le lendemain : le cadre indique le balcon de la chambre 102, qui m’a accueillie.

La petite navette m’y emmène, et je découvre une vieille maison, dont l’intérieur a été réaménagé avec goût pour accueillir au mieux les hôtes. En bas, une vaste salle commune, qui sert pour les repas ou le travail.

Un ascenseur dessert les deux étages. Le choix a été fait de mêler hardiment ancien et moderne, matériaux naturels et plastique, et l’ensemble est assez réussi. Un plus : de la fenêtre, je peux surveiller et l’Alba et le Brokoa!

Ils sont sagement amarrés juste en face!

Une douche bien chaude, une petite sieste, et vite, retour de l’autre côté (vive la navette!) pour aller découvrir les voiliers et ce que j’espérais être une ambiance festive. Pour la seconde, on oublie : rien n’est installé, il n’y a presque personne sous cette pluie fine. Par contre, quelques navires sont bien à quai. Le Morgenster, que vous avez vu arriver sous pavillon néerlandais, offre à la vue sa figure de proue.

J’ai fait d’autres photos de lui, mais ne vous les présente pas. En effet, de près, il est assez décevant car trop « apprêt ». Il faut dire que ce monocoque de 48 m, lancé en 1919, a été largement restauré et a repris la mer il y a une vingtaine d’années comme navire-école, voilier pour croisières, et fait un peu trop « vitrine » à mon goût. Un peu plus loin, c’est l’Etoile du Roy qui offre sa poupe au regard.

Je le connais pour l’avoir vu en Bretagne, près de son port d’attache, Saint-Malo.

Comme vous le constatez, lui aussi est obligé de se prostituer pour survivre…

Mais les détails n’en restent pas moins impressionnants.

Et la figure de proue est assez terrifiante… Je me suis demandé si elle était dûe à Jean-Paul Gaultier ou à Madonna dans ses jeunes années…

En tout cas, elle ne m’apparaissait pas authentique! Et j’avais raison… Autrefois, c’était un terrible pirate mâle et viril qui ornait la proue du bateau, alors nommé Grand Türk, du nom de celui qui avait fait construire cette réplique d’une frégate-corsaire corsaire du 18ème siècle. Bateau que vous pouvez voir dans les Trois Mousquetaires, avec Cassel et Duris.

Comme il appartient à une entreprise qui loue des navires pour les besoins des réalisateurs, vous pouvez aussi le voir dans Bougainville, Monte Cristo, Napoléon… Bref, à toutes les sauces… Mais revenons à notre Belle Dame de Proue… Car l' »Etoile du Roy » n’est autre qu’une femme, corsaire bien sûr (nous sommes à Saint-Malo), joliment dénommée Violette de la Hisse. Mais n’essayez pas d’en trouver trace dans l’Histoire : elle n’a jamais existé. En tout cas, pas ailleurs que dans l’imagination de l’artiste qui l’a inventée, Valérie Gauthier (pas Jean-Paul, et d’ailleurs le nom ne s’orthographie pas de la même manière!), en 2013. Vous remarquerez le mot « légende »…

La Bretagne est bien présente sur les quais de Pasaïa, mais, ce soir-là, les bateaux n’étaient pas encore arrivés et je les ai cherchés en vain.

Demi-tour donc, un peu frustrée. Mais il fait froid, il n’y a aucune ambiance, et peu d’embarcations sont arrivées. Retour donc sur l’autre rive pour chercher un restaurant. Et là, surprise! Ils sont tous fermés! Une veille de long pont de l’Ascension! Heureusement, il y a les restes du pique-nique… et un bar ouvert sur la place voisine. Mais avant, j’ai eu le temps de découvrir les traces de la haine espagnole contre Charlemagne.

Un petit verre de bière pour reprendre courage. Vous avouerez que l’ambiance n’est pas gaie!

Et la vue est même gâchée un moment par un monstre marin.

La soirée va donc se résumer à un modeste pique-nique dans la chambre d’hôtel…

Heureusement avec une jolie vue! et agrémenté par un Rioja, la barmaid ayant accepté de me prêter la vaisselle adéquate… et par la vue sur les deux bateaux basques.

Arrêt à Arès. 1. Du bourg au port ostréicole

Sur le chemin du retour du Cap Ferret, un arrêt s’imposait, car les dépliants touristiques annonçaient une réserve naturelle à Arès, au bord du Bassin d’Arcachon. Et je n’ai pas regretté, loin de là. Un peu déçue par la rareté des oiseaux, mais ravie par ce port ostréicole tout à fait charmant, que je n’ai découvert qu’après une belle marche en bord de Bassin, après avoir découvert une étrange tour. Cet article relate la première étape, du bourg au port.

Pourquoi l’avoir trouvée « étrange »? Regardez bien : avez-vous souvent vu des créneaux sur une tour non cylindrique? Et j’avais raison : c’est un moulin démantelé qui a été crénelé!

Tout aussi étonnant quoiqu’intéressant, ce « Square des grands principes républicains »…

En lisant le site de la ville a posteriori, j’ai appris qu’il se constituait année après année, en fonction des événements. A lire et visionner.

Un agréable chemin longe la côte et amène au port ostréicole.

Le soleil n’est pas très haut, ce qui me vaut un joli contre-jour…

Après un quart d’heure de marche environ apparaît l’entrée du port.

En verticalité, des piquets dans la vase, des poteaux sur le sol, et un élément bizarre, comme une statue. Nous y reviendrons, mais vite, le soleil baisse, allons voir faune et flore préservées…

En passant, et comme une invite, une petite construction au mur orné de volatiles.

Et, sur le parking à l’entrée du port et de la réserve, un personnage venu d’ailleurs…

Mais allons vite visiter ce qui est présenté comme des « prés salés », qui feront l’objet d’un autre article. En attendant, un petit plan emprunté à Wikiloc.

Tiens, voilà du Boudin…

Bon, je suis d’accord avec vous, ce titre n’est pas digne d’un blog censé « se tenir »… Mais je n’ai pu m’empêcher de faire référence à cette vieille chanson entendue moultes fois dans mon enfance. Ce n’est toutefois ni de noir ni de blanc, et encore moins de jeune fille, que je veux vous parler aujourd’hui, mais bien de Boudin, de son prénom Louis-Eugène, né à Honfleur en 1824, et mort tout près de là, à Deauville, âgé de 74 ans. Le voici à l’oeuvre (c’est le cas de le dire!)…

On comprend qu’il ait aimé produire des marines!

Et des marines, on voit, on en déguste, et on s’en lasserait presque, dans cette exposition du Musée Marmottan.

Pourtant, j’aime ce genre, et j’aime ce peintre. Mais il y en a vraiment beaucoup, et la faiblesse de la muséographie n’aide pas à éviter la lassitude. Dommage! J’ai compris pourquoi, lorsqu’à la sortie j’ai découvert qu’il s’agissait d’une collection particulière, celle d’un homme que Beaux-Arts qualifie de « mathématicien fou », Yann Guyonvrac’h. Or celui-ci, réputé « prodige des algorithmes » a réussi, à 52 ans à peine, à réunir une incroyable quantité de tableaux de Boudin!

Mais il n’y a pas que des marines : comme son nom l’indique, ce Breton a aussi focalisé sur sa région, et j’ai découvert de charmants tableaux représentant femmes et paysages de « ma bro » d’adoption. Pour les curieux/euses, un peu de langue : son nom est un ancien surnom breton, signifiant « digne d’avoir des chevaux »….

On voyage donc sur les côtes de Bretagne et de France, mais aussi un peu ailleurs, en particulier à Venise, qui donna du fil à retordre au peintre, la lumière écrasant davantage les reliefs naturels ou architecturaux, ce qui explique peut-être que j’aie trouvé ces tableaux moins intéressants…

Voici donc quelques tableaux que j’ai choisis pour illustrer mes propos… Commençons par le plus évident : sur la mer, il y a des bateaux, et, dans ceux-ci, des marins.

Des pêcheurs, mais aussi la marine marchande, voire la Marine Nationale, comme ici à Brest:

Sur la côte, la population est variée, et l’hétérogénéité des scènes saisies par l’artiste est impressionnante. Tantôt une vie laborieuse…

Tantôt la Haute Société qui tient salon sur le sable, comme ici à Trouville…

Mais on s’éloigne parfois des rivages, pour s’intéresser à la vie des villages, lors de noces ou de marchés, par exemple.

J’ai découvert un aspect du peintre que j’ignorais, plus drôle, voire satirique.

Avec un faible, je l’avoue, pour cette jeune Normande…

Une fête de la mer en catimini

Tous les ans, le 15 août, le port de Nice vibre aux couleurs non plus noire et rouge, mais blanche et bleue. Les pointus sont décorés, fleuris, embellis. Les marins se vêtent de blanc, avec une petite touche de bleu. La circulation est suspendue, et la foule assiste à la procession de la Vierge qui sort de l’Eglise de l’Immaculée Conception, face au port, traverse les quais et est embarquée sur un pointu, avec le prêtre qui va bénir les frêles embarcations et leurs propriétaires. Normalement, des pêcheurs. Mais depuis quelques décennies ils se font de plus en plus rares, comme je le disais dans un article où je présentais cette cérémonie. Ensuite, une messe est célébrée sur les quais, en grande pompe, par l’évêque et toutes ses troupes, en présence des élu-e-s, des habitant-e-s et de nombreux touristes, en milieu d’après-midi. C’est une des grandes traditions de la ville, que respectent tous ses habitants, quelles que soient leurs religions ou leur athéisme.

Cette année, pas moyen de trouver trace d’une annonce de ces festivités sur les sites, ni même dans les journaux. Et difficile de voir, sur le site consacré aux horaires des messes, s’il y en aurait une ce jour-là, vers le port. J’ai quand même réussi à en trouver une, annoncée à 18h30 dans l’église dont je parlais plus haut. Curieuse, je m’y rends. Eglise parée de bleu et blanc, mais vide, si l’on excepte quelques grenouilles…

Une Vierge au-dessus de l’autel, une autre sur le côté…

… et le troisième de l’autre côté…

Les cierges rouges ont été complétés par des bleus et blancs, ce qui donne un air républicain à la statue… mais n’est-ce réellement qu’une impression???

Aucune n’est donc de sortie en ce jour de l’Assomption. Pas de fête donc? En fouinant, je découvre une petite affiche sur la porte.

Des personnes errent, en quête de la messe. Je leur montre l’affiche… Il ne leur reste qu’à tenter d’aller voir sur ce quai, situé de l’autre côté que celui où se déroule habituellement les festivités. Aucune procession en vue. Toujours mue par la curiosité, je fais de même. Tiens, tiens, petite agitation du côté des pointus. Et des gerbes de fleurs?

Visiblement, on les prépare!

Je continue à avancer, et aperçois, au loin, d’autres embarcations parées qui défilent dans l’indifférence générale.

Pas de bateau avec prêtre, mais, au loin, j’entends des chants. Je m’approche. Chants nissarts…

Dans un rectangle ceint de barrières, entourés du bleu non de la Vierge mais des uniformes de police, municipale et nationale, et de gendarmerie, plus des soldats armés, quelques personnes sont là pour assister à la messe prévue. On les a fouillées à l’entrée! Et il y a bien un orchestre typique. La Cimarde? Je ne sais, je suis trop loin pour le voir. Je repars donc, et trouve cette fois des équipages qui déchargent les gerbes de leur pointu. Il s’est donc bien passé quelque chose. Une bénédiction en cachette?Quelques Niçois ont compris, et viennent récupérer les fleurs. Des touristes de passage par là demandent s’ils peuvent aussi en avoir. On leur en donne. Et c’est ainsi que j’ai pu offrir à ma voisine, le lendemain, ce joli bouquet…

La Zone embellie…

Jamais je n’aurais pensé photographier Mers-les-Bains et Le Tréport sous cet angle peu « touristique ». Mais l’occasion était trop belle, en ce lundi de Pâques, avec ce double arc-en-ciel qui me faisait de l’oeil!

Et, pour une fois, je n’ai pas haï mon Iphone qui enregistre toutes les photos d’abord en vidéo, car écoutez en regardant ceci :

La vue sur le port tout proche était aussi impressionnante… mais il ne restait plus qu’un bout de l’arc!

Dieppe sous la neige

Je n’avais jamais vu la côte normande sous la neige. Pas une fine couche, mais une vraie couche de neige. De celles qui vous font regretter de ne pas avoir de skis de fond pour vous déplacer à pied, et qui empêchent les véhicules de circuler normalement. Et voici qu’en ce week-end de début décembre, alors qu’à Paris et Rouen tout ressemblait à un automne grisâtre, le paysage change brutalement entre Rouen et Dieppe, au point que l’on pouvait se demander s’il n’y avait pas eu erreur de destination…

Jugez-en plutôt… Voici le paysage, peu avant Rouen…

Progressivement les couleurs changent…

… jusqu’à ressembler aux contreforts vosgiens.

Et la photo prise à la gare de Dieppe est parlante… Sachant qu’il est environ midi!!!

Je devais attendre en gare les ami-e-s qui venaient m’y chercher, mais la curiosité l’emporta, et je me précipitai (à pas de tortue, car cela glissait très fort!) vers le port d’abord, la Prairie ensuite. Et je ne fus pas déçue!

Comme vous pouvez le constater, le soleil a fait une apparition, timide puis plus affirmée. Et, sur la Prairie, il fait grand beau quand j’arrive…

Mais les nuages reviennent par le sud-ouest, et le château est menacé…

Il est grand temps de regagner le centre ville, et de retrouver mes ami-e-s vers le port, pour leur montrer le magnifique marché de Dieppe. Même les choux, sur les étals, n’ont pas été épargnés!

Poissons d’avril

Je vous ai relaté hier la blague d’un adhérent d’OVS Paris, qui proposait d’aller à la messe à la Madeleine à 5 heures du matin, puis de visiter les toilettes Belle Epoque (qui existent réellement, mais n’ouvrent qu’à 10h), avant de manger une soupe à l’oignon. Suivi par 37 personnes!

Photo empruntée au site Sortir à Paris, légèrement modifiée pour la circonstance…

Pour vous distraire en ce 2 avril un peu terne, voici deux autres farces que j’ai « vécues ». J’ai failli être victime de la première.

Image copiée sur le blog, et légèrement transformée par mes soins…

Je suis depuis longtemps le blog d’un Niçois féru de langue, de littérature et de poésie. Gabriel Grossi tient ce blog, Littérature Portes Ouvertes, depuis 2015, et j’apprécie tout ce qu’il me fait découvrir. Hier matin, il mettait en scène une poétesse niçoise méconnue. Voici l’intégralité de l’article.

« Eurydice Roussel est née en 1957 dans la région de Marseille. Elle a grandi dans un milieu artistique et c’est très tôt qu’elle a découvert sa propre vocation pour l’écriture poétique. Elle a étudié la littérature à l’Université Aix-Marseille et a rapidement commencé à publier ses poèmes dans des revues littéraires.

Ses premiers recueils de poésie, « Les Chants des abysses » et « Les larmes de l’Eternité », ont été très bien accueillis par la critique et ont rapidement attiré l’attention de grands noms de la poésie française contemporaine, tels que Emmanuel Hocquard, Jean-Pierre Siméon et Jean-Luc Nancy.

Eurydice est connue pour ses poèmes symboliques et oniriques qui abordent des thèmes tels que la mémoire, les rêves, la mort, et les relations humaines. Elle a également été très influencée par les philosophies orientales et on retrouve souvent des références à la méditation et à la spiritualité dans son œuvre. Elle a également développé un engagement féministe, qui se reflète dans ses poèmes qui dénoncent les injustices et les inégalités subies par les femmes.

Elle a également collaboré avec d’autres poètes contemporains tels que Edmond Jabès, Yves Bonnefoy et Jacques Dupin pour des lectures de poésie et des projets de création collective.

Ses recueils les plus récents « Les murmures des étoiles » et « Le silence des miroirs » ont été salués par la critique comme des chefs-d’œuvre de la poésie contemporaine française.

En plus de sa carrière de poète, Eurydice Roussel est également une conférencière très recherchée sur les sujets liés à la poésie et à la création artistique. Elle donne régulièrement des lectures de poésie dans des universités et des festivals à travers la France et l’Europe. Eurydice Roussel a également été très engagée dans la cause féministe, en utilisant sa plateforme pour dénoncer les inégalités et les discriminations subies par les femmes. Elle a également participé à des manifestations et des campagnes pour la promotion des droits des femmes.« 

Une photo était jointe, photo qui m’avait un peu étonnée : une dame souriante, dans une bibliothèque… un casque sur les oreilles! Mais à l’époque TICophile que nous vivons, pourquoi pas? Et les « témoignages » suivant l’article étaient, eux, très sérieux.

Je n’avais pas le temps d’aller voir ces poèmes, aussi me suis-je promis de le faire plus tard… Eh bien, ce matin, Monsieur Grossi dévoile qu’il s’agit d’une supercherie. « Je n’avais pas le temps d’aller voir ces poèmes, aussi me suis-je promis de le faire plus tard… Eh bien, ce matin, je reçois un courriel dans lequel Monsieur Grossi dévoile qu’il s’agit d’une supercherie.

« Une fois n’est pas coutume, je me suis adonné hier à une petite plaisanterie. C’est mon poisson d’avril pour 2023. Vous l’aurez compris, Eurydice Roussel n’a jamais existé. Mais il y a mieux : j’ai fait rédiger l’article par ChatGPT, et je n’y ai rien changé. J’ai par contre relancé plusieurs fois le robot afin qu’il améliore son écrit. Je lui ai demandé de changer de nom (« Jacques Dupont » était trop banal), de ne citer que des collaborateurs contemporains (une collab avec Rimbaud n’aurait pas du tout été crédible), et d’ajouter des témoignages. Cette capacité à améliorer le texte déjà écrit est vraiment incroyable. On a du souci à se faire… En attendant, je vous souhaite un joyeux 1er avril ! »

Avouez que vous vous seriez peut-être aussi pris au jeu?

L’autre scène se déroule sur la côte picarde où je suis venue profiter du vent du large, large largement venté par une belle tempête. Une amie me montre un article du journal L’Eclaireur. J’aime les journaux locaux qui évoquent si bien la vie quotidienne des invisibles et la prétention des trop visibles, mais je lis l’Informateur. Je n’avais donc pas eu connaissance de cet article, qui titrait sur le projet phare de la ville de Mers-les-Bains. « Phare » dans tous les sens, puisqu’il s’agissait de construire un phare. Et pas n’importe lequel : le phare le plus haut de la côte, d’une hauteur de 45 mètres.

Si vous ne connaissez pas ce joli coin de la côte d’albâtre, vous ne pouvez pas bien comprendre. Aussi vais-je vous y aider. J’ai emprunté une photographie à un autre canard local, le Courrier Picard.

Vous voyez l’entrée du port. Derrière, non visibles sur cette photo, trois espaces portuaires. L’un est destiné aux gros navires commerciaux; le deuxième, aux bateaux de pêche; un port de plaisance complète l’ensemble, relié à la rivière nommée Bresle, qui reliait la Manche à un ancien port situé près du Château de la troisième des « Villes Soeurs », Eu.

L’idée développée dans l’article est d’agrandir le port du Tréport vers Mers-les-Bains… Or voici l’image Google Map (au fait, quelqu’un sait-il/elle supprimer la pub?).

Point besoin d’être grand clerc pour saisir que cela ferait tout bonnement disparaître la majeure partie de la ville! Y compris, soit dit en passant, le magnifique front de mer classé, car datant de la Belle Epoque.

Post scriptum écrit le 3 avril à l’aube

Comme je rendais visite à la galerie de mon amie, celle-là même qui m’avait montré l’article, j’y retrouvai un artiste de Mers, Jack Guerrier, et son épouse. Il et elles étaient tou-te-s trois hilares. Figurez-vous qu’il est l’auteur de la farce! C’est lui qui a rédigé le texte, placé les illustrations, et inséré un titre évoquant le journal… Vous pourrez trouver l’intégralité sur sa page Facebook, mais je vous la recopie.

« Un phare pour Mers les Bains. Une ambition mersoise.

L’ambition pour les élus de la commune de Mers les Bains d’en faire une « VILLE PHARE » va être concrétisée par la construction d’un phare d’une hauteur appréciable de 45 mètres. Il deviendra ainsi le plus haut phare de toute la côte picarde, bien plus haut que celui d’Ault-Onival d’une hauteur de 28 mètres ou que celui du Tréport dont l’attrait attire toujours autant de touristes, malgré ses 14 mètres. Rappelons qu’à Mers les Bains, il subsiste les traces d’un port daté du 18ème siècle à l’entrée de la rue Jules Barni.

Les édiles nous confient : « Mers les Bains n’est plus un port de pêche, son ambition serait de le redevenir. C’est pour cette raison que nous souhaitons ce phare et les infrastructures qui constitueraient la future architecture portuaire complémentaire à celle du Tréport. »

Le projet est d’ores et déjà à l’étude.

L’Éclaireur du 1/4/2023

« La clarté est quand la lumière se fait ». Lao Tsong. »

Et c’est là qu’on constate que l’oeil « répare » les mots (exercice par ailleurs couramment fait dans les stages de récupération de points) : j’avais lu « Lao Tseu ». Sinon peut-être eus-je été alertée? Quoique. Voulant ce matin vérifier l’existence d’un Lao Tsong hypothétique, j’ai trouvé une page Facebook totalement vierge, d’un Lao Mao Tsong. Avec une photo délirante de chat… Peut-être une seconde farce de notre ami Jack?

Il n’en reste pas moins que le quotidien concerné apprécie les poissons d’avril. Il a publié des exemples de poissons d’avril ici ou encore , pour le pays de Chateaubriant. Non, je n’ai pas commis d’erreur d’orthographe. Vous pouvez en trouver la preuve sur le net.

Des huîtres, encore des huîtres!

Comme dit dans l’article précédent, nous étions venu-e-s en famille à Lanton pour déguster les huîtres du crû, sur le conseil des « jeunes » qui fréquentent souvent « Le Cabanon ».

Un petit mot d’abord de l’endroit, fort agréable. Niché au bord du petit port de Cassy, il constitue une grande « cabane » (non tchanquée, comme je le disais précédemment, rien que pour utiliser ce mot surprenant), avec une jolie vue sur le port, qui doit être encore plus agréable depuis la terrasse, rendue inutilisable par le fort vent de ce dimanche de mars.

Qu’à cela ne tienne! L’intérieur est spacieux, et notre table reculée permet de ne pas souffrir du bruit. Certes, la vue est limitée. Mais il reste les tableaux. Je préfère nettement celui du fond, ici, aux autres plus colorés.

L’accueil est chaleureux, et nous commençons par ce que l’on nous présente comme « une sangria blanche », ce que personnellement je nomme « marquise ».

La carte est prometteuse, et le prix des huîtres fort raisonnable si l’on compare à ceux qui sont pratiqués ailleurs.

Quatre douzaines sont immédiatement commandées… mais une à une d’autres suivront… nous atteindrons les 7 douzaines, tant elles sont remarquablement délicieuses, charnues à point.

J’avais appris la veille qu’en pays gascon on les sert avec du pâté, ce que je n’aurais jamais imaginé. Donc, essai, bien sûr. Les deux sont bons, mais pour ma part je les préfère séparés…

Un petit vin blanc pour accompagner, bien évidemment. Chance! J’avais déjà apprécié le Graves blanc, rare dans les restaurants. Et il y en a !

Place maintenant au rizotto de coquilles Saint Jacques, pour les uns, aux crevettes, pour les autres, et aux poissons grillés.

J’apprécie une dorade toute simple, accompagnée d’une pomme de terre en robe des champs avec crème légère.

Certain-e-s ont préféré prendre des brochettes de thon, avec cuisson sur demande.

Et iels ont préféré un peu de rouge pour les accompagner. Encore du Graves!

Je vous passe les desserts (et notamment les excellentes crêpes) et le café. Pas de pousse-café, il faut rentrer ! Une promenade dans un vent de plus en plus fort sera bien digestive…