Côteaux du Génois

Le Génois n’est pas un coin d’Italie (sinon il aurait un accent circonflexe), mais un joli coin de la Loire, autour de Gien (sans S, sinon ce serait au bord de la Méditerranée!), non loin de Cosnes-sur-Loire (voir la carte dans l’article précédent, sur la famille de vignerons). Une région viticole, avec une appellation générique « Vins du Génois » et des crus connus, tel le Pouilly Fumé. Dont j’ai appris au fil du temps qu’il ne fallait pas le confondre avec le Pouilly Fuissé, cru de Bourgogne.

Si l’histoire de ce vin et de sa dénomination vous intéresse, vous pouvez vous reporter à ce site : https://www.pouilly-fume.com/histoire/. Je vous résume : Pouilly est un terme hybride, alliant le latin « Paulus » et le gaulois « accus ». Cela signifie « le domaine de Paulus ».

« Vers 680, l’évêque Vigile lègue par testament, à l’abbaye Notre‐Dame‐ d’Auxerre, son domaine de Pouilly, ‐Pauliaca villa‐ « avec ses vignes ». »

Et comme souvent, on trouve des moines dans l’histoire… En l’occurrence, des Bénédictins.

Ils ont même racheté le domaine au seigneur, ruiné par le coût des croisades!

« Le fief de Pouilly fut cédé aux Bénédictins de La Charité pour la somme de « 3 100 sous et un marc d’argent ». Enfin, autre influence monastique, celle des Chartreux de Bellary installés en 1209.« 

Je vous passe de nombreux épisodes, dont celui du phylloxera en 1890, pour passer directement à 1937, date à laquelle deux AOC furent obtenus : Pouilly-sur-Loire
pour le cépage chasselas et Blanc‐Fumé de Pouilly ou Pouilly Fumé pour le cépage sauvignon. Et « Fuissé », me direz-vous?

« L’appellation Pouilly Fumé est originaire de la commune de Pouilly-sur-Loire appartenant au vignoble de la Vallée de la Loire, tandis que le Pouilly Fuissé est issu de la commune Solutré-Pouilly appartenant au vignoble de Bourgogne localisé en Saône-et-Loire. »

Solutré, cela doit vous évoquer quelqu’un? Oui, on n’est pas loin de Mâcon…

Voici une carte des Côteaux du Gienois, empruntée au site de l’Office du Tourisme de Gien, sur laquelle j’ai encadré, en vert, le domaine Couet, dont je vous ai parlé précédemment, en bleu, Myennes, où s’est effectuée la pause déjeuner, et, en jaune, Gien, dont je vous parlerai dans un autre article…

Revenons maintenant au Domaine Couet, où la famille cultive, plante, récolte, mais aussi produit ses vins, dont, vous l’avez deviné, du Pouilly Fumé… Je me réfère encore au site qui lui est consacré.

« Beaucoup d’explications différentes gravitent autour de l’origine du qualificatif « Fumé », porté par notre vin. Parmi elles, deux ressortent davantage : l’une liée au cépage, l’autre au terroir.

  • À leur maturité, les grains de Blanc Fumé (synonyme reconnu du Sauvignon blanc) sont recouverts d’une légère pruine grise donnant l’illusion d’un voile de fumée.
     
  • Le qualificatif « Fumé » se rapporte également à ce « fumet » inimitable de « pierre à fusil » qui se dégage lors de frottement de silex, terroir d’exception de notre appellation.« 

Je vous passerai toutes les étapes de la vinification, dont la « malo » sur les rouges (pas sur les blancs, que l’on « consomme sur la jeunesse » – dixit notre hôte – et c’est en photos que vous participerez à la découverte des caves, et d’abord des cuves…

Vous ne verrez pas le vin « enterré » (et pour cause!), environ 10 à 15000 litres. Vous ne verrez pas non plus l’autre cave, située à Fontaine… désolée! mais je ne l’ai pas vue non plus!

Puis je passe directement à l’embouteillage, la pose des étiquettes, avec un matériel très « in »… ce qui se comprend, car Emmanuel nous a informé-e-s que le Domaine vendait 50 à 60000 bouteilles par ans, souvent à des clients qui se passent l’adresse de génération à génération…

Pour certains pays étrangers, pas de taxes (de leur vrai nom « accises ») comme en France; donc pas de « mariannes ».

Non, je ne parle pas de la statue présente dans chaque mairie, mais de la capsule qui couvre le bouchon. Une petite parenthèse à ce sujet, pour celles et ceux qui veulent en savoir davantage?

« Vert : Réservé aux vins tranquilles, sans bulles, ainsi qu’aux mousseux. Il est associé aux Vins de Qualité Produits dans des Régions Déterminées (VQPRD), tels que les vins d’Appellation d’Origine Contrôlée (AOC), par exemple.

Bleu : Cette couleur est attribuée aux vins de pays et/ou aux vins de table.

Rouge lie-de-vin : depuis 2011, le rouge lie-de-vin remplace indistinctement les capsules vertes et bleues. Ce code couleur peut donc être utilisé pour les vins en AOC. Toutefois, cette règle ne s’applique pas aux AOC Champagne et aux AOC Vin Doux Naturels.

Orange : Cette catégorie englobe les vins doux naturels, qui ont subi un arrêt de fermentation pour conserver le sucre du vin. Les vins de liqueur utilisent également cette capsule.

Jaune : Réservé au Cognac et à l’Armagnac.

Rouge : Spécifique au Rhum traditionnel des DOM.

Gris : Indique les produits intermédiaires tels que le Ratafia.

Blanc : Tous les autres alcools portent cette couleur. »

A ce propos, savez-vous qu’elle n’est plus obligatoire depuis six ans, bien que l’on continue à l’apposer?

« La fameuse capsule, aussi appelée marianne, posée sur les bouchons de bouteille de vin a beau ne plus obligatoire depuis le 1er juin 2019, elle est encore souvent présente sur nos flacons. La CRD, capsule représentative des droits, est apposée sur la coiffe de la bouteille afin d’attester du paiement des accises liées à l’alcool en France. Elle sert ainsi à identifier et suivre la bouteille de vin. Après une phase de consultation des professionnels du milieu engagée en 2017, il a été décidé de la rendre facultative. Désormais, les opérateurs de la filière ont le choix d’apposer une capsule ou d’utiliser un des autres titres assurant la traçabilité du vin. » (source)

Le temps est venu de cesser la visite, la dégustation nous permet de découvrir 6 des crus du vigneron…

dont les cuvées Edouard et Diane, du nom de ses enfants…

Devinez pourquoi l’autocar était plus lourd au retour qu’à l’aller ?

Huellas

Sans préméditation aucune, me voici au Théâtre du Rond-Point, en cette soirée de janvier qui s’annonçait terne jusqu’à ce qu’une invitation me parvienne, au tout dernier moment… Je ne sais pas ce que je vais voir, mais je m’y précipite, grâce à un bus qui ne marque que la moitié des arrêts, et une petite marche qui me mène du Pont des Invalides jusqu’à ce théâtre, l’un de mes préférés à Paris… Je découvre, en surfant sur mon Iphone, que le titre est « Huellas »… et, toujours sur le net, que cela signifie « empreintes », « traces »… Le site du théâtre annonce un spectacle hybride, danse et cirque. Pas fana du cirque, je suis un peu inquiète, mais j’y vais…

L’architecture des lieux me plaît toujours autant, et la gentillesse du personnel n’a pas diminué : pas de cocktails à la carte? Pas grave, on me fait le Moscow Mule que je demande, rien que pour moi!

Mais vous ne lisez pas cet article pour que je vous parle de mes goûts… Alors, venons-en au spectacle. Dé-coif-fant! Etonnant! Impressionnant! Je ne trouve pas le mot qui pourrait le mieux le qualifier. Danse, acrobatie, mais aussi musique et chant emportent la spectatrice que je suis dans un véritable tourbillon entrecoupé de silence et d’obscurité. Ce sont aussi eux qui règnent au début. Le public reste coi, plongé dans le noir et, au départ, le silence. Assez long. Soudain rompu par une voix… puis un tambour… Et cela dure pour mon plus grand bonheur. La curiosité s’exacerbe. Un flash… On découvre un corps allongé. Un deuxième. Le corps est comme en suspension. Un troisième. Des sursauts… Le chant s’amplifie, le rythme du tambour s’accélère… Et l’on assiste à des tentatives d’un homme préhistorique, qui essaie de se dresser sur ses deux membres postérieurs…

La suite, je ne vous la raconterai pas, pour ne pas déflorer le thème du spectacle, qui se révèle progressivement, dans une succession de tableaux tous plus saisissants les uns que les autres, avec des rythmes et des figures dont la diversité témoigne de la virtuosité du chorégraphe et des danseurs, mais aussi du musicien et de la chanteuse-musicienne.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé à la fois la musique et la danse, sur une thématique qui nous questionne au plus profond… A voir donc absolument!

Quand l’Arc-en-Ciel illumine le Nord…

Je ne sais plus si je vous ai déjà parlé d’un orchestre extra-ordinaire (dans tous les sens du terme), que j’ai découvert l’an dernier, lorsqu’il joua Brahms à l’Eglise Saint Marcel, à Paris? RSO, c’est son nom. R pour Rainbow, S pour Symphony, et O… vous devinez ! Oui, « Orchestra ». Voici comment il se présente sur son site officiel :

 » Le Rainbow Symphony Orchestra (RSO) est un orchestre symphonique associatif LGBTQI+, ouvert à toutes les personnes qui portent ses valeurs. Ses projets s’inscrivent dans un esprit humaniste attaché à la tolérance et au respect des droits et des libertés de chacun·e. Créé en 1996, il est composé de musicien·ne·s réuni·e·s par l’amour de la musique classique sous la baguette de John Dawkins autour de projets ambitieux, originaux et de qualité. »

Une moyenne d’âge très basse… je dirais au maximum 35 ans. Peut-être moins. Des « jeunes », pour la plupart, au sourire partagé, à l’enthousiasme communicant, au dynamisme incroyable. Qui ont en commun l’amour de la musique et le rejet du rejet. Quel rejet? Celui dont elles et ils ont été victimes, pour avoir revendiqué leur identité.

Le jeune co-président (ci-dessus avec sa co-) de l’association expliquait au début du concert que c’était la deuxième année, en vingt d’existence, qu’ils et elles pouvaient jouer dans une église, et qu’un nouveau refus venaient de leur parvenir de la part d’une autre à laquelle ils et elles avaient pensé pour leurs prochains spectacles, les 22 et 23 juin! Et de remercier l’équipe de Notre Dame du Liban (soit dit en passant, qui s’est un peu mais discrètement énervée de la longueur des applaudissements, et a refusé le second « bis » le dimanche soir).

Voici la fin de la répétition du samedi, surprise par l’arrivée des spectateurs/trices…

Mais je ne suis pas là pour vous parler « genre », mais plutôt « musique ». Car ce sont des musicien-ne-s remarquables, et leur union est évidente, malgré leur grand nombre, et la diversité des horizons dont elles et ils proviennent. Et cela se ressent dans leur jeu, qui vous emporte comme une vague, tantôt douce, « léchante », tantôt forte et violente. Ce qui convient tout à fait aux morceaux qui étaient au programme ce week-end. Et moi qui aime la musique de beaucoup de compositeurs nordiques, j’ai été gâtée. Je devrais ajouter le féminin, mais je n’en connaissais pas jusqu’à maintenant, et j’ai découvert une compositrice, Dina Appeldoorn. En recherchant sur le net ce matin, j’ai réalisé qu’elle n’était pas si « du Nord » que cela, car elle est des Pays-Bas! Et qu’elle ne s’appelait pas comme cela : son nom complet est Christina Adriana Arendina (Dina) Koudijs-Appeldoorn (1884-1938).

Le morceau de sa composition qui fut interprété nous transporta dans une campagne peuplée d’animaux, vivante… Son nom? Aucune surprise : La Pastorale, qui met en valeur les vents. En voici une interprétation, assez différente de celle que j’ai ouïe, mais qui vous fera comprendre ce que je viens d’écrire.

Mais revenons au « la » du début. En photo, le samedi. En vidéo, le dimanche. Les deux aussi mauvaises l’une que l’autre, mais authentiques…

Pour ma part, j’ai particulièrement apprécié deux airs : l’un d’un compositeur que je ne connaissais pas, Niels Gade, un Danois du 19ème (1817-1890); l’autre est Sibelius, un Finlandais que presque deux générations séparent du précédent (1865-1957). La Symphonie n°7 en Ut Majeur du second m’a considérablement émue, enveloppée, enlevée, transportée… Malheureusement, l’orchestre est très peu présent sur le net, et je ne peux que vous conseiller la version Bernstein, en ligne ici.

Mais j’ai aussi beaucoup apprécié les Echos d’Ossian de celui que France Musique a surnommé « Le Grand-Père de la Musique danoise ». A 23 ans, il était loin d’être « grand-père » lorsqu’il composa cette Ouverture! J’ai trouvé un article qui vante cette oeuvre, alors interprétée par l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie à la Cité de la Musique (hélas version non en ligne, en voici une autre).

« Il faut dire qu’Échos d’Ossian avait pour plaire deux qualités majeures prisées au XIXe siècle. Tout d’abord, le XIXe est le siècle de foisonnement des couleurs et écoles nationales, notamment nordiques : la Norvège d’Edvard Grieg, la Finlande de Jean Sibelius, le Danemark de Carl August Nielsen. Ensuite, Ossian est une figure mythique de la poésie : les textes de ce « barde écossais du IIIe siècle » ont bouleversé l’Europe au XVIIIe et si leur véracité est discutable (ils ont été passablement adaptés par James Macpherson en 1760), leur influence est capitale, provoquant un mouvement valorisant les identités dans le courant romantique et une « celtomanie » (inspirant beaucoup Wagner pour sa Tétralogie). » (source)

Dès les premières mesures, me voici embarquée dans un univers que j’aime, celui des contes et légendes celtiques, celui d’un pays aussi vrai qu’imaginaire, la « Bretagne » de nos romans de la Table Ronde…

Et cela m’amène tout naturellement (enfin, presque!) à évoquer un troisième point d’intérêt de ce programme : la (re, parfois) découverte de la culture des pays scandinaves. Ainsi, celle des Iles Feroe. Pour aller plus loin sur la musique de ces îles, vous pouvez vous promener ici, , ou encore, pour mieux connaître les îles et si vous ne comprenez que le français, .

J’ai été saisie de retrouver un air que je connais bien, mais dont j’ignorais totalement la provenance. Désormais, je pourrai identifier le début de la Midsommarvaka. Les recherches effectuées ce jour m’ont emmenée à travers différents pays : la Pologne, car Hugo Aleven (1892-1960), pour sa Rhapsodie n°1, se serait inspiré de la Jössehäradspolska de Vârmland. J’ai essayé de trouver une autre source, une chanson nommée Trindskallevisan, en vain. Si vous le pouvez, aidez-moi par un commentaire! Par contre, j’ai trouvé une interprétation « authentique » d’une autre chanson traditionnelle finlandaise que l’on retrouve dans la rhapsodie, Vindarna sucka uti skorgana, sur une vidéo personnelle en ligne. Et une autre, étrangement arrangée, ici. Une troisième, très langoureuse, avec piano, ici. Enfin, une version « trombone », .

Ma caméra s’étant déclenchée à mon insu, alors que je pensais « dérober » une photo, je ne résiste pas à l’envie de vous faire écouter ce petit « morceau capté », au risque de passer pour une « voleuse », mais surtout pour une « catastrophe vidéastique »…

Une petite anecdote : le soir du samedi, le trompettiste s’est… trompé! Alors que le chef d’orchestre expliquait ce que jouaient, dans un morceau, tel ou tel instrument, il a utilisé la « mauvaise » trompette. Les néophytes comme moi n’y ont vu que du feu, mais l’orchestre a été surpris, puis a éclaté de rire avec son chef. Je n’aurais pas mentionné cela si, le lendemain, le chef n’avait lui-même raconté l’anecdote au moment où il répétait cette présentation…

Pour revenir au concert, sachez qu’il m’a tellement plu, que je suis retournée y assister le lendemain, et j’ai eu tout autant de plaisir, y compris à écouter le surprenant chef d’orchestre explique avec beaucoup d’enthousiasme, d’humour et de pédagogie certains des morceaux, avec une « décomposition » permettant d’identifier quels instruments jouaient quoi… Rare, non? Bref, du bonheur partagé avec les artistes et le public présents dans l’Eglise Notre Dame du Liban.

Déjeuner à moins de 50 euros à 2 (suite)… ou de 100 euros à 4!

J’avais plus ou moins abandonné l’idée de partager avec vous les adresses de restaurants à moins de 50 euros à 2 (série initiée voici quelques temps), car, depuis cet été, la montée des prix dans ce domaine a été fulgurante. Or voici que j’ai pu profiter d’un délicieux repas, en terrasse, avec une belle demi-bouteille de vin, dans la limite du défi. Et devinez où? A Monaco! Et pas dans n’importe quel quartier : sur le Rocher. Vue sur le chevet de la cathédrale, à deux pas des tombes de la Princesse Grâce et de son auguste époux…

Les jeunes amies artistes dont j’ai parlé dernièrement n’avaient qu’une brève pause pour le déjeuner. Donc pas question de rechercher le lieu idéal. Tant pis pour le porte-monnaie! Nous voici donc dans les rues de la ville ancienne, en quête d’une terrasse où nous « poser ». Quand, sur une petite placette, une table de quatre semble nous attendre. Nous nous y installons donc, sans trop regarder la carte annoncée, et sans consulter Tripadvisor. Comme je n’ai pas pris de photo car il y avait des client-e-s en terrasse, voici celle qui est proposée sur ce site.

Quelle belle surprise! Avec un plat de penne cuites al dente et agrémentées d’une sauce au « speck et pistaches », puis une tarte tatin. Le tout arrosé d’un rouge aux saveurs méditerranéennes… Je m’attendais à une addition salée… Moins de 100 euros pour quatre! Alors que nous avions bénéficié de la tranquillité, de la vue sur la cathédrale, et d’un service extrêmement aimable d’une dame qui a tout fait pour qu’il soit efficace et agréable. Je comprends pourquoi nous avons vu arriver dans ce même restaurant deux personnes qui travaillent pour le Pavillon Bosio! Il faut dire que le plat du jour est à 14,5 et le menu du jour à 20,5!

Depuis, j’ai regardé sur le net. A part un grincheux qui n’a pas eu de place, les commentaires sont élogieux:

« Petit endroit à l’abri des passants, où l’on peut déguster un bon petit repas. Les cannellonis sont délicieuses, ainsi que la friture. Le rapport qualité/ prix est parfait.« 

« Serveur sympathique, efficace, commercial, apéritifs originaux, nourriture excellente, cadre agréable, rien à redire. Devrait être prescrit comme remède à la morosité.(ne prend pas la carte vitale 😉) »

« Je souhaiterais vous remercier de votre accueil et de votre gentillesse.
Le repas était excellent, mes enfants et moi même nous nous sommes régalés .
Mon fils a pris une pizza , ma fille des spaghettis vongole et moi votre plat du jour ( Thon mi cuit ), qui change apparemment quotidiennement .
Une expérience à renouveler très prochainement.
Merci »

Ah! un dernier mot, car j’allais oublier de vous donner le nom de ce lieu idyllique : c’est celui du patron de la cathédrale, Saint-Nicolas. Une adresse à enregistrer, si vous envisagez d’aller voir la relève de la garde, de prier à la cathédrale ou de visiter le Musée océanographique!


L’accueil d’un vigneron ardéchois

Photographie empruntée au site Gîtes de France, car j’ai raté toutes mes photos!

Que faire quand on désire s’arrêter en route, pour prendre un peu de repos, et qu’il est plus de 19 heures? Vite, recherche sur le net… Premier appel : plus de places. Second appel : on éclate de rires. Crainte : on se moque de moi? Que nenni… L’homme explique que, justement, il lui reste une chambre et qu’il sera ravi de me recevoir. Alors j’ose : « Est-il possible aussi de dîner? » Nouvel éclat de rires… « Je n’ai rien prévu pour ce soir ». J’insiste « Je ne suis pas difficile, un plat de pâtes me suffirait ». Hésitation. « J’ai bien mes ouvriers qui vont rentrer tout à l’heure. Je leur ai préparé un poulet au curry et du riz. » Réponse immédiate : « Super! » « Mais je n’ai pas de pain! » « J’en ai un entier, et du fromage, et des fruits, on peut partager » « Oui, le poulet, s’il y en a pour deux, on peut partager ». Et le rendez-vous est pris. Il reste à quitter la vallée du Rhône, grimper le versant occidental au milieu des vignes, prendre une étroite petite route de crêtes, et me voici à Cheminas, adorable village sis sur le haut plateau du nord de l’Ardèche, non loin de Tournon.

Une bâtisse impressionnante, assez austère pour me séduire. Deux chiens devant la porte. L’un, sorte de labrador gigantesque, vient gentiment me saluer. L’autre, tout à fait différent, reste en retrait. J’apprendrai plus tard qu’il s’agit de la maman du premier. Impossible à deviner : il et elle n’ont rien en commun : ni couleur, ni taille, ni poil… Rien.

La porte s’ouvre sur un homme d’une cinquantaine d’années environ. Grand, bien bâti, souriant. « Entrez ». Ce que je fais. L’intérieur allie modernité et tradition : une cuisine américaine, surprenante en ces lieux, et une vaste salle de séjour organisée autour d’une magnifique table en bois.

L’hôte me guide à l’étage, par un escalier de bois orné d’une séparation de corde brute. J’adore.

La chambre est spacieuse, avec un mini-coin toilette et une belle douche. Il me laisse et redescend.

Lorsque je le rejoins, il a préparé tout un assortiment de charcuterie sur le bar, ainsi que deux bouteilles : rouge et blanc. Car ici, on boit la production du propriétaire-vigneron. J’opte pour un Viognier blanc. Etonnant. Surprenant. Excellent. La conversation s’engage, tandis que l’hôte continue à cuisiner. Je comprends cette fois l’intérêt de la cuisine ouverte, moi qui n’apprécie pas franchement cela habituellement…

Une camionnette stationne devant la bâtisse. « Ah voilà mes ouvrier. Déjà? » Il est 21 heures! Effectivement, deux jeunes gens entrent. Je vous ai déjà parlé d’eux, à propos d’ensilage, et ne vous les présente donc plus. Echanges « Je ne suis jamais arrivé si tôt! » dit le premier. A mon étonnement, il ajoute « D’habitude, c’est plutôt très tard dans la nuit, voire à l’aube ». J’apprends alors tout ce que je vous ai déjà expliqué, à savoir que l’ensilage s’effectue quand on le peut, souvent en urgence avant un épisode pluvieux ou orageux. Il faut finir les champs à tout prix.

La charcuterie est délicieuse, et je me régale, moi qui pourtant ne suis pas une fana de ce type de nourriture. Le pâté proposé en entrée le sera tout autant. Il est fait maison par le patron, dont le père était charcutier. Après un long apéritif passé à faire connaissance, nous passons à table. Et commence un repas agrémenté d’échanges « vrais » autour de nos goûts alimentaires (l’un des jeunes gens aime tout ce qui est abats…) et de nos vies (clairement, beaucoup de grosses déceptions amoureuses…). Salade, pâté, poulet, riz. Arrive le fromage. Un régal aussi. Par contre, pas de dessert. J’apporte mes fruits. On m’offre un yaourt. Le tout avec une dégustation de vins.

Les vins rouges portent le nom des filles de notre hôte.

Car il élève seul, une semaine sur deux, Coline et Lily, dont les dessins ornent quelques surfaces. Et je le questionne : « Comment faites-vous pour cultiver les vignes, produire votre vin, le commercialiser, recevoir pour les dégustations, tenir table et chambres d’hôtes, faire de la charcuterie, assurer la gestion de tout cela, et… tenir le coup? »

C’est visiblement difficile, et se fait au prix d’une vie organisée autour de ses petites, pour lesquelles il agrandit le patrimoine modeste laissé par ses parents. Il a considérablement agrandi la surface de vignobles, a diversifié les cépages et donc la production de vin… et il continue… nous discutons investissement (financier et physique), association, solidarité… et vie amoureuse. Difficile de trouver, et surtout de garder une jeune femme quand on travaille autant! Alors que le projet de l’accueil d’hôtes a été pensé avec et pour elle, pour qu’elle s’épanouisse, rencontre beaucoup de monde, puisse continuer à créer, voire exposer et vendre ses oeuvres…

Le repas se poursuit jusqu’à presque minuit. Je comprends que les hommes sont fatigués, ils doivent travailler tôt le lendemain. Et je m’éclipse.

Au réveil, une superbe table de petit-déjeuner m’attend. Et un accueil tout aussi chaleureux.

Alors, que vous dire de plus? Sinon de faire le détour si vous passez sur l’A 7 ou la N86. Voire prendre une semaine de découverte dans un des superbes gîtes attenant à la maison principale. Et vous aurez le bonheur de « respirer », de partager la vie d’un vigneron, de découvrir un homme extraordinaire, et peut-être d’apprendre, encore et encore… Que du bonheur, non?

Ah! J’allais oublier de vous donner les coordonnées. Et d’abord le nom de l’hôte : Philippe Michelas.

5 impasse de la Chapelle Ceintres, 07300 Cheminas

philippe.michelas@orange.fr

06.82.58.19.45

Et vous en saurez davantage en visitant le site très bien conçu, présentant à la fois le domaine, les chambres et gîtes, et les vins : https://le-clos-de-ceintres.com/

Un film présente même le Clos, vu par drone .

Un bel endroit qui convient à la fois au/à la solitaire désirant « se retirer », au couple souhaitant un peu d’intimité, à la famille dont les enfants vont s’épanouir dans la nature et pour lesquels des jeux et une cabane sont à disposition, et un groupe d’ami-e-s qui veulent partager des moments de loisirs ou de découvertes… et je ne fais pas de pub! (rires)

La rencontre du Geste et de l’Esprit (1)

Lorsque j’écrivais voici peu que la signification de « calli- » était « belle », je ne me suis pas apesantie, mais il y avait beaucoup à dire, en particulier pour qui aime la philosophie et l’art de la Grèce Antique. Car les Grecs anciens alliaient beauté physique et beauté morale – j’aurais plutôt tendance à utiliser l’adjectif « spirituelle ». J’ai retrouvé cette fusion dans les gestes des calligraphes que j’ai pu voir samedi dernier. L’un, en vidéo. L’autre, « en vrai ».

Le premier est Zhan Deqian. Une vidéo, malencontreusement projetée… au sol!… le montre créant l’une de ses oeuvres, avec une charmante assistante (l’une des femmes de sa vie? il semble avoir été un grand séducteur, marié au moins trois fois…).

Comme vous le voyez, les encres sont préparées en amont, ici. Ce n’est pas toujours le cas, comme je vous le montrerai plus tard.

La phase de préparation est une phase de méditation. L’artiste se concentre, la conception est de l’ordre du spirituel. Le premier geste est longuement réfléchi. Autant que l’occupation future de l’espace, que va marquer l’emplacement initial du pinceau.

Une des choses qui m’a le plus frappée, c’est l’importance de la tenue de celui-ci. A la fois dans la position du pinceau (plus ou moins verticale) et dans la pression (qui va donner la finesse du trait). La position de la main sur le pinceau joue aussi un rôle certain, faisant de celui-ci un véritable « instrument ». Cela nécessite une incroyable maîtrise de la main. Voici quelques exemples de ces positions, durant la création présentée dans cette vidéo.

Pour « étaler »

Pour un point ou un petit trait fin

Pour des traits moyens et plus longs (et, en appuyant, on densifie)

Pour écrire finement

Le principe est de ne pas revenir en arrière. Il faut donc être rapide, précis, et posséder une grande maîtrise, ce qui fut démontré dans la conception de cette oeuvre.

La pause du cachet, signature de l’artiste, est toute aussi méticuleuse. Admirez le beau geste… On ne voit même pas l’objet, tant il est couvert par les deux mains, l’une le maintenant pile à l’endroit où l’on souhaite l’apposer, bien vertical, et l’autre pressant pour qu’il soit net.

Et voilà, l’oeuvre est achevée. Accompagnée d’un texte que je ne puis hélas vous traduire, et qui n’était pas explicité…

Déjeuner non sur l’herbe, mais à la Mare aux canards

Une maison bien cachée dans le Bois de Meudon… Pour y parvenir, il faut délaisser l’Observatoire, et aller en quête de la Mare d’Adam… jouer à cache-cache avec la N 118, frôler l’antre du Standard, et on y parvient finalement, au coeur du Bois.

Une cour bien abritée, dominée par les marronniers, hêtres et chênes environnants, qui laissent cependant largement passer les rayons du soleil…

Un accueil charmant. Les tables sont assez éloignées les unes des autres pour garantir la tranquillité de chaque hôte.


Pour commencer, un Mojito très bien dosé, ou le cocktail maison, si toutefois on aime suffisamment les fraises pour leur permettre de prendre le pas sur le goût du Champagne.

Parmi les entrées, jouons le classique, populaire avec les os à moelle, merveilleusement fondants, ou le plus snob, avec un foie gras très correct.



Et, bien sûr, ensuite, du canard. Sous toutes ses formes. Depuis le quart ou demi grillé au feu de bois (qui crépite dans la cheminée à l’intérieur de l’auberge), jusqu’au magret au miel et aux épices.

La carte des desserts est très variée, mais j’ai opté pour une déclinaison de fruits rouges en ce beau jour de mai.

La carte des vins offre de bons crus à des prix accessibles, comme le Crozes Hermitage choisi pour accompagner le canard.

Bref, tout le bonheur des restaurants retrouvés, avec en prime un repas de qualité et un accueil sympathique.

Sans compter la possibilité de s’égailler ensuite dans la forêt qui abrite l’auberge…

Cohues en terrasse… mais où sont passés les plus de 30 ans ?

Il s’est produit hier un phénomène étrange… Alors que des « draches », comme on dit chez les Ch’tis (pour les êtres bizarres qui ne connaissent pas ce beau langage, il s’agit d’averses), tombaient, et que par moments des rafales de vent glacial soufflaient, les terrasses des bars et restaurants étaient pleines hier. Tandis que les intérieurs étaient vides.

Autre phénomène étrange, vers 20 heures : plus un seul « vieux » ni une seule « vieille » dehors. Entendez par « vieux » toute personne au-delà de 30 ans. Oui, vous avez bien lu, 30 ans.

Et des cohues de jeunes serrés les un-e-s contre les autres, d’abord près des bars et restaurants, puis, au-delà de 21 heures, sur le trottoir d’en face.

Bref, un univers de science-fiction où ne survivraient que des jeunes assoiffés et affamés, qui se tasseraient en extérieur malgré la bise et la pluie…

Et je ne parle pas de la manifestation qui a bloqué la circulation au centre de Paris. Qui manifestait ? Les policiers…

Décidément, ce 19 mai n’était pas un jour ordinaire…