Trouville côté mer

Je vous ai laissé-e-s hier sur une petite énigme… Vous aurez sans doute trouvé la solution? Il s’agissait bien sûr de celle qui a été sanctifiée, Sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, décédée à 24 ans, après une courte vie au carmel de Lisieux, et qui effectivement passa trois étés après sa longue maladie et avant son entrée en religion dans la station balnéaire de Trouville.

Il est temps maintenant de quitter le quartier de l’église qui, comme vous l’avez compris, domine la rivière et la mer, pour redescendre vers cette dernière.

Je n’avais pas réalisé que je montais autant, et ne m’en suis rendu compte qu’au nombre d’escaliers que j’ai empruntés et à la quantité de marches descendues! C’est ainsi que j’ai compris que j’avais fait le circuit dans le bon sens… Avis à celles et ceux d’entre vous qui souhaiteraient découvrir la ville!

L’architecture change, mais demeure tout aussi hétéroclite.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir des piles de linge derrière la jolie fenêtre de cette belle demeure!

En bas, on découvre des ruses pour voir la mer malgré la présence d’édifices entre celle-ci et la maison…

La descente offre à l’errante de belles échappées…

Le ciel s’éclaircit. La mer n’est plus très loin… je vous en parlerai plus tard…

Les dessins de la petite Thérèse

Une adolescente se rendait de temps à autre sur la côte normande, non loin de chez elle. Et à Trouville, plus précisément, les étés 1885 – 1886 et 1887. Elle avait alors entre 12 et 14 ans et sortait tout juste d’une longue maladie qui avait suscité l’inquiétude des siens et les avait poussés à prier Notre Dame des Victoires.

« Fin 1882, Thérèse tombe malade d’une maladie lui occasionnant malaise et maux de têtes. Son état s’aggrave dans les mois suivants. Très inquiète, la famille prie Notre-Dame des Victoires. Le 13 mai 1883, Léonie, Marie et Céline prient au pied du lit de Thérèse et se tournent vers la statue de la Vierge. Thérèse prie, elle aussi. »

Elle dessine bien, cette jeune fille, et certains de ses dessins sont exposés dans l’église dont je vous parlais précédemment, à Trouville. Je ne les ai pas retrouvés sur le net, et suis donc contrainte à vous montrer des photos gâtées par le reflet des vitraux…

Cette artiste en herbe ne vivra pas longtemps : elle meurt en effet, non loin de là, dix ans plus tard, à 24 ans… Avez-vous deviné sous quel nom elle est davantage connue?

Une église questionnante

Nous étions, dans notre promenade à Trouville, arrivés face à un édifice étrange, à l’architecture tout aussi interpellante que ses décors. La rue voisine indique où il est situé…

Son architecture extérieure n’incite vraiment pas à la visiter, mais vous connaissez ma curiosité! J’ai, depuis, compris les raisons de son étrangeté : des remaniements hétéroclites.

« Inscrite au titre des monuments historiques depuis 1926, l’église Saint-Thomas de Touques a été énormément remaniée depuis sa construction au XIIe siècle, et ne conserve plus d’origine que sa tour clocher (haute de 21 mètres), surmontée d’une flèche octogonale néo-gothique ajoutée après la réfection du clocher en 1870 »

Mais par où entrer? C’est désormais le grand jeu dans de nombreuses églises : trouver la bonne porte, la principale étant la plupart du temps bien close. En l’occurrence, on entre par une petite porte accessible par un petit escalier, qui conduite dans un petit couloir avant d’arriver enfin à gauche du choeur, face à de petites orgues.

Il s’agit de ce que l’on nomme « orgue de choeur », car l’église comporte deux instruments, comme je viens de l’apprendre grâce à Wikipédia, article que je vous cite intégralement, liens compris, pour votre culture personnelle…

« L’église possède un orgue de tribune de Cavaillé-Coll installé en 1870 et restauré en 19872 et un orgue de chœur, également de Cavaillé-Coll, d’une qualité sonore remarquable, construit en 1894. Ce dernier possède neuf jeux sur deux claviers et pédalier. Il a fait l’objet d’un relevage en 20163. Le compositeur Édouard Devernay y fut organiste titulaire de 1912 à 1952. »

On remarque d’entrée de jeu (c’est le cas de le dire!) la croix de Malte, omniprésente dans l’édifice. Une porte dérobée, dans le choeur permettait aux lépreux d’assister aux offices. Je regrette de ne pas l’avoir su avant, car je ne l’ai pas remarquée. A moins qu’il ne s’agisse de celle par laquelle je suis arrivée?

J’ai eu du mal à comprendre le nom de l’église. En effet, elle est présentée comme « Notre Dame des Victoires ».

Mais, à l’intérieur, figure tout un développement sur « Saint Thomas de la Touques ».

Une lecture toute fraîche du blog à ce nom m’a fait comprendre que l’église était devenue « église-relais » d’une paroisse étendue à plusieurs localités, dont Trouville, et que c’était le nom de cette paroisse. En effet, la seconde église, que je vous ai présentée hier comme étant plus ou moins à l’abandon, a été désacralisée, et il ne reste plus que celle-ci pour la paroisse qui s’est, comme beaucoup d’autres, élargie aux villages et bourgs environnants. Mais qui est ce saint patron? Je ne l’avais pas deviné. Et pourtant il est célèbre! Ce n’est ni plus ni moins que Thomas Becket.

« L’attachement de la Normandie à saint Thomas Becket s’explique d’autant mieux qu’il était lui-même normand d’origine. Raymonde Foreville assure que son père, Gilbert, appartenait à la bourgeoisie de Rouen et sa mère à celle de Caen.

Notons en passant qu’il y a en Normandie bien des Becquet, Béquet et Béchet, sans parler des toponymes. » (source)

Rien d’étonnant, donc, à ce que, bien que né en Angleterre, il soit venu à Trouville avant de devenir Archevêque de Canterbury. Il fit en effet de nombreux passages en Normandie.

« Thomas séjourne avec Henri II en Normandie en février 1156 (à Rouen), en septembre et en novembre de la même année (à Domfront, Caen et Argentan), puis de janvier à mars 1157 (à Falaise, Caen, Bayeux et Rouen). Nous le trouvons encore en Normandie, vraisemblablement durant la seconde moitié de l’année 1158, puis certainement en janvier 1159 (à Argentan et à Rouen). Il y est encore au printemps et durant l’été 1160, au moment où il fallait se prononcer sur le schisme entre Alexandre III et Victor IV, candidat de l’empereur Frédéric Barberousse. Thomas est sans doute encore en Normandie plus tard au cours de cette même année et, avec quelques interruptions, jusqu’en mai 1162. À ce moment, à Falaise, Henri II lui fait part de sa volonté de le faire élire archevêque de Cantorbéry et lui arrache son consentement. Le chancelier se rend ensuite en Angleterre et retourne seulement en mai 1163 brièvement sur le continent pour prendre part (alors en tant qu’archevêque de Cantorbéry) au concile de Tours, réuni par le pape Alexandre III« 

En outre, on sait à quel point il est relié à la lèpre, car considéré comme l’auteur de nombreux miracles concernant les victimes de cette maladie.

Benoît et Guillaume, dont les textes, analysés par Raymonde Foreville, font état d’un certain nombre de pèlerins venus de Normandie et favorisés de la guérison d’infirmités, de maladies ou de séquelles traumatiques graves. Parmi eux il y eut notamment, dès 1171, un chevalier prénommé Eudes venu de Falaise.
Vint ensuite et fut guéri à Cantorbéry le lépreux Gautier, originaire de Lisors, paroisse voisine de l’abbaye de Mortemer (Eure). Cette guérison mérite d’autant plus d’être rapportée que l’on vit plusieurs léproseries normandes se mettre sous le patronage de saint Thomas le Martyr. Sont encore mentionnés : un adolescent de Villedieu (les-Poèles), une femme aveugle du diocèse de
Bayeux, un pèlerin d’Eu, un autre de Valognes, pour ne citer que des miraculé
s » (ibidem)

Le choeur est d’une architecture saisissante, ne serait-ce que par ses proportions, mais aussi par ses ornements.

La nef ne manque pas de beauté, et sert d’écrin à l’orgue dont il fut question plus haut.

Loin de moi l’idée de vous lasser en passant en revue tous les détails de cet édifice. Je vous laisse le soin de les découvrir vous-même! Juste, en passant, une idée des vitraux dont la modernité saisit mais ne choque pas.

Tout aussi modernes, les fresques sur les parois ont déjà subi des vicissitudes…

La coquille du bénitier me laisse coite, par ses imposantes proportions. Mais nous ne sommes pas loin des ports faisant commerce avec les contrées lointaines où l’on pêche le tridacne géant.

Il n’est pourtant pas dans la liste des nombreux objets classés de cette église, contrairement à bien d’autres. Remarquable, aussi, cette plaque ovaloïde, que malheureusement j’ai eu des difficultés à photographier car une ombre lui nuit. J’espère que vous réussirez à la lire.

Moins pérenne, mais tout aussi remarquable, la crèche à laquelle un écrin de verdure procure une certaine originalité, pour ne pas dire une originalité certaine.

Trouville en perdition?

J’aime errer dans des lieux inconnus, en humant l’air et tentant de deviner qui sont les personnes qui les hantent. Je fus gâtée ce samedi, en arpentant les rues, ruelles et petits passages de Trouville : je n’avais pas du tout imaginer ce bourg comme je l’ai trouvé. Désert, pitoyable, désolant par de nombreux aspects. Comme abandonné.

A l’exception des quais et des trois-quatre rues qui constituent le minuscule « centre »… Et encore, vu l’état de l’église!

Dans les villages du sud, les ruelles, même en piteux état, gardent un côté pittoresque qui fait cruellement défaut ici.

Certaines rues évoquent davantage les corons du Nord qu’une station balnéaire. Mais au moins, dans les corons, il y a de la vie!

Et même un vieux vêtement rapiécé a plus fière allure s’il est propre…

Pourtant par ci, par là, on sent que les habitant-e-s ou résident-e-s résistent.

Ici par l’humour : sur la porte, il est écrit « Les Chacrobates ». Là, par la peinture et l’appel à la protection divine.

Ailleurs, on fait des recherches esthétiques, même sur les boites aux lettres.

Des indices de vie, on finit par en trouver, en cherchant bien… Comme des graffiti…

Ou des affiches qui ne manquent pas d’humour.

Humour aussi que cette plaque qui interpelle les passant-e-s ! (zoomez!)

Enfin une curiosité architecturale, au bout d’un bel effort de montée et de recherches vaines.

Mais de quoi s’agit-il? Nul panneau ne l’indique… Un ancien château reconverti? Un manoir? L’idée d’un touriste fou, comme celui qui a imaginé « le château de l’Anglais » à Nice?

La chimère se moque de moi, du haut de sa superbe.

Vous ne me croirez sans doute pas. Et pourtant c’est vrai : mes recherches sur le net ne m’ont pas permis de trouver cet édifice (soit dit en passant, bravo aux communicants de l’Office du Tourisme : je n’ai pas vu la même ville!).

Alors, je vous demande de l’aide : qu’est-ce donc? Vos commentaires sont donc les bienvenus!

Peut-on aimer Deauville ? (2)

Rien de tel qu’une promenade sur les « planches » pour répondre à cette question.
Quittons donc la Presqu’île de la Touques, mon lieu de résidence, pour gagner la rive gauche et rejoindre la plage… Pour ce faire, trois solutions : aller faire le tour par le pont des Belges, qui relie Trou- et Deau-ville, prendre le bac (mais il ne fonctionne qu’à marée haute (et je ne l’ai pas vu fonctionner du tout…?), ou emprunter le pont situé entre les deux nouvelles tours marquant l’entrée du port. C’est tout naturellement que nous l’empruntâmes, car situé… en face de la résidence! Paresse oblige…

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Une des tours vue du balcon

En réalité, l’une des tours est l’ancien phare du port, qui a été rénové et « doublé » d’une tour presque jumelle.

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J’apprends bien vite que le quai porte le nom de l’Impératrice Eugénie… « Sur le port de Deauville, au petit matin du 7 septembre 1870, l’Impératrice Eugénie, sur la route de l’exil, embarque depuis ce quai, avec le Docteur T.W. Evans, sur la goélette La Gazelle, afin de rejoindre l’Angleterre. »

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La lumière est superbe, en ce matin de janvier à la douce fraîcheur. Un soleil pâle éclaire magnifiquement le port et Trouville…

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J’ai malheureusement « raté » la photo de l’entrée du chenal, mais je ne résiste pas à l’envie de la partager quand même avec vous, certaine de votre indulgence.

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Un homme veille sur l’entrée de la plage. Son buste est maltraité par les volatiles, marins ou non.

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Ce n’est ni un artiste ni un élu. Mais un homme d’affaires, le fondateur du restaurant Maxim’s.

« En 1905, il est sollicité par la municipalité de Trouville-sur-Mer pour prendre la direction du casino de la station balnéaire, ce qui permet ainsi à Trouville de faire venir sur la côte normande une partie de la clientèle parisienne de Cornuché. En 1909, il est envisagé de reconstruire le casino, mais le projet soutenu par Cornuché n’est pas celui qui est retenu ; il donne alors sa démission et s’en va trouver le maire de Deauville, Désiré Le Hoc, à qui il propose son projet4.

Ainsi naît en 1912 le casino de Deauville, contribuant au succès de la station normande5.

Eugène Cornuché meurt le 1er avril 19266 à Paris. C’est son associé François André – l’oncle de Lucien Barrière – qui reprend alors le casino de Deauville. » (Wikipédia)

La plage est déserte. Seuls y courent des chevaux attelés, sans doute en prévision de la course du week-end. Les planches sont aussi bien vides.

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Une exposition de photographies un peu « kitch » casse malencontreusement la belle harmonie de ces lieux.

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De belles horloges égrènent secondes, minutes et heures. Là aussi, faute de goût : elles ne servent qu’à la publicité, à peine déguisée, de la marque.

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Non loin de ce panonceau flambant neuf, un pauvre vieux rouillé évoque un grand peintre, relégué sur un recoin des cabines.

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Le seul café de l’endroit est fermé. Impossible donc de boire un café en profitant de la belle vue d’une plage déserte. Dans le lointain la brume occulte un peu l’horreur industrielle…

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Peut-on aimer Deauville ? (1)

C’est la question que je me pose depuis longtemps, en cinéphile amateure que je suis… Jusqu’à présent, je n’y avais fait que des « passages », sans être séduite par la célèbre cité surnommée « le 21ème arrondissement de Paris » – ce qui, soit dit entre parenthèses, ne plaît pas à tous les Deauvillois, comme l’atteste cet extrait :

« Certaines caricatures ont la vie dure mais c’est aussi parce qu’elles correspondent à une part de vérité… Sauf que la question de savoir qui maîtrise l’image de la Normandie, de qui la diffuse ou la manipule est toujours posée. Notamment à Deauville, terminus balnéaire et autoroutier pour beaucoup de Parisiens le temps d’un week-end que d’aucuns croient romantique depuis le film de Lelouch avec un minimum de pouvoir d’achat. Les vrais Deauvillais diront qu’il y a peut-être mieux à faire que d’être seulement une caricature, « Paris sur Mer, 21ème arrondissement ». (source)

Cette fois, un séjour devait me permettre de mieux l’apprécier.

En route donc vers la Touques, qui, comme son nom ne l’indique pas, n’est pas la rivière qui arrose Le Touquet, mais sa grande rivale, Deauville. Oh pardon! J’allais commettre la même erreur que le journal Ouest France qui dut faire son mea culpa après avoir « traité » la Touques de « rivière ».

« Dans notre édition du 11 février, on annonçait qu’un plan de protection de la « rivière » la Touques était en cours de réflexion. Un terme qui a interpellé un lecteur.

À la Direction départementale de la terre et de la mer (DDTM), on nous explique que certes, la Touques est un fleuve « puisqu’elle se jette dans la mer, mais aussi une rivière. » Sauf que le dictionnaire Larousse, lui, explique qu’un fleuve est un cours d’eau finissant dans la mer.

Tandis qu’une rivière est un cours d’eau qui se jette dans un autre cours d’eau. Si les affluents de la Touques (La Calonne, L’Orbiquet, etc.) sont bien des rivières qui se jettent dans la Touques, cette dernière ne se jette que dans la mer. Elle serait donc bien uniquement… Un fleuve. » (source)

Source

En réalité, donc, la Touques est le fleuve qui sépare Trouville et Deauville, ce petit bourg qui ne compte que 3700 habitant-e-s, à quelques naissances et décès près, en fonction des jours…

Car oui, Deauville, ce n’est pas une ville, contrairement à ce que son nom veut faire penser. Mais « ville », ce n’est qu’une « villa » gallo-romaine (voir à ce sujet le joli site du Ministère de la Culture).

J’ai tenté de comprendre ce que signifiait la première syllabe, et me suis heurtée à plusieurs hypothèses : pour les uns, c’était le nom du Dominus, le maître de céans. Pour d’autres, cela proviendrait d’un terme germanique que je connais bien, car il est à l’origine du nom de l’une des Trois Villes Soeurs picardes, Eu : il s’agit d’auwa (diverses graphies possibles) qui désigne l’eau, fleuve ou prairie humide (même racine que le « aqua » latin, persistant dans nos mots français). Les constructions modernes qui se multiplient à l’embouchure de la Touques font oublier qu’il devrait y avoir effectivement des zones plus ou moins marécageuses dans les temps anciens. Il n’est qu’à voir cette carte du XIIème siècle pour l’imaginer…

Comme partout où c’était possible, au Moyen-Age, les êtres humains privilégiaient les hauteurs pour se protéger. En l’occurrence, le mont qui domine l’actuelle plage, le Mont Casiny.

« Le nom Canisci montis apparaît, en 1061, dans une donation au prieuré de Saint-Arnoult.
Au Moyen-âge, le plein fief du Mont-Canisy regroupait principalement les territoires des 4 communes actuelles de Bénerville, Deauville, Saint-Arnoult et Tourgéville.
Le manoir seigneurial, situé à Bénouville (un lieu-dit de la commune de Tourgéville) a accueilli les seigneurs du Mont-Canisy jusqu’à la construction à Saint-Arnoult du château de Lassay au XVIIe siècle.
« 

« En 1850, il existait une dizaine de fermes, 26 maisons, et une centaine d’habitants qui vivaient de l’agriculture et de l’élevage.
Trouville, sa voisine, était un village de pêcheurs.
Les marais, situés en contrebas du village et sur lesquels allait s’édifier le futur Deauville, servaient à faire paître les vaches et les moutons
. »

La croissance du bourg a été violente. En un siècle, il a fallu accueillir d’abord toutes les personnes venues en villégiature, ensuite les amateurs de courses hippiques, enfin les stars et leurs fans… La variété infinie de l’architecture du 20ème siècle témoigne de cette évolution mal maîtrisée, qui se poursuit à l’heure actuelle avec les horreurs en cours de construction ou juste achevées sur l’embouchure de la rivière…

On peut être fan des vastes demeures destinées à l’esbrouffe… Ou des résidences pour touristes assoiffés de les côtoyer le luxe. Ce n’est pas franchement mon cas, même si j’apprécie l’esthétisme désuet de certaines, voire l’attachement apparent à la culture régionale, comme celle-ci.

Beaucoup ont du mal à survivre, et des étais sont parfois nécessaires, comme pour cette imposante demeure.

Les statues semblent avoir été signe de réussite sociale, et l’on en trouve assez fréquemment, comme sur cette maison…

Nombre de résidences sont ainsi closes. Et de restaurants. Pas un bar ouvert le long de la plage. Heureusement, nous en avons trouvé un bien sympathique, en centre ville, le Cyrano. Bien kitch, comme décoration, mais avec des clients autochtones, ou presque, comme ce Parisien venu s’y installer à la retraite, qui m’a avoué ne savoir que faire de ses soirées. Car c’est le désert culturel, ici. En ce week-end de janvier, aucun concert ni pièce de théâtre! Une seule exposition, aux « Franciscaines« . J’ai appris depuis que cet endroit est à voir et fréquenter. Hélas trop tard… Je n’ai pas été tentée d’aller voir les photos de la soeur d’Amélie Nothomb…

Côté marché, ce n’est pas mieux. Un tout petit marché de victuailles, avec de tout gros prix. Qui m’a conduite à aller… au Carrefour voisin pour acheter du poisson! Le comble en bord de mer!

Il reste la plage. Mais désertique. Et les travaux multiples nuisent au charme que pourraient avoir les célèbres « planches ». Je suis quand même parvenue à faire quelques photos, que je vous proposerai dans un prochain article…

Quand le mauvais goût sert la pédagogie et la créativité…

Une balade en bord de Seine, en un bel après-midi de janvier, m’a conduite par hasard au Jardin des Plantes. Une affiche, à l’entrée du Parc, indique une exposition qui, justement, se termine ce jour. Comme la nuit approche, il faut faire vite pour la découvrir! Un peu frileuse, je l’avoue, car ce que j’y avais vu les années précédentes, en cette même époque de l’année, avait quelque peu bousculé mes codes esthétiques… Et ce fut encore le cas. J’aurais dû me méfier, en voyant l’affiche.

Jugez-en par vous-même… Le pauvre Lamarck, à la pause pensive, est tranquillement posté, d’ordinaire, à l’entrée nord du Jardin.

Et le voici soudain complètement envahi par une horde de plantes et d’animaux géants, et surtout de couleurs « flashy ».

L’intention cependant est louable : reproduire en « changeant d’échelle » – mais je ne suis pas parvenue, même sur le site officiel, à comprendre quelle « échelle » avait été retenue – des « scènes  » de la vie animale (oui, zoocentration, pour celles et ceux qui étaient au Tibet avec moi hier soir). Ainsi, on peut voir ces charmants êtres s’entre-dévorer (non, vous ne verrez pas de photo, suis une âme trop sensible)… Ainsi, qui va absorber l’autre?

… ou en pleine copulation (bon, d’accord, une image avec carré blanc).

La promenade permet de découvrir de nombreuses espèces, et la vulgarisation est omniprésente grâce à des panonceaux explicatifs. Prenons l’exemple de l’adorable animal que voici.

Cela ferait un joli prénom, « Palomène », n’est-ce pas?

Sans surprise, je dois avouer que je fus davantage attirée par les papillons et libellules… Très stéréotypé, non?

Rassurez-vous, je ne vais pas faire défiler les 95 photographies que j’ai prises! Mais pourquoi autant, alors que je vous ai annoncé en introduction ma désapprobation des couleurs flashy? Tout simplement parce que j’ai pris plaisir à prendre des photos, et me suis amusée à cadrer et jouer de la lumière. D’abord parce que j’ai été fascinée par la représentation de la flore.

Avez-vous remarqué combien certaines photos sont « ratées » à cause de la lumière… Pas facile de faire un « reportage » au mois de janvier aux alentours de 17 heures! Alors, je me suis demandé si je ne pouvais pas transformer l’inconvénient en avantage, et tenter le contre-jour. Hmmm… pas très réussi!

C’est alors qu’est née l’idée de tenter le noir et blanc… Je viens juste de savoir que mon Iphone permet cela, autant essayer!

Et cela vous permet d’obtenir la réponse à l’énigme proposée voici quelques jours… La photo qui vous a été présentée comme « test » de noir et blanc a bien été prise au Jardin des Plantes en ce 15 janvier! Le flashy conduit à tout… et même au noir et blanc!

Un espace hors du temps

Il est encore des lieux parisiens qui ont échappé à ma curiosité. Ainsi, le Musée de la vie romantique. Je connaissais son existence, mais doutais de son intérêt pour moi. Le romantisme n’est pas ce que je préfère en littérature ni en beaux-arts… Il a fallu une représentation d’Ophélie placardée sur des affiches et surtout des présentations du petit café qu’il abrite en son sein pour me donner envie d’y aller.

Et je n’ai pas regretté.

Un espace hors du temps, tel est l’expression qui m’est venue en pénétrant en cette matinée d’été dans une courette, puis un petit lieu arboré au charme désuet, qui échappe à tout bruit. On s’y sent tout de suite « bien », « tranquille », plus « serein-e »…

Même l’espace « cafeteria », sis dans une verrière, ne manque pas de charme malgré un aménagement « moderne »…

Ce qui m’a par contre choquée, c’est l’anglicisation outrancière de la pâtisserie. Et pas seulement dans les mots. Pas moyen de trouver un croissant ou un pain au chocolat, alias chocolatine. Non, ce ne sont que cakes ou scones… Il faut dire que les scones de Rose Bakery ont même envahi le Bon Marché… et le thé gagne du terrain sur le café… Normal, me direz-vous, pour un « salon de thé »… pardon, « tea room »… mais peut-on appeler « room » un jardin ?

Peu importe le contenu, pourvu qu’on ait l’ivresse… une ivresse douce et harmonieuse en ce clos verdoyant et paisible…

Paris au mois d’août. Harmonie du Soir…

Le roman de René Fallet est oublié depuis longtemps… Henri Plantin aurait dépassé la centaine d’années!

Son interprète dans le film éponyme est mort, mais ne serait pas loin de cette centaine (tiens, il était plus jeune que son personnage!). Pierre Granier-Deferre a aussi disparu depuis un bon moment…

La chanson perdure, mais qui l’écoute encore?

En cette belle soirée un peu trop fraîche pour moi, rien de tel que le pont d’une péniche amarré au port de l’Hôtel de Ville, pour voir le soleil disparaître sous le pont voisin. Etre placée derrière une bouée ne m’a pas trop gênée, je m’en suis amusée…

Quel plaisir de siroter un cocktail en assistant au lent trajet de Phoebus vers d’autres horizons… de quoi hésiter entre un Moscow Mule et une Caïpirinha… et goûter aux deux… Au fait, sauriez-vous deviner à quel verre correspond chacun?

Amusant rapprochement, soit dit en passant, entre la Russie et Cuba, la vodka et la cachaça! Mais cela ne suffit pas à me réchauffer, le vent est très frais… Il va être temps de rentrer au chaud!

Paris au mois d’Août. Bercy et environs au crépuscule

Exposition « Voyage en cerfs-volants », Clémentine Henrion

Que j’aime Paris ! Et encore davantage durant le mois d’Août… Si je le pouvais, c’est là que je choisirais de rester durant cette période où les foules se ruent sur des plages surchargées et des routes encombrées. Quand supprimera-t-on enfin la notion de « vacances » pour laisser chacun et chacune profiter des loisirs aux moments qu’elle ou il choisirait? Mais ce n’est pas mon propos aujourd’hui…

Sous les pavés, la plage…

Donc, Paris, en août, quand on travaille, c’est le Paris du crépuscule et de la soirée. Deux soirées, en l’occurrence, m’ont permis d’en profiter cette semaine.
La première, vous le savez déjà, m’a conduite à un concert gratuit à Bercy Village (voir article sur Ojos). Après le concert, balade… D’abord, Cour Saint Emilion et axes perpendiculaires… Deux expositions : une en l’air (photo ci-dessus), l’autre dans un des passages… J’ai apprécié le détournement des statues parisiennes, remplacées par des Comics…

Benoît Lapray, Monuments

dans les tranquilles jardins de Bercy. Des couples, des groupes d’ami-e-s ou des familles prennent l’air, se reposent, pique-niquent… et les canards font la sieste…

Les rosiers sont encore en fleur et, après la légère pluie de l’après-midi, exhalent un parfum discret. Une danseuse sur les marches qui mènent à la Passerelle Simone de Beauvoir (aurait-elle aimé voir son nom accolé à cet arche menant à… François Mitterand???). Sur celle-ci, on profite à la fois de la vue et de la brise fraîche, tout en admirant le couchant. De l’autre côté de la Seine, c’est l’embarras du choix pour aller boire un verre, car il y a vraiment très peu de monde. J’opte pour le pont d’une belle péniche.

Les cocktails à 10 euros, ce n’est vraiment pas trop pour la vue, le calme… et en outre, ils sont très bons. Une petite assiette d’acras en complément, et le tour est joué, pour profiter de la fin du jour.

Les photo ne sont pas géniales, mais vous donneront une idée de l’ambiance…