Le Cap d’Erquy, des lacs aux plages. Episode 2

La promenade aux lacs s’achève. Direction maintenant le Four à boulets. L’idée était, si j’ai bien compris, de chauffer les boulets pour qu’ils incendient les navires des ennemis. Mais, d’après ce que j’ai lu, le procédé n’a pas vraiment fonctionné… Cela constitue cependant une curiosité visible sur certaines côtes. Celui-ci date de 1794.

Le Four à boulets du Cap d’Erquy (Source)

La photo qui précède n’est pas de moi, car je ne l’ai vu que de loin! Le temps m’a manqué pour aller le voir de près, car il me fallait expédier des documents urgents. Les touristes ont dû se demander ce que je faisais, assise sur le bas de la portière de ma voiture (pour éviter les reflets du soleil), tapotant sur mon ordinateur, alors que l’environnement superbe incite à la promenade ou à la rêverie!

Mais des randonneurs courageux montaient de la côte, et j’ai pu en saisir la caravane rendue étrange par le contre-jour.

J’ai quand même pris le temps de faire un demi-tour du cap, pour aller admirer la plage septentrionale, puis le « bout du cap » (est-ce correct?) lui-même…

La lande bretonne continue à me séduire, dans son âpreté propice aux légendes peuplées d’êtres fantastiques…

Il est temps de reprendre la route. D’abord vers l’Ilôt Saint Michel, dont une légende parle en ces termes:

« «L’îlot Saint Michel porte une chapelle dédiée à l’archange Saint Michel. Jadis, l’îlot était rattaché au littoral. Dans ce temps-là, le diable voyageait sur la terre et Saint Michel voulait l’en empêcher. Le diable résolut d’enlever le saint et, à la tête de tous ses démons, il se mit à sa poursuite. L’archange se dirigea du côté de la mer et, arrivé sur le bout de la pointe qui forme aujourd’hui l’îlot, il regarda en arrière et frappa le sol du pied. Au même instant s’ouvrit une tranchée par laquelle la mer entra. Le diable et ses diablotins trop engagés sur la pointe furent entraînés dans les flots. Depuis cette époque, le diable ne vient plus sur la terre ; en souvenir de ce miracle on éleva plus tard une chapelle sur l’îlot, dédiée à Saint Michel et, quand elle fut bâtie, les rochers devinrent rouges ainsi que la pointe qui est en face. D’après un autre récit, les rochers prirent cette couleur lorsque saint Michel posa le pied dessus.»

D’après le récit de Pierre Amiot. »

Pique-nique un peu plus loin, dans un endroit que je connais bien, pour l’avoir fréquenté lors d’une mission à Saint Jacut, l’une des plages de Saint Cast le Guildo, au riche passé historique.

C’est la belle presqu’île de Saint Jacut que vous voyez au loin…

Les embarcations à fond plat pour la cueillette des moules sont toujours bien là.

Le petit café restaurant aussi, mais fermé. Mais comme la place ne manque pas sur les nombreuses tables à disposition des chalands, j’en profite! Et suis étonnée de constater, en ce 31 décembre, que pâquerettes et pissenlits sont en fleurs…

Le Cap d’Erquy, des lacs aux plages. Episode 1

Nous sommes toujours le 31 décembre, et la température atteint les 15 degrés quand, vers midi, je me dirige vers le Cap d’Erquy, que j’avais longé, souvenez-vous, la veille au soir lors de la promenade au port.

Première destination « les lacs bleus ». En réalité, je n’en ai vu qu’un. L’autre doit être plus difficilement accessible? La descente, bien aménagée, offre une superbe vue sur la baie, puis sur des eaux d’un bleu profond, dans lesquelles se mirent les aplombs environnants.

Je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous des photos prises en contrejour…

La découverte du premier lac se fait progressivement, en fonction de la descente et de ce qu’en laissent percevoir les arbres qui l’environnent.

Qu’est-ce qui est ciel? Qu’est-ce qui est lac?

Un endroit idyllique, là où autrefois le labeur était rude… Il s’agit des excavations dues à l’exploitation, naguère, des carrières de grès rose. Aujourd’hui les roches jouent les coquettes dans le miroir aquatique, avec leur parure verdoyante…

Où commencent les reflets?

Un couloir étroit conduit à la descente vers le port, qui se dévoile peu à peu.

Mais je ne continue pas, car la voiture est en haut! retour donc vers le lac, sans avoir vu le second.

L’onde frissonne maintenant sous la caresse d’une brise légère, ce qui crée des tableaux plus impressionnistes que jamais…

Un dernier regard sur ce site magique…

… Je n’avais pas vu ce petit panonceau à l’aller…

« L’exploitation artisanale des carrières de la garenne d’Erquy commence à la fin du XVIIIe siècle avec la famille Le Doledec. Elle tire avec difficulté une pierre au grain fin, se prêtant à la taille, appelée « granit ».
Sous le règne de Louis Philippe, la population locale va « cornir », prélever en surface la pierre de « renard » ou poudingue dans la garenne, déjà utilisée au Moyen Âge pour la construction des églises (Erquy, Pléboule, Pléneuf).
Les premières carrières sont ouvertes vers la fin du Premier Empire, alors que la garenne appartient à l’État français.
Ces carrières familiales sont exploitées par des maçons, originaires de Caroual. La famille Cholet exploite la dangereuse carrière du Pendu, Pierre Dayot, celle autour du rocher du Sémaphore,
Jean Rault, la carrière le Gentil et Doledec, celle du Petit Port.
En 1848, un entrepreneur de Saint-Servan, Claude Jouanne, obtient du préfet l’autorisation d’ouvrir la carrière du Maupas (aujourd’hui « Lac bleu ») pour en tirer les matériaux nécessaires à l’exécution de la route nationale n°137 (remplaçant la route impériale Saint-Malo/Bordeaux).
 » Pour en savoir plus, c’est ici.

Je ne voudrais pas terminer cet épisode sans revenir aux marins… Car ceux-là même qui, l’été, risquaient leur vie à la pêche à morue, vers l’Islande lointaine, sont souvent les mêmes qui, l’hiver, se gèlent dans les champs ou dans les carrières, comme manoeuvres.

Equipage de la goelette La Leone (source)

De chapelle en dolmen… découvertes plus ou moins ratées…

Je voudrais revenir sur l’article d’hier, pour signaler une erreur. En me promenant le lendemain matin dans le centre d’Erquy, j’ai visité l’office du tourisme, où l’on m’a remis un plan de la ville et des environs.

Ce que je désignais dans mon précédent article comme une église est en réalité la Chapelle des Marins. Rien d’étonnant donc à ce qu’elle domine ainsi la ville et le port. Elle ne défie pas le phare (ou vice-versa), selon l’image que j’en avais, mais au contraire lui répond, en protection bienvieillante des héros de la Mer.

Impossible de pénétrer à l’intérieur… J’aurais aimé voir si elle est aussi belle dans sa simplicité que celle de Sainte Marine… Apparemment, elle abrite aussi des pièces évoquant les risques vécus par les marins du coin qui, peu avant sa construction (1867), remplacèrent la pêche en Terre-Neuve par celle d’Islande. Beaucoup de ces jeunes marins qui partaient au printemps ne revenaient pas à la fin de l’été. C’est à Paimpol que Loti a situé son roman, mais on pourrait imaginer les mêmes scènes à Erquy… Pour en connaître davantage sur la chapelle actuelle, qui en a remplacé une autre, détruite au moment de la Révolution, dédiée aux sept saints de Bretagne.

Quant à l’église elle-même, bien sûr, je ne l’ai pas oubliée et voulais la visiter. Hélas un corbillard arrêté devant indiquait clairement que ce n’était pas le bon moment… ce que confirma un charmant jeune croque-mort qui attendait là.

Mais après ce détour précisant l’erreur commise la veille, revenons au petit matin. Les chambres de ce petit hôtel ont été bien pensées, car leur baie vitrée offre une vue incomparable de 180 degrés sur la baie…

A gauche
… comme à droite

Aussi belle vue de la salle de restaurant, où le petit-déjeuner est aussi copieux que délicieux.

Après une petite sieste post-prandiale, départ pour une visite du bourg. Le petit centre ville est très animé, mais peu caractéristique de l’architecture bretonne, à quelques exceptions près…

Je cherchais en vain la halle annoncée… elle est réduite à une espèce de mini hangar, qui doit abriter le marché hors temps de fête. Décevant, donc, globalement, ce centre, mais orné d’étonnants décors….

Quand balais et pelles rivalisent avec le Street Art…
Les feuillages auraient pu s’aligner aux troncs et branches!
Vous avez dit « coquilles »?

Chose promise, chose due… je me dirige vers l’église. Séduite par une petite place située sur son flanc nord, je regrette que la terrasse soit fermée. Il doit faire bon s’y attarder au soleil!

Elle a succédé à un café peint par un natif de la ville, Léon Hamonet.

Si vous voulez en savoir plus sur ce peintre, né en 1877 à Erquy, je vous conseille le site qui lui est dédié. Son petit-fils a écrit une biographie émouvante, accessible en ligne.

Une ruelle m’attire. Elle permet de contourner l’église, et je m’y engage donc.

Une date qui me questionne…

Au passage, une date m’intrigue. J’avais l’impression que l’église était plus ancienne… Je continue à être surprise par les formes surprenantes des différentes parties de l’église, qui forment un ensemble assez hétérogène…

Comme dit plus haut, je n’ai pu visiter l’église. Ce n’est donc que plus tard que j’ai mieux compris cette impression. L’édifice a en effet été remanié à de multiples reprises.

Je regrette d’autant plus de n’avoir pu voir l’intérieur qu’il abrite un remarquable bénitier à cariatides du XIIème siècle.

Laissant l’église derrière moi, je repars vers le centre ville, délaissant des ruelles pourtant bien tentantes… décidément, il me faudra revenir!


Un dolmen est annoncé par le dépliant. Direction donc la campagne proche. Mais tours et détours n’y ont rien fait… Il n’est signalé nulle part dans le coin où je le recherchais, et je dus donc me résoudre à abandonner mon projet. Voici donc tout ce que j’ai pu en voir… une des photos du site de la ville…

dolmen-de-la-ville-hamon-02
Dolmen avec cairn, dit de La Ville Hamon

Une petite devinette : de quel type de pierres est-il fait? (facile!)… c’est pour en savoir plus à ce sujet que ma destination suivante fut le Cap d’Erquy. Mais ce sera un autre article…

Douceur printanière un 30 décembre en Bretagne

Il fait très bon à Erquy en cette soirée de décembre où j’y fais étape, de retour du Finistère. 15 degrés! Pas un souffle de vent, la mer est d’un calme olympien… non, pardon, neptunien… et une promenade s’impose pour découvrir la plage et le port au couchant.

Car oui, même si les jours ont commencé à grignoter sur les nuits, et que l’Ouest les fait paraître plus longs au crépuscule, quand on s’arrête à 17h dans un site, mieux vaut ne pas perdre de temps pour l’explorer. Direction donc la zone portuaire et le pied du Cap d’Erquy… je découvrirai son sommet demain… Un petit « bonsoir » en passant aux mouettes qui, ici, semblent avoir résisté aux goélands…

L’architecture de ce bord de mer ne peut rivaliser avec celle des villégiatures picardes ou normandes du début du XXème, mais une maison a survécu aux constructions plus récentes, comme une gardienne du temps passé…

Un coin proche du port de pêche est plus animé. Il abrite quelques restaurants et ce qui semble être le repaire des autochtones perdus parmi les touristes, un vrai « bar de village ». Je vous mets cependant au défi de le repérer, perdu au milieu des hôtels et restaurants plus bobos, blottis au pied du cap.

La tentation est grande d’aller au bout d’une première petite jetée dont la lanterne rouge vient de s’allumer…

Mais la curiosité est plus forte… aller plus loin, continuer à marcher pour découvrir ce port qui semble bien important au regard de la taille du bourg (dont j’apprendrai par la crêpière qu’il compte un peu plus de 4000 habitant-e-s… information confirmée par l’INSEE : 4008 au 1er janvier 2021!).

De nombreux panneaux font tout pour décourager les curieux et curieuses qui veulent s’aventurer dans le port de pêche. Qu’à cela ne tienne, la transgression ne me fait pas peur, d’autant que nulle vie laborieuse ni commerciale ne l’anime à cette heure avancée de ce 30 décembre… Et je découvre une véritable exposition d’objets métalliques parfois ornés d’éléments colorés.

Des camions attendent sagement que l’activité reprenne pour emporter au loin le fruit du labeur des pêcheurs. Ils jouent les stars, éclairés par les lumières du couchant, au pied du Cap.

Pendant ce temps-là, les filets en profitent pour jouer les oeuvres d’art comme s’ils étaient à Beaubourg…

Erquy a longtemps vécu de l’exploitation des carrières de grès rose des environs et de l’agriculture, car c’était l’un des débouchés sur la mer de ces activités.

Le port d’Erquy au temps des carrières.
Source : Le Chasse-Marée
Erquy -  Erquy le Port

Si vous voulez en savoir davantage sur ces carrières et l’activité de cabotage, c’est ici.

Mais désormais, la pêche est devenue son activité principale. Le mieux pour en rendre compte me semble être la référence au site officiel de ce dernier.

 » Le port d’Erquy est d’une importance capitale pour l’économie locale en faisant vivre plus du tiers de la population de la commune. Les emplois liés au monde de la pêche comprennent effectivement les marins mais aussi les employés de la criée, du mareyage et de toutes les filières annexes (mécanique, accastillage, … ).
Si, au début du XXème siècle, le port d’Erquy était aussi un port de commerce actif transportant le grès rose extrait des carrières à proximité ainsi que des produits de l’agriculture, il reste aujourd’hui un port de pêche connu et reconnu.

  • 64 navires dont 14 hauturiers constituent la flottille ;
  • 256 marins pêcheurs ;
  • 11 083 tonnes débarquées en 2018 ;
  • 30 491 K€ de chiffre d’affaires en 2018 ;
  • 3ème place sur le podium breton en 2018 ;
  • 5ème rang au niveau national en valeur marchande (4ème en tonnage) ;
  • Principales techniques de pêche utilisées sur les côtes bretonnes : chalut de fond et chalut pélagique, les filets, la drague, la palangre, la ligne, le casier. »

Voilà, vous savez tout, ou presque… Il ne me reste qu’à vous faire découvrir les Maîtres de ces lieux, les Navires…

Désolée, la qualité des photos est inversement proportionnelle à la clarté… et la nuit tombe…
La variété des formes, tailles et équipements des bateaux est impressionnante pour l’habituée que je suis des ports de la Haute Normandie, aux chalutiers plus lourds, imposants, quasi-« industriels ».

Un petit demi-tour au pied du phare qui concurrence le clocher de l’église qui a tenté, au loin, de le dominer.

La nuit s’empare des lieux quand, soudain, des lumières éblouissantes transforme les ondes sombres en une surface turquoise et donnent au lieu un aspect fantastique de bande dessinée.

Co-incidence

Il y a longtemps que je n’ai plus utilisé ce terme, mais il est le seul idoine pour caractériser ce qui s’est produit hier soir…

Je venais de publier l’article sur l’exposition vue l’après-midi même, pressée que j’étais de le mettre en ligne pour que puisse réagir l’un de mes amis qui allait le voir le soir même, et pourrait ainsi me dire comment lui-même avait vécu cette visite, et pour apporter une réponse à un autre qui devait deviner, à partir de deux tableaux envoyés, où j’étais en ce vendredi après-midi (j’adore proposer ce genre de devinette).

Je venais juste de le publier, disais-je, lorsque j’ai regardé, comme je le fais chaque soir, les titres du Monde affichés sur mon Iphone. Parmi ces titres… l’annonce d’une émission qui commençait juste à ce moment (22h50) sur France 5, un documentaire consacré à… Georgia O’Keeffe!

Et ça ne s’arrête pas à cela. Vous vous souvenez que j’avais oublié de noter le nom du peintre d’un des tableaux exposés dans la Galerie 261? Eh bien, la réponse a été apportée au cours de la narration de la vie de l’artiste. Je puis donc vous la donner ce matin : il s’agit d’Arthur Dove.

Arthur Dove
Arthur Dove (1880-1946)

Bel homme, non? Bien sûr, je suis immédiatement allée voir ce qu’il avait peint. Entre autres, regardez ceci :

Tree, 1935 - Arthur Dove
Tree, Arthur Dove, 1935 (source)

Est-ce que cela vous rappelle quelque chose ? Et ce n’est pas tout. Certains de ses tableaux représentent une certaine maison typique, plus ou moins interprétée, et parfois accompagnées d’arbres qui ressemblent étrangement à ceux que j’ai vus durant ma visite à Beaubourg hier…

The scene by Arthur Dove depicts a small green house, with a nearby yellow cottage and two unusual trees stripped of their foliage.
The Green House, Arthur Dove (1934)
Artwork by Arthur Dove, Farm House, Made of Watercolor on Paper

Voici un extrait de sa biographie :

« In 1907 he traveled to Paris, where he met Alfred Henry Maurer, who was to be a dear friend for the remainder of his life and through whom Dove gained entry to art circles that included Matisse, Picasso, and Cézanne. Upon his return to New York, he met influential photographer and gallerist Alfred Stieglitz and began exhibiting at Stieglitz’s avant-garde gallery, 291. »

Les deux, voire trois, artistes ont-ils et elle « dialogué » à travers leurs oeuvres? Ou/et est-ce le fruit de leurs rencontres avec les peintres français de l’époque? Se sont-ils amusé-e-s à traiter les mêmes thèmes, les mêmes objets, les mêmes idées?

Un très bel article a été consacré à la relation entre Georgia O’Keeffe et Alfred Stieglietz.

« Elle réalise des dessins abstraits exécutés au fusain qu’une de ses amies envoie à Stieglitz en 1916. Sans la connaître, il les présente et lui consacrera même, l’année suivante, une exposition personnelle. Dès lors, ils s’écrivent, assidûment, et O’Keeffe décide de s’installer à New York. La situation de Stieglitz a quelque peu changé. Sa galerie, sa revue, son groupe n’ont pas trouvé un second souffle et leur influence s’est amenuisée. Il crée un nouvel élan : un cercle plus restreint d’initiés qu’il va favoriser et promouvoir, composé surtout d’artistes américains qu’il affectionne particulièrement : Arthur Dove, Marsden Hartley, John Marin, Paul Strand et Georgia O’Keeffe.« 

Alfred a quitté sa femme pour cette jeune peintre, de 23 ans sa cadette, et c’est la mort qui les a séparés, en 1946 (oui, la même année que Dove, de 16 ans son cadet), même si leur relation avait évolué à partir du moment où, en 1829, elle avait découvert son infidélité.

Au moment de terminer cet article, je découvre un texte qui traite de ce sujet et discute la thèse d’une relation particulière entre les deux artistes.

« The extent to which Dove and O’Keeffe had a close personal relationship, it wasn’t really based on face time. It was really through their art and what they saw of each other’s work, through exhibitions and their conversations via Stieglitz,” says Hammond.“That’s the circles of influence we talk about; how the exchange between them continued and lasted for several decades.” They also owned each other’s work. O’Keeffe’s 1919 “Abstraction,” currently at the Clark, once hung in the cabin of Dove’s houseboat. »

Une exposition a été consacrée aux influences réciproques entre les deux artistes. Ce qui m’a sauté aux yeux et questionné en ignorante que j’étais est donc chose connue et reconnue… Excusez ma naïveté et mon ignorance!

« Dove/O’Keeffe: Circles of Influence,” this summer’s big show at the Clark Art Institute, is the first exhibit to deeply explore the lifelong bond of inspiration and admiration between the two artists. Curated by Debra Bricker Balken, an independent curator who organized a major Dove retrospective 12 years ago at the Whitney Museum of American Art, “Circles of Influence” will appear only at the Clark. » (source)

Pour en savoir plus sur cette exposition, vous pouvez regarder ici et surtout là. Et j’en profite pour vous donner l’adresse du Musée O’Keeffe à Santa Fe.

Bref, en lisant ce qui précède, vous aurez vécu en direct une « révélation » qui confirme l’expression « enfoncer des portes ouvertes »!

Un dernier mot, car j’avais oublié de vous le dire : si vous avez un peu de temps, écoutez l’émission dont je parlais au début de cet article. Elle est en ligne, mais seulement jusqu’au 2 février 2022 (2/2/22, facile à retenir!). « Georgia O’Keeffe, icône américaine« .

Une femme hors du commun

Fascinée… Tel est l’adjectif qui convient le mieux pour décrire mon état devant les portraits de Georgia O’Keeffe. Il faut dire qu’elle a eu la chance d’être photographiée par de grands artistes, qui ont su saisir la profondeur et la richesse intérieure de cette femme, qui devait avoir une personnalité hors du commun. Elle joue de tous les codes et se joue de l’âge et des rides.

On la sent, au travers de ces portraits, libre, passionnée, prête à transgresser, mais aussi pensant, réfléchissant, voire méditant… Difficile à avouer, mais c’est vraiment ce que j’ai préféré dans cette exposition. Et pourtant, nombre de visiteurs ne regardent – que dis-je? – ne voient même pas ces photographies mal mises en valeur parce que projetées sur le mur, directement, du couloir d’entrée où tout le monde s’agglutine pour lire les panneaux explicatifs. Au point qu’à certains moments il m’a fallu demander aux personnes de bien vouloir se déplacer pour que les personnes qui, comme moi, regardaient le diaporama, puissent en profiter.

Pour une personne qui s’intéresserait au Genre, elle est un exemple superbe d’individu qui échappe aux normes de genre. Et elle joue des attributs masculins avec visiblement beaucoup de plaisir.

A cause des individus dont je parlais plus haut, je n’ai pas réussi à la prendre dans ses tenues plus masculines, mais cela lui va à merveille. Ce qui ne l’empêche pas de jouer de sa grâce, comme dans cette photographie qui m’a beaucoup plu.

Je ne vous en ai présenté que quelques-unes, et bien mal re-prises avec des lumières malencontreuses, mais vous pouvez imaginer que ce fut un moment fort que ce face-à-face avec une femme aussi étrange et ouverte, aussi a-normale.

Il est temps maintenant de vous laisser entrer dans l’exposition elle-même. Le Centre Pompidou en effet offre la première rétrospective en France de l’oeuvre de cette artiste qui a vécu 98 ans. Mais encore une étape à franchir avant de ce faire (un vrai parcours initiatique, n’est-ce pas?). La première pièce, « Galerie 291 », est en effet consacrée aux artistes qui ont accompagné ses premières années d’artiste. A commencer par celui qui allait devenir son époux, en 1924, Alfred Stieglitz, dont voici une oeuvre.

Photographe, il était également galeriste. Ainsi peut-on voir du Rodin, du Picasso, et d’autres peintres dont celui dont j’ai omis de noter le nom.

Il est temps pour moi de vous dévoiler les oeuvres qui m’ont le plus interpellée. Comme d’habitude, mal photographiée. Mais vous trouverez sur le net de bien meilleures reproductions.

Une Nature très colorée

Les fleurs : de la couleur à la pureté

La petite maison dans la prairie, revue et corrigée

Des abstractions évocatrices

L’éclat des couleurs en abstraction

La sélection que j’ai faite est minimaliste, et ne rend pas compte, loin de là, de l’ensemble des oeuvres exposées. Il manque notamment toutes celles qui ont été créées dans les dernières décennies. Pour en savoir plus, vous avez la possibilité d’écouter les podcasts sur le site du Musée.

Des Essais transformés…

Vous l’avez deviné, il ne s’agit pas de rugby. Même si je me suis de temps à autre, pour des raisons affectives et/ou amicales, intéressée à ce sport, le préféré de mon grand-père gascon, pratiqué par mon cousin et par des amis, ainsi que pour des raisons professionnelles, en raison de la démarche « Scrum » prônée dans le management agile. Mais je ne m’y connais pas assez pour disserter ou divaguer sur ce blog à ce sujet (même si l’envie m’en est venue le jour où une émission de radio mettait en exergue le débat sur le genre : football connoté masculin, rugby connoté féminin).

Donc, disais-je, pas de rugby.

Vous commencez à deviner…

Mais oui, bien sûr, il s’agit du livre que j’ai appréciée lors de mon adolescence, parce que l’hédonisme commençait à poindre son nez et n’était pas encore entré en conflit avec l’épicurisme dans un cerveau non encore (dé) formé.

L’auteur dont j’ai adopté la devise « Que sais-je? ».
Celui qui défend son amitié amoureuse avec celui qui a disparu.
Celui qui se réfugie dans sa « bibliothèque » pour fuir le bruit du monde…

Mise en scène et jeu de l’acteur, tout est excellent. La mise en scène est extrêmement sobre et ne joue que sur les indices : cloches, bassine pour se laver, vêtements… Mais cela suffit à filer la métaphore une journée / une vie.

Hervé Briaux joue de tous les registres, sa diction est parfaite, et il épouse par le ton, la voix, le jeu, les idées de Montaigne.

Quant au texte, je l’ai acheté à l’issue du spectacle, bien que j’aie déjà dans ma bibliothèque au moins deux exemplaires des Essais. Pourquoi? Tout simplement parce que j’ai aimé la sélection faite. Les extraits choisis composent une nouvelle oeuvre, parfaitement cohérente.

Je ne vous en citerai que des « extraits d’extraits », afin de vous laisser le plaisir de découvrir les autres.

« Il faut toujours avoir ses bottes aux pieds et être prêt à partir » (suivi d’un développement sur l’inepsie d’anticiper et de craindre, voire de souhaiter mourir de vieillesse).

Montaigne a été élevé en langue latine, et ne pouvait ignorer le poème d’Horace (22-23) extrait des Odes :

« Tu ne quaesieris, scire nefas, quem mihi, quem tibi
finem di dederint, Leuconoe, nec Babylonios
temptaris numeros. ut melius, quidquid erit, pati.
seu pluris hiemes seu tribuit Iuppiter ultimam,
quae nunc oppositis debilitat pumicibus mare
Tyrrhenum. Sapias, vina liques et spatio brevi
spem longam reseces. dum loquimur, fugerit invida
aetas: carpe diem, quam minimum credula postero. »

Traduit ainsi par Leconte de Lisle en 1873 (eh oui, il n’a pas écrit que La Marseillaise!)

« Ne cherche pas à connaître, il est défendu de le savoir, quelle destinée nous ont faite les Dieux, à toi et à moi, ô Leuconoé ; et n’interroge pas les Nombres Babyloniens. Combien le mieux est de se résigner, quoi qu’il arrive ! Que Jupiter t’accorde plusieurs hivers, ou que celui-ci soit le dernier, qui heurte maintenant la mer Tyrrhénienne contre les rochers immuables, sois sage, filtre tes vins et mesure tes longues espérances à la brièveté de la vie. Pendant que nous parlons, le temps jaloux s’enfuit.
Cueille le jour, et ne crois pas au lendemain
« .

« Tout ce qui peut être fait un autre jour, fais-le aujourd’hui. » Cela dit, non pour le travail, mais pour les plaisirs...

« Ces plaisirs leur eurent bientôt donné un doux gage de leur amour, une fille qui attira les dieux et les hommes dès qu’on la vit. On lui a bâti des temples sous le nom de Volupté.

Les Amours de Psyché et de Cupidon, II »

« Quoi que disent les philosophes, le but ultime de notre visée, c’est la volupté ».

« … de tous les plaisirs que nous connaissons, la poursuite même de ces plaisirs est attrayante. Il faut empoigner les biens et les plaisirs présents, ici et maintenant, car nous n’avons aucune prise sur les choses à venir. »

Pour finir, un passage qui m’a réconfortée, moi qui ai des difficultés à accepter mes paradoxes et tensions internes…

« Toutes les contradictions se trouvent en moi. De bonne humeur – de mauvaise humeur, intelligent – obtus, timide – insolent, bavard – taiseux, dur à la peine – paresseux, menteur – véridique, chaste – luxurieux« .

J’espère que cette sélection dans une autre sélection vous aura plu, et donné envie d’aller voir ce spectacle court mais qui marque l’esprit…

Un concert à Henri IV

Ce week-end avait lieu au Lycée Henri IV un concert, auquel je n’ai pu assister. Mais un ami musicien, membre de l’orchestre, a eu la gentillesse de l’enregistrer pour moi. Cela me permet de vous en faire part…

Ce concert était joué par l’Orchestre symphonique du lycée Henri IV (composé essentiellement d’élèves et anciens élèves de l’établissement, si l’on excepte 10% de professionnel-le-s), en hommage à sa cheffe récemment disparue, Marie-Christine Desmonts, violoniste avant la direction d’orchestre. Vous pourrez trouver ici des images de celle-ci, et là sa discographie… Pour ma part, j’ai apprécié celle où elle dirige Egmont (dont l’Ouverture fait partie du programme) pendant qu’un jeune homme danse… c’était au Lycée Turgot, en présence d’un ministre et d’un footballeur, pour un évènement intitulé Inégalités et Hip Hop (source).

Egmont, comme je viens de le dire, était au programme. Au départ, un « héros » ayant inspiré Goethe.

Lamoral (comte d'Egmont)
Le Comte d’Egmont (1522-1568)

Lamoral, comte d’Egmont, avait été exécuté comme un protestant alors qu’il était catholique, pour sa prise de position non-violente lors de la crise iconoclaste de 1566… De quoi nourrir l’imaginaire de Goethe, puis, par la suite, en 1810, la verve musicale de Beethoven. Voici l’enregistrement lors du concert…

Vous trouverez l’Ouverture sur le net, sans problème, car c’est l’un des extraits les plus fréquemment interprétés. Ici, par exemple, sous la direction de Daniele Gatti.

Le choix s’était aussi porté sur la symphonie n°3 de Mendelssohn, dite « Ecossaise ». Pourquoi ce qualificatif? En référence, dit l’histoire, à Marie Stuart et aux paysages de son pays envahi par la brume…

Il a fallu 13 ans pour que cette oeuvre voie le jour. En effet, sa composition, initiée lors d’un voyage en Ecosse en 1829 par un compositeur de 20 ans, a été interrompue par un voyage en Italie, pour n’être reprise que 12 ans plus tard à Londres. Et décidément elle est vouée au 13… car c’est un 13 juin (1843) que le reine Victoria l’applaudira…

Si vous souhaitez en entendre d’autres interprétations, pour une étude comparative digne de l’émission du dimanche, sur France Musique, dont je parlais récemment… on trouve surtout des extraits sur le net, mais il y a cette interprétation de la Philharmonia sous la direction d’Otto Klemperer que je vous laisse découvrir…

Un concert sincère, émouvant, en hommage à une cheffe d’orchestre généreuse et experte. Nous attendons d’autres concerts avec impatience, désormais sous la baguette de Jane Latron.

Samuel Fosso à la MEP

Vous le savez, j’aime cette Maison Européenne de la Photographie, par son cadre, sa fréquentation « raisonnable » et l’intérêt des expositions qu’elle offre. Je suis donc allée voir, en un frais dimanche d’automne, ce qu’elle proposait. Et je n’ai pas été déçue… Deux espaces, deux artistes et deux styles très différents.
D’abord, une rétrospective des oeuvres de Samuel Fosso. A priori, je n’étais pas passionnée par ce genre de photographies. Voici la présentation qui en est faite sur le site officiel :

« Né au Cameroun en 1962, Samuel Fosso s’installe à Bangui, en Centrafrique, chez son oncle et débute une carrière de photographe de studio dès l’âge de 13 ans. En dehors de son travail de commande, il se crée une série d’avatars défiant les codes de la représentation. À partir de cette époque, Fosso n’aura de cesse de se réinventer dans des autoportraits qui lui permettent de traverser les frontières, qu’elles soient sociales, géographiques ou temporelles. Ses œuvres éprouvent les normes identitaires et célèbrent notre liberté à l’autodétermination. »

Force est cependant d’avouer que j’ai été « prise » par son jeu, un peu malgré moi (en principe, je déteste les autoportraits…). Une forme d’auto-dérision? Une impertinence ? La transgression? Toujours est-il que je me suis promenée avec plaisir parmi les variations identitaires de l’artiste. Les photographies présentées ci-dessous sont de moi, et totalement ratées pour certaines. Mais je ne suis pas très au fait des droits de reproduction et ai préféré les placer, plutôt que de prendre sur le net. Mais bien évidemment, je vous encourage à aller les voir, soit « en vrai », soit sur des sites spécialisés, dont celui de la MEP (je n’ai pas trouvé le site de l’artiste).

Mosaïque « Histoire Familiale » (le titre est de moi)

Rire jaune sur la vision blanche des « Noirs »

En premier lieu, il incite à une réflexion sur sa culture, et son interprétation par les « Blancs »…. Dans cette partie manque toute une collection, au titre évocateur de Allonzenfants. Les photos étaient tellement mauvaises que je n’ose les insérer. Une inénarrable série sur les soldats Africains dans l’armée française. Dernière minute : impossible de la trouver sur le net!!! Alors tant pis, à ma courte honte je glisse ces mauvaises photos d’oeuvres qui ne méritaient pas ce traitement, pour vous en donner une idée.

Mais ce sont surtout les mises en abîme des visions culturelles déformantes qui m’ont intéressée.

Un bouquet de stéréotypes racistes !

Une satire des Grands de ce Monde

Deux salles sont consacrées à des autoportraits « déguisé »… le rire est moins jaune, quoique…

Quand le noir s’allie au blanc, surpassant la couleur…

Un message fort et émouvant

Un dimanche après-midi radiophonique…

En revenant de week-end, j’écoute toujours France Musique, car je reste étonnée de la conversation quasi-surréaliste pour moi entre les expert-e-s musicaux/ales, qui commentent des interprétations différentes d’un même air. Aujourd’hui, il s’agissait de quelques Polonaises de Chopin.

Frédéric Chopin / d'après le portrait de P. Schick (1873) | Gallica

Le ton sentencieux, les débats derrière une entente cordiale, les coups bas au-delà de l’apparente courtoisie, le jargon utilisé sans souci de la compréhension possible par les auditeur-e-s… tout cela me laisse pantoise. Le tout pendant une heure et demie… de quoi faire Le Tréport-Beauvais, en admirant au passage la superbe vallée de la Bresle. C’est finalement Rubinstein qui l’a emporté, malgré des dissensions évidentes autour des 5 autres pianistes (pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas cette émission, codés par des lettres, de A à F. Premier morceau : deux éliminés. Deuxième : un éliminé. Restent en lice 3 interprètes pour le dernier morceau, en l’occurrence l’Opus 53, connu sous le nom d’Héroïque.

Un podium où l’on ne retient que la médaille d’or, en quelque sorte. Je ne sais pas si c’est exactement cette version, mais j’ai trouvé pour vous en ligne ce film, où on le voit jouer en personne…

Pour finir le trajet, en entrant dans la banlieue parisienne, je me suis redirigée sur France Inter car j’avais entendu le programme : c’est Claude Lelouch qui était l’invité dans l’émission Hors Piste, à l’occasion de la sortie de son nouveau film « L’Amour, c’est mieux que la vie ».

Plusieurs surprises à l’écoute de cette émission. Mais je dois d’abord dire que, si j’aime des films de Lelouch, je ne le connais pas spécialement en tant qu’homme. J’ai apprécié sa sincérité. Il ne cherche pas à frimer, visiblement. Et semble extrêmement émotif. Une première surprise : les hommes qu’il a déclaré admirer. Dans l’ordre où ils ont été cités : Bernard Tapie, Jean-Paul Bnelmondo, Johnny Hallyday, et… Dupond-Moretti, dont j’ai appris à cette occasion qu’il avait joué un procureur dans ce film :

Soudain, un chanteur. Une affreuse chanson, totalement « has been », une voix comme je ne les aime pas… surprise, à nouveau : c’est… Tapie… Vous pouvez le voir ici, chantant « Réussir sa vie » (le titre vous étonne?). De lui, Lelouch dit « Il était sincère, quand il trichait ».

Autre surprise, belle, celle-ci : une chanson interprétée par Jean Gabin, une chanson qui me parle : « Je sais ». Si vous avez un moment, écoutez-la… , ici par exemple. Je ne l’ai malheureusement pas en film authentique…

Une autre encore : 7 enfants (de plusieurs femmes), dont chacun-e porte un prénom commençant pas un S : Salomé, Stella, Simon, Sarah, Sachka, Shaya et Sabaya. En l’honneur de son père Simon… et d’ajouter que les mères n’avaient pas le choix…

Enfin, la dernière : dans la chanson célèbre du film Un homme et une femme, ce n’est pas « Chabadabada », mais « dabadabada », qui a été inventé au départ pour combler les vides des paroles non encore écrites, puis gardé pour laisser, dit-il, à chacun et chacune la possibilité d’imaginer sa propre histoire. Je vous ai proposé la version avec film, mais la véritable version de la chanson, la voici, sur une archive de l’INA.

Quelques phrases de l’entretien…

« La seule chose qui nous appartienne, c’est le présent ».

« La mort est une récompense, c’est une promotion… je crois beaucoup au recyclage, au recyclage des âmes… On a tous les qualités de nos défauts… »

Petite parenthèse : une déception après l’émission, car il n’a pas inventé cette expression. Elle court sur le net, sans que j’aie pu comprendre qui l’avait initiée…

« Je crois que si je crois en Dieu, c’est parce que j’ai beaucoup observé le monde ».

Enfin, l’épitaphe qu’il souhaiterait sur sa tombe : « A suivre »