J 60 après N-C : Clohars-Fouesnant

J’aime beaucoup le petit village de Clohars-Fouesnant, niché à l’écart des grands axes routiers, non loin de la mer mais relativement protégé du tourisme… Côté architectural, rien de très remarquable, mais son église est étonnante de disproportions qui « l’ancrent » dans le sol breton.

Eglise Saint Hilaire

En recherchant des informations sur cet édifice, au travers de diverses sources sur le net, je me suis aperçue que mon impression d’irrégularité surprenante avait déjà été observée et notée par un archéologue et historien breton, Louis Le Guennec : « église pittoresque, construction fort imposante, mais d’une très savoureuse irrégularité »…

J’aime à observer les traces de lutte entre les pierres et le temps qui passe et cherche à les piéger de mille manières, prenant parfois pour alliés des végétaux qui modifient les couleurs des minéraux…

Il y a longtemps que je n’ai pas soulevé d’énigme… En voici donc une, pour achever cette année dont les « découvertes » furent moins nombreuses que lors des précédentes… Que peut bien représenter ce médaillon situé à droite de l’un des porches?

Enigme…

Pour ma part, je dois avouer que non seulement je n’ai pas la réponse, mais en outre je ne puis même pas émettre d’hypothèse!

Proche de l’église, la croix est surplombée par un arbre à l’imposant tronc rectiligne. Il s’agit d’un chêne pédonculé, décrit en ces termes par un des auteurs du Bulletin Municipal, qui semble s’être bien documenté pour ce faire : « Cet arbre possède un port d’une élégance rare, trois mètres soixante de tour, dix huit mètres de haut, autant en envergure, voilà ses mensurations prises, en 2009, lors de son recensement dans l’inventaire des arbres remarquables de Bretagne,fait par Bretagne Vivante. » L’auteur s’interroge sur l’âge de l’arbre, mettant savoureusement en scène des personnages que nous devrions connaître, en tant que lecteur/lectrice, pour mieux apprécier les références.

« Quel âge a-t-il ? Là aussi, difficile d’être (ce verbe prête vraiment à confusion lorsque l’on parle d’un chêne !) affirmatif, entre cent quarante et cent soixante ans, le débat est ouvert (pour un chlorophyllien je dirais même tout vert). Jean Auffret,***qui le situait en 1848, revient aujourd’hui sur son estimation depuis qu’il a vu cette photo datée, sans certitude, de 1900, où chacun s’accorde à dire que voilà déjà un bel arbre, mais n’excédant pas les trente, trente cinq ans, ce qui nous fait remonter autour de 1870.

Photo de Jules Robuchon

Yvonne Nicolas, sur ce même cliché, au-delà de l’arbre, a vu les toilettes portées par les femmes. Se référant à la mode du temps, elle situe plutôt la prise de vue autour de 1890, ce qui nous donnerait un arbre de vingt ans très grand (trop ?)pour son âge ou au contraire, un quadra un peu maigrichon. Jean-Yves le Corre (qui est le découvreur de la photo aux archives départementales) nous livre son analyse très pertinente : pour lui notre pédonculé possède un tronc anormalement maigre par rapport à sa hauteur et à son envergure, conséquence d’une malnutrition. Un manque d’humus au pied, dû au ramassage incessant des feuilles depuis toujours par nos cantonniers, gage d’un accès dégagé et propre à l’église et au cimetière. Sans doute aurait-il connu un autre développement en pleine nature. » (Source)

Un kilomètre à l’ouest… mais un peu plus d’une heure !

En ce 11 novembre, comme je vous le disais, j’avais décidé de me promener, comme j’aime tant à le faire, dans les rues de la capitale. D’habitude, il règne, les dimanches et jours fériés, une joyeuse atmosphère, empreinte d’affection familiale, d’amitié, d’amour… Sans compter la curiosité des touristes, leur air ravi en découvrant les trésors tant convoités, leurs sourires pour les selfies et photos de groupe… Ce jour-là, c’était sinistre. Des fantômes ambulants, masqués, s’éloignant de l’autre lorsqu’ils se croisent, déambulant plus que musant…

Pas moyen d’aller, comme j’aime tant à le faire, explorer en détail un petit bout de quartier un peu éloigné. Je suis donc repassée là dans des endroits déjà bien connus, et ai revu des lieux que je connais déjà bien. Quelques détails cependant ont changé…
Je vous propose donc de suivre cette balade, et de partager avec moi cette tristesse ambiante, que ne rompent que la beauté des édifices et quelques détails plus ou moins artistiques…

Le Pont de la Tournelle m’a conduite sur l’Ile Saint Louis. Personne sur les berges, dont ne profitent que les goélands et les canards.

Pas de file devant Berthillon. On n’a plus droit aux glaces. Pas de musiciens sur le pont qui mène à l’arrière de Notre Dame… le silence n’est rompu que par un hors bord de la police, filant sur la Seine désertée par les bateaux-mouche. Et par le bruit des grues. Car les travaux, eux, continuent, comme je vous l’ai montré dans une photo récemment publiée ici et comme le montre celle-ci.

Me revoici rive gauche… « ma » rive! La rareté des voitures est surprenante à cette heure, et je m’amuse à traverser et retraverser la large rue… Vais-je prendre la rue de Bièvre? Une nouvelle oeuvre l’orne, plutôt inattendue à cet endroit…

J’imagine l’artiste en train de la créer! Comme a-t-il ou elle fait pour déjouer les rondes policières, si fréquentes dans ce coin?

La suite est bien triste… Tout est fermé, déserté, voire grillagé… Les plaisirs sont abandonnés…

La culture est interdite (vous avez déjà vu le magasin de musique Avanti la Musica sis à cet endroit), et les galeries ne peuvent plus jouer leur rôle de promotion de l’art et des jeunes artistes… un beau projet pourtant ?

Et finalement, ce sont les traces du passé qui donnent un peu de « couleur » et de « gaieté » – oh, bien relatives! – à toute cette grisaille… Je retrouve avec plaisir la boutique de calicot qui me ravit, à chacun de mes passages…

Et l’ancienne « Tonnellerie centrale » voisine rappelle à quel point il a pu y avoir de commerces de vins depuis ce lieu jusqu’à Bercy…

Nous sommes 5, rue des Grands Degrés. Peut-être ne savez-vous pas que le bois pour les constructions et productions de tout genre était débarqué tout près de là, comme l’atteste le nom d’une rue proche, la rue de la Bûcherie? (merci au site que je viens de découvrir en recherchant l’origine de cette enseigne, site qui porte un nom qui me correspond « Parislenezenlair« …

En face, les péniches, peu nombreuses, restent sagement amarrées face aux travaux gigantesques de la réfection de la vieille dame.

Me voici arrivée au Square René Viviani – dont le nom rend hommage à celui qui fut au début de sa carrière député socialiste élu deux fois dans le 5ème arrondissement -, square où j’ai passé jadis des heures en attendant que le service des urgences de l’Hôtel Dieu veuille bien me recevoir… Il a changé depuis, car une statue y a été placée en 1996, en hommage à Saint Julien… Elle a remplacé la pelouse sur laquelle je me reposais…

J’en ai fait plusieurs fois le tour, tant pour prendre des photos que pour essayer de comprendre ce qu’elle représentait… Car elle allie des airs de monument aux morts à des tonalités de statues évoquant les plaisirs…

J’ai bien sûr cherché par la suite à en savoir plus sur cette statue. En réalité, c’est une fontaine… je ne suis pas perspicace! L’artiste se nommait Georges Jeankelowitsch et l’a créée peu de temps avant sa mort, alors qu’il avait 63 ans. Vous ne le trouverez pas sous ce nom dans les plaquettes touristiques. En effet, il avait modifié son patronyme en « Jeanclos », et, les dernières années, en hommage à sa mère, avait ajouté le patronyme de celle-ci, Mossé. D’où la signature de ses dernières oeuvres « Georges Jeanclos-Mossé ». Un personnage étonnant, visiblement ouvert à différentes cultures, que je me promets de découvrir un peu mieux plus tard… Mais revenons square Viviani…

Ce qui a peu changé, au regard de sa longévité, c’est le célèbre robinier qui va bientôt fêter ses 420 ans.

Bon, d’accord, il n’existait pas encore lorsque Dante ou encore Pétrarque sont venus à l’église voisine… mais quand même, ce n’est pas mal, non? A propos d’église voisine, elle a eu une histoire plus que mouvementée, dont je vous parlerai peut-être un jour où je pourrai y entrer… car en ce moment, elle est aussi victime des interdictions, dont celles de célébrer ensemble en un lieu consacré un culte quel qu’il soit. En l’occurrence, il s’agit de l’Eglise grecque-melkite-catholique. Pour celles et ceux qui seraient comme moi béotiens en matière de religions, je décrypte, grâce à ce que j’ai lu sur un site qui présente la multitude incroyable de rites orientaux. Grec, car les Pères de cette église ont écrit en grec. Melkite (du terme désignant un « empereur »), car lors du Concile de Chalcédoine, en 451, il y eut schisme avec les Monophysites (alors là, ne m’en demandez pas plus pour l’instant!) qui leur donnèrent ce nom. Enfin, catholique, car un nouveau schisme se produisit au XVIIIème siècle et une partie se rattacha à Rome, tandis que d’autres sont orthodoxes. En bref, un culte byzantin mais catholique, dont les textes fondateurs sont en langue grecque, qui se pratique dans ces lieux depuis 1889.

Impossible d’y entrer, disais-je. J’enchaîne donc par la rue Galande, ordinairement si gaie et vivante avec ses boutiques exotiques, ses restaurants qui le sont tout autant – un vrai tour du monde en quelques mètres! – et le fameux studio de cinéma, lui aussi actuellement condamné. Pas un chat. Je suis seule. Comme diraient certain-e-s, c’en est même « flippant »! Et cela perdure jusqu’à la Place Maubert ! Même la boutique Tahnh Binh, où j’allais autrefois acheter mon sac de riz avant de repartir au Maroc, est déserte! pourtant, elle est ouverte, elle! Au passage, je m’interroge à nouveau sur la Société d’Instruction élémentaire. Voici un bon nombre de fois que je me promets de rechercher de quoi il s’agit, mais je ne l’ai toujours pas fait!

M’engageant à nouveau à mener cette enquête, je poursuis ma route et m’aperçois que certains immeubles ont pris des couleurs qui tranchent sur la grisaille environnante…

L’heure est dépassée, et il me reste encore un peu de chemin à faire… Vite, pressons-nous! Ah non, pas tant que cela, car la devanture du traiteur grec m’appelle… Echo à l’église admirée un peu plus tôt? Et… c’est ouvert, en ce 11 novembre à 17h… devinez ce que j’ai fait ? Je suis allée échanger un peu avec le charmant jeune Grec qui tient cette alléchante boutique au nom évocateur, Le Pirée !

Eh oui, délices de l’Hellas… vrai taboulé, hommos et pain azyme, tiropites, aubergine farcie, gâteaux mielleux à souhait… sans oublier vin de Crète et Néméa… tout y est passé… et je dois avouer que ce fut un régal par la suite, en écoutant de la musique grecque, bien sûr. Non, non, pas le sirtaki, mais les Chants traditionnels grecs, interprétés par Vivi Kassou. On s’échappe comme on peut!

Quand Gorbio rime… et rythme avec flamenco…

L’an dernier, Michel Isnard, maire de Gorbio, annonçait sa décision de se retirer… et ses craintes de voir disparaître le festival flamenco qu’il organisait chaque année avec la complicité amicale d’Isabelle. Moi qui aimais ces soirées, j’ai donc pensé qu’elles allaient disparaître, comme avaient disparu avant elles les festivals Tahiti et Afrique organisées aussi dans ce petit village perché au-dessus de Menton, si discret mais si vivant.

Heureuse surprise que de découvrir sur le site de la bourgade qu’un 19ème festival allait avoir lieu cette année. Vite, inscription… et, le soir dit, arrivée précoce sur le site, de manière à trouver une place de parking, ce qui n’est pas une mince affaire là-haut! En descendant du parking, nous voyons que notre repas se prépare… ça sent bon la paëlla!

Cuisson sur place de la paëlla, toujours aussi bonne!

Et puis le plaisir d’aller retrouver le personnel des Terrasses et leurs habitué-e-s, pour un apéritif sur la place. Toujours aussi sympathique.

Le bar restaurant Les Terrasses, sur la place de Gorbio


Et la vue sur l’orme vétuste est toujours aussi belle…

L’orme, et des volets en trompe-l’oeil…

La table voisine, au café, était occupée par trois personnes fort sympathiques… A notre plus grande joie, nous les retrouvons placées à la même table que nous… 6 plus trois égal 9, nous respectons donc bien la règle actuelle du « 10 au plus »…

Deux jours plus tard, nous nous retrouverons, cette fois à une table proche de la scène, sur invitation de l’ancien maire en personne, qui nous a fait la gentillesse de nous la réserver…

Le spectacle commence par la musique et les chants, comme toujours. J’apprécie toujours autant les voix extraordinaires des trois chanteurs, soutenues par les guitares et percussions. J’aime particulièrement celle de Jesus de La Manuela, qui me fait toujours autant vibrer (surtout lors des messes gitanes!), alors que d’autres lui préfère la puissance de celle d’Emilio Cortes ou la force étonnante (et détonnante si j’ose) de Cristo Cortes.

La plus jeune des danseuses entre en scène la première… Sa virtuosité ne fait pas de doute, bien que je la trouve un peu « froide » et « technique ».

Céline Daussan

Ce qui m’a toujours frappée dans ces spectacles, c’est la connivence manifeste des artistes entre eux, allant parfois jusqu’à la manifestation de soutien et d’admiration.

Après elle, ce sont deux jeunes danseurs qui se succèdent, avec deux styles très différents. J’avoue avoir un faible réel pour le second, Lucas del Luco.

Lucas del Luco

Puis vient le tour de Lisa Carmen, dans une sublime robe telle qu’on les imagine en pensant « flamenco ». Rien à faire, je préfère nettement ce style à la robe courte avec tablier des premières danses…

Lisa Carmen

Elle évolue, joue avec les volants, avec le châle, et se révèle d’une souplesse remarquable…

Puis arrive le tour de celle qui m’enchante depuis plusieurs saisons. J’admire sans vergogne son magnifique visage à la beauté pure et sérieuse.

Un autre des stéréotypes du flamenco me réjouit : la danse subtile des mains et des doigts… Elle en possède tout l’art…

Pas besoin de chichis, de recherche de virtuosité extrême, d’esbrouffe… Toute la force de la retenue, de la violence contenue, de la passion réservée donne cette puissance attendue du flamenco, pour ce qui me concerne.

Avec le chanteur Cristo Cortes

Une finale en apothéose pour cette troisième soirée de festival, avec l’ensemble des danseurs/euses… puis les personnes qui sont à l’origine de ces soirées bonheur…

Nous saluons avec révérence Luis de Almeiria, et prenons grand plaisir à constater qu’Isabelle Cortes n’a pas perdu de son dynamisme, et n’a besoin ni de robe extraordinaire ni de talons pour danser à merveille…

Michel Isnard et Luis de Almeria
Luis de Almeria et Isabelle Cortes

Michel Isnard prend ensuite la parole, pour un « adieu » au public – il passe la main pour la suite des festivals – et un vibrant message d’amour…

Bien sûr, les deux maires qui se sont succédés n’ont pas manqué de souligner que, sans la force, le courage et le dynamisme des nombreux/euses bénévoles, rien ne serait possible. Et ce sont elles et eux qui envahissent la scène en fin de soirée pour un défoulement bien mérité avec le nouvel élu, Paul Couffet, qui visiblement ne manque pas de tonus.

La soirée se termine donc dans une belle ambiance, et nous saluons les organisateurs et nos trois voisins de table, que nous espérons revoir…

C’est alors une petite balade nocturne pour faire découvrir le vieux village à mon hôte.

Montée et descente des rues pavées et souvent couvertes, pour arriver devant l’église Saint Barthélémy (1683) à la façade toute en trompe-l’oeil.

Au passage, des portes attestent de l’ancienneté des édifices…

Un samedi à Doullens

Un petit tour à Doullens en ce samedi frais mais ensoleillé, qui évoquerait davantage l’automne que le « presque été » de début juin.
De manière étonnante, alors que dans ce bourg, durant le confinement, personne ne portait de masque, et que les gens bavardaient tranquillement dans la rue sans respecter les distances, voire se serraient la main, voici qu’aujourd’hui on circule au milieu de personnes au visage masqué! Un peu à contretemps, dans le coin!

Un petit tour dans la ville pour le touriste accueilli… et pour mon propre plaisir. Je ne résiste pas à l’envie de refaire des photos dans l’église détruite, dont une amie photographe disait le week-end dernier qu’elle aimerait y faire des « shootings ». Ce qui m’a conduite à aller immédiatement rechercher la signification de ce terme. J’ai ainsi appris que « shooter » signifie « déclencher ». Et que « shooting » peut signifier « tir, fusillade ». Mais bien sûr, elle ne parlait pas de cela. Donc je prends le second sens… « Séance pendant laquelle un modèle (ou plus souvent un mannequin) est photographié autour d’un thème défini par un photographe professionnel ». Ainsi, je ne pourrai jamais faire de « shooting »! Ni d’un côté de l’appareil, ni de l’autre! Par contre, j’ai appris entretemps que je pourrais faire des « photos boudoir » (encore une expression que je ne connaissais pas!) comme me l’a appris « Helenina Sâme« .

Mais revenons à l’église en question… Je prends vraiment plaisir à jouer avec ces ruines, dans une lumière pourtant peu favorable. Un regret : les pigeons, ordinairement nombreux, ont quasiment déserté les lieux. Sont-ils confinés ailleurs?

Un petit détour par l’histoire? Je ne vais pas paraphraser, mieux vaut copier… le site officiel de la mairie.

Les mésaventures de l’église « aux quatre sans cloches »

La principale originalité de l’Eglise Saint Pierre est constituée par son triforium, sorte de galerie ogivale de l’Eglise Saint Pierre, qui développe sur la face Nord ses élégantes arcades et ses légères colonnettes d’un effet gracieux. De jolis piliers séparent les bas-côtés dans le sens de la largeur, avec leurs moulures, leurs volutes aux angles et leurs feuilles à trois lobes.

En 1522, les Impériaux saccagent tout, et enlèvent même les cloches pour les fondre et en faire des canons. Aux heures tragiques du 31 juillet 1585, pour échapper au massacre des Espagnols, quelques habitants parviennent à se cacher dans l’Eglise. Mais les Espagnols poussent le meurtre jusqu’au pied de l’autel. L’Eglise est incendiée et n’a plus de toit. Pendant de longues années, la consolidation de l’Eglise exige des travaux qui sont effectués par morceaux, suivant les revenus disponibles. En 1692, on répare les murailles et les couvertures, on démolit le clocher pour établir une nouvelle tour. On la bâtit légère et l’agrémente de quatre clochetons, lesquels hélas restent vides par raison d’économie.



Les Doullennais s’amuseront longtemps des « cinq clochers de St Pierre » avec ses quatre sans (cent) cloches.

1790, l’Eglise est fermée et son mobilier est confisqué. Elle n’est vendue que le 28 thermidor de l’an VIII pour 8125 Francs. En 1864 : elle sera revendue 7000 Francs. Laissée mutilée par la tourmante révolutionnaire, l’Eglise Saint Pierre subit les destinations de ses propriétaires successifs. Elle est tour à tour et à la fois grange à récoltes, hangar, remise à tonneaux, atelier de menuiserie, communs de ferme etc…

Je me suis intéressée au jeu du ciel et des plantes environnantes avec les ouvertures résultant de la destruction importante de cette église.

Par contre, je n’ai pas bien compris les objectifs de la décoration extérieure, toute nouvelle… Des « fresques » d’une rare laideur, rappelant la Première Guerre Mondiale… Je vous laisse en juger par vous-même…

Une concurrente qui s’est refait une beauté

Non loin de l’église Saint Pierre, qui n’a pas encore trouvé les clés de son Paradis ni un financement pour sa restauration, l’église Notre Dame, elle, éclate de blancheur après sa récente rénovation.

Consacrée par Thomas Becket en 1170, elle a aussi subi beaucoup de coups durs, dont un incendie au 16ème siècle et le destruction de sa flèche lors de la Révolution. Mais elle garde encore fière allure…

Et son choeur fut reconstruit, contrairement à la sacristie détruite, elle, en 1913…

Décidément, difficile de garder son intégrité quand on est une église sur ces terres de combats à travers les siècles!

En face d’elle, un étrange bâtiment attire l’attention par sa forme étonnante et la sobriété exceptionnelle de sa façade.

La Tour de Pise locale

Il est temps de se rendre à la pizzeria dont je veux fêter la réouverture ce soir. Mais avant, un dernier petit tour pour voir le clocheton du beffroi nous saluer en se penchant…

Des retrouvailles avec La Pizza Dorée

Contrairement à Paris, on peut ici dîner à l’intérieur des restaurants. Heureusement, car il fait 14 degrés dehors, avec un ressenti plus froid en raison du fort vent nord-ouest qui souffle depuis le midi… Heureuse de retrouver ces lieux qui font tout pour vous rappeler que vous allez manger italien…

Encore un vrai lieu de vie, où l’atmosphère est chaleureuse. On s’y retrouve d’habitude dans une proximité forte, car les lieux sont exigus. Personnes venues pour dîner ou pour prendre leur pizza à emporter devisent gaiement entre elles et avec le patron et son équipe.
Ce soir, l’atmosphère est différente. Il faut respecter le mètre de « distance physique » (non, je ne dirai toujours pas « sociale »), et porter le masque pour se déplacer.

Et il y a moins de monde que généralement… Dommage, car la carte est sympa, les plats et boissons peu chers (à trois avec apéritif, vin, pizza et dessert : 56 euros!), et les pizzas fort agréables, même si elles ne valent pas celles de Nice.

Un petit Americano réchauffe l’ambiance, et la famille de la table voisine est bien sympathique, avec cette petite qui voudrait danser sur les rocks endiablés en fond sonore…

Au fait, savez-vous pourquoi on a appelé ainsi ce breuvage? Je vous laisse chercher ou je vous le dis? Bon, d’accord, vous êtes un peu fainéant-e en ce dimanche matin… Ce cocktail, créé en 1861 dans le bar de Gaspare Campari, doit son nom au fait qu’il était fort apprécié des Américains qui fréquentaient les lieux en 1917…

Gaspare Campari en famille…
La magie du Spritz

Si vous voulez en savoir davantage sur cette boisson, mais aussi sur d’autres, je vous conseille ce site, auquel j’ai emprunté l’image ci-dessus. On y apprend ainsi que la première dénomination fut « Milano-Torino »… Personnellement, je préfèrerais boire un « Milano-Torino » qu’un « Americano »… mais on ne peut refaire l’histoire!