Fluctuart

Un vernissage avait lieu la semaine dernière sur un site dont j’ignorais l’existence et qui me fut signalé par un expert… Fluctuart… Aussitôt je me suis précipitée sur Internet, pour découvrir  » le premier centre d’art urbain flottant au monde » (sic, sur le site officiel), dédié au Street Art – « tout art de la rue qui n’est pas du graffiti », selon un site que j’apprécie. Toujours aussi curieuse, je me devais d’aller découvrir ce lieu flottant sur la Seine, près du Pont des Invalides, à deux pas du Faust où j’aime voir le couchant en mi-saison…

Me voici donc sur place en ce dimanche soir de juillet… et, première surprise, une contestation exprimée juste en face de l’embarcation…

Une fois la passerelle franchie, on pénètre dans un espace ouvert sur l’onde, le ciel et la Ville…

L’exposition se situe, comme on le voit sur ce qui sert d’affiche (photo), dans la « cale ».

En ce moment, une exposition d’une artiste de rue américaine, qui a débuté un peu avant 2000 à Brooklyn.

Caledonia Dance Curry peint sous le pseudo de Swoon, que l’on pourrait peut-être traduire par « Défaillance », « Pâmoison ».

Je ne me suis pas pâmée devant ses réalisations, mais j’ai apprécié entre autres les personnages, saisis sur le vif, à l’expression saisissante d’authenticité…

Cependant cela a requestionné la définition de cet art, comme évoqué en début de cet article.

Des installations sont aussi exposées, telles que celle qui accueille au début de la cale.

L’étage supérieur est consacré à d’autres artistes. Je dois avouer que, pour ma part, j’ai du mal à concevoir un « Street Art » ainsi emprisonné dans des cadres, sur un espace qui, bien qu’ouvert au maximum sur l’environnement urbain et fluvial, reste un espace clos… Ainsi figé aussi dans le temps, alors que, pour moi, c’est avant tout un art vivant qui se doit de rester éphémère… Mais sans doute ai-je une conception restreinte, datée, figée aussi, de cet art…

Futura
Bombe aérosol sur toile
Dorado

Une petite librairie est logée à l’étage supérieur de la péniche, dédiée à ce courant artistique. Le même étage abrite un vaste bar où des reflets métalliques jouent avec les reflets aquatiques…

Une vaste terrasse alliant métal et bois offre une magnifique vue sur le couchant à l’ouest, le pont et le Grand Palais à l’est et au nord-est.


Les cartes ont des supports originaux.

Celle des boissons n’est autre qu’une bombe… C’est là que j’ai trouvé « le Piège à partager »…

Et celle des plats, une planche de surf miniature et ornée.

Une boisson bien fraîche, rien de tel en ce crépuscule estival… Un mélange de Prosecco et de fruits divers, servi sur des glaçons en nombre considérable…

Je craignais que la fonte des glaçons ne pervertisse le goût.

Mais non, c’est le contraire qui s’est produit.


Et le dernier verre fut le meilleur!

La descente des escaliers s’est donc faite à la nuit tombante, ce qui m’a permis d’apprécier la métamorphose nocturne de l’ensemble, toute en nuances de roses vifs et de mauve / violet.

Oser écrire… à propos de tableaux…

Il y a de cela un grand nombre d’années, j’ai écrit à partir de tableaux. Et exposé, en même temps que le peintre. Oser exposer des poèmes en prose, c’est déjà énorme. Mais oser exposer des poèmes écrits à partir de ressentis, sur des oeuvres créées par d’autres, voilà qui me paraissait osé.

Or à ma grande surprise, ces minuscules productions pseudo-littéraires ont plu. Ont plu à l’artiste, ont plu au public. Et ont été données aux acheteurs/euses des tableaux.

Voici que m’a reprise cette envie, au moment où une série de tableaux, peints avec de l’indigo acheté sur les marchés guinéens, a été exposée. Envie de laisser surgir ce qui jaillissait en moi, de moi, lorsque je les regardais.

Ce sont ces six poèmes, écrits à propos de six tableaux de la série « Indigo », qui sont publiés sur ce blog pour la première fois.

L’artiste lui-même a été surpris de « l’interprétation » que je faisais de ses productions. Mais a accepté cette vision si personnelle et intime, donnant un nouveau « sens » à ce qu’il avait peint.

Je ne suis pas une écrivaine. Mais j’aime écrire ce que je ressens, produire à partir de mes émotions, et demande donc aux lecteurs/lectrices de l’indulgence pour la piètre qualité littéraire. C’est le vrai, le pur, l’authentique que j’ai recherchés, pas le travail du style comme l’aurait aimé notre vieux Boileau…

Que vois-je à l’horizon ?

Que vois-je à l’horizon ?

Une oie sauvage échappée de son escadrille ?

Elle fonce elle vole fend l’air et se perd…

Que vois-je à l’horizon ?

Un éclat de deuil dans le bleu du ciel ?

Il rompt l’harmonie de l’azur profond

Il explose et se dissémine dans l’air…

Que vois-je à l’horizon ?

Une vague folle se trompant de mouvement ?

Elle tourbillonne autour des rochers

Elle s’envole vers sa destinée

Elle se perd dans l’éternité…

Que vois-je à l’horizon ?

Une œuvre qui s’expose aux regards inexperts

Harmonie d’indigo

Renforcée par le blanc

Violentée par le noir

Spectacle exhibé à des yeux si pervers…

Transparence

« Quelle belle transparence ! » se disait la Sirène. « Un voile de lumière un voile de douceur »…

Pourtant les flots sont là, ils jaillissent et sombrent…

« Quelle belle transparence ! » répondit le Marin. « Car je vois la Sirène en ce petit matin »…

Pourtant Sirène est morte, morte désespérée

De n’avoir pu marcher…

Pourtant Marin est mort, mort désemparé

De n’avoir su nager…

« Quelle belle transparence ! » s’exclama le Soleil. « Je vais les ranimer »…