J’ai le plaisir depuis quelques temps de voir ce blog enrichi par les commentaires d’un inconnu, dont j’avais découvert voici peu le blog « Un jour Un tableau », blog que j’ai évoqué ici.
En relation avec le poème de Théodore de Banville publié ce matin, il m’a proposé d’aller voir les tableaux d’un peintre dont j’ignorais le nom, Jules Bastien Lepage.
Les foins (1877)
Je me suis donc documentée sur cet artiste, et ai découvert son originalité, qui m’a fait comprendre pourquoi il plaisait à mon mentor…
Il n’a fallu qu’une dizaine d’années pour que ce peintre, décédé à 36 ans, marque son époque. Il faut dire que le graphisme est étonnant, innovant. L’alliance d’une forme de classicisme, de touches d’impressionnismes et d’un dessin très pur et lisse parfois est déroutante, intrigante.
Comme si l’artiste trahissait dans ses oeuvres les tensions à la fois internes et externes… La passion et la paix ? Le bonheur et la souffrance ? Le corps et l’âme ?
J’ai glissé dans cet article quelques oeuvres que j’ai particulièrement appréciées, mais il en est d’autres tout aussi intéressantes et/ou touchantes, à vous de les découvrir… Je n’ai notamment pas traité des portraits, parfois tout aussi surprenants.
Si vous voulez en découvrir davantage, voici un diaporama sur fond de Gymnopédie…
La qualité littéraire est-elle ce qui prime dans un poème? Ne peut-on lui accorder une valeur autre, quand elle relie les émotions et les plaisirs?
C’est pourquoi ce jour j’ai choisi le poème d’un amateur… de motos. Rien de tel pour s’évader de nos prisons que de rêver de balades en moto, n’est-ce pas, pour qui aime cela… les autres imagineront d’autres balades.
Mais cet article est dédié à une amie qui va souffler ses bougies, ou nettoyer celles de sa moto, à Marseille, isolée dans le confinement de son appartement, reliée au monde par les TIC… Alors ce poème a été choisi pour elle, pour qu’elle puisse se souvenir de ses folles équipées et rêver aux futures…
Dans cette étrange période que nous vivons actuellement, Internet devient un média indispensable pour toutes et tous. Et les ressources se multiplient pour permettre l’accès en ligne aux Musées, aux expositions, aux concerts et récitals, aux oeuvres en général. J’y reviendrai sans doute dans les semaines qui vont suivre. Mais, aujourd’hui, c’est d’une page Facebook que je voudrais vous parler, découverte grâce à l’un de mes amis proches.
Photo page d’accueil du site August Macke (1887 – 1914)
Publier chaque jour sur ou autour d’une oeuvre n’est pas nouveau. Mais choisir avec autant d’originalité et de délicatesse un tableau, quotidiennement, voilà qui est beaucoup plus rare, à mon sens. Et précieux.
C’est pourquoi je ne résiste pas cette nuit à l’envie de vous envoyer visiter cette page, et, pourquoi pas, vous y abonner, afin de bénéficier de cette manne. En voici donc le lien.
Les tableaux choisis sont extrêmement variés, que ce soit dans leur provenance ou dans leur facture, mais ont en commun une forme de « pureté » qui ne me laisse pas indifférente…
Et chacun, outre sa valeur esthétique évidente, provoque une émotion forte. Pas de grands élans tragiques ni d’esthétisme outrancier, mais la trace d’une observation fine du quotidien de personnes/personnages qui entrent dans notre espace et l’envahissent en toute simplicité, depuis la petite fille tenant en sa main une pomme de terre chaude (Robert Gemmel Hutchison) à la jeune Japonaise du XIXème siècle en train de lire devant son miroir (Toyohara Kunichika), en passant par la Finlandaise assise sur un rocher (Joonas Heiska), en train de… rêvasser? observer? contempler? la mer… ou d’attendre? quoi? qui?
(Image copiée sur la page : je ne l’ai pas trouvée ailleurs)
Car s’il est des détails qui donnent vie à certains personnages, comme ce petit Japonais se retournant et montrant quelque chose derrière lui (Utagawa Hiroshige), ou ce jeune garçon se retournant lui aussi, mais pour entraîner une petite fille dans une ronde champêtre (Ettore Tito), il est au contraire d’autres oeuvres dans lesquels les personnages sont partiellement voilés, cachés ou juste ébauchés, leur visage totalement ou partiellement cachés, de manière à nous rendre acteurs de ce tableau, « peintres en imagination », si j’ose cette image. Le sujet créé semble échapper à son créateur, nous faisant à notre tour créateur/créatrice du tableau… ainsi objet nous-même de l’artiste, victime consentante d’une manipulation à laquelle nous nous prêtons bien volontiers…
Pour une fan de l’abstrait comme moi, de quoi se réconcilier avec le figuratif ! Dans l’ensemble des tableaux que j’ai vus jusqu’au moment où j’écris ces mots, il en est fort peu qui ne me « parlent » pas… et j’ai réellement découvert de nombreux peintres dont j’ignorais tout, et qui, pour certains, sont fort peu exposés, y compris sur le net, comme Hans Soltmann, au point que j’ai trouvé une hésitation sur son nom (a au lieu de o) et sa date de décès (1953 et 1955)!
Platzregen, Hans Soltmann Source
Un bon moyen en ce moment de voyager de par le monde, car les artistes ont des origines fort diverses. Et interculturalité garantie… poussée à l’extrême même, avec le Pique nique ukrainien dans une ferme canadienne – William Kurelek (1927-1977 Canada)! J’ai même trouvé un tableau représentant un de mes bourgs bretons préférés…
Les Halles du Faou, Lucien Dondaine
Et je vous propose un petit jeu. Pourriez-vous dire quel jeu est représenté dans la sculpture qui s’est glissée au milieu des tableaux?
En ce dimanche de septembre qui fête le Patrimoine, un groupe d’artistes et leurs amis proposaient au Tréport une demi-journée sur la thématique présentée dans le titre de cet article.
J’ai eu le plaisir d’en faire partie, et de vivre des moments riches d’émotions, esthétiques certes, mais aussi liées à la véritable synergie qui s’est développée au fil de l’après-midi.
Jean-Claude Boudier entre outils, galets, oeuvres et film sur son art
Point de départ disais-je donc : ce que Jean-Claude Boudier nomme des « galets », ces morceaux de minéraux ramassés au pied des falaises, tombés des platiers, ou dans des anciennes couches sédimentaires sur les plateaux crayeux.
Les outils de l’artiste et sa dernière oeuvre, La Pieuvre (clin d’oeil à Georges Oucif)
Il les transforme en oeuvre d’art, tantôt en maintenant le matériaux original, tantôt en fondant du bronze dans le moule qu’il a fabriqué à partir de celles-ci.
Moules et oeuvres Au mur, tableau de Alain Colliard (exposition actuelle)
Michèle Mareuge, pour sa part, présentait des tissages faits à partir de ses pages de calligraphie, autour du thème des « falaises ». Des merveilles d’oeuvres translucides, avec lesquelles la lumière joue au gré de leurs ondulations.
Michèle Mareuge devant une déclinaison de ses calligraphies du mot « falaise », deux tissages et un tableau
Si je connaissais les sculptures de l’un, je découvrais les tissages et tableaux de l’autre avec intérêt, admiration et bonheur…
Sylvie Henrot, propriétaire de la galerie, a proposé aux organisateurs des Journées du Patrimoine d’organiser un ensemble de micro-événements autour de cette exposition. D’où l’idée du titre, puis de tout ce qui s’est succédé de 15 à 19 heures.
Visite nature au pied de la falaise du Tréport
Une visite au pied de la falaise du Tréport, avec le guide nature Pascal Leprêtre, que j’avais déjà suivi dans ses présentations si passionnantes de la flore et de la faune indigènes.
Le guide Pascal Leprêtre passionnant son auditoire
Il entraîna le groupe dans l’histoire à la fois géologique, architecturale et humaine du Tréport, dans un exposé très complet où il fut, bien évidemment, aussi question de galets. C’est ainsi que j’ai découvert l’ancien tracé des falaises, la composition des galets, l’exploitation qui en était faite autrefois et dont une partie perdure grâce à des concessions de 99 ans…
C’est ainsi qu’à ma grande surprise j’ai découvert qu’il y avait des micro-organismes superbes au coeur de ces galets… lesradiolaires par exemple. Si le sujet vous intéresse, un article les présente ici.
« Promenade ludique » – jeu de piste de l’Esplanade à la Galerie
Au nom de l’association Goéland, j’ai préparé un petit jeu de piste autour de la thématique des galets, pour ramener le groupe de la falaise à l’exposition de manière ludique.
Une belle lumière pour le jeu de piste…
Occasion de mauvais jeu de mots, d’observations amusantes, de découvertes intéressantes aussi, de l’architecture et de l’histoire de la ville, en particulier dans le Quartier des Cordiers.
Les ramiers
Rencontres aussi avec des commerçants, qui vendent des galets… des bonbons, des confiseries, des magnets, ou avec des artisans, comme ce verrier qui fabrique de très beaux galets de verre.
Bref, une petite promenade vivante et bon enfant, dans ce coin de la ville entre pleine mer et port.
Vidéo et composition musicale
Didier Debril, journaliste et compositeur travaillant avec l’IRCAM, avait pour l’occasion créé une oeuvre mettant en scène les galets, les falaises et la mer… Composition électro-acoustique, à partir entre autres du bruit des galets caressés ou chahutés par les flots. Du calme à la fureur des flots déchaînés, puis retour au calme avec un couchant magnifique et des galets éclairés de cette belle lumière… une oeuvre prenante et émouvante… Promis, dès qu’elle sera en ligne, je place ici le lien. Elle est en ligne à présent, ici. Et vous trouverez là une vidéo sur l’environnement de Jean-Claude Boudier, du même vidéaste.
Lecture de texte
Un peu intimidée, et surtout anxieuse car c’est la première fois qu’a lieu une lecture de mes textes (que vous pouvez voir dans la section « Plaisirs des mots »), je m’exécutai à la demande générale et lus les deux poèmes, dont l’un en prose, et leur préambule, écrits spécialement pour cette occasion. Quelle émotion que ce temps de partage de sentiments et d’émotions aussi intimes…
Un moment de convivialité et de synergie artistique
La journée s’acheva par des échanges entre les différentes personnes présentes, chacun-e parlant de son art, certain-e-s expliquant des techniques, telle cette dame explicitant la fonderie et en discutant avec Jean-Claude Boudier, ou cette autre parlant avec passion de la gravure qu’elle pratique… Michèle Mareuge et Philippe Colin échangeant sur les encres et la calligraphie… Didier Debril explicitant la composition musicale… Anne expliquant ce qu’elle venait de découvrir lors des visites organisées à Mers-les-Bains… Toutes et tous réuni-e-s autour de Sylvie Henrot et de son « bénévole », sans qui ces rencontres n’auraient pas eu lieu… qu’il et elle en soient remercié-e-s…
Et j’avais admiré le site tout autant que l’exposition… Me voici donc revenue sur les lieux, pour une exposition cette fois consacrée à Ettore Spalletti.
Et, chose amusante, la première « oeuvre d’art » que j’ai admirée se trouve… dans le parking situé juste en face de la Villa (facile de s’y garer, et on arrive vraiment devant la porte du jardin… il peut aussi servir pour l’accès au Jardin Exotique).
L’entrée dans la propriété se fait par le haut du parc, qui abrite une autre exposition, consacrée, elle, à Michel Blazy, artiste originaire de Monaco, qui joue avec fantaisie sur des gammes d’objets ordinaires, comme les baskets de Collection de Chaussures, créée pour la 57ème Biennale de Venise, voire périssables comme les pelures d’orange de Sculptcure (non, je n’ai pas fait de fautes d’orthographe), datée de 2001 à « en cours » (sic).
Collection de chaussures
Sculptcure
Les jardins en terrasse offrent une vue splendide sur la Principauté et la Méditerranée.
Ils sont délicatement ornés, en particulier par un petit édifice au bleu qui me rappelle les jardins de Majorelle à Marrackech, jardins où j’aimais tant aller me promener…
L’architecture extérieure est à la fois simple et recherchée, avec un blanc contrastant sur le bleu environnant.
La plupart des fenêtres doivent être occultées pour permettre l’accrochage des oeuvres. Ettore Spalletti a souhaité, pour sa part, qu’elles restent ouvertes pour laisser pénétrer cette superbe lumière méditerranéenne. Il faut préciser qu’il conçoit les oeuvres pour les sites qui les accueille…
Les oeuvres sont très épurées, et la mise en scène est importante. La première sensation, dès la première salle, est celle d’une grande pureté, d’une symbolique forte mais discrète, d’une recherche de l’épuré et de la (fausse) simplicité…
La palette de couleur est à la fois réduite et très riche, car l’artiste joue beaucoup sur la surface et la texture. Les tranches sont travaillées en fonction du nombre d’or, et dorées à l’or fin. Des détails peuvent surprendre, comme ce crayon écartant du mur l’un des côtés d’un vaste tableau.
Tout un immobilisme apparent pensé pour mieux rendre l’idée de dynamique et de mouvement, évoquant ainsi la nature des environs de la ville natale de Spalletti, Pescara.
J’ai pour ma part – et c’est rare! – regretté de n’avoir vu qu’à la fin de la visite le long documentaire consacré à l’artiste, qui permet de mieux comprendre la philosophie et les principes créatifs qui sous-tendent son oeuvre… Le film est passionnant, et je pense que, pour une fois, un bref extrait pourrait être visionné dès l’entrée pour mieux pénétrer son univers qui n’est pas qu’esthétisme…
L’harmonie est certaine, entre l’installation proposée et l’architecture intérieure de la Villa, avec ses escaliers monumentaux et ses superbes vitraux…
Bref, j’ai hâte de retourner l’an prochain voir ce qui sera proposé en ces lieux, mais j’aimerais aussi aller voir la ville de Pescara et la chapelle réalisée par la compagne de celui qui, en relation avec Raphaël, aimerait n’être appelé qu’ « Ettore »…
Je pourrais, pour commencer cet article, proposer une devinette… et serais sûre que, sans plan, nul-le ne pourrait la situer correctement. Car moi-même j’ai douté de mon GPS quand j’ai cherché l’adresse exacte des lieux sur lesquels je voulais écrire. J’étais en effet persuadée qu’il s’agissait d’un Quai, car nous sommes en bordure de Seine, rive droite… Ou d’une avenue, tant la quatre voies et le trottoir qui la longe sont larges… Eh bien non…
Je vous ai déjà emmené-e-s dans le coin : la péniche Marcounet, les Anysetiers, la Maison Européenne de la Photographie, le village Saint Paul et la rue de la Barre ont fait l’objet d’articles sur ce blog… Cette fois, nous nous contenterons du segment situé entre la Caféothèque et l’Hôtel de Sens.
La Caféothèque
Je ne peux m’empêcher de céder à la nostalgie quand j’évoque ce lieu que j’aime, car il a beaucoup changé dernièrement et n’a plus tout à fait le même charme. Le mur végétalisé d’un des salons a disparu, les serveurs ne font plus déguster en commentant chaque café, et le « jeu » de dégustation n’est plus accessible…
Il n’en reste pas moins que cet endroit reste un hâvre de sérénité, où il fait bon demeurer tranquillement à lire ou rêvasser…
Il faut vous aventurer à travers un dédale de pièces pour parvenir à mon coin préféré, un salon au mobilier original et coloré, aux murs ornés de tableaux (le café est aussi galerie… et lieu de concerts) , auquel les plantes vertes donnent un petit air de jardin d’hiver…
Mais n’oubliez pas de visiter la pièce étonnante où se déroulent les cérémonies de dégustation du café, la véritable caféothèque, au fond en entrant, après le comptoir.
La carte des cafés est intéressante, sa lecture révèle une forme de poésie, permettant d’imaginer arômes et plantations… Et, pour les gourmand-e-s, le buffet de pâtisserie ne manque pas d’attraits!
La Cité Internationale des Arts
En me rendant aussi fréquemment à la Caféothèque, je ne pouvais que m’interroger sur ce que cachait une façade aussi laide que celle de la Cité (CIA!!!). Vous remarquerez sur le site officiel qu’ils ont fait preuve d’astuce en prenant une vue de l’arrière valorisé par le parc… Il fallait que j’aille voir… Mais généralement manque de temps… sauf en ce mois de juillet qui me permet de baguenauder tranquillement dans Paris…
Une fois la lourde porte métallique poussée, on entre à gauche dans un vaste hall. Et il faut de l’astuce pour trouver le lieu d’exposition! Car le Centre est avant tout résidence d’artistes… et il est quasi désert en cette période estivale. Deux gardiens m’expliquent comment me rendre dans la partie consacrée aux expositions, et me donnent en toute confiance un code… qui ne servira pas…
Descente au sous-sol, pour trouver un vaste couloir aux allures d’hôpital…
Jusqu’au 31 juillet, cet espace accueille une exposition d’Ali Badr, artiste qui se partage entre Londres et l’Arabie Saoudite, Expand And Collapse.
Voici ce qu’écrit Noam Alom, commissaire de l’exposition, à propos de ces oeuvres : » Ses dessins suggèrent des oscillations possibles entre observation, réaction et documentation. La pratique de l’artiste évoque le paradoxe inhérent à la tentative de capturer un mouvement tout en créant un objet statique. Cela se manifeste dans les collaborations de Badr Ali avec des danseurs, où il questionne les formes et les courbes que les corps génèrent en se mouvant dans l’espace. »
Au fond de ce long corridor, un salon étonnant au style purement vintage…
Tout aussi étonnant, mais dans un autre style, ce petit boitier électrique décoré…
Une fois au fond, il ne reste qu’à faire demi-tour, pour revenir vers l’escalier qui conduit du hall à ces lieux… et vice-versa!
A l’extérieur, une pelouse occupée par deux jeunes filles en maillot de bain, en train de pique-niquer… La vue aux alentours ne manque pas d’intérêt… c’est un des beaux hôtels du Marais qui se cache là-derrière…
L’Hôtel d’Aumont
Un exemple typique de l’architecture du XVIIème siècle, d’un classicisme certain, cet Hôtel d’Aumont… Normal, Mansart est passé par là…
Plus étonnant, l’environnement… Accolé littéralement au mur ouest de l’Hôtel, un bâtiment à l’architecture incertaine…
Et, comme juchée sur le mur, une étonnante structure, que j’hésite à qualifier…
Ne cherchez pas l’accès à l’Hôtel par ce côté : il s’effectue par la rue de Jouy, située un peu plus à l’est, sur la gauche… Profitez-en pour aller admirer, si ce n’est déjà fait, le magnifique rémouleur.
La rue de Jouy actuelle ressemble peu à ce qu’elle fut, à en juger par cette photographie, copiée d’après sa reproduction.
Un peu plus loin, la MEP… Maison Européenne de la Photographie… déjà présentée, mais qui fera prochainement l’objet d’un nouvel article…
Une exposition collective d’artistes est organisée comme chaque année par l’association Les amis de Kerbader, dans la chapelle éponyme. Anne-Marie Dalhen, la dynamique présidente, y réunit un grand nombre d’artistes, essentiellement bretons, voire du Finistère.
Chaque semaine l’exposition est entièrement renouvelée. Cet article ne reflète donc que les oeuvres présentées du 22 au 29 juillet 2019.
Impossible de faire un commentaire exhaustif sur les nombreux/euses artistes, c’est donc Suite à son exposition été 2018 en Ardèche, Abstr’Onirique, Philippe Colin présente une nouvelle série de ses dernières oeuvres, Ma Br’Onirique. Pour celles et ceux qui ignorent tout de la langue bretonne, « Ma Bro », c’est « Mon Pays ».
Eclats de mer sur les rochers, soleils levant / couchant sur le Bout du Monde…
… ou encore vert frais des Marais, tels ceux de Mousterlin…
Autant d’évocations, d’interprétations… je précise qu’elles sont de moi, non du peintre lui-même, qui se refuse à toute traduction de ses oeuvres… (voir son site)
Parmi les autres, l’oeil est attiré par une série de tableaux composés à partir d’écorces d’arbres.
La peinture de Claudine Jacq est fraîche, variée, et d’une originalité certaine.
Bref, une exposition à voir absolument si vous avez la chance de passer par « Ma Bro » d’adoption…
Un vernissage avait lieu la semaine dernière sur un site dont j’ignorais l’existence et qui me fut signalé par un expert… Fluctuart… Aussitôt je me suis précipitée sur Internet, pour découvrir » le premier centre d’art urbain flottant au monde » (sic, sur le site officiel), dédié au Street Art – « tout art de la rue qui n’est pas du graffiti », selon un site que j’apprécie. Toujours aussi curieuse, je me devais d’aller découvrir ce lieu flottant sur la Seine, près du Pont des Invalides, à deux pas du Faust où j’aime voir le couchant en mi-saison…
Me voici donc sur place en ce dimanche soir de juillet… et, première surprise, une contestation exprimée juste en face de l’embarcation…
Une fois la passerelle franchie, on pénètre dans un espace ouvert sur l’onde, le ciel et la Ville…
L’exposition se situe, comme on le voit sur ce qui sert d’affiche (photo), dans la « cale ».
En ce moment, une exposition d’une artiste de rue américaine, qui a débuté un peu avant 2000 à Brooklyn.
Caledonia Dance Curry peint sous le pseudo de Swoon, que l’on pourrait peut-être traduire par « Défaillance », « Pâmoison ».
Je ne me suis pas pâmée devant ses réalisations, mais j’ai apprécié entre autres les personnages, saisis sur le vif, à l’expression saisissante d’authenticité…
Cependant cela a requestionné la définition de cet art, comme évoqué en début de cet article.
Des installations sont aussi exposées, telles que celle qui accueille au début de la cale.
L’étage supérieur est consacré à d’autres artistes. Je dois avouer que, pour ma part, j’ai du mal à concevoir un « Street Art » ainsi emprisonné dans des cadres, sur un espace qui, bien qu’ouvert au maximum sur l’environnement urbain et fluvial, reste un espace clos… Ainsi figé aussi dans le temps, alors que, pour moi, c’est avant tout un art vivant qui se doit de rester éphémère… Mais sans doute ai-je une conception restreinte, datée, figée aussi, de cet art…
Futura Bombe aérosol sur toile Dorado
Une petite librairie est logée à l’étage supérieur de la péniche, dédiée à ce courant artistique. Le même étage abrite un vaste bar où des reflets métalliques jouent avec les reflets aquatiques…
Une vaste terrasse alliant métal et bois offre une magnifique vue sur le couchant à l’ouest, le pont et le Grand Palais à l’est et au nord-est.
Les cartes ont des supports originaux.
Celle des boissons n’est autre qu’une bombe… C’est là que j’ai trouvé « le Piège à partager »…
Et celle des plats, une planche de surf miniature et ornée.
Une boisson bien fraîche, rien de tel en ce crépuscule estival… Un mélange de Prosecco et de fruits divers, servi sur des glaçons en nombre considérable…
Je craignais que la fonte des glaçons ne pervertisse le goût.
Mais non, c’est le contraire qui s’est produit.
Et le dernier verre fut le meilleur!
La descente des escaliers s’est donc faite à la nuit tombante, ce qui m’a permis d’apprécier la métamorphose nocturne de l’ensemble, toute en nuances de roses vifs et de mauve / violet.
Il y a de cela un grand nombre d’années, j’ai écrit à partir de tableaux. Et exposé, en même temps que le peintre. Oser exposer des poèmes en prose, c’est déjà énorme. Mais oser exposer des poèmes écrits à partir de ressentis, sur des oeuvres créées par d’autres, voilà qui me paraissait osé.
Or à ma grande surprise, ces minuscules productions pseudo-littéraires ont plu. Ont plu à l’artiste, ont plu au public. Et ont été données aux acheteurs/euses des tableaux.
Voici que m’a reprise cette envie, au moment où une série de tableaux, peints avec de l’indigo acheté sur les marchés guinéens, a été exposée. Envie de laisser surgir ce qui jaillissait en moi, de moi, lorsque je les regardais.
Ce sont ces six poèmes, écrits à propos de six tableaux de la série « Indigo », qui sont publiés sur ce blog pour la première fois.
L’artiste lui-même a été surpris de « l’interprétation » que je faisais de ses productions. Mais a accepté cette vision si personnelle et intime, donnant un nouveau « sens » à ce qu’il avait peint.
Je ne suis pas une écrivaine. Mais j’aime écrire ce que je ressens, produire à partir de mes émotions, et demande donc aux lecteurs/lectrices de l’indulgence pour la piètre qualité littéraire. C’est le vrai, le pur, l’authentique que j’ai recherchés, pas le travail du style comme l’aurait aimé notre vieux Boileau…