Comme un écho…

Je suis abonnée depuis bien longtemps au blog d’un poète de Nice, Gabriel Grossi. J’admire la constance avec laquelle chaque semaine au moins, et souvent chaque jour, il partage son goût de la langue française et de la poésie. Et, ce matin, je découvre un poème en prose qu’il a écrit récemment. Au-delà de la qualité littéraire, j’apprécie la voix qui résonne comme un écho à un mal-être qui s’étend, et qui, pour certain-e-s comme pour moi, se calme un peu en écoutant et regardant l’eau vivre (une pensée pour l’Eau Vive de Béart…) et en humant l’air marin. Je me permets donc – et je vais l’en prévenir – de publier ici son poème. Juste un point : pour moi, la mer n’est pas « féminine »… mais celles et ceux qui me connaissent bien pouvaient s’en douter!

Mers-les-Bains, 23 janvier 2021

Près de la mer

Lorsqu’il sent poindre en lui les assauts de la dépression, il s’en va chercher refuge près de la mer. Elle ne se lasse pas de chanter, pour lui comme pour quiconque, la même histoire de vagues et d’écume, offrant à chacun, pour rien, son spectacle de rue, ses acrobaties légères, sa danse de voiles et de tulle. Jamais elle ne refuse de donner, à qui le demande, sa vision toute féminine de l’infini. Elle est une présence qui apaise, dans le bercement du ressac et la ligne pure de l’horizon. Elle laisse, à qui veut bien les trouver, de menus lots de consolation : morceaux de verre colorés, squelettes d’oursin étoilé, fragments d’algues desséchées… Certains jours, assis sur un banc, face au vide, seul avec la mer et plus uni encore avec elle qu’un doge de Venise, il écoute sa fable mélancolique, ses plaintes caricaturales et ses cris de mouette effarouchée. Il ne lui reproche pas son emphase, non plus que ses trop longues phrases et sa grandiloquence mal placée. Il sait qu’en dépit de ses postures de cinéma, de ses airs de princesse et de son humeur fantasque, la mer est sincère. Il laisse à cette amie fidèle le soin de bercer son chagrin.

Gabriel Grossi, janvier 2021.

J 3 après N-C

Chalut au Tréport (1er novembre 2020)

J’aurais pu créer une devinette, du style « Quel est cet objet mystérieux ? »

Mais vous auriez aisément deviné qu’il s’agit d’un chalut…

C’est l’époque où certains des pêcheurs du Tréport ravaudent leurs filets. Pendant la période des coquilles Saint Jacques (début octobre à fin avril), ils ont en effet modifié l’équipement des chalutiers. Et, lorsque la tempête sévit, ils mettent à profit le temps libre pour nettoyer, sécher, réparer les filets qui ne servent plus.

Alors la plateforme qui jouxte l’écluse d’entrée à l’arrière-port se transforme en un gigantesque tableau coloré… dont voilà un échantillon.

Série « Reflets et transparences » : exposition Man Ray et la mode

L’exploitation de vitrines ou de cadres qui ne sont pas anti-reflets provoque souvent des désastres pour les photographes amateures telles que moi… Mais j’ai choisi de m’en gausser et de publier certains de ces échecs, parce que je les trouve intéressants… Dites-moi en commentaire si vous appréciez ou non?

Man Ray avait délibérément photographier l’ombre de la personne, donnant de la profondeur à cette oeuvre sublime. Mais la silhouette que vous percevez à droite n’a rien à voir avec celle-ci… hasard de l’instant, comme la lumière malencontreusement reflétée…

Dans la photo suivante, même scénario, mais cette fois ce sont les tableaux situés sur le mur d’en face qui apparaissent…

J’ai par contre délibérément choisi de faire les deux photos qui suivent, car je trouve que cela produit un effet intéressant…

Enfin, pour terminer, une déclinaison de reflets et de transparences… qui reflète le début de l’exposition…

Pourquoi ce nouveau signet ?

Il se trouve que je fais des photographies depuis très longtemps. J’ai en ma possession par exemple des centaines de diapositives du Maroc, tout autant de Guinée, sans compter des « reportages » personnels ou des « essais qualifiés d’artistiques »…

Dans les articles de ce blog, j’ai glissé des photos plus ou moins réussies, voire totalement ratées, qui illustrent mes propos.
Mais j’ai envie désormais de vous faire partager mes essais sous forme souvent d’éclats de rire ou d’espoirs d’avoir un peu de fibre artistique… Soyez indulgent-e-s… et amusez-vous avec moi!

Pour faciliter leur compréhension, je classerai ici les photographies par grandes thématiques. Par exemple, depuis quelques temps, j’en ai deux en « fil rouge » : « Reflets » et « Terrasses »…

Pour l’instant, mes photos ne sont pas travaillées… Je suis cependant tentée d’aller vers le noir et blanc… Affaire à suivre…

Man Ray au Luxembourg

Il faut avoir le courage de faire la queue en plein vent, sans soleil possible, pour entrer au Musée du Luxembourg, qui n’a visiblement pas vraiment réussi à organiser les files anticorona… Cela en vaut-il la peine? Je ne sais pas… Pour une fois, un avis assez mitigé…

Certes, il y a les magnifiques tirages du célèbre photographe, que l’on a plaisir à voir ou à revoir…

J’ai pour ce qui me concerne aussi beaucoup apprécié de (re) découvrir les magazines de mode et d’observer leur évolution entre le début du XXème siècle et les années 30-40 (je n’en place pas en photos, car elles sont toutes ratées pour cause de vitrines non anti-reflet… d’ailleurs vous retrouverez des photos de l’exposition dans la partie « plaisirs de la photo », série « Reflets »).

Et de percevoir la créativité du photographe qui s’amuse à superposer par exemple…

Le résultat…
Une des originales…

Un point amusant : la brouette capitonnée de rouge, qui servait de support aux mannequins et belles dames pour les photographies…

J’ai aussi apprécié certains bustes de cire, pour le moins suggestifs…

Cette « suggestivité » (toujours mon vilain goût pour les néologismes!), on la retrouve bien sûr dans certaines photographies, telles que celle-ci.

Et plus que suggestives, deux photographies du fondateur de la Maison Worth dans le plus simple appareil. Pour ne pas vous choquer, je n’ai gardé ici que la photo de dos…

Quant à la mode, elle est représentée par quelques robes de grands couturiers, mais qui semblent plutôt fades…

… à une exception près, avec ce superbe décolleté…

Le titre de l’exposition m’a questionnée… Un peu simpliste, dans la mesure où il a rattaché à la mode différents aspects des choix de l’artiste et des évolutions sociétales. Pour n’en citer que quelques-uns : le rapport aux grandes maisons de couture (Worth, Chanel, etc.); la mise en scène des mannequins de profession (mais aussi de ses amies…); la présentation de quelques modèles, plutôt tristounette dans l’ensemble; l’évolution des magazines de mode, mettant en relief par exemple les conseils donnés aux dames de la haute société pour s’habiller en fonction des saisons et des circonstances… et j’en oublie… parfois le lien est bien mince.

Un autre regret, bien que je reconnaisse que ce n’est pas l’objet de l’exposition : le manque d’explications techniques, permettant d’apprécier l’art du photographe.

Un plaisir des yeux cependant, que quelques-uns des chefs d’oeuvre de Man Ray… Résultat : avis positif, finalement!

Ma préférée…