Du dessin à la pochette…

Voici deux jours, j’évoquais l’injustice vécue par un ami peintre, qui s’était vu accepter une toile au Salon de Versailles, puis refuser celle-ci, au tout dernier moment, sous prétexte qu’elle était « trop grande », alors que d’autres avaient des dimensions bien plus importantes… Comme je lui demandais l’autorisation de publier cette anecdote sur ce blog (ce que je fais toujours avec mes sources), il a complété l’histoire. Je vous la livre donc aujourd’hui.

Un galeriste installé près de Bastille avait organisé une exposition Brassens et réuni les oeuvres de 30 peintres pour ce faire, parmi lesquels l’ami dont il est question. Un jour, le galeriste l’appelle, lui demandant de venir car une personne souhaitait acheter le tableau représentant Brassens et « Le Chat« . Il refuse, car ne veut pas se démunir du tableau. Mais se rend à la galerie. Où l’attend l’acheteur potentiel et une dame. Le premier s’appelle Thomas Sertillanges. La seconde, Kathia David.

J’ignore si ces noms vous disent quelque chose, car les gloires radiophoniques sont souvent éphémères et s’envolent avec les générations.

Pour ce qui concerne le premier, je vous livre une biographie publiée sur Babelio.

« Thomas Sertillanges est passé par le théâtre, la radio officielle à France-Inter, la radio libre avec la création de « Génération 2000″, la première radio pirate commerciale en 1978, le monde de l’entreprise où il a fondé et dirigé une société de conseil en communication événementielle.

Il a ensuite été consultant pour de grands groupes tout en s’adonnant à deux passions, Tintin et Edmond Rostand.

Administrateur des Amis de Hergé pendant quelques années, il a écrit « La Vie quotidienne à Moulinsart », de nombreux articles et donné fréquemment des conférences. Il est à l’origine, avec le député Dominique Bussereau du débat à l’Assemblée nationale, « Tintin est-il de droite ou de gauche ».

À propos d’Edmond Rostand, il réunit la collection la plus complète sur Cyrano de Bergerac, organise des expositions, participe à des conférences, crée le site cyranodebergerac.fr. En 2018, il crée le Festival Edmond Rostand et publie en 2020 la première biographie illustrée du poète.« 

Un sacré personnage ! Que vous pourrez découvrir sur son site

Quant à Kathia David, elle est surtout connue pour avoir longtemps animé « L’Oreille en coin« .

 » L’émission mythique et multifacettes, occupe les auditeurs tous les week-ends de 1968 à 1990. Elle s’étale sur trois demies-journées. Le dimanche matin était consacré aux chansonniers et les samedis et dimanches après-midi étaient plutôt expérimental avec, entre autres, de longs reportages, des canulars élaborés, des jeux d’identité, récits d’aventuriers.« 

Kathia David a fait du théâtre et du journalisme, avant de devenir consultante et formatrice. Mais à l’époque, elle est essentiellement sur France Inter dans une émission à laquelle Thomas Sertillanges n’est pas étranger.

La voici sur une photo empruntée au site de Thomas Sertillanges.

Bref, voici notre peintre face à ces deux personnes, dont l’une veut absolument le dessin original. Il refuse, ne voulant pas s’en défaire, et, ce faisant, suscite la colère du galeriste qui l’accuse de ne pas l’aider à gagner sa vie… Lequel l’emportera quelques temps plus tard, et le dessin sera vendu à Sertillanges. Entretemps, des lithos et des gravures avaient été produits à partir de ce dessin.

Pour la petite histoire, le même galeriste fera plus tard une exposition consacrée à Brel. Le même peintre y exposera un tableau. Le même collectionneur en achètera le dessin original…

Bref, le dessin se trouve maintenant chez Sertillanges. Celui-ci reçoit un jour un certain Monsieur Bourgeois, qui vient de faire graver un disque « Une petite fille chante Brassens » (dont je vous ai déjà parlé).

Chez son hôte, il voit le dessin… et aussitôt le veut pour la pochette du disque. Sertillanges organise une rencontre entre Monsieur Bourgeois et le peintre… et l’affaire est conclue. Pour la petite histoire, le disque a eu une certaine renommée, car il a remporté le Prix Charles Cros en 1985….

Et voilà comment un dessin se retrouve en pochette de disque…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.