J 37 après N-C

En écho à l’article posté hier…

Pourquoi des sens interdits???

En me promenant dans les mollières de Brighton ce dimanche après-midi, je me suis trouvée face à ce panneau, accroché à ce que je considère comme un abribus en bois, panneau fort étonnant, qui m’a interloquée… Lâcher de canards interdit! Voilà qui me rassurait, au regard de ce qui s’était passé la veille et que je vous ai narré en J 36.

Ceux que je voyais tranquilles sur l’eau étaient donc venus de leurs propres ailes et de leur plein gré!

Bande de foulques en balade

J 36 après N-C

Ce matin, point d’énigme… mais vous aurez quand même à subir la – ou plutôt, les photos du jour, rassurez-vous! Et un « article » un peu plus joyeux que certains qui l’ont précédé, grâce à des conférenciers/ères, des canards et des libraires… Non, je ne les mets pas au même rang, bien sûr, mais ils ont, chacun à leur manière, provoqué des sourires, j’allais écrire « des sourires internes », si vous me permettez cette image plus qu’osée.

En ce qui concerne les premiers, je ne vous les présente pas ici, car je vais en reparler dans un autre texte, dans la mesure où ils et elles m’ont donné à réfléchir – et, comme souvent, vous n’échapperez pas au fruit de mes modestes pensées. Si je les évoque, c’est pour acter le plaisir que j’ai eu à suivre ce wébinaire consacré à une analyse de la situation actuelle en lien avec la conception de la noosphère par Teilhard de Chardin. Pas très drôle, me direz-vous. Ce n’est pas évidemment pas la drôlerie qui m’a donné ce « sourire intérieur », mais la chaleur. La chaleur dégagée par ces penseurs et penseuses engagé-e-s. Et notamment toute une réflexion sur l’interdépendance des Hommes et le principe de subsidiarité. Et l’affirmation qu’il faut développer l’égalité du droit à la mobilité. Voilà qui m’a comblée, car rejoignant mes propres idées et porteur d’un discours tendant à l’optimisme.

Pour les deuxièmes, des rires mais aussi une vague crainte. Résurgence des souvenirs, des Oies du Capitole (merci Tite-Live) aux Oiseaux d’Hitchcock

J’étais en train de jouer les touristes dans la basse vallée de l’Yères – je vous narrerai peut-être cela, si j’en trouve le temps – et passais de l’ancienne minoterie de Criel-sur-Mer au Manoir de Briançon, en longeant la rivière, lorsque tous les canards et toutes les canes, sans exception aucune, sortirent de l’eau pour se précipiter vers moi. Ils et elles étaient bien une cinquantaine! Ils m’entourèrent, et, lorsque je continuai ma promenade vers le manoir, me suivirent.

C’était à la fois drôle, et j’ai tenté de saisir cela en photo, et angoissant, car le bruit de leurs nasillements conjoints et amplifiés par les murs et l’eau était assourdissant. Les volatiles avançaient en rangs serrés, comme des petits soldats, se dandinant derrière le col vert qui semblait en être le chef… et j’ai bien cru qu’ils ne me laisseraient pas tranquille, jusqu’au moment où j’ai obliqué vers le terrain de pétanque, bien occupé en ce samedi après-midi. Enfin des humains! pensais-je. Ont-ils et elles pensé « Zut, d’autres animaux ! »?

La nuit arrive vite, bien trop vite, en ce début décembre. Fin de l’exploration touristique, traversée de la magnifique Forêt d’Eu, et arrêt au centre de cette ville que j’ai longtemps fuie car trop « bourgeoise » à mon goût. Mais, par les temps qui courent, trouver un petit centre ville aussi animé est chose rare, et il faut en profiter. Il se dégage des deux petites rues semi-piétonnes une atmosphère de fêtes en ce samedi soir. Même s’il faut faire de longues queues au froid devant la porte des magasins, les gens sont au rendez-vous des commerces ouverts, essentiellement commerces de bouche dans ce coin. A quelques exceptions près. Dont ma librairie préférée, l’Encre Marine.

Sous prétexte d’aller rechercher un livre commandé la semaine précédente, m’y revoici donc. Une vraie librairie. Un de ces lieux devenus trop rares où l’on peut venir se ressourcer, échanger ou au contraire s’isoler dans les rayonnages tous plus alléchants les uns que les autres, voire lire dans un fauteuil éloigné de l’entrée… Un de ces lieux de rencontre, de partage, de culture… Le Paradis ! Impossible de boire un verre, car le petit « coin bar » subit la même loi que les autres, mais les deux personnes qui vous accueillent répondent à vos questions… Qu’il s’agisse de livres ou de jeux, elles connaissent leur fond et n’hésitent pas à vous consacrer le temps espéré… Le Paradis !

Et j’en suis ressortie avec un nouveau jeu et 5 livres, dont celui que j’avais commandé, Umberto Eco « Comment écrire sa thèse » (pas pour moi, c’est fini, mais pour mes stagiaires…) « Votre premier travail de recherche, c’est comme votre premier amour ». Je vous en reparlerai sans doute.

Rien à côté de ce qu’une charmante jeune dame achetait… En riant, elle m’a expliqué que toute sa famille commandait ici ses ouvrages, et qu’elle faisait donc la collecte pour tout le monde, des plus jeunes aux plus âgés, à partir des titres précisés par les commanditaires. La liste était impressionnante! Il y a donc encore place pour ce genre de boutiques, en oubliant les Amazon et les JouéClub, c’est rassurant!

Voilà pourquoi je suis si contente, en cette aube de dimanche d’une Saint Nicolas que les étudiant-e-s de ma région d’origine ne pourront pas fêter comme leurs prédécesseur-e-s, de vous faire partager ces « petits bonheurs » de la vie, ces instants qui vous redonnent le sourire… intérieur.

J 35 après N-C

Ἦμος δ᾽ ἠριγένεια φάνη ῥοδοδάκτυλος Ἠώς,
νῆας μὲν πάμπρωτον ἐρύσσαμεν εἰς ἅλα δῖαν,
ἐν δ᾽ ἱστοὺς τιθέμεσθα καὶ ἱστία νηυσὶν ἐίσῃς,
ἂν δὲ καὶ αὐτοὶ βάντες ἐπὶ κληῖσι καθῖζον·
ἑξῆς δ᾽ ἑζόμενοι πολιὴν ἅλα τύπτον ἐρετμοῖς.

Le lendemain, dès que brille dans les cieux la fille du matin, Aurore aux doigts de rosé, nous lançons nos vaisseaux à la mer ; puis nous dressons les mâts, et nous déployons les voiles de nos navires égaux. Les rameurs entrent dans les vaisseaux, se placent sur les bancs ; et, assis en ordre, ils frappent de leurs rames la mer blanchissante. (Odyssée, livre IV)

J 34 après N-C

Comme promis, avant d’initier un nouvel « article » (en jargon de blogueuse), je dois vous donner la réponse attendue, que bien évidemment tout le monde a devinée : mon amie a créé un « drapeau » sans « drap », d’un nouveau genre, au travers des trois couleurs nationales. A quelle occasion? Lorsqu’elle a appris le décès du professeur d’histoire, qui a marqué l’actualité voici peu. Mais de là à utiliser des boules en plastique… l’émotion la lui a fait perdre… oh! excusez ce mauvais jeu de mots… mais à J 34 vous me pardonnerez, n’est-ce pas?

Je ne résiste pas à l’envie de vous proposer une nouvelle énigme. Hier, un ami m’a envoyé deux photographies prises de chez lui… La question est donc : dans quelle région – et si vous voulez être plus précis-e, dans quel département – se situe sa demeure?

J 33 après N-C

En arrivant un soir chez une amie qui tient une galerie d’art, j’ai eu la surprise de voir des objets insolites sur une petite table qui tient parfois lieu de bureau… en l’occurrence, deux boules en plastique et un « galet » de craie, de ceux que sculpte un ami artiste.

Enigme : qu’est-ce ?

Pensant à une oeuvre d’art en attente d’exposition, et quelque peu interrogative sur l’intérêt esthétique de celle-ci, je me suis questionnée, et j’ai questionné sur le sens de cette composition, mêlée aux instruments de bureau et à quelques bonbons révélateurs d’un petit syndrome dépressif, à mon sens.

Je ne sais si vous avez trouvé une réponse à ma question (à exprimer en commentaire) : qu’a voulu faire la galeriste avec les deux boules et le galet? à quelle occasion dans un passé assez proche ?

Rendez-vous demain pour la réponse…

J 32 après N-C

Avez-vous déjà pratiqué 7 heures de tête à tête en visio par Teams avec une personne? une expérience inoubliable pour la nomade que je suis!!! 7 heures scotchées à mon siège, face à un écran, pour des échanges qui habituellement sont faits d’interactions en présence, de véritable dialogue, de collaborations, et de mouvements… 7 heures à ne communiquer que partiellement. Car l’oral n’est pas notre seul mode de communication!! Et cette épreuve se renouvelle, suite au diktat du « télétravail » qui, certes, peut (peut-être) convenir pour certains métiers, mais pas pour le mien, car il transforme et le contenu et la forme. En ce qui me concerne, il pervertit même l’ensemble, dans la mesure où le média induit une modification de l’andragogie, et va à l’encontre des principes qui sont au fondement de mon engagement professionnel…

Mais vous n’êtes pas ici pour que je vous fasse part de mes états d’âme professionnels, je le sais.

Après cette rude journée vécue hier, je suis allée marcher dans Paris, pour me défouler.

Triste spectacle. Des rues quasi-désertes. Quelques boutiques éclairées et ouvertes, noyées dans la « sombritude » des autres devantures, bars, restaurants, cinémas, théâtres, salles de sport, fermées.

Un tour chez Gibert pour essayer de me réconforter? Sous prétexte d’aller chercher un livre sur Sextus Empiricus… Mais peu de monde, des employés désoeuvrés (avantage : ils se sont mis en 4 quand je leur ai demandé une information, au point que c’est moi qui ai dû abréger!), de rares chalands…

J’ai donc continué vers le Carrefour de l’Odéon, habituellement si vivant et animé en fin d’après-midi… La statue de Danton sert de point de rendez-vous aux amateurs de bars, de sorties nocturnes, de balades au crépuscule, d’after-works – je détestais ce mot jusqu’à maintenant, mais depuis qu’on n’a plus droit qu’au « work » et pas à l' »after », je commence à lui donner du sens! Personne aux pieds du tribun. De rares fantômes masqués passant rapidement le long du Boulevard… quelques bus… quelques voitures… à 18h, c’est incroyable!

J’ai alors emprunté le Passage du Commerce, un de mes lieux préférés dans le quartier. Lui aussi, d’ordinaire si vivant, ressort davantage en ce moment d’une ruelle coupe-gorge que de l’espace convivial qu’il est en d’autres temps…

Au débouché de la ruelle désormais obscure, la rue Saint André des Arts est certes illuminée par la Ville, mais tout aussi déserte, malgré les quelques commerçants qui continuent à vouloir survivre… Plus de spectacles, qu’ils soient culturels comme au cinéma éponyme – un des cinémas indépendants qui ont réussi à résister jusqu’à maintenant, ou érotiques comme le théâtre Chochotte

La Place elle-même est sinistre, et ce n’est pas mieux devant la Fontaine, qui, asséchée lors de la dernière canicule au grand dam de la population qui aurait pu s’y rafraîchir, pleure maintenant inlassablement les passant-e-s, les touristes, les musicien-ne-s ou autres artistes de rue, et les manifestant-e-s de tout poil qui l’animaient naguère… sans compter les ami-e-s, les bandes de copains/copines, les couples d’amoureux/euses ou d’amant-e-s pour qui elle constituait (elle con-statuait, allais-je écrire) un lieu de rendez-vous idéal…

La vengeance des Dragons

J 31 après N-C

Oui, je sais, le mois de novembre ne comporte que 30 jours…

Mais les sorties culturelles et conviviales sont toujours interdites, alors je continue à compter les jours d’emprisonnement des plaisirs et de la Vie.

Car consommer, pour moi, ce n’est pas vivre…

Parler à travers des écrans nous prive aussi d’une grande part de ce qui fait la communication…


Hier je participais à un jury « en présentiel », et me suis posé la question de l’authenticité de l’exercice, alors que les candidat-e-s nous parlaient derrière leur masque, et avaient en face d’elles et eux trois demi-têtes…

Alors je continue à dénombrer les jours de non-vie, qui s’ajoutent à ce printemps gâché…

et je continue à faire des photographies et les partager avec vous, pour tenter d’oublier ce qu’un auteur de science-fiction n’aurait jamais osé imaginer : des êtres humains condamnés à n’être plus que des robots obéissants et consommateurs…