J’aurais pu créer une devinette, du style « Quel est cet objet mystérieux ? »
Mais vous auriez aisément deviné qu’il s’agit d’un chalut…
C’est l’époque où certains des pêcheurs du Tréport ravaudent leurs filets. Pendant la période des coquilles Saint Jacques (début octobre à fin avril), ils ont en effet modifié l’équipement des chalutiers. Et, lorsque la tempête sévit, ils mettent à profit le temps libre pour nettoyer, sécher, réparer les filets qui ne servent plus.
Alors la plateforme qui jouxte l’écluse d’entrée à l’arrière-port se transforme en un gigantesque tableau coloré… dont voilà un échantillon.
Il y a un peu plus d’une semaine, j’avais pris cette photographie sur la vitre d’un restaurant que je fréquente souvent, en bord de mer… Je ne résiste pas au plaisir de vous la transmettre, comme un clin d’oeil encourageant… Vu son peu d’intérêt « artistique », je ne l’avais pas publiée… Vous comprendrez aisément pourquoi je le fais aujourd’hui !
On discute beaucoup en ce moment autour de la liberté d’expression, alors que nous sommes privé-e-s de la liberté la plus élémentaire, celle de nous déplacer et de vivre en société… Alors, puisque nous voici à nouveau privé-e-s de tout ce qui fait le sel de la vie, il me faut à nouveau m’occuper en espérant créer un peu de lien(s) à partir de ce blog…
Je vous propose donc, pour changer de ce que j’avais initié lors du dernier emprisonnement généralisé, de découvrir chaque jour une photographie que j’aurai réalisée. Non que je sois douée ou spécialisée en photo, mais parce qu’en ce moment, dans l’état de déprime collective autour de moi et personnelle en moi, c’est le seul « art » que j’arrive à approcher…
N’hésitez pas à commenter, ou à me demander de publier une de vos propres photos en « écho » à celle que vous découvrirez ainsi quotidiennement… Rendez-vous donc dans « Plaisir de photographier »…
Et, promis, dès que la plume me reviendra, j’écrirai tous les articles que je n’ai pas commis depuis le mois d’août, trop ivre de vivre (et comme j’ai bien fait d’en profiter!!!)…
Le nom de ce restaurant vous évoque peut-être quelque chose, car je l’ai déjà évoqué dans un article de ce blog, concernant la visite des environs du Musée d’Art Moderne à Paris, et en particulier la rue de la Manutention, dont le nom m’avait interpelée. C’est ainsi que j’ai compris la présence de ce « routiers » en plein coeur de Paris… Naguère c’était un quartier militaire d’un côté, d’entreprises de l’autre… J’étais alors passée devant, mais il était fermé, et je m’étais juré d’aller en goûter la cuisine.
Source : sobarnes.com
A la sortie de l’exposition Sarah Moon – dont je traiterai bientôt -, j’ai appelé le restaurant pour réserver une table. Une charmante voix masculine m’a répondu qu’il était plein ce soir-là. Au regard de mon insistance, la voix m’a proposé de venir à tout hasard vers 20h. Comme la ténacité fait partie de mes défauts (et de mes qualités?), j’y suis allée, malgré une pluie battante. A l’arrivée, même réponse « c’est plein ». Nouvelle insistance, et promesse de ne pas rester longtemps. Et j’ai obtenu gain de cause, pour ma plus grande joie.
La salle a tout pour plaire aux nostalgiques des routiers d’autrefois, depuis les nappes à carreaux rouges et blancs jusqu’aux affiches sur les murs, qui font revivre les grands routiers et brasseries de jadis.
Le personnel s’est montré vraiment adorable. Cette jeune équipe, sous la vigilance du chef de rang tout aussi jeune, est très « pro » et aimable.
Côté nourriture, je me suis régalée avec des quenelles de brochet d’une telle taille – et en binôme! – que je n’ai pu en venir à bout. Mon convive, lui a opté pour du canard à l’orange, très bon également. Le tout avec une carafe d’un petit vin de terroir gouleyant au possible… Bref, un repas hors du temps qui réchauffe par les temps qui courent… Et la Voix n’avait pas menti : le restaurant était bondé, en ces moments où beaucoup d’autres pleurent le client…
Une adresse donc à essayer si vous allez faire un tour du côté du Trocadéro ou du MAM… Les Marches, « Bistro parisien », 5 rue de la Manutention. Pour ma part, je me suis promis d’y retourner et de le faire découvrir à mes ami-e-s…
L’exploitation de vitrines ou de cadres qui ne sont pas anti-reflets provoque souvent des désastres pour les photographes amateures telles que moi… Mais j’ai choisi de m’en gausser et de publier certains de ces échecs, parce que je les trouve intéressants… Dites-moi en commentaire si vous appréciez ou non?
Man Ray avait délibérément photographier l’ombre de la personne, donnant de la profondeur à cette oeuvre sublime. Mais la silhouette que vous percevez à droite n’a rien à voir avec celle-ci… hasard de l’instant, comme la lumière malencontreusement reflétée…
Dans la photo suivante, même scénario, mais cette fois ce sont les tableaux situés sur le mur d’en face qui apparaissent…
J’ai par contre délibérément choisi de faire les deux photos qui suivent, car je trouve que cela produit un effet intéressant…
Enfin, pour terminer, une déclinaison de reflets et de transparences… qui reflète le début de l’exposition…
Il se trouve que je fais des photographies depuis très longtemps. J’ai en ma possession par exemple des centaines de diapositives du Maroc, tout autant de Guinée, sans compter des « reportages » personnels ou des « essais qualifiés d’artistiques »…
Dans les articles de ce blog, j’ai glissé des photos plus ou moins réussies, voire totalement ratées, qui illustrent mes propos. Mais j’ai envie désormais de vous faire partager mes essais sous forme souvent d’éclats de rire ou d’espoirs d’avoir un peu de fibre artistique… Soyez indulgent-e-s… et amusez-vous avec moi!
Pour faciliter leur compréhension, je classerai ici les photographies par grandes thématiques. Par exemple, depuis quelques temps, j’en ai deux en « fil rouge » : « Reflets » et « Terrasses »…
Pour l’instant, mes photos ne sont pas travaillées… Je suis cependant tentée d’aller vers le noir et blanc… Affaire à suivre…
Il faut avoir le courage de faire la queue en plein vent, sans soleil possible, pour entrer au Musée du Luxembourg, qui n’a visiblement pas vraiment réussi à organiser les files anticorona… Cela en vaut-il la peine? Je ne sais pas… Pour une fois, un avis assez mitigé…
Certes, il y a les magnifiques tirages du célèbre photographe, que l’on a plaisir à voir ou à revoir…
J’ai pour ce qui me concerne aussi beaucoup apprécié de (re) découvrir les magazines de mode et d’observer leur évolution entre le début du XXème siècle et les années 30-40 (je n’en place pas en photos, car elles sont toutes ratées pour cause de vitrines non anti-reflet… d’ailleurs vous retrouverez des photos de l’exposition dans la partie « plaisirs de la photo », série « Reflets »).
Et de percevoir la créativité du photographe qui s’amuse à superposer par exemple…
Le résultat…
Une des originales…
Un point amusant : la brouette capitonnée de rouge, qui servait de support aux mannequins et belles dames pour les photographies…
J’ai aussi apprécié certains bustes de cire, pour le moins suggestifs…
Cette « suggestivité » (toujours mon vilain goût pour les néologismes!), on la retrouve bien sûr dans certaines photographies, telles que celle-ci.
Et plus que suggestives, deux photographies du fondateur de la Maison Worth dans le plus simple appareil. Pour ne pas vous choquer, je n’ai gardé ici que la photo de dos…
Quant à la mode, elle est représentée par quelques robes de grands couturiers, mais qui semblent plutôt fades…
… à une exception près, avec ce superbe décolleté…
Le titre de l’exposition m’a questionnée… Un peu simpliste, dans la mesure où il a rattaché à la mode différents aspects des choix de l’artiste et des évolutions sociétales. Pour n’en citer que quelques-uns : le rapport aux grandes maisons de couture (Worth, Chanel, etc.); la mise en scène des mannequins de profession (mais aussi de ses amies…); la présentation de quelques modèles, plutôt tristounette dans l’ensemble; l’évolution des magazines de mode, mettant en relief par exemple les conseils donnés aux dames de la haute société pour s’habiller en fonction des saisons et des circonstances… et j’en oublie… parfois le lien est bien mince.
Un autre regret, bien que je reconnaisse que ce n’est pas l’objet de l’exposition : le manque d’explications techniques, permettant d’apprécier l’art du photographe.
Un plaisir des yeux cependant, que quelques-uns des chefs d’oeuvre de Man Ray… Résultat : avis positif, finalement!
En ce sinistre dimanche de septembre, où Paris respire tellement bien qu’elle est pratiquement vidée de tous ses passant-e-s, sous un ciel de plomb, entre deux averses et parcourue par une bise glacée, l’idée d’aller voir un concert a été partagée par un certain nombre de personnes, à en juger par la quantité de spectateurs/trices en l’église Saint Louis… J’étais de ce nombre, pour entendre l’ensemble Sarocchi que je ne connaissais que de nom.
Et je n’ai pas été déçue.
Une très grande variété, telle est l’expression qui me vient en tête en revivant ce concert.
Bien sûr, de la polyphonie. Chants sacrés, mais aussi chants profanes. J’ai particulièrement apprécié l’Ave Maris Stella pour les premiers… tout en appréciant l’Introït, le Kyrie Eleison, etc. Et j’en ai profité pour apprendre ce que sont les paghjelle. En voici une présentation sur un site qui répertorie 300 textes de paghjelle…
« La paghjella est une des formes du chant polyphonique traditionnel. C’est le chant de fête par excellence car on l’entonne durant toutes les manifestations festives (fêtes patronales, banquets, noces etc.) Ne pas confondre la paghjella avec d’autres formes de polyphonies qui s’en inspirent dans le style de chant comme les « Terzetti » ou « Terzine » (tercets hendécasyllabiques le plus souvent rédigés en toscan), les « madricali » (chants d’amour à métrique libre en toscan également) et surtout le chant religieux tiré de la liturgie romaine, la plupart du temps en latin parfois appelé « messa in paghjella » (messe en paghjella). Il s’agit d’une poésie profane composée d’un sixtain d’octosyllabes, certains pensent qu’il s’agit plutôt de 3 vers de seize pieds. »
Mais aussi, des chants traditionnels ou plus « modernes »… Un sacré voyage dans les montagnes corses fleurant bon le thym sauvage… L’Alcudina du sud de la Corse, particulièrement… « L’enclume »… dont je connais surtout Bavella comme beaucoup de « continentaux »… ou les églises des villages, quand un prêtre dénonçait un vol d’instrument agraire en chantant… Ou encore dans les auberges, quand une aubergiste vilipendait l’arrivée du train qui menaçait son activité d’accueil des muletiers dont les chemins se croisaient à sa porte… Vous trouverez les paroles de A canzona di u trenu sur ce site, qui répertorie de nombreuses paroles de chansons traditionnelles. Le violon jadis présent dans le groupe a été remplacé par la contrebasse qui a eu bien du mal à essayer d’imiter le sifflet du train, pour la plus grande joie du public!
Une autre forme musicale typique : le lamento. Celui du berger, U lamentu di u pastore, interprété en solo par un jeune chanteur du groupe, Ghjuvan Petru Pieve. Ou encore celui du bandit d’honneur Ghjuan Camellu Nicolai, assassiné à 25 ans, dont j’ai trouvé une version datant de plus de cinquante ans ici.
« Je suis devenu bandit,
Un bandit à la fleur de l’âge,
Parce que le destin maudit
A frappé mon frère au village… »
Ecouter tout un concert de polyphonie est parfois un peu difficile… Mais permet d’en saisir toutes les facettes. La variété des pièces est un pari un peu risqué. Que j’ai trouvé pour ma part gagné. Car le public était conquis, comme je l’ai été. Les instruments aussi m’ont surprise.
La cetera était accompagnée d’instruments « classiques », mais aussi à un moment donné d’un instrument indien, shruti box…
Shruti box
Une autre originalité du groupe, dont les membres sont au nombre de 4, alors qu’habituellement une polyphonie corse concerne trois voix… (pour les membres du groupe, voir ici).
Démonstration du jeu de mora, en plein concert!
Et bravo au groupe, et à son fondateur qui a réussi ce pari, de faire rire avec le jeu de la mora, ou pleurer d’émotion à l’écoute de certains morceaux… jusqu’à l’hymne final, réunissant le public et les musiciens…