Disparition

Pour celles et ceux qui suivent quotidiennement ce blog (eh oui, il y en a! merci!)
Cette nuit j’ai rédigé un article… au moment de le compléter par les images, impossible d’intégrer celles-ci…

Et quand j’ai voulu enregistrer, puis publier, impossible…

Pas moyen non plus de copier le contenu!

Pendant deux heures j’ai essayé de dépanner, puis de contacter WordPress… En vain!

J’ai fini par éteindre mon ordi.
Et viens de le rallumer en cette fin d’après-midi; tout refonctionne…. mais l’article a disparu.
Alors, promis, si ça marche, vous en aurez deux demain!

Valete…

Hypocoristique

En cherchant ce matin l’explication d’un nom de famille à consonance apparemment anglaise, alors qu’il s’agit d’une famille typiquement française, de la région Grand Est, j’ai découvert un mot. J’adore. J’adore apprendre un nouveau terme. Cela remonte à mon enfance! Dès que j’ai su lire, je me suis plongée dans tous les dictionnaires possibles. Ce furent d’abord bien sûr le Larousse Illustré, puis le Larousse en 20 volumes. Le Quillet… Je passai ensuite aux dictionnaires de langues, et découvris ainsi l’écriture gothique qui m’a séduite. J’étais alors en 6ème. J’avais 9 ans. Vinrent ensuite les délices des Gaffiot et Bailly…

Bref, j’ai découvert un nouveau mot : « hypocoristique ».

Et, en plus, une énigme. Je ne trouvais pas la « racine » de ce mot, ni en grec ni en latin, parmi mes maigres connaissances.

S’il y avait eu un h entre le c et le o, j’aurais imaginé une chanteuse aussi piètre que moi, incapable d’intégrer même un mauvais choeur… Mais il n’y en a pas…

Lors de mes recherches sur le net, j’ai découvert un site où une personne, sous forme de jeu, a fait la même démarche que moi… Je cite donc intégralement ce « jeu ».

« 

JEU 48 : Hypocoristique

Hypocoristique : Adjectif du grec hypo, inférieur / en-dessous et du grec chorus signifiant chœur, chant (chorale). La lettre « h » de chorus a disparu pendant la révolution française car considéré comme une marque de noblesse…noblesse qui, rappelons-le, a été alors déchue de ses privilèges. Cet adjectif signifie donc logiquement  « en manque de chant » Mon perroquet semble déprimé, je pense qu’il est hypocoristique !Je n’aime pas aller dans ce lieu hypocoristique : c’est angoissant et triste. Par extension il qualifie toutes choses provoquées par ce manque musical. Il a des boutons hypocoristiques qui apparaissent à force de s’enfermer dans le silence.

Attention, c’est une plaisanterie… Le h n’a pas disparu… Mais j’ai beaucoup apprécié ce blog, qui s’appelle Filigrane

Je pouvais toujours chercher l’étymologie, je ne risquais pas de la trouver!

« Étymol. et Hist. 1893 (DG). Empr. au gr. υ ̔ π ο κ ο ρ ι σ τ ι κ ο ́ ς « caressant » et « propre à atténuer »; cf. l’angl. hypocoristic (1796 ds NED). » (CNRTL)

Mais alors, me direz-vous, quel rapport entre un nom de famille et ce terme?

Le plus simple est que je revienne à la source, le CNRTL.

« (Terme) qui exprime une intention caressante, affectueuse, notamment dans le langage des enfants ou ses imitations. Redoublement hypocoristique; usage, valeur hypocoristique d’un mot. Les procédés formels employés pour créer des termes hypocoristiques sont par exemple les suffixes dits « diminutifs » (fillette), le redoublement (chien-chien, fifille), l’abrègement des prénoms (Mado, Alec), ou le choix de termes conventionnellement hypocoristiques (fr. mon petit poulet, mon chou) (Mounin1974). »

Ainsi, les noms de famille tels que Colas, Collet ou Colson sont des hypocoristiques de Nicolas. Comme Clos, Closse, de Nicolaus…

Mais où est passé le « Ni »?

Nouvelle question, et un autre terme « savant »…

Eh oui, le fait de supprimer le début du mot se nomme une « aphérèse ». On enlève, on ôte, on supprime… « Toine » « Toinette », pour « Antoine » ou « Antoinette ». Et le célèbre anglais « I’m » pour « I am ».

« PHONÉT. ,,Suppression (gr. aph-airesis) d’un phonème ou groupe de phonèmes à l’initiale du mot, par exemple d’une voyelle après voyelle finale du mot précédent : angl. I am > I’m.«  (Mar. Lex. 1951), ou de la syllabe initiale dans des noms propres de personnes (Colas < Nicolas, Chardin < Richardin) ou dans des jurons (tudieu < vertu Dieu). »

Prenom ElisabethLisa - Page 4

Attention! A ne pas confondre, bien sûr, avec l’apocope… Mais ça, vous vous en doutiez, n’est-ce pas?

« Coupure qui affecte la finale d’un mot, soit par chute phonétique d’un élément, soit par abrègement arbitraire.«  (Mar. Lex. 1951) : 1. Negoti, pour Negotii, est une apocope. Les poëtes français usent quelquefois de l’apocope; ils écrivent, par exemple, Londre pour Londres, je voi pour je vois, encor pour encore, etc. On dit par apocope, Grand’messe, grand-mère, au lieu de Grande messe, grande-mère. Ac.1835. »

Notons que, si vous écoutez les enfants, vous pourrez noter qu’ils et elles sont spécialistes de l’aphérèse : « core » pour « encore », « garde », pour « regarde », « pitaine » pour « capitaine », etc.

Et, si vous ne le saviez pas encore, « chandail » provient de l’aphérèse de « marchand d’ail »… Eh oui!

« Abrév. pop. de (mar)chand d’ail, nom donné au tricot porté par les vendeurs de légumes aux Halles de Paris. Fréq. abs. littér. : 89. »

Nous voici parti-e-s bien loin! Mais ça distrait en ces temps sinistres… et la langue est notre héritage…

Notez qu’en breton on adore les suffixes hypocoristiques, « ou », « ig », « achou »… Si cela vous intéresse, je vous renvoie à un linguiste, spécialiste des hypocoristiques celtiques… ou à cet article publié dans Arbres, du CNRS.

Alors, si l’on vous nomme ou a nommé-e « Ma bichette », « mon p’tit loup », « fifille à son papa », « mon coeur », vous savez maintenant qu’on a fait des « hypocoristiques » sans forcément le savoir. Si on a déformé votre prénom comme « Nany » pour « Danièle », « Fifi », pour « Philippe », « Vavard », pour « Gérard », aussi… Et si en plus on en a supprimé la première syllabe, on a produit une aphérèse!

Épinglé sur des paroles

Si vous voulez aller plus loin et que vous avez du temps à perdre en ce dimanche d’avril confiné, vous pouvez vous initier à « la recette de l’énoncé hypocoristique à l’imparfait » (Bres, 2003), si si, je n’invente rien! Et là, vous allez vous amuser.

« Commençons par une impression : les énoncés que l’on peut qualifier d’hypocoristiques apparaissent comme échoïques, comme si le locuteur parlait à la place de son interlocuteur 3, plus précisément verbalisait un élément du comportement non verbal et/ou vocal de celui-ci. C’est particulièrement net pour (7) dans lequel les mots de l’enfant semblent être l’écho des manifestations de joie de la bête. Comme tels, les énoncés hypocoristiques me semblent relever de la classe englobante de l’énoncé dialogique (Bres et Verine 2002). »

Et voici, pour la bonne bouche, c’est le cas de le dire, la fin de cet article :

« Pareil à l’amateur de bonne chère qui, dégustant la recette perpignanaise du lièvre au chocolat, n’identifiera plus cet ingrédient, croira qu’au contact de la viande de lièvre il a perdu sa saveur cacaotée, et mettra la suavité et l’onctuosité du mets sur le compte de la viande elle-même, le linguiste court toujours le risque double d’effacer le sens ou l’instruction d’un morphème parce qu’il ne le/la reconnaît plus, et d’imputer abusivement, par déplacement métonymique, tel élément du sens produit résultatif à tel morphème, alors qu’il n’est pour rien, ou au mieux simplement partie prenante, dans sa production. Ainsi fait-on, me semble-t-il, lorsqu’on escamote les instructions temporelle et aspectuelle de l’imparfait, qu’on les troque contre la valeur hypocoristique. L’imparfait dans l’énoncé hypocoristique reste lui- même, et c’est fort de cette identité qu’il participe au renforcement de la production du sens hypocoristique. »

La représentation grammaticale du temps derrière les apparences ...

Je vous laisse donc vous distraire sainement…

La fibule

Nuit d’angoisse, je ne parviens pas à dormir… J’allais vous livrer un poème de Louise Ackermann, Le Cri, mais je me suis rappelée vous avoir promis un poème de Mririda N’Aït Attik, cette poète berbère que j’ai découverte lorsque je résidais au Maroc. Si sa poésie vous intéresse, sachez qu’il en existe un recueil par René Euloge, publié sous le titre Les Chants de la Tessaout.

Une des éditions des poèmes de Mririda n’Aït Attik

Vous ne le savez peut-être pas, mais la Tessaout, ou Tassaout, est une rivière qui descend du Haut Atlas marocain vers le fleuve dont le nom signifie « Source de Vie », l’Oum Er Bia. Eh oui, vous remarquerez que, pour une fois, la racine est identique à celle du mot grec, pour désigner la vie, « bios »… rare, mais cela arrive…

J’ai connu la Tessaout lors de mes nombreuses randonnées dans l’Atlas, dont je vous parlerai peut-être un jour.

Une partie de la Vallée de la Tessaout, et le village de Megdaz où est née Mririda N’Aït Attik

Hélas mon recueil est à Nice, et celui d’un ami qui le possède également, aux Arcs sur Argens… j’ai donc dû me contenter des quelques rares poèmes publiés sur le net pour faire mon choix ce jour. Celui que je vous propose évoque un des bijoux qui m’a fascinée et me fascine encore.

Parmi les nombreux bijoux, deux belles fibules…

La fibule

Grand-mère ! Grand-mère ! depuis qu’il est parti, 

Je ne songe qu’à lui et je le vois partout… 

Il m’a donné une belle fibule d’argent, 

Et lorsque j’ajuste mon haïk sur mes épaules, 

Lorsque j’agrafe le pan sur mes seins, 

Lorsque je l’enlève, le soir, pour dormir, 

Ce n’est pas la fibule, mais c’est lui que je vois !

 

-Ma petite fille, jette la fibule et tu l’oublieras 

Et du même coup tu oublieras tes tourments…

-…Grand-mère, depuis bien des jours, j’ai jeté la fibule, 

Mais elle m’a profondément blessé la main. 

Mes yeux ne peuvent se détacher de la rouge cicatrice, 

Quand je lave, quand je file, quand je bois… 

Et c’est encore vers lui que va ma pensée !

 

-Ma petite fille, puisse Dieu guérir ta peine ! 

La cicatrice n’est pas sur ta main, mais dans ton cœur.

Mririda N’Aït Attik, traduction René Euloge

Source

Une vidéo sur le mouvement Queer

Je suis tombée par hasard ce jour sur une vidéo remarquable sur le mouvement Queer, et je ne résiste pas à l’envie de la partager avec vous.
Cela fait longtemps que je tente d’expliquer cette optique, peu connue et souvent victime de rejets a priori…

La jeune femme présente de manière très claire le Queer, et je vous propose de l’écouter et de la regarder…

Vous pourrez ensuite réagir! rires…

L’Auvergne à Paris : le Trumilou

Ne cherchez pas « Trumilou » sur Internet, vous ne trouveriez que le nom du restaurant, pas sa signification… Il faut rechercher « Troumelou », lié au village d’Auzers, dans le Cantal… qui a aussi une auberge de ce nom.

Le Troumelou.
Source : site du village d’Auzers

L’explication est apportée dans un article qui relate l’histoire du restaurant parisien, en ligne ici. Quoi qu’il en soit, le restaurant reste auvergnat depuis des décennies, le père de l’actuelle propriétaire étant né près du Puy Mary.

Et des tableaux, photos et objets rappellent cette origine, parmi les innombrables décors de ce lieu au charme désuet, inattendu à cet endroit. En effet, le Trumilou est situé Quai de l’Hôtel de Ville, au 88.

Situation. Source : site du restaurant

En ce moment, difficile à repérer à cause des échafaudages, et mieux vaut y aller aux heures où les travaux de rénovation de façade sont arrêtés!

On y mange délicieusement bien, des plats traditionnels et des recettes auvergnates, mais pas seulement… Et la gentillesse du personnel est remarquable. C’est la première fois qu’on me fait goûter une tarte au citron pour que je sache si j’allais la prendre. Car j’avais dit aimer l’acidité, et ne pas trop apprécier les amandes… Effectivement, elle est excellente, mais j’ai fini par lui préférer un délicieux crumble pomme-rhubarbe.


Une bonne « auberge » – c’est le mot qui me semble plus approprié, car plus adapté à l’ambiance chaleureuse et à la qualité des plats – à essayer absolument, avant qu’elle ne soit un jour malencontreusement rénovée, comme c’est la mode…

De la rue de l’Hôtel de Ville à la rue de Jouy

Je pourrais, pour commencer cet article, proposer une devinette… et serais sûre que, sans plan, nul-le ne pourrait la situer correctement. Car moi-même j’ai douté de mon GPS quand j’ai cherché l’adresse exacte des lieux sur lesquels je voulais écrire. J’étais en effet persuadée qu’il s’agissait d’un Quai, car nous sommes en bordure de Seine, rive droite… Ou d’une avenue, tant la quatre voies et le trottoir qui la longe sont larges… Eh bien non…

Je vous ai déjà emmené-e-s dans le coin : la péniche Marcounet, les Anysetiers, la Maison Européenne de la Photographie, le village Saint Paul et la rue de la Barre ont fait l’objet d’articles sur ce blog… Cette fois, nous nous contenterons du segment situé entre la Caféothèque et l’Hôtel de Sens.

La Caféothèque

Je ne peux m’empêcher de céder à la nostalgie quand j’évoque ce lieu que j’aime, car il a beaucoup changé dernièrement et n’a plus tout à fait le même charme. Le mur végétalisé d’un des salons a disparu, les serveurs ne font plus déguster en commentant chaque café, et le « jeu » de dégustation n’est plus accessible…

Il n’en reste pas moins que cet endroit reste un hâvre de sérénité, où il fait bon demeurer tranquillement à lire ou rêvasser…

Il faut vous aventurer à travers un dédale de pièces pour parvenir à mon coin préféré, un salon au mobilier original et coloré, aux murs ornés de tableaux (le café est aussi galerie… et lieu de concerts) , auquel les plantes vertes donnent un petit air de jardin d’hiver…

Mais n’oubliez pas de visiter la pièce étonnante où se déroulent les cérémonies de dégustation du café, la véritable caféothèque, au fond en entrant, après le comptoir.

La carte des cafés est intéressante, sa lecture révèle une forme de poésie, permettant d’imaginer arômes et plantations… Et, pour les gourmand-e-s, le buffet de pâtisserie ne manque pas d’attraits!

La Cité Internationale des Arts

En me rendant aussi fréquemment à la Caféothèque, je ne pouvais que m’interroger sur ce que cachait une façade aussi laide que celle de la Cité (CIA!!!). Vous remarquerez sur le site officiel qu’ils ont fait preuve d’astuce en prenant une vue de l’arrière valorisé par le parc… Il fallait que j’aille voir… Mais généralement manque de temps… sauf en ce mois de juillet qui me permet de baguenauder tranquillement dans Paris…

Une fois la lourde porte métallique poussée, on entre à gauche dans un vaste hall. Et il faut de l’astuce pour trouver le lieu d’exposition! Car le Centre est avant tout résidence d’artistes… et il est quasi désert en cette période estivale. Deux gardiens m’expliquent comment me rendre dans la partie consacrée aux expositions, et me donnent en toute confiance un code… qui ne servira pas…

Descente au sous-sol, pour trouver un vaste couloir aux allures d’hôpital…

Jusqu’au 31 juillet, cet espace accueille une exposition d’Ali Badr, artiste qui se partage entre Londres et l’Arabie Saoudite, Expand And Collapse.

Voici ce qu’écrit Noam Alom, commissaire de l’exposition, à propos de ces oeuvres :  » Ses dessins suggèrent des oscillations possibles entre observation, réaction et documentation. La pratique de l’artiste évoque le paradoxe inhérent à la tentative de capturer un mouvement tout en créant un objet statique. Cela se manifeste dans les collaborations de Badr Ali avec des danseurs, où il questionne les formes et les courbes que les corps génèrent en se mouvant dans l’espace. »

Au fond de ce long corridor, un salon étonnant au style purement vintage…

Tout aussi étonnant, mais dans un autre style, ce petit boitier électrique décoré…

Une fois au fond, il ne reste qu’à faire demi-tour, pour revenir vers l’escalier qui conduit du hall à ces lieux… et vice-versa!

A l’extérieur, une pelouse occupée par deux jeunes filles en maillot de bain, en train de pique-niquer… La vue aux alentours ne manque pas d’intérêt… c’est un des beaux hôtels du Marais qui se cache là-derrière…

L’Hôtel d’Aumont

Un exemple typique de l’architecture du XVIIème siècle, d’un classicisme certain, cet Hôtel d’Aumont… Normal, Mansart est passé par là…

Plus étonnant, l’environnement… Accolé littéralement au mur ouest de l’Hôtel, un bâtiment à l’architecture incertaine…

Et, comme juchée sur le mur, une étonnante structure, que j’hésite à qualifier…

Ne cherchez pas l’accès à l’Hôtel par ce côté : il s’effectue par la rue de Jouy, située un peu plus à l’est, sur la gauche… Profitez-en pour aller admirer, si ce n’est déjà fait, le magnifique rémouleur.

La rue de Jouy actuelle ressemble peu à ce qu’elle fut, à en juger par cette photographie, copiée d’après sa reproduction.

Un peu plus loin, la MEP… Maison Européenne de la Photographie… déjà présentée, mais qui fera prochainement l’objet d’un nouvel article…

Exposition à la Chapelle de Kerbader (Fouesnant les Glenan)

Reportage de notre correspondant en Bretagne…

Une exposition collective d’artistes est organisée comme chaque année par l’association Les amis de Kerbader, dans la chapelle éponyme. Anne-Marie Dalhen, la dynamique présidente, y réunit un grand nombre d’artistes, essentiellement bretons, voire du Finistère.

Chaque semaine l’exposition est entièrement renouvelée. Cet article ne reflète donc que les oeuvres présentées du 22 au 29 juillet 2019.

Impossible de faire un commentaire exhaustif sur les nombreux/euses artistes, c’est donc Suite à son exposition été 2018 en Ardèche, Abstr’Onirique, Philippe Colin présente une nouvelle série de ses dernières oeuvres, Ma Br’Onirique. Pour celles et ceux qui ignorent tout de la langue bretonne, « Ma Bro », c’est « Mon Pays ».

 » O Breizh, ma bro, me ‘gar ma bro ! », selon l’hymne national breton… autres versions ici, Tri Yann, version symphonique

Eclats de mer sur les rochers, soleils levant / couchant sur le Bout du Monde…

… ou encore vert frais des Marais, tels ceux de Mousterlin…

Autant d’évocations, d’interprétations… je précise qu’elles sont de moi, non du peintre lui-même, qui se refuse à toute traduction de ses oeuvres… (voir son site)

Parmi les autres, l’oeil est attiré par une série de tableaux composés à partir d’écorces d’arbres.

La peinture de Claudine Jacq est fraîche, variée, et d’une originalité certaine.

Bref, une exposition à voir absolument si vous avez la chance de passer par « Ma Bro » d’adoption…

Fluctuart

Un vernissage avait lieu la semaine dernière sur un site dont j’ignorais l’existence et qui me fut signalé par un expert… Fluctuart… Aussitôt je me suis précipitée sur Internet, pour découvrir  » le premier centre d’art urbain flottant au monde » (sic, sur le site officiel), dédié au Street Art – « tout art de la rue qui n’est pas du graffiti », selon un site que j’apprécie. Toujours aussi curieuse, je me devais d’aller découvrir ce lieu flottant sur la Seine, près du Pont des Invalides, à deux pas du Faust où j’aime voir le couchant en mi-saison…

Me voici donc sur place en ce dimanche soir de juillet… et, première surprise, une contestation exprimée juste en face de l’embarcation…

Une fois la passerelle franchie, on pénètre dans un espace ouvert sur l’onde, le ciel et la Ville…

L’exposition se situe, comme on le voit sur ce qui sert d’affiche (photo), dans la « cale ».

En ce moment, une exposition d’une artiste de rue américaine, qui a débuté un peu avant 2000 à Brooklyn.

Caledonia Dance Curry peint sous le pseudo de Swoon, que l’on pourrait peut-être traduire par « Défaillance », « Pâmoison ».

Je ne me suis pas pâmée devant ses réalisations, mais j’ai apprécié entre autres les personnages, saisis sur le vif, à l’expression saisissante d’authenticité…

Cependant cela a requestionné la définition de cet art, comme évoqué en début de cet article.

Des installations sont aussi exposées, telles que celle qui accueille au début de la cale.

L’étage supérieur est consacré à d’autres artistes. Je dois avouer que, pour ma part, j’ai du mal à concevoir un « Street Art » ainsi emprisonné dans des cadres, sur un espace qui, bien qu’ouvert au maximum sur l’environnement urbain et fluvial, reste un espace clos… Ainsi figé aussi dans le temps, alors que, pour moi, c’est avant tout un art vivant qui se doit de rester éphémère… Mais sans doute ai-je une conception restreinte, datée, figée aussi, de cet art…

Futura
Bombe aérosol sur toile
Dorado

Une petite librairie est logée à l’étage supérieur de la péniche, dédiée à ce courant artistique. Le même étage abrite un vaste bar où des reflets métalliques jouent avec les reflets aquatiques…

Une vaste terrasse alliant métal et bois offre une magnifique vue sur le couchant à l’ouest, le pont et le Grand Palais à l’est et au nord-est.


Les cartes ont des supports originaux.

Celle des boissons n’est autre qu’une bombe… C’est là que j’ai trouvé « le Piège à partager »…

Et celle des plats, une planche de surf miniature et ornée.

Une boisson bien fraîche, rien de tel en ce crépuscule estival… Un mélange de Prosecco et de fruits divers, servi sur des glaçons en nombre considérable…

Je craignais que la fonte des glaçons ne pervertisse le goût.

Mais non, c’est le contraire qui s’est produit.


Et le dernier verre fut le meilleur!

La descente des escaliers s’est donc faite à la nuit tombante, ce qui m’a permis d’apprécier la métamorphose nocturne de l’ensemble, toute en nuances de roses vifs et de mauve / violet.

FROM IN

Des rangées de personnes encapuchonnées dans des plastiques transparents, restant assises malgré une pluie battante… Que font-ils ou elles? Pourquoi rester ainsi stoïques sous la fraîcheur de la pluie? Pourquoi ne pas aller se mettre à l’abri sous le portique voisin? Et que regardent-elles pour demeurer immobiles, figées, captivées?

Une vaste scène, au sol partiellement mouillé…

Et, sur cette scène, des corps qui virevoltent, s’entremêlent, jouent l’un de l’autre, l’un sur et sous l’autre, s’enlacent et se délacent…

J’ai vu beaucoup de spectacles de danse, mais celui-ci surpasse de loin les autres en grâce et en souplesse. A se demander s’il y a un squelette dans chacun de ces corps. Ou si ce sont des ectoplasmes qui offrent aux regards une danse de vie. A la limite de l’érotisme, parfois, mais d’un érotisme pur.

Les corps glissent sur le sol sombre. Les tissus aux nuances de blanc et de gris amplifient les mouvements gracieux. La violence est contenue mais transparaît parfois, comme s’il était nécessaire de rappeler que l’Amour est violent, que la Passion est dévastatrice, que l’Autre Aimant peut aussi détruire…

Si ma route croise à nouveau celle de cette troupe, je ne manquerai pas de retourner la voir… Au fait, j’en ai oublié de vous donner son nom, pour que vous puissiez faire de même si vous voulez partager un moment de pur bonheur : Xie Xin Dance Theater. Je n’ai pas trouvé leur site, mais une vidéo est accessible ici.

Oser écrire… à propos de tableaux…

Il y a de cela un grand nombre d’années, j’ai écrit à partir de tableaux. Et exposé, en même temps que le peintre. Oser exposer des poèmes en prose, c’est déjà énorme. Mais oser exposer des poèmes écrits à partir de ressentis, sur des oeuvres créées par d’autres, voilà qui me paraissait osé.

Or à ma grande surprise, ces minuscules productions pseudo-littéraires ont plu. Ont plu à l’artiste, ont plu au public. Et ont été données aux acheteurs/euses des tableaux.

Voici que m’a reprise cette envie, au moment où une série de tableaux, peints avec de l’indigo acheté sur les marchés guinéens, a été exposée. Envie de laisser surgir ce qui jaillissait en moi, de moi, lorsque je les regardais.

Ce sont ces six poèmes, écrits à propos de six tableaux de la série « Indigo », qui sont publiés sur ce blog pour la première fois.

L’artiste lui-même a été surpris de « l’interprétation » que je faisais de ses productions. Mais a accepté cette vision si personnelle et intime, donnant un nouveau « sens » à ce qu’il avait peint.

Je ne suis pas une écrivaine. Mais j’aime écrire ce que je ressens, produire à partir de mes émotions, et demande donc aux lecteurs/lectrices de l’indulgence pour la piètre qualité littéraire. C’est le vrai, le pur, l’authentique que j’ai recherchés, pas le travail du style comme l’aurait aimé notre vieux Boileau…