Musée des Années 30 (suite et fin)

Promis, c’est le dernier épisode de cette présentation du Musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt ! Nous allons donc ensemble descendre du 4ème étage au rez-de-chaussée, rapidement et en ne jetant qu’un coup d’oeil sur les collections… Enfin, je vais essayer!

Peintures des années 30

Loin de moi l’idée de tout vous expliquer ici : il faut que vous puissiez, vous aussi, découvrir ce Musée. Je vais donc me contenter d’une sélection des oeuvres qui m’ont intéressée.

On bascule progressivement hors de l’Europe, avec des peintres voyageurs…

Comme je vous le disais dans le début de cette série d’articles consacrés au Musée, je viens de rater l’exposition Bouchaud. Mais deux oeuvres du peintre sont exposées dans les collections permanentes.

Toute la suite du 3ème étage est consacrée à l’Afrique et l’orientalisme.

Voyage en terres lointainesSans commentaires…

J’ai préféré vous livrer cette série sans commentaires, pour laisser l’émotion intacte.

On découvre, dans une petite salle un peu à l’écart, un artiste explorateur, Alexandre Iacovleff.

Impossible de trouver en ligne un documentaire sur cet artiste étonnant, proche de la photo. Mais comme il a fait l’objet d’une exposition ailleurs, un reportage vous le présente assez rapidement, ainsi que les croisières Citroën auxquelles il a participé. Quelques planches sont présentées dans une petite salle, donnant une idée de son travail de « reporter ».

Oeuvres liées à la religion

Comme vous l’avez compris, je n’ai pas saisi la « narration » ou « logique » muséographique de ces lieux. La suite de la collection est en lien avec la religion. J’ai beaucoup moins aimé, mais vous en livre quelques exemples.

Vierge du Village Français, Carlo Sarrabezolles (1925)

Cette statuette m’a appris qu’il existait, dans l’Exposition internationale des Arts décoratifs de Paris en 1925, une Chapelle du groupe des catholiques des Beaux-Arts. C’est là qu’était exposée cette Vierge à l’enfant.

Des maquettes de décoration d’églises et de chapelles sont présentées dans cet espace du 2ème étage.

Résurrection, Marthe Flandrin (1943). Maquette pour la voûte de l’abside de l’église du Sacré Coeur de Colombes
Résurrection du Christ, Marthe Flandrin (1953). Maquette pour l’église Saint-Martin de Givry-sur-Aisne

Et pour finir rapidement… quoique…

J’ai dû écourter ma visite, plus longue que je ne l’avais prévue. Et je vais faire de même dans ce blog, pour vous éviter l’ennui, et faire en sorte qu’il vous reste encore beaucoup à découvrir. Donc, juste un regard sur quelques oeuvres exposées au 2ème étage, puis on redescend au rez-de-chaussée, où une partie de l’entrée est consacrée à des sculptures… plutôt monumentales!

Un petit arrêt, malgré tout, devant ce tableau de Jaro Hilbert, peint à Ljubijana en 1929.

Cet artiste français (peintre, sculpteur et dessinateur) est né en Slovénie de parents tchèques, et a vécu presque 100 ans, de 1897 à 1995. Je me promets de le découvrir mieux ultérieurement, si j’en ai le temps…

Deux étages par ascenseur (le 1er est consacré à l’administration du Musée), et me voici revenue au rez-de-chaussée. En entrant, je n’avais absolument pas remarqué un espace pourtant vaste, sorte de « proue » du navire…

Musée des années 30 (2)

L’exposition que je souhaitais voir s’est terminée deux jours avant… Pas de chance! Mais il reste les collections… Il me faut avouer leur avoir trouvé un aspect un peu hétéroclite. Certes, elles se rapportent (plus ou moins) aux années 30, mais leur agrégat semble quelque peu artificiel. Qu’à cela ne tienne, elles n’en sont pas moins intéressantes…

Commençons par les premières salles, situées au quatrième étage (oui, on commence par le haut!). Devinez à qui elles sont dédiées ? Mais oui, bien sûr, à Landowski en personne. Normal, dans l’Espace éponyme !

Il fallait du courage, je pense, à la ville de Boulogne pour mettre en avant ce sculpteur qui a été controversé en raison de sa participation à la tournée en Allemagne durant la Seconde Guerre Mondiale. Et j’avoue ne pas apprécier le gigantisme de certaines de ses oeuvres… Mais dans cette salle figurent des statuettes d’autres sculpteurs, plus fines et sensuelles…

Jeune fille à la toilette, Joseph Bernard (1912)

Je suis un peu surprise, sur le moment, de découvrir, entre la succession d’espaces dédiés à la sculpture, une maquette du Paquebot Normandie. Que fait ici ce joyau de la construction navale française, plus spécifiquement nazairienne ? Certes, il date des années 30, puisqu’en 1935, lors de son lancement, il est le plus grand paquebot du monde « plus long que la Tour Eiffel », à la salle à manger « plus vaste que la Galerie des Glaces de Versailles », pouvant accueillir plus de 3300 personnes (si vous voulez en savoir plus, voici un documentaire à ce sujet) ?

La suite de la visite me le fait comprendre : une partie du mobilier et des décors présentés proviennent du paquebot, aux décors très Art Déco. Une exposition a été dédiée en 2020 à son prédécesseur, qu’il a surpassé, le Paquebot Ile-de-France. En est-ce la raison? Je l’ignore. Mais revenons à cette salle dédiée au mobilier, aux objets et aux maquettes…

L’esthétisme, à cette époque, n’exclut pas le confort… Et une pièce m’a fait imaginer combien le télétravail pourrait devenir agréable si nous la possédions…

Que dites-vous de cette chaise longue adaptée au travail? Il ne lui manque que les prises électriques sous les accoudoirs, non?

Envie de voir de plus près le tableau exposé à droite, comme moi ? Le voici…

La sieste, Auguste Clergeau (1930)

Beaucoup de mobilier exposé, ce qui m’a plus, car j’aime les formes épurées de cette époque…

Les recherches pour embellir les matériaux, qu’il s’agisse de bois ou de verre, me séduisent tout autant.

Coffre, Léon Jallot, 1937. Ebène de Macassar.
Décor en ivoire, Maurice Pico, sur le Meuble au char de Jacques-Emile Ruhlman (1924)

C’est ainsi que j’ai appris ce qu’est le verre églomisé : on applique au revers d’un verre une peinture à froid associée à des fonds brillants – argent ou or – et à du vernis noir. Regardez cette merveille, sur laquelle j’ai focalisé…

Zoom sur un panneau en verre églomisé, sur une armoire en ébène de Macassar, Jules Leleu, (1937)

Le métal n’est pas oublié, avec notamment des paravents aux formes épurées.

Paravent, Léon Barillet et Jacques Le Chevallier (1930)

Ce paravent a été conçu pour le bureau du directeur d’une revue, La Semaine à Paris.

« La devanture de cet immeuble, situé au n° 26 rue d’Assas dans le 6ème arrondissement de Paris, a été réalisé en 1930 par Robert Mallet-Stevens, avec le concours de Louis Barillet pour les vitraux et des frères Jan et Joël Martel pour les reliefs. » (source). Il faudra que je vous reparle de Mallet-Stevens… un univers architectural à découvrir!

Vous avez déjà pu voir des objets dans les photos qui précèdent… j’ai été impressionnée par la beauté simple et le bleu profond du décor d’un vase, et ne résiste pas à l’envie de le placer ici.

Décor du Vase au bananier et oiseau exotique, René Buthaud (1926)

Pas plus que je ne résiste à celle de partager avec vous deux tableaux aux antipodes l’un de l’autre et que la muséographie farceuse a placé face à face.

Le Pensionnat de Nemours, Bernard Boutet de Monvel (1909)

Soit dit en passant, je me suis demandé pourquoi figurait ici un tableau de 1906… Plus Années Folles qu’Années 30, non ?

Dans ce même espace sont proposées des maquettes d’architectes divers, allant de la belle demeure à l’immeuble le plus « moderne »…

On revient enfin au Paquebot Normandie avec cette belle verrière qui en décorait la salle de séjour.

Les Biches, Pierre Petit (1928)

Vous l’avez compris, j’ai regretté l’accumulation d’éléments un peu hétéroclites, que seuls rassemblent les dates de production. L’espace de ce 4ème étage est trop restreint pour autant d’objets si différents, et, qui plus est, sans fil conducteur autre que cette période. Dommage, car il y a de très belles pièces qui sont ainsi quelque peu « étouffées ». Comme cette table de bridge sur laquelle je finirai, qui a plus que séduite la joueuse que je suis…

Musée des années 30 (1)

Connaissez-vous le Musée des années 30 ? Ce n’était pas mon cas jusqu’à ces derniers jours, où je l’ai découvert. Comment? En me renseignant, à l’Office de Tourisme de Boulogne-Billancourt, sur ce que l’on pouvait voir dans cette ville. Une ville que je traverse ou longe souvent, en allant d’est en ouest ou vice-versa, mais dans laquelle on songe rarement, je pense, à faire du tourisme. Or elle possède quatre musées, pas moins. Et c’est ainsi que j’ai appris son orientation vers les années 30. Un autre jour où je disposerai de temps (et où il fera moins froid!), je pourrai ainsi faire le « Parcours des années 30 » proposé par un des dépliants, parcours architectural cette fois, à la fois Art Déco et Art Moderne. Mais, pour ce jour, direction l’Espace Landowski.

Situation de l’Espace Landowski

L’architecture de cet Espace est remarquable, au sens propre du terme. Voici ce qu’en disent ses architectes :

« Le projet structure et qualifie les espaces publics et s’intériorise autour d’une grande nef couverte, vide fédérateur des divers éléments du programme. Il exprime les deux fonctions du programme initial, politique et culturel, par une double image : l’une solennelle et minérale, l’autre quotidienne et transparente. L’écriture architecturale appuie la lisibilité du parti : la rigueur de la grande nef contraste avec les parois de béton poli ou sablé, les bandes vitrées soulignées de panneaux en béton blanc. Proportions et modénatures reprennent le vocabulaire des années 30 à l’origine de l’identité de ce secteur de Boulogne.« 

Il a visiblement été construit pour les fonctions qu’il remplit, d’ordre culturel. En effet, il accueille une médiathèque, un cinéma d’art et essai et un Musée. Proche de l’Hôtel de Ville, il apparaît comme un navire accueillant, la proue arrondie, et surtout ouvert, avec de vastes baies vitrées. Récent, car achevé en 1998, il tranche avec les immeubles environnants : l’Hôtel, dont la construction a été confiée à Tony Garnier par André Morizet, maire de la ville qui a donné son nom à l’Avenue où elle se situe, qui a été inauguré en 1934, quatre ans avant la Poste (architecte Charles Giroud).

Hôtel de Ville (1934)
Portail de la Poste (1938)

Si cela vous intéresse, un documentaire intéressant (et court!) est consacré à la ville : « Quand le béton libère l’architecture »

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Sur la porte de la Poste, une évocation du blason de la ville « Taillé de gueules et d’azur à la barque à l’antique d’argent voguant sur des ondes du même brochant sur la partition, accompagnée en chef à dextre d’un poisson posé en pal et à senestre d’une fleur de lis, le tout d’argent« .

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Blason de Boulogne-Billancourt

Devant l’Espace, une surprenante sculpture.

Photo empruntée au site consacré aux frères Martel

Un panneau apporte quelques explications sur cet « arbre » cubiste.

Issu du blog qui est consacré à Jan et Joël Martel, voici le commentaire permettant de comprendre l’oeuvre :

« Les frères Martel participèrent à Paris à des expositions au Salon des indépendants, au Salon d’automne, au Salon des Tuileries et à l’Exposition des arts décoratifs de 1925, où ils présentent, en collaboration avec Robert Mallet-Stevens, des arbres cubistes en ciment armé qui défraieront la chronique. Une réalisation destinée à montrer la solidité du béton armé en architecture. »

La lecture du blog qui est consacré à ces jumeaux nés en 1896 et morts tous deux en 1966 est passionnante.

Les frères Martel dans leur atelier parisien, rue Mallet-Stevens
© Archives familiales

Comment entrer dans le Musée ? Il m’a fallu un certain temps pour y parvenir. Car l’Espace a été transformé en centre de vaccination! La porte principale est donc réservée aux candidat-e-s à la piqûre… Direction, l’est… Eh non! c’est l’entrée du bâtiment administratif et de la médiathèque! Les vigiles se moquent gentiment de moi, et me renvoient… de l’autre côté. Il faut en effet quitter l’Avenue Morizet pour emprunter l’entrée commune Cinéma / Musée et pouvoir enfin pénétrer dans ce dernier, dont je vous parlerai dans un prochain article… Vous remarquerez peut-être que je ne vous ai pas parlé de Landowski, vous comprendrez alors pourquoi…

Boire un verre au calme…

Un groupe OVS (merci, « Mickeno75 »!) m’a fait découvrir un lieu dont la situation ne permettait pas de penser qu’on pouvait s’y sentir « bien », « au calme », presque « dépaysé-e »… Surtout que son nom n’invite pas à la rêverie! « Motel One Paris« ! Qui aurait l’idée de penser à aller y inviter ses ami-e-s, ou y boire un verre sereinement? Pas moi, en tout cas!

Et pourtant…

Le Palais vu de l’Allée menant au Motel One

Situé entre le Périphérique et le Palais de la Porte Dorée, coincé entre une rue et celui-ci, un hâvre de paix vous attend. On y pénètre par une allée qui débouche sur une terrasse verdoyante (en saison) avec salons de jardin.

L’ensemble, de loin, ne paie pas de mine, mais des éléphants vous accueillent, derrière les hôtesses souriantes. Les larges baies vitrées diffusent, à cette heure du thé, en janvier, une belle vue sur le couchant au-dessus des arbres entourant le Lac Daumesnil, tout proche.

Comme vous le voyez, de profonds fauteuils de cuir vous tendent les bras… Mais ils ne sont pas les seuls. Toutes sortes de sièges vous sont proposés, allant de subtils modernes aux allures japonisantes ou poufs couverts de peluche ou aux canapés joliment agencés et décorés.

Les éclairages sont tout aussi subtils, et diffusent une lumière variable selon les endroits, mais toujours douce.

On se dit qu’il doit faire bon prendre le petit-déjeuner dans l’espace réservé, au fond de la vaste salle.

Pas de cloisons, mais un cloisonnement aérien, marqué par exemple par des étagères portant des plantes légères.

Lorsque je ressors à la nuit tombante, je suis accueillie par le croissant de lune sur le Lac…

Croissant de lune (à gauche des deux petits nuages gris)

« Petit » Palais mais « Grande » Expo : Ilya Répine

Voici encore une lacune dans mes connaissances artistiques! Je ne connaissais pas ce peintre avant d’apprendre l’existence de cette exposition. Difficile d’y trouver une place, tant elle est courue. Et cela ne s’est pas amélioré avec les contraintes de jauge! Aussi ai-je pour une fois enfreint à l’un de mes principes, et réservé un mois d’avance, que dis-je, une année d’avance… Enfin, non, en décembre pour janvier.

En réalité, pas trop de monde dans les salles en ce mardi matin pluvieux de début janvier… Ce qui m’a permis d’en profiter pleinement, mais pas de prendre les photographies de face, tranquillement, comme je l’aurais souhaité – ce que vous constaterez de vous-même!

Non que j’aime particulièrement ce style de peinture, mais il me faut avouer que la palette de couleurs, la manière très personnelle de « saisir » les personnages pour les portraits, et les interrelations de l’artiste avec les autres arts m’ont fascinée.

Comment vous présenter ce que j’ai vu? La tâche est loin d’être aisée…

L’exposition commence par un extrait du film Ivan le Terrible de Sergueï Mikhailovich Eisenstein (1944).

Ce personnage hante visiblement Répine, et on le retrouve à divers moments de l’exposition, et en particulier dans le recoin consacré au célèbre tableau de Répine, où l’on voit Ivan tenant dans ses bras le fils qu’il vient de tuer.

Ivan le Terrible tue son fils — Wikipédia
Source : Wikipédia

Impossible de retracer l’ensemble de l’exposition, bien sûr, et ce n’est qu’un petit éclairage que je puis en faire… Avec d’abord un focus sur la France. Inattendu, non? Mais Répine a séjourné dans notre pays, et certains de ses tableaux témoignent de son regard sur celui-ci, comme le ramassage des galets à Veules-les-Roses.

Mais ce sont surtout des « personnages » qu’il a peints, dont voici quelques exemples.

Après le petit garçon de Montmartre, la petite Picarde. Mais ces enfants ont toujours l’air aussi triste…

Moi qui ne suis pas une fanatique des portraits, je dois dire que j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à découvrir ceux de Répine, car ils manifestent une interprétation forte des êtres et de leurs émotions.

Après le Juif en prière, la jeune Africaine en attente…

Des portraits, il y en a beaucoup dans l’exposition, notamment des artistes ou mécènes de son entourage. Et surtout de Léon Tolstoï, qu’il admirait énormément. Il en a peint plus de 70 portraits! Dont certains dans des activités inattendues, comme le labour…

… ou au contraire en inactivité, comme celui-ci:

Répine et Tolstoï ont longuement correspondu, et un livre retrace ces échanges épistolaires.

Lettres À Tolstoï Et À Sa Famille   de Répine Ilia  Format Beau livre

Beaucoup de portraits des membres de sa famille, en particulier de ses filles… parfois plus conventionnels…

Même les scènes de composition présentent des visages aux traits frappants, comme les hâleurs de la Volga.

Je ne suis pas parvenue à bien saisir le tableau « Réunion de militants », mais vous le présente quand même…

… ainsi que celui qui décrit l’explosion de joie de la Révolution.

On ne trouve qu’un dessin dans l’ensemble de l’exposition, mais il montre le goût de l’artiste pour « saisir » le moment.

Certains de ses tableaux ont donné lieu à de nombreux essais, et l’exposition en montre les différentes versions, comme c’est le cas pour la scène de retour d’un-e exilé-e. Vous pouvez jouer au jeu des différences (il y en a plus de 7!).

Un petit « zoom » pour vous y aider?

Je ne voudrais pas finir sans une oeuvre qui, pour moi, symbolise à la fois liberté et bonheur…

Pixel… un spectacle époustouflant

Pour cause de crise sanitaire deux séances ont été annulées de ce… comment l’appeler? Ballet? Performance? Spectacle complet? L’oeuvre – et j’utilise ce terme bien volontairement, car je la considère comme telle – de Mourad Merzouki (mais pas seulement!) – tient de diverses disciplines et, en cela, possède l’originalité de l’intersectionnalité (au sens large). De la danse, de la musique, du numérique, du mime, du cirque… et, concernant la danse, du hip hop, de la brake dance, de la danse classique, de la roller dance, etc. Bref, une richesse, un foisonnement… mais bien ordonné, agencé, pensé… je suis restée « bluffée » après, mais j’étais « prise » dans les mailles de ce filet de pixels, comme la danseuse acrobate contorsionniste à un moment donné.

Et j’ai eu bien de la chance que celle du 6 janvier soit maintenue!

Les danseur-e-s de la Compagnie Käfig sont remarquables. Ils et elle nous ont donné après la longue ovation debout un aperçu de leurs talents divers, car il s’agit bien ici de complémentarité, de diversité, de partage…

J’ai découvert un compositeur que je ne connaissais pas, Armand Amar, et me suis promis de rechercher d’autres oeuvres de celui dont on vante le « syncrétisme ». J’aimerais notamment assister à une représentation de l’Oratorio Mundi, dont vous trouverez des extraits ici.

Les compositions musicales impulsent un rythme aux scènes diverses, et les corps se tordent, se contorsionnent, partent en vrilles ou en volutes… c’est le mot qui me vient à l’esprit en revoyant certaines figures.

L’espace lui-même est « tordu », transformé par les filets ou les points projetés. Au point que l’on voit courir l’immobile, ou stagner le mobile… le temps lui-même semble perturbé…

Il est difficile de rendre compte d’un tel spectacle en quelques mots. Télérama a utilisé le terme « féériques » pour le qualifier. J’y adhère…

Lorsque j’ai recherché pour vous des extraits filmés, je me suis rendu compte que la bande-annonce sur le site du 13ème art reflète les mouvements, mais trahit la musique, et permet mal d’appréhender les scenarii divers. Car il y a bien une forme de narration, mais presque imperceptible, et l’intellect est pris en défaut… n’est-ce pas ce que l’on peut parfois attendre de l’art?

Dernière minute : au moment de clore cet article, j’ai trouvé ici la bande intégrale du spectacle filmé par Arte. Mais, bien évidemment, cela ne « rend » pas ce que l’on vit et ressent dans la salle…

Accueils commerciaux en Côte d’Armor

Vous devez en avoir assez de lire des articles sur Erquy et ses environs. Celui-ci sera le dernier (pour l’instant!), mais je tenais absolument à le faire, pour rendre hommage à la gentillesse des commerçant-e-s d’Erquy et de Matignon. En commençant par le personnel de l’Hôtel de la Plage, que je vous recommande sans restriction (rapport qualité/prix remarquable, en plus). Il ne paie pas de mine, vu de l’extérieur, et il reste assez simple, à l’intérieur, mais les vastes baies vitrées donnent l’impression d’être dans un navire, et on voit plage, port et mer de son lit!

Si un jour vous allez dans ce coin, essayez de rencontrer Sylvie. Elle tient une minuscule crêperie dans le centre du bourg : 16 places en hiver.

Assistée, l’hiver, par une jeune étudiante en droit d’une écoute et d’une amabilité exceptionnelles. Sylvie a choisi de monter son entreprise pour rester dans ce bourg qu’elle affectionne, bien qu’elle ne soit pas Bretonne d’origine. Le matin, elle reçoit les autochtones qui peuvent venir tranquillement bavarder autour d’un café. Comme elle le dit, ce n’est pas ce qui lui permet de gagner sa vie, mais c’est une toute autre richesse. A midi, elle confectionne, en fonction du marché, un plat du jour que peuvent venir manger les personnes qui travaillent dans le coin. Et ensuite, place au salon de thé – une impressionnante collection! – et à la crêperie. Elle confectionne elle-même ses crêpes, à partir de produits en circuit court. Très frais. Même les champignons de garniture sont extraordinairement bons! Et les pommes sont délicatement cuites et dorées à souhait.

Enfin, pour les amateur-e-s de bière comme moi, une jolie carte de cervoises bretonnes.

L’été, d’après son récit, c’est une toute autre affaire : 60 places en terrasse! Ce sont alors 5 étudiant-e-s qui viennent l’épauler pour le service… car c’est toujours elle en cuisine (l’espace en est minuscule). Je ne sais donc pas quelle est l’ambiance, mais la patronne est toujours là…

31 décembre, 15 heures… Il reste 4 heures de route, et un réveillon à préparer… Aucun achat effectué… Arrêt à Matignon, sur le chemin du retour. Pas pour voir le Premier Ministre! Il s’agit d’un bourg entre Fréhel et Saint Cast le Guildo. Une boulangerie-pâtisserie, pour le pain et les gâteaux… et une boucherie-charcuterie… Il restera ensuite à acheter les vins. Mais non, pas nécessaire de chercher autre chose, car la seconde boutique a tout, y compris le blanc pour celles et ceux qui aiment cela avec le foie gras… Des mini-bouchées (qui s’avèreront délicieuses) aux mini-boudins blancs et noirs, jusqu’aux fromages, dont un breton que je ne connaissais pas, en passant par de délicates verrines. Incroyable choix dans ce petit bourg!

Résultat (partiel)

Mais ce que je voulais surtout signaler, c’est l’extrême attention portée aux client-e-s. Le patron découpait la viande, mais de temps à autres venait discuter avec moi. Et m’a demandé comment je comptais transporter cela. Je n’avais rien, en réalité, pour ce faire. Alors, spontanément, il a offert de me prêter une glacière. Lui faisant remarquer que je n’étais pas certaine de repasser par là (tout au moins prochainement), il m’a mise à l’aise, et a demandé à une dame de chercher la glacière et d’y placer des bouteilles d’eau congelée. Adorable! Puis il m’a offert de délicieux macarons. La jeune femme qui servait a emballé tout délicatement et l’a placé dans le contenant, puis m’a accompagnée pour porter l’ensemble à la voiture… Bref, vous l’avez compris, si vous passez par là, arrêtez-vous, et profitez des joies d’un « commerce » au sens véritable du terme… Alors, pour vous y aider, j’ai recherché leur site… où j’ai découvert que Matignon avait des liens avec la famille de Monaco!

Le Cap d’Erquy, des lacs aux plages. Episode 2

La promenade aux lacs s’achève. Direction maintenant le Four à boulets. L’idée était, si j’ai bien compris, de chauffer les boulets pour qu’ils incendient les navires des ennemis. Mais, d’après ce que j’ai lu, le procédé n’a pas vraiment fonctionné… Cela constitue cependant une curiosité visible sur certaines côtes. Celui-ci date de 1794.

Le Four à boulets du Cap d’Erquy (Source)

La photo qui précède n’est pas de moi, car je ne l’ai vu que de loin! Le temps m’a manqué pour aller le voir de près, car il me fallait expédier des documents urgents. Les touristes ont dû se demander ce que je faisais, assise sur le bas de la portière de ma voiture (pour éviter les reflets du soleil), tapotant sur mon ordinateur, alors que l’environnement superbe incite à la promenade ou à la rêverie!

Mais des randonneurs courageux montaient de la côte, et j’ai pu en saisir la caravane rendue étrange par le contre-jour.

J’ai quand même pris le temps de faire un demi-tour du cap, pour aller admirer la plage septentrionale, puis le « bout du cap » (est-ce correct?) lui-même…

La lande bretonne continue à me séduire, dans son âpreté propice aux légendes peuplées d’êtres fantastiques…

Il est temps de reprendre la route. D’abord vers l’Ilôt Saint Michel, dont une légende parle en ces termes:

« «L’îlot Saint Michel porte une chapelle dédiée à l’archange Saint Michel. Jadis, l’îlot était rattaché au littoral. Dans ce temps-là, le diable voyageait sur la terre et Saint Michel voulait l’en empêcher. Le diable résolut d’enlever le saint et, à la tête de tous ses démons, il se mit à sa poursuite. L’archange se dirigea du côté de la mer et, arrivé sur le bout de la pointe qui forme aujourd’hui l’îlot, il regarda en arrière et frappa le sol du pied. Au même instant s’ouvrit une tranchée par laquelle la mer entra. Le diable et ses diablotins trop engagés sur la pointe furent entraînés dans les flots. Depuis cette époque, le diable ne vient plus sur la terre ; en souvenir de ce miracle on éleva plus tard une chapelle sur l’îlot, dédiée à Saint Michel et, quand elle fut bâtie, les rochers devinrent rouges ainsi que la pointe qui est en face. D’après un autre récit, les rochers prirent cette couleur lorsque saint Michel posa le pied dessus.»

D’après le récit de Pierre Amiot. »

Pique-nique un peu plus loin, dans un endroit que je connais bien, pour l’avoir fréquenté lors d’une mission à Saint Jacut, l’une des plages de Saint Cast le Guildo, au riche passé historique.

C’est la belle presqu’île de Saint Jacut que vous voyez au loin…

Les embarcations à fond plat pour la cueillette des moules sont toujours bien là.

Le petit café restaurant aussi, mais fermé. Mais comme la place ne manque pas sur les nombreuses tables à disposition des chalands, j’en profite! Et suis étonnée de constater, en ce 31 décembre, que pâquerettes et pissenlits sont en fleurs…

Le Cap d’Erquy, des lacs aux plages. Episode 1

Nous sommes toujours le 31 décembre, et la température atteint les 15 degrés quand, vers midi, je me dirige vers le Cap d’Erquy, que j’avais longé, souvenez-vous, la veille au soir lors de la promenade au port.

Première destination « les lacs bleus ». En réalité, je n’en ai vu qu’un. L’autre doit être plus difficilement accessible? La descente, bien aménagée, offre une superbe vue sur la baie, puis sur des eaux d’un bleu profond, dans lesquelles se mirent les aplombs environnants.

Je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous des photos prises en contrejour…

La découverte du premier lac se fait progressivement, en fonction de la descente et de ce qu’en laissent percevoir les arbres qui l’environnent.

Qu’est-ce qui est ciel? Qu’est-ce qui est lac?

Un endroit idyllique, là où autrefois le labeur était rude… Il s’agit des excavations dues à l’exploitation, naguère, des carrières de grès rose. Aujourd’hui les roches jouent les coquettes dans le miroir aquatique, avec leur parure verdoyante…

Où commencent les reflets?

Un couloir étroit conduit à la descente vers le port, qui se dévoile peu à peu.

Mais je ne continue pas, car la voiture est en haut! retour donc vers le lac, sans avoir vu le second.

L’onde frissonne maintenant sous la caresse d’une brise légère, ce qui crée des tableaux plus impressionnistes que jamais…

Un dernier regard sur ce site magique…

… Je n’avais pas vu ce petit panonceau à l’aller…

« L’exploitation artisanale des carrières de la garenne d’Erquy commence à la fin du XVIIIe siècle avec la famille Le Doledec. Elle tire avec difficulté une pierre au grain fin, se prêtant à la taille, appelée « granit ».
Sous le règne de Louis Philippe, la population locale va « cornir », prélever en surface la pierre de « renard » ou poudingue dans la garenne, déjà utilisée au Moyen Âge pour la construction des églises (Erquy, Pléboule, Pléneuf).
Les premières carrières sont ouvertes vers la fin du Premier Empire, alors que la garenne appartient à l’État français.
Ces carrières familiales sont exploitées par des maçons, originaires de Caroual. La famille Cholet exploite la dangereuse carrière du Pendu, Pierre Dayot, celle autour du rocher du Sémaphore,
Jean Rault, la carrière le Gentil et Doledec, celle du Petit Port.
En 1848, un entrepreneur de Saint-Servan, Claude Jouanne, obtient du préfet l’autorisation d’ouvrir la carrière du Maupas (aujourd’hui « Lac bleu ») pour en tirer les matériaux nécessaires à l’exécution de la route nationale n°137 (remplaçant la route impériale Saint-Malo/Bordeaux).
 » Pour en savoir plus, c’est ici.

Je ne voudrais pas terminer cet épisode sans revenir aux marins… Car ceux-là même qui, l’été, risquaient leur vie à la pêche à morue, vers l’Islande lointaine, sont souvent les mêmes qui, l’hiver, se gèlent dans les champs ou dans les carrières, comme manoeuvres.

Equipage de la goelette La Leone (source)

De chapelle en dolmen… découvertes plus ou moins ratées…

Je voudrais revenir sur l’article d’hier, pour signaler une erreur. En me promenant le lendemain matin dans le centre d’Erquy, j’ai visité l’office du tourisme, où l’on m’a remis un plan de la ville et des environs.

Ce que je désignais dans mon précédent article comme une église est en réalité la Chapelle des Marins. Rien d’étonnant donc à ce qu’elle domine ainsi la ville et le port. Elle ne défie pas le phare (ou vice-versa), selon l’image que j’en avais, mais au contraire lui répond, en protection bienvieillante des héros de la Mer.

Impossible de pénétrer à l’intérieur… J’aurais aimé voir si elle est aussi belle dans sa simplicité que celle de Sainte Marine… Apparemment, elle abrite aussi des pièces évoquant les risques vécus par les marins du coin qui, peu avant sa construction (1867), remplacèrent la pêche en Terre-Neuve par celle d’Islande. Beaucoup de ces jeunes marins qui partaient au printemps ne revenaient pas à la fin de l’été. C’est à Paimpol que Loti a situé son roman, mais on pourrait imaginer les mêmes scènes à Erquy… Pour en connaître davantage sur la chapelle actuelle, qui en a remplacé une autre, détruite au moment de la Révolution, dédiée aux sept saints de Bretagne.

Quant à l’église elle-même, bien sûr, je ne l’ai pas oubliée et voulais la visiter. Hélas un corbillard arrêté devant indiquait clairement que ce n’était pas le bon moment… ce que confirma un charmant jeune croque-mort qui attendait là.

Mais après ce détour précisant l’erreur commise la veille, revenons au petit matin. Les chambres de ce petit hôtel ont été bien pensées, car leur baie vitrée offre une vue incomparable de 180 degrés sur la baie…

A gauche
… comme à droite

Aussi belle vue de la salle de restaurant, où le petit-déjeuner est aussi copieux que délicieux.

Après une petite sieste post-prandiale, départ pour une visite du bourg. Le petit centre ville est très animé, mais peu caractéristique de l’architecture bretonne, à quelques exceptions près…

Je cherchais en vain la halle annoncée… elle est réduite à une espèce de mini hangar, qui doit abriter le marché hors temps de fête. Décevant, donc, globalement, ce centre, mais orné d’étonnants décors….

Quand balais et pelles rivalisent avec le Street Art…
Les feuillages auraient pu s’aligner aux troncs et branches!
Vous avez dit « coquilles »?

Chose promise, chose due… je me dirige vers l’église. Séduite par une petite place située sur son flanc nord, je regrette que la terrasse soit fermée. Il doit faire bon s’y attarder au soleil!

Elle a succédé à un café peint par un natif de la ville, Léon Hamonet.

Si vous voulez en savoir plus sur ce peintre, né en 1877 à Erquy, je vous conseille le site qui lui est dédié. Son petit-fils a écrit une biographie émouvante, accessible en ligne.

Une ruelle m’attire. Elle permet de contourner l’église, et je m’y engage donc.

Une date qui me questionne…

Au passage, une date m’intrigue. J’avais l’impression que l’église était plus ancienne… Je continue à être surprise par les formes surprenantes des différentes parties de l’église, qui forment un ensemble assez hétérogène…

Comme dit plus haut, je n’ai pu visiter l’église. Ce n’est donc que plus tard que j’ai mieux compris cette impression. L’édifice a en effet été remanié à de multiples reprises.

Je regrette d’autant plus de n’avoir pu voir l’intérieur qu’il abrite un remarquable bénitier à cariatides du XIIème siècle.

Laissant l’église derrière moi, je repars vers le centre ville, délaissant des ruelles pourtant bien tentantes… décidément, il me faudra revenir!


Un dolmen est annoncé par le dépliant. Direction donc la campagne proche. Mais tours et détours n’y ont rien fait… Il n’est signalé nulle part dans le coin où je le recherchais, et je dus donc me résoudre à abandonner mon projet. Voici donc tout ce que j’ai pu en voir… une des photos du site de la ville

dolmen-de-la-ville-hamon-02
Dolmen avec cairn, dit de La Ville Hamon

Une petite devinette : de quel type de pierres est-il fait? (facile!)… c’est pour en savoir plus à ce sujet que ma destination suivante fut le Cap d’Erquy. Mais ce sera un autre article…