Des pays scandinaves à l’Inde en passant par la Valachie…

Il a suffi d’une recherche sur le net, destinée à trouver un endroit intéressant à visiter non loin de La Défense, pour que, ce jour-là, je me retrouve dans le pavillon de la Suède et de la Norvège de l’Exposition Universelle de 1878 – vous savez, celle qui a donné naissance au Trocadéro?

Si vous connaissez l’emplacement de celle-ci, vous allez vous dire que je perds la raison… La preuve dans le panorama de celle-ci…

On est loin de La Défense, n’est-ce pas? Alors, comment le pavillon de la Suède et de la Norvège a-t-il pu « glisser » du centre de Paris à Courbevoie?

Il faut revenir près de 10 ans en arrière pour le comprendre. Les berges courbevoisienne de la Seine, à cette époque, commençaient à attirer nobles et bourgeois. Il faut aussi se souvenir que c’est là que s’était amarré le bateau ramenant les cendres de Napoléon. Je ne vais pas vous retracer toute l’histoire, mais vous expliquer pourquoi on trouve dans ces lieux une maquette de La Belle Poule.

Maquette exposée au Musée Roybet Fould

La Belle Poule ne pouvait remonter la Seine. Elle s’arrêta à Cherbourg. Et, le 18 décembre 1840, les cendres furent transbordés sur le vapeur Normandie. Elles auraient pu être transportées par voie terrienne, mais le gouvernement craignait trop les émeutes et a privilégié la voie fluviale…

Transbordement des cendres de Napoléon en rade de Cherbourg
(tableau exposé au Château de Versailles)

Et le relais continue…. Après un arrêt au Havre, c’est à Val-de-la-Haye, non loin de Rouen, qu’elles sont chargées le 9 décembre sur le bateau La Dorade, qui s’amarra au quai de Courbevoie le 14.

L’arrivée de La Dorade à Courbevoie
(tableau exposé à La Malmaison)
Tableau exposé au Musée Roybet Fould

Cela explique que le Musée Roybet Fould consacre une pièce à cet évènement. On y trouve notamment une étonnante collection d’assiettes.

Est-ce cet évènement qui poussa à investir sur les terrains du coin? La proximité de Paris? La beauté des paysages? Toujours est-il qu’en cette année 1869 George Barbu Stirbai, né en 1828 à Bucarest, en Valachie (une des provinces constitutives de ce qui devint en 1861 la Roumanie), commença à acheter des terres le long de ces berges, et vint s’installer au Château de Bécon.

Le Château de Bécon vers 1870

Comment ce Roumain est-il devenu ministre des Affaires Etrangères en France de 1866 à 1867, j’avoue ne pas l’avoir compris… Si vous avez des idées, je suis preneuse… Placez un commentaire!

Buste du Prince Georges Stirbey exposé au Musée Roybet Fould

Le Prince de Valachie – eh oui, il était prince! il en existe hors des contes de fée…- n’est pas resté seul dans ce domaine. Il épousa sa maîtresse, une femme étonnante, Valérie Wilhelmine Joséphine Simonin. Ne la cherchez pas sous ce nom, elle est plus connue sous trois autres noms : Mme G. Fould, Melle Valérie et… Gustave Haller.

Vous voulez des explications? Le premier est son nom d’épouse. Le second, son nom de scène, et le troisième, son nom d’artiste.

« Mlle Valérie », c’est son nom de théâtre. « Elle entre au Conservatoire de Paris en 1850, y suit le cours de déclamation de Samson et remporte le 1er prix de comédie en 1852. Elle débute alors au Théâtre de l’Odéon dans l’Honneur et l’Argent. En juillet 1853 jusqu’en 1858, elle est pensionnaire au Théâtre Français. »

La jeune Valérie a défié sa famille en épousant le fils d’Achille Marcus Fould, banquier et ministre, et est parti avec son époux, Gustave-Eugène Fould, homme politique et écrivain – homme de théâtre, pourrait-on dire, connu sous le nom de Jalin, vivre à Londres. Alors que, née d’un père chimiste, restaurateur de livres anciens, après avoir bénéficié d’une éducation très ouverte et d’une instruction étendue, elle s’était orientée d’abord vers le théâtre, elle en vint ensuite à la sculpture et devint l’élève de Carpeaux – une des raisons de la présence d’oeuvres du Valenciennois dans cet endroit.

Elle a exposé une sculpture au salon de 1857 et son oeuvre y fut remarquée. Mais elle s’adonnait aussi à la littérature sous le même pseudo. Elle relia écriture et beaux-arts en écrivant sur la peinture, dont elle devint une des pièces maîtresses quand fut enfin reconnue aux femmes le droit d’exposer et d’être primées.

« Avant-hier a eu lieu la première réunion du jury d’admission pour le Salon des artistes Femmes exposant au Palais de la Femme. Le jury est composé de Mmes Demont-Breton, Gustave Haller (sculpteur), Achille Fould, Coutan-Montorgueil, Léon Comerre, Huillard, Pégard et Vallet-Bisson. » (La Presse, 10 mai 1900)

Relisez la liste ci-dessus. Remarquez-vous quelque chose? « Achille Fould »… si vous m’avez bien lue jusqu’ici, cela doit vous rappeler des souvenirs… Qui est cette femme dénommée « Achille Fould », comme le beau-père de Valérie. Ce ne peut être lui, il est mort en 1867. Ni son fils, mort en 1884 après des années de paralysie. Non, c’était une de leurs descendantes… La fille de Valérie. Car, de son mariage avec Gustave-Eugène Fould étaient nées deux filles : Consuelo, en 1862, et Achille Valérie, en 1865. Toutes deux devinrent… peintres. Et eurent droit chacune, comme atelier, à… un pavillon de l’Exposition de 1878. On y revient! Car Le Prince, ami, amant, puis époux de leur mère les considéra comme ses propres filles. Chacune eut droit à un atelier sur les terrains proches du château de Becon…. on y revient.

Pour la cadette, le pavillon des Indes.

Côté Seine
Côté rue

Pour l’aînée, le pavillon de la Suède et de la Norvège. Le seul que j’ai pu visiter.

Je reviendrai dans un prochain article sur ce que contient ce Musée si étonnant…

Ne négligeons pas les hommes!

J’ai traité hier des femmes à Dieppe, mais ne soyons pas sexiste, c’est au tour des hommes… (au moment où je boucle cet article, je m’aperçois qu’il y a de drôles de coïncidences. Nous sommes bien le 13 ?)

Un petit jeu : pourquoi vous montrer cette photo?

Si vous avez trouvé, c’est que vous êtes cinéphile, bravo!

Une première catégorie : les artistes. Omniprésents. L’art « officiel » était jadis un univers essentiellement masculin. Peu de femmes dans le catalogue. Mais des noms célèbres, parmi lesquels Renoir.

Vous en avez déjà vu beaucoup dans les articles précédents, Boudin, Blanc… Dans la série des B, il manque Braque. Bien sûr, très présent car ayant vécu dans le coin, comme vous le savez si vous m’êtes fidèle.

Les musiciens ? Oui, un célèbre Normand : Camille Saint Saëns, dont la demeure n’était pas très éloignée. Une pièce en a été reconstituée, avec des objets lui ayant appartenu, dont son piano.

Les hommes du peuple sont étonnamment moins représentés, me semble-t-il, que les femmes. Et quand ils le sont, c’est souvent avec elles.

Peut-être est-ce lié au fait qu’une grande partie d’entre eux étaient souvent absents, pris par la mer (vous savez, comme dans la chanson de Renaud). On peut donc dire que les bateaux les évoque. Et ils sont nombreux dans le musée! En peinture, certes, mais aussi en maquettes.

Difficile de les photographier, car le verre qui les protège reflète trop la lumière. Et c’est dommage. La finesse de certaines d’entre elles est exceptionnelle.

Armateur, marin, soldat… La vie n’était pas simple! J’en arrive à la dernière de ces catégories, avec une énigme : pourquoi trouve-t-on ces mocassins à Dieppe ?

Certes, la finesse des broderies est remarquable, mais cela suffit-il à justifier leur présence ?

J’espère que vous en avez deviné l’origine ? Le Canada, bien sûr. Alors, pourquoi ici, à Dieppe ?

En raison du lien très fort qui unit Dieppois et Canadiens : l’horreur du Raid de Dieppe, ou Opération Jubilee, en août 1942. Un quart au moins des soldats canadiens y ont trouvé la mort et reposent désormais en terre normande… Rien d’étonnant donc qu’une salle soit consacrée au Canada ! Même si on y trouve des choses étranges, comme un oiseau empaillé.

Mais on y rencontre aussi – ce qui me permet de « boucler » – des musiciens.

Apparence bien sévère, mais c’était la mode à l’époque. Dominique Ducharme, décédé en 1899, était organiste, pianiste, et compositeur. Québécois, il est venu à Paris étudier. Mais s’il est ici, c’est qu’il était ami avec Camille Saint-Saëns. Et aussi peut-être parce qu’un de ses homonymes, Dieppois d’origine, est devenu coach de l’équipe junior de hockey du Canada ?

Achille Fortier fut un de ses élèves, également en relation avec le Maître français. Lui aussi a étudié au Conservatoire de Paris. Il cumulait les talents…

« Il se rend en France à l’automne de 1885. Il prend part aux cours de composition d’André Gédalge, qui le prépare pour le Conservatoire de Paris. En 1887, il est candidat au concours musical de la ville de Senlis, où il obtient le prix du jury. En novembre 1889, il devient le premier Canadien admis comme élève régulier au Conservatoire de Paris, dans la classe de fugue et de composition d’Ernest Guiraud, où il a notamment comme condisciples Alfred Bachelet et Victor Staub, futurs compositeurs.

De retour à Montréal en 1890, Fortier enseigne le chant, l’harmonie et le contrepoint à l’asile Nazareth jusqu’en 1906, fonction qu’il exercera de nouveau de 1920 à 1923. Il donne des cours de chant et de composition au couvent des Religieuses du Sacré-Cœur. De 1895 à 1901, il prend en charge les classes de chant et d’harmonie au conservatoire de la Société artistique canadienne. Il est notamment le professeur d’Édouard LeBel et de Joseph Saucier, qui deviendront chanteurs, et de Frédéric Pelletier, futur critique musical.

Fortier s’est produit pour la première fois comme ténor le 29 mars 1891 à l’église Notre-Dame, à Montréal, quand, sous la direction de Couture, il interprète la Messe solennelle […] d’Ambroise Thomas. Occasionnellement jusqu’en 1901, il donnera des récitals ou participera à des concerts. En 1892, pour moins d’une année, il est maître de chapelle à l’église Notre-Dame. Le 29 novembre 1893, sous la direction de Couture, l’Association Hall présente un concert vocal et instrumental entièrement consacré à 16 des œuvres de Fortier. »

J’arrête là. Si l’artiste vous intéresse, on trouve sa biographie en ligne. Elle est passionnante. Quant à sa musique, en voici un exemple – le seul que j’aie trouvé… si vous en avez d’autres?

Je termine par le plus beau de la liste, celui que l’on a surnommé « le Chopin Canadien », Léo Le Roy, « compositeur, musicographe, pianiste, professeur ».

Pour finir sur une note d’humour, mes hommages au conservateur ou à la conservatrice qui a osé (faire) accrocher ces deux tableaux sur l’escalier principal…

Femmes, femmes, femmes…

En visionnant toutes les photographies prises lors de cette visite au château de Dieppe, je me suis aperçue que nombre d’entre elles mettaient en scène des femmes. Pas étonnant, me direz-vous, dans un musée. Certes. Mais, cette fois, elles étaient magnifiées dans d’autres rôles que ceux qui leur sont habituellement dévolus…

J’ai eu un vrai coup de foudre pour cette femme de pêcheur et son modeste étal, sculptés par Victor Augustin Fourdrin voici 150 ans…

Et que dire de cette cueillette de coquillages sur la plage du Pollet, par un temps que l’on imagine peu clément, peinte par Antoine Vollon ?

Petite parenthèse : j’ai appris à cette occasion que le peintre avait résidé à Mers-les-Bains, ainsi que d’autres… ce dont on ne m’a jamais parlé et que la ville semble ignorer!

Beaucoup d’émotions en regardant ce groupe de femmes…

… et ces « lessiveuses », peintes par Pierre Adrien Graillon (1807-1872). La qualité est hélas mauvaise, car il s’agit de peinture en grisaille sur terre cuite, qui plus est mal éclairée. J’en ai cherché une autre sur le net, mais n’ai rien trouvé. Vous pourrez par contre découvrir d’autres oeuvres de cet artiste peu ordinaire, fils d’un vieux marchand de craie du Pollet, qui laissa très vite, sans ressources, sa femme et son fils chétif.

Mais il n’est pas que des femmes « du peuple », dans ce musée. Nous y retrouvons aussi les égéries, les modèles, les nobles…

Les femmes sont associées au parfum. Or la vallée de la Bresles, toute proche, produit les flacons qui ornent les coiffeuses de l’époque.

Associées aussi à la musique, avec cette harpiste dont je ne suis pas parvenue à trouver le nom, ayant oublié de le noter au passage. Et je ne suis pas la seule, un bloggueur qui a pris la même photo reconnaît avoir trouvé la harpe, mais pas la harpiste!

Parmi les femmes « célèbres » qui ont fréquenté Dieppe, l’une d’entre elles est particulièrement mise en valeur, dans une pièce qui lui est réservée. Ne pensant pas à l’époque vous parler d’elle, j’étais plus intéressée par les blasons qui ceignent cette rotonde. D’où une photo totalement ratée du portrait en pied de la duchesse de Berry que j’ose vous montrer.

Pourquoi l’avoir réintroduite ? me direz-vous. Eh bien, parce que j’ai découvert qu’elle adorait faire de la voile… en quelque sorte. Elle avait un côtre qui lui était réservé, le Furet, et sortait aussi souvent que possible en mer à son bord. Le voici représenté par Ambroise Louis Garneray, au large des falaises de la Côte d’Albâtre.

Une autre femme célèbre, mais moins adepte de courses marines, est venue sur cette côte. Un tableau exposé au musée figure la mésaventure qui lui est arrivée. Cela ne s’est pas passé à Dieppe, mais un peu plus au Nord, au Tréport. La reine Victoria venait rendre visite à Louis-Philippe, dans son château d’Eu. Les marins ratèrent la marée haute, nécessaire (encore aujourd’hui) pour entrer dans le port. Ils durent donc mettre à l’eau une chaloupe, puis une cabine de plage fut descendue sur le sable pour aller chercher la souveraine.

Cela en valait la peine : c’était en 1843, et la jeune reine (24 ans) venait signer l’Entente Cordiale!

Un tableau – qui n’est pas à Dieppe, je tiens à le préciser – la représente en train de visiter les tombes royales à Eu, quelques jours après cette mésaventure, au bras de Louis-Philippe.

Des joyaux en ivoire

Promenade 2. L’ivoire

La ville de Dieppe fut une plateforme importante dans le commerce d’ivoire. Oui, je sais, ce n’est pas bien de tuer les éléphants pour s’emparer de leurs défenses. Mais il faut reconnaître que cela a permis de créer de bien jolis bijoux et objets, comme en témoigne la collection exposée au Musée de Dieppe.

Les ivoiriers étaient nombreux dans la ville, et il en reste encore un.

« Dernier ivoirier en activité, Philippe Ragault, à Dieppe, fait essentiellement de la restauration d’art, la réglementation ayant sérieusement réduit son activité. Il dit subir des actes d’intimidation de la part de militants écologistes. » (2021, source)

D’autres ont dû cesser leur activité peu avant.

« On a supprimé mon métier du jour au lendemain. Mon stock d’ivoire, qui était le stock de cinq générations et qui était surveillé, encadré, mesuré au gramme près pour en connaître la provenance, ce stock a été mis sous scellé. Je n’ai plus le droit d’y toucher depuis. » (2017, source)

Un article de 2008 présentait l’ivoirière qui s »exprime ainsi. Elle expliquait que sa fille souhaitait poursuivre dans la même voie…

Le Musée rend hommage aux grands ivoiriers, dont certains oeuvraient en famille. Quand ils ou elles ne produisaient pas, elles ou ils devenaient les « représentant-e-s de commerce », voire les mannequins (au centre, la Dame porte les boucles d’oreille présentées sous sa photo).

Il reste donc les petites merveilles ciselées dans le passé pour témoigner de cet artisanat, voire de cet art. Ouvrons donc les coffres et secrétaires…

Je vais commencer par une énigme. Certes, la photo n’est pas excellente, mais l’objectif (c’est le cas de le dire!) n’était pas de faire une oeuvre d’art. Pour moi, c’est de garder trace d’un objet dont je n’avais jamais entendu parler… C’est à vous : que sont les objets exposés dans cette vitrine? A quoi servaient-ils?

D’autres objets ont des fonctions plus évidentes à identifier… quoique…

La vie quotidienne se laisse entrevoir sur les décors, mais aussi décrire sur des « tableaux » qui saisissent l’instant présent.

L’Histoire est là. Bien présente. Bien vivante. Comme dans cet objet qui se mire et s’admire, même si d’aucun-e-s le trouveront de mauvais goût…

Ou encore ce jeu d’échecs, devant lequel on se demande comment la Révolution acceptait un Roi et une Reine…

La musique est particulièrement bien représentée (dans les deux sens du terme!).

Les ivoiriers ne manquaient pas d’humour. En témoigne ce cochon, astucieusement (?) placé près des Amours.

Mais ils laissaient aussi exploser leur talent créatif…

Le Musée de Dieppe

Si je voulais tant revoir le Musée, c’est pour trois raisons : la première, Boudin. J’aime ce peintre, et je me souvenais qu’il y était accueilli. La seconde, ce sont les maquettes de navires, qui avaient frappé mon esprit. La troisième, l’ivoire. Je n’ai pas été déçue… Et j’ai découvert trois autres sources d’intérêt : comme à Honfleur, Boudin y côtoie Saint-Saëns; la collection de peinture évoque avec bonheur l’histoire de Dieppe; et la sculpture, avec divers matériaux, n’y est pas oubliée.
Je me propose donc de reprendre tout cela dans l’ordre, avec vous.


Promenade 1. La vie à Dieppe vue par les peintres

Pour celles et ceux qui connaissent la ville, vous reconnaîtrez les quais sud et ouest. Par contre, le pont tournant et le parking ont remplacé ce que l’on peut voir au premier rang, qui donne un caractère assez champêtre à ce qui est maintenant si urbain!

Un petit clin d’oeil à « Karlhiver » : les dames sont en train d’étendre leur linge sur les barrières… Et, puisqu’on parle de lessive… J’ai découvert que les dames faisaient sécher, voire « blanchir » sur la Prairie et les galets. Peut-être les voiles?

Les vues du port ne manquent pas, mais j’en ai choisi une qui m’a rappelé mes terreurs d’enfant.

A l’époque de ce tableau comme à celle de mon enfance, les grands navires partaient vers l’ouest depuis le port qui est désormais réservé aux bateaux de plaisance. Et ils pressaient les voyageurs, puis signalaient leur départ en actionnant des sirènes, dont le son me terrorisait. Plus de voyageurs maintenant, et plus de sirènes : un port extérieur a été construit à cet effet, défendu par d’impressionnants barbelés.

La mode des bains de mer est venue bouleverser la vie des Dieppoises et des Dieppois. J’ai particulièrement été interpellée par ce tableau ovale (au fait, j’ai découvert le tondo, mais comment appelle-t-on un tableau ovale?) représentant la plage de Dieppe au moment de la Première Guerre Mondiale. Regardez bien : on y voit des soldats français, mais aussi des tirailleurs sénégalais…

Chose promise, chose due. Je ne pouvais terminer cette série de tableaux sans Boudin! Il a peint entre autres les falaises du Pollet. Le Pollet, c’est ce que vous voyez au fond quand vous regardez Dieppe depuis le château (voir article précédent). Un village autrefois, dont l’église domine le port. Rattaché à la ville, il a gardé une identité forte encore aujourd’hui.

Musée des années 30 (2)

L’exposition que je souhaitais voir s’est terminée deux jours avant… Pas de chance! Mais il reste les collections… Il me faut avouer leur avoir trouvé un aspect un peu hétéroclite. Certes, elles se rapportent (plus ou moins) aux années 30, mais leur agrégat semble quelque peu artificiel. Qu’à cela ne tienne, elles n’en sont pas moins intéressantes…

Commençons par les premières salles, situées au quatrième étage (oui, on commence par le haut!). Devinez à qui elles sont dédiées ? Mais oui, bien sûr, à Landowski en personne. Normal, dans l’Espace éponyme !

Il fallait du courage, je pense, à la ville de Boulogne pour mettre en avant ce sculpteur qui a été controversé en raison de sa participation à la tournée en Allemagne durant la Seconde Guerre Mondiale. Et j’avoue ne pas apprécier le gigantisme de certaines de ses oeuvres… Mais dans cette salle figurent des statuettes d’autres sculpteurs, plus fines et sensuelles…

Jeune fille à la toilette, Joseph Bernard (1912)

Je suis un peu surprise, sur le moment, de découvrir, entre la succession d’espaces dédiés à la sculpture, une maquette du Paquebot Normandie. Que fait ici ce joyau de la construction navale française, plus spécifiquement nazairienne ? Certes, il date des années 30, puisqu’en 1935, lors de son lancement, il est le plus grand paquebot du monde « plus long que la Tour Eiffel », à la salle à manger « plus vaste que la Galerie des Glaces de Versailles », pouvant accueillir plus de 3300 personnes (si vous voulez en savoir plus, voici un documentaire à ce sujet) ?

La suite de la visite me le fait comprendre : une partie du mobilier et des décors présentés proviennent du paquebot, aux décors très Art Déco. Une exposition a été dédiée en 2020 à son prédécesseur, qu’il a surpassé, le Paquebot Ile-de-France. En est-ce la raison? Je l’ignore. Mais revenons à cette salle dédiée au mobilier, aux objets et aux maquettes…

L’esthétisme, à cette époque, n’exclut pas le confort… Et une pièce m’a fait imaginer combien le télétravail pourrait devenir agréable si nous la possédions…

Que dites-vous de cette chaise longue adaptée au travail? Il ne lui manque que les prises électriques sous les accoudoirs, non?

Envie de voir de plus près le tableau exposé à droite, comme moi ? Le voici…

La sieste, Auguste Clergeau (1930)

Beaucoup de mobilier exposé, ce qui m’a plus, car j’aime les formes épurées de cette époque…

Les recherches pour embellir les matériaux, qu’il s’agisse de bois ou de verre, me séduisent tout autant.

Coffre, Léon Jallot, 1937. Ebène de Macassar.
Décor en ivoire, Maurice Pico, sur le Meuble au char de Jacques-Emile Ruhlman (1924)

C’est ainsi que j’ai appris ce qu’est le verre églomisé : on applique au revers d’un verre une peinture à froid associée à des fonds brillants – argent ou or – et à du vernis noir. Regardez cette merveille, sur laquelle j’ai focalisé…

Zoom sur un panneau en verre églomisé, sur une armoire en ébène de Macassar, Jules Leleu, (1937)

Le métal n’est pas oublié, avec notamment des paravents aux formes épurées.

Paravent, Léon Barillet et Jacques Le Chevallier (1930)

Ce paravent a été conçu pour le bureau du directeur d’une revue, La Semaine à Paris.

« La devanture de cet immeuble, situé au n° 26 rue d’Assas dans le 6ème arrondissement de Paris, a été réalisé en 1930 par Robert Mallet-Stevens, avec le concours de Louis Barillet pour les vitraux et des frères Jan et Joël Martel pour les reliefs. » (source). Il faudra que je vous reparle de Mallet-Stevens… un univers architectural à découvrir!

Vous avez déjà pu voir des objets dans les photos qui précèdent… j’ai été impressionnée par la beauté simple et le bleu profond du décor d’un vase, et ne résiste pas à l’envie de le placer ici.

Décor du Vase au bananier et oiseau exotique, René Buthaud (1926)

Pas plus que je ne résiste à celle de partager avec vous deux tableaux aux antipodes l’un de l’autre et que la muséographie farceuse a placé face à face.

Le Pensionnat de Nemours, Bernard Boutet de Monvel (1909)

Soit dit en passant, je me suis demandé pourquoi figurait ici un tableau de 1906… Plus Années Folles qu’Années 30, non ?

Dans ce même espace sont proposées des maquettes d’architectes divers, allant de la belle demeure à l’immeuble le plus « moderne »…

On revient enfin au Paquebot Normandie avec cette belle verrière qui en décorait la salle de séjour.

Les Biches, Pierre Petit (1928)

Vous l’avez compris, j’ai regretté l’accumulation d’éléments un peu hétéroclites, que seuls rassemblent les dates de production. L’espace de ce 4ème étage est trop restreint pour autant d’objets si différents, et, qui plus est, sans fil conducteur autre que cette période. Dommage, car il y a de très belles pièces qui sont ainsi quelque peu « étouffées ». Comme cette table de bridge sur laquelle je finirai, qui a plus que séduite la joueuse que je suis…

Musée des années 30 (1)

Connaissez-vous le Musée des années 30 ? Ce n’était pas mon cas jusqu’à ces derniers jours, où je l’ai découvert. Comment? En me renseignant, à l’Office de Tourisme de Boulogne-Billancourt, sur ce que l’on pouvait voir dans cette ville. Une ville que je traverse ou longe souvent, en allant d’est en ouest ou vice-versa, mais dans laquelle on songe rarement, je pense, à faire du tourisme. Or elle possède quatre musées, pas moins. Et c’est ainsi que j’ai appris son orientation vers les années 30. Un autre jour où je disposerai de temps (et où il fera moins froid!), je pourrai ainsi faire le « Parcours des années 30 » proposé par un des dépliants, parcours architectural cette fois, à la fois Art Déco et Art Moderne. Mais, pour ce jour, direction l’Espace Landowski.

Situation de l’Espace Landowski

L’architecture de cet Espace est remarquable, au sens propre du terme. Voici ce qu’en disent ses architectes :

« Le projet structure et qualifie les espaces publics et s’intériorise autour d’une grande nef couverte, vide fédérateur des divers éléments du programme. Il exprime les deux fonctions du programme initial, politique et culturel, par une double image : l’une solennelle et minérale, l’autre quotidienne et transparente. L’écriture architecturale appuie la lisibilité du parti : la rigueur de la grande nef contraste avec les parois de béton poli ou sablé, les bandes vitrées soulignées de panneaux en béton blanc. Proportions et modénatures reprennent le vocabulaire des années 30 à l’origine de l’identité de ce secteur de Boulogne.« 

Il a visiblement été construit pour les fonctions qu’il remplit, d’ordre culturel. En effet, il accueille une médiathèque, un cinéma d’art et essai et un Musée. Proche de l’Hôtel de Ville, il apparaît comme un navire accueillant, la proue arrondie, et surtout ouvert, avec de vastes baies vitrées. Récent, car achevé en 1998, il tranche avec les immeubles environnants : l’Hôtel, dont la construction a été confiée à Tony Garnier par André Morizet, maire de la ville qui a donné son nom à l’Avenue où elle se situe, qui a été inauguré en 1934, quatre ans avant la Poste (architecte Charles Giroud).

Hôtel de Ville (1934)
Portail de la Poste (1938)

Si cela vous intéresse, un documentaire intéressant (et court!) est consacré à la ville : « Quand le béton libère l’architecture »

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Sur la porte de la Poste, une évocation du blason de la ville « Taillé de gueules et d’azur à la barque à l’antique d’argent voguant sur des ondes du même brochant sur la partition, accompagnée en chef à dextre d’un poisson posé en pal et à senestre d’une fleur de lis, le tout d’argent« .

Fichier:Blason ville boulogne billancourt.svg
Blason de Boulogne-Billancourt

Devant l’Espace, une surprenante sculpture.

Photo empruntée au site consacré aux frères Martel

Un panneau apporte quelques explications sur cet « arbre » cubiste.

Issu du blog qui est consacré à Jan et Joël Martel, voici le commentaire permettant de comprendre l’oeuvre :

« Les frères Martel participèrent à Paris à des expositions au Salon des indépendants, au Salon d’automne, au Salon des Tuileries et à l’Exposition des arts décoratifs de 1925, où ils présentent, en collaboration avec Robert Mallet-Stevens, des arbres cubistes en ciment armé qui défraieront la chronique. Une réalisation destinée à montrer la solidité du béton armé en architecture. »

La lecture du blog qui est consacré à ces jumeaux nés en 1896 et morts tous deux en 1966 est passionnante.

Les frères Martel dans leur atelier parisien, rue Mallet-Stevens
© Archives familiales

Comment entrer dans le Musée ? Il m’a fallu un certain temps pour y parvenir. Car l’Espace a été transformé en centre de vaccination! La porte principale est donc réservée aux candidat-e-s à la piqûre… Direction, l’est… Eh non! c’est l’entrée du bâtiment administratif et de la médiathèque! Les vigiles se moquent gentiment de moi, et me renvoient… de l’autre côté. Il faut en effet quitter l’Avenue Morizet pour emprunter l’entrée commune Cinéma / Musée et pouvoir enfin pénétrer dans ce dernier, dont je vous parlerai dans un prochain article… Vous remarquerez peut-être que je ne vous ai pas parlé de Landowski, vous comprendrez alors pourquoi…

La Villa Paloma

J’ai découvert la Villa Paloma l’été dernier, à l’occasion d’une exposition Tom Wesselmann, La Promesse du Bonheur.

Et j’avais admiré le site tout autant que l’exposition… Me voici donc revenue sur les lieux, pour une exposition cette fois consacrée à Ettore Spalletti.

Et, chose amusante, la première « oeuvre d’art » que j’ai admirée se trouve… dans le parking situé juste en face de la Villa (facile de s’y garer, et on arrive vraiment devant la porte du jardin… il peut aussi servir pour l’accès au Jardin Exotique).

L’entrée dans la propriété se fait par le haut du parc, qui abrite une autre exposition, consacrée, elle, à Michel Blazy, artiste originaire de Monaco, qui joue avec fantaisie sur des gammes d’objets ordinaires, comme les baskets de Collection de Chaussures, créée pour la 57ème Biennale de Venise, voire périssables comme les pelures d’orange de Sculptcure (non, je n’ai pas fait de fautes d’orthographe), datée de 2001 à « en cours » (sic).

Collection de chaussures
Sculptcure

Les jardins en terrasse offrent une vue splendide sur la Principauté et la Méditerranée.

Ils sont délicatement ornés, en particulier par un petit édifice au bleu qui me rappelle les jardins de Majorelle à Marrackech, jardins où j’aimais tant aller me promener…

L’architecture extérieure est à la fois simple et recherchée, avec un blanc contrastant sur le bleu environnant.

La plupart des fenêtres doivent être occultées pour permettre l’accrochage des oeuvres. Ettore Spalletti a souhaité, pour sa part, qu’elles restent ouvertes pour laisser pénétrer cette superbe lumière méditerranéenne. Il faut préciser qu’il conçoit les oeuvres pour les sites qui les accueille…

Les oeuvres sont très épurées, et la mise en scène est importante. La première sensation, dès la première salle, est celle d’une grande pureté, d’une symbolique forte mais discrète, d’une recherche de l’épuré et de la (fausse) simplicité…

La palette de couleur est à la fois réduite et très riche, car l’artiste joue beaucoup sur la surface et la texture. Les tranches sont travaillées en fonction du nombre d’or, et dorées à l’or fin. Des détails peuvent surprendre, comme ce crayon écartant du mur l’un des côtés d’un vaste tableau.

Tout un immobilisme apparent pensé pour mieux rendre l’idée de dynamique et de mouvement, évoquant ainsi la nature des environs de la ville natale de Spalletti, Pescara.

J’ai pour ma part – et c’est rare! – regretté de n’avoir vu qu’à la fin de la visite le long documentaire consacré à l’artiste, qui permet de mieux comprendre la philosophie et les principes créatifs qui sous-tendent son oeuvre… Le film est passionnant, et je pense que, pour une fois, un bref extrait pourrait être visionné dès l’entrée pour mieux pénétrer son univers qui n’est pas qu’esthétisme…

L’harmonie est certaine, entre l’installation proposée et l’architecture intérieure de la Villa, avec ses escaliers monumentaux et ses superbes vitraux…

Bref, j’ai hâte de retourner l’an prochain voir ce qui sera proposé en ces lieux, mais j’aimerais aussi aller voir la ville de Pescara et la chapelle réalisée par la compagne de celui qui, en relation avec Raphaël, aimerait n’être appelé qu’ « Ettore »…

Fluctuart

Un vernissage avait lieu la semaine dernière sur un site dont j’ignorais l’existence et qui me fut signalé par un expert… Fluctuart… Aussitôt je me suis précipitée sur Internet, pour découvrir  » le premier centre d’art urbain flottant au monde » (sic, sur le site officiel), dédié au Street Art – « tout art de la rue qui n’est pas du graffiti », selon un site que j’apprécie. Toujours aussi curieuse, je me devais d’aller découvrir ce lieu flottant sur la Seine, près du Pont des Invalides, à deux pas du Faust où j’aime voir le couchant en mi-saison…

Me voici donc sur place en ce dimanche soir de juillet… et, première surprise, une contestation exprimée juste en face de l’embarcation…

Une fois la passerelle franchie, on pénètre dans un espace ouvert sur l’onde, le ciel et la Ville…

L’exposition se situe, comme on le voit sur ce qui sert d’affiche (photo), dans la « cale ».

En ce moment, une exposition d’une artiste de rue américaine, qui a débuté un peu avant 2000 à Brooklyn.

Caledonia Dance Curry peint sous le pseudo de Swoon, que l’on pourrait peut-être traduire par « Défaillance », « Pâmoison ».

Je ne me suis pas pâmée devant ses réalisations, mais j’ai apprécié entre autres les personnages, saisis sur le vif, à l’expression saisissante d’authenticité…

Cependant cela a requestionné la définition de cet art, comme évoqué en début de cet article.

Des installations sont aussi exposées, telles que celle qui accueille au début de la cale.

L’étage supérieur est consacré à d’autres artistes. Je dois avouer que, pour ma part, j’ai du mal à concevoir un « Street Art » ainsi emprisonné dans des cadres, sur un espace qui, bien qu’ouvert au maximum sur l’environnement urbain et fluvial, reste un espace clos… Ainsi figé aussi dans le temps, alors que, pour moi, c’est avant tout un art vivant qui se doit de rester éphémère… Mais sans doute ai-je une conception restreinte, datée, figée aussi, de cet art…

Futura
Bombe aérosol sur toile
Dorado

Une petite librairie est logée à l’étage supérieur de la péniche, dédiée à ce courant artistique. Le même étage abrite un vaste bar où des reflets métalliques jouent avec les reflets aquatiques…

Une vaste terrasse alliant métal et bois offre une magnifique vue sur le couchant à l’ouest, le pont et le Grand Palais à l’est et au nord-est.


Les cartes ont des supports originaux.

Celle des boissons n’est autre qu’une bombe… C’est là que j’ai trouvé « le Piège à partager »…

Et celle des plats, une planche de surf miniature et ornée.

Une boisson bien fraîche, rien de tel en ce crépuscule estival… Un mélange de Prosecco et de fruits divers, servi sur des glaçons en nombre considérable…

Je craignais que la fonte des glaçons ne pervertisse le goût.

Mais non, c’est le contraire qui s’est produit.


Et le dernier verre fut le meilleur!

La descente des escaliers s’est donc faite à la nuit tombante, ce qui m’a permis d’apprécier la métamorphose nocturne de l’ensemble, toute en nuances de roses vifs et de mauve / violet.

Le Petit Palais, Nuit des Musées

Que j’aimerais avoir le don d’ubiquité! Cela m’aurait permis d’être à la fois au Théâtre Antoine et de profiter de la Nuit des Musées… J’avais envie d’aller au Musée Picasso, ou encore au Musée d’Orsay, mais la plupart finissait leur programme vers 22h30. Le Grand Palais était tentant, avec une performance de Yoann Bourgeois. Mais je pressentais (j’ai pu le constater de visu) que ce serait la cohue… et comme j’ai visité l’exposition La Lune voici peu…

D’où le choix du Petit Palais, qui annonçait un concert tardif. Heureusement, il y a des taxis pour sauter du 10ème au 8ème, afin d’arriver à temps pour le spectacle repéré dans le programme.

 » À l’auditorium, trois pianistes se succèdent au fil de la soirée pour jouer sur un piano d’époque. Des oeuvres de Liszt, Chopin, entre autres, sont proposées pour (re)découvrir ces chefs-d’oeuvre de la musique romantique dans leurs sonorités d’origine »

Hélas, bien qu’arrivée à temps, je ne verrai pas ce concert… Une file incommensurable me fait renoncer au bout d’un quart d’heure d’attente. Car le temps passe, et je voudrais aussi voir ce que propose le Musée.

C’est donc dans la rubrique « Plaisir des yeux », et non « des sons » que figure cet article, à mon grand regret.

Des cris, des rires, des chants heurtent mes oreilles habituées au quasi-silence qui règne habituellement dans ces lieux… Hypothèse : le Boulevard du crime?

 » En prélude à sa grande exposition-événement, Paris romantique, 1815-1848, (ouverture le 22 mai), la galerie sud du Petit Palais change de décor et invite le visiteur à découvrir le Paris du début du XIXe siècle et son énigmatique Boulevard du Crime. C’est en effet à cette époque que le Boulevard du Temple, lieu emblématique de la ville, s’est vu attribué ce surnom mémorable en raison du foisonnement des théâtres dont les pièces jouées, principalement axées sur le thème du drame et du crime, étaient source de fascination. Dans la galerie sud, au détour des performances d’une vingtaine de comédiens, les visiteurs savourent le temps d’une soirée l’esprit et l’ambiance savamment reconstituée du Boulevard du crime. »

Effectivement, c’est bien cela…

« Reconstitution » d’une scène du Boulevard du Crime, lieu de théâtre en tout genre, devenu Boulevard du Temple, pour la plus grande joie de la foule, qui participe aux interactions / artistes.

Comme souvent dans ces Nuits, la foule délaisse les oeuvres d’art, comme cette statue abandonnée…

Ce qui m’étonne toujours dans ce Musée, c’est la concentration d’oeuvres en tout genre et de toute époque… Un assemblage hétéroclite qui, à mon sens, nuit au plaisir que l’on éprouve en « dégustant » telle ou telle époque, tel ou tel art. Ici, on passe de l’époque antique au XIXème en quelques mètres…

Bien sûr, cela me permet d’aller saluer Dionysos, les Ménades, Isis-Aphrodite et les Satyres…

… avant d’aller voir et revoir les tableaux dont je ne me lasse pas…

Mobilier et objets se bousculent dans une galerie que je trouve étouffante, et dans laquelle je ne me sens pas à l’aise, tant il y règne un relent de mort… Mais cela n’empêche pas la pause devant des éléments que j’apprécie, comme ce paravent et ce peigne, à la fois pour leur esthétique et pour les questions qu’ils suscitent en moi, qui aime essayer d’imaginer à quelles vies ils ont participé et comment…

Qu’a dissimulé naguère ce paravent ?
Et quelle chevelure a paré ce magnifique peigne?

La visite s’est terminée par les jardins. Hélas le café restaurant n’a pas daigné rester ouvert pour l’occasion, mais ce fut quand même un plaisir de me promener dans les jardins, parfois bousculée par des comédiens qui couraient…